Nouvelles preuves des mensonges de l’administration Bush

Partage international no 211mars 2006

De nouvelles preuves s’accumulent pour démontrer l’ampleur des mensonges proférés par le président Bush et son administration afin de pousser le Congrès (et le Parlement de Grande-Bretagne) à voter des actions militaires contre l’Irak.

La prétendue vente d’arme par l’Irak au Niger : début 2002, une enquête menée par le Département d’Etat des Etats-Unis et les services secrets français aboutit à la conclusion qu’il n’y a aucune preuve qui puisse soutenir cette thèse. A plusieurs reprises, les services secrets français ont prévenu la CIA qu’il n’y avait aucune preuve concernant l’accusation de vente d’uranium. Malgré les rapports du Département d’Etat et des services secrets français, le vice président D. Cheney et C. Rice, conseillère à la Sécurité nationale, ont continué à parler publiquement des dangers provenant de la prétendue recherche par l’Irak de matériaux nucléaires. Le 8 septembre 2002, C. Rice affirmait : « Nous ne voulons pas que l’arme pointée prenne la forme d’un champignon ». Le 28 janvier 2003, environ un an après que cette information ait été récusée, le président Bush a déclaré lors de son discours sur l’Etat de l’Union que l’Irak avait essayé d’acquérir des matériaux nucléaires auprès d’une nation africaine.

Le 21 septembre 2001, G. Bush était informé lors d’une réunion confidentielle que les services secrets américains n’avaient aucune preuve permettant d’établir un lien entre le gouvernement de Saddam Hussein et les attaques et qu’il y avait très peu d’éléments permettant de montrer que l’Irak avait des contacts significatifs avec Al-Quaïda. Cependant, G. Bush et D. Cheney ont continué à affirmer que Al-Quaïda maintenait des liens étroits avec l’Irak qui pouvait mettre ses armes chimiques, biologiques ou nucléaires à la disposition d’Al-Quaïda afin d’attaquer les Etats-Unis. Après l’invasion de l’Irak, lorsqu’il apparut qu’aucune arme de destruction massive n’avait été découverte, l’administration Bush a accusé les services secrets et la CIA d’avoir fourni des informations erronées. En 2002, juste avant que le Congrès n’autorise l’attaque sur l’Irak, G.Bush, D. Cheney et D. Rumsfeld ont affirmé qu’ils avaient reçu des informations des services secrets attestant d’un lien entre l’Irak et Al-Quaïda. « On ne peut pas faire de distinction entre Al-Quaïda et Saddam lorsqu’on parle de faire la guerre contre la terreur », a déclaré G. Bush le 25 septembre 2002. Le lendemain, D. Rumsfeld déclarait : « Nous sommes en possession de preuves crédibles montrant qu’Al-Quaïda a cherché à établir des contact avec l’Irak afin d’acquérir des armes de destruction massive ». D. Cheney a déclaré pendant des mois que l’un des pirates de l’air du 11 septembre avait rencontré un haut responsable des servi-ces secrets irakiens en République Tchèque. Il a persisté dans ses déclarations même lorsque la CIA et le FBI ont fait sa-voir qu’ils étaient arrivés à la conclusion que cette rencontre n’avait pas eu lieu.

Dans un article acerbe intitulé « Des preuves que Bush a trompé l’Amérique », Ray Mc Govern, ancien responsable de la CIA, conclut que le livre du journaliste James Risen : Etat de guerre : Histoire secrète de la CIA et de l’administration Bush, confirme une information troublante parue dans les notes du British Cabinet Office communément appelées « Mémos de Downing Street », à savoir que « Les services secrets et les faits ont été mis au service de la politique… l’administration Bush a constitué de toute pièce le dossier contre l’Irak en mentant au Congrès et au peuple américain ». D’après Mc Govern, le livre de Risen confirme que George Tenet, directeur de la CIA, était à l’origine des fausses informations transmises aux services secrets britanniques : « Des hauts responsables de la CIA sont arrivés à la conclusion que la qualité des renseignements touchant aux armes de destruction massive importait peu puisque la guerre était inévitable. Cette attitude perverse prévalait encore deux mois plus tard lorsque le rapport portant sur les armes de destruction massive de l’Irak fut rédigé par le National Intelligence Council, dépendant de G. Tenet, dans une tentative de tromper le Congrès afin qu’il vote en faveur de la guerre ».

Etats-Unis
Sources : The New York Times, E.-U.
Thématiques : politique
Rubrique : Les mensonges dévoilés (Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.)