Doutes sur l’assassinat de Rafik Hariri

Partage international no 208décembre 2005

Seymour Hersh, journaliste américain lauréat du Prix Pulitzer, a déclaré que le rapport provisoire des Nations unies sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafik Hariri était, au mieux, peu probant. Ce rapport citait « des preuves convergentes » montrant que des membres haut placés du gouvernement syrien seraient impliqués dans le meurtre. Mais selon S. Hersh, ce rapport, rédigé par le procureur allemand Detlev Mehlis, est basé sur des fondements aussi fragiles que ceux avancés par le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, en février 2003, à l’occasion de son intervention aux Nations unies sur les armes de destruction massive en Irak. Selon S. Hersh, le rapport de D. Mehlis repose sur « des interceptions d’informations émanant d’une source anonyme au sein de l’armée de l’air iranienne, d’un individu sans aucune fiabilité. Rien d’empirique ». S. Hersh prétend que toute la campagne de l’administration Bush aux Nations unies pour obtenir des sanctions contre la Syrie est basée sur ce genre de témoignage peu convaincant.


Dans la rubrique Questions-Réponses de notre numéro d’avril 2005, B. Creme écrit : « La politique actuelle des Etats-Unis exerce le maximum de pression sur la Syrie et d’après mes informations, c’est la CIA qui a assassiné Rafik Hariri, déclenchant ainsi l’appel au retrait des troupes syriennes du Liban, en sous-entendant et en lançant la rumeur que Rafik Hariri a été tué par la Syrie, en dépit du fait que cela n’aurait pas été dans l’intérêt de celle-ci d’agir ainsi. »


Sources : Toronto Globe and Mail, Canada
Thématiques : politique
Rubrique : Les mensonges dévoilés