Partage international no 207 – novembre 2005
Le Dr Noreen Hertz, économiste et philosophe britannique, qui donne actuellement des conférences sur la politique économique mondiale à l’Ecole d’économie de l’Université d’Utrecht, a gagné une reconnaissance mondiale avec ses deux ouvrages : The Silent Takeover (2002) et IOU* : The Debt Threat and Why We Must Defuse It (2004). Dans le premier, elle décrit la privatisation graduelle du gaz, de l’eau, de l’électricité, des télécommunications, des chemins de fer, du pétrole et des banques dans l’Angleterre de M.Thatcher et durant la présidence de R. Reagan.
Le titre du récent discours inaugural du professeur Hertz à l’Université de Leiden (Pays-Bas) était : Mondialisation : Partager les pertes ou engranger les profits ?
N. Hertz voit le capitalisme comme le meilleur système pour créer de la richesse, mais rejette la notion de marché libre étant donné que les pays riches imposent de fortes taxes à l’importation sur les produits agricoles et textiles des pays pauvres : « Le marché libre n’existe que lorsqu’il profite aux pays riches. »
Voici quelques données citées par le Dr N. Hertz :
– 34 000 bébés et jeunes enfants meurent chaque jour à cause de la pauvreté ;
– un cinquième de la population mondiale possède quatre cinquièmes des richesses du monde ;
– les Américains dépensent chaque année 29 milliards de dollars en sucreries, tandis que l’Onu doit se battre pour atteindre son budget annuel de 1,25 milliard de dollars ;
– l’ensemble des pays africains remboursent chaque jour 30 millions de dollars d’intérêts ;
– en Afrique, 30 millions de personnes sont séropositives.
Dans son dernier ouvrage (IOU), elle expose le problème de la dette due aux pays riches par les pays en développement ; l’importance des taux d’intérêt sur les prêts implique qu’il ne reste plus d’argent à investir dans les écoles et les hôpitaux. Elle décrit comment, après la création de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pays en développement ont été plus ou moins forcés d’accepter des prêts. Les dirigeants de ces pays ont alors acheté des armes à l’Occident, ou placé l’argent dans leurs propres comptes bancaires en Suisse. Pourquoi, demande N. Hertz, la population devrait-elle être obligée de continuer à payer pendant des décennies les dettes contractées par d’anciens dirigeants corrompus ? Lors de son discours inaugural, elle a mis en exergue le besoin urgent de justice dans un nouvel ordre mondial. N. Hertz s’est décrite elle-même comme une activiste et a lancé un appel passionné demandant à chacun d’agir : « Vous avez une voix. Profitez de ce moment, je vous en supplie, pour agir et sauver la vie de millions de gens. »
* IOU signifie I Owe You – Je vous dois, et est une abréviation anglaise courante pour le mot dette
Sources : NRC Handelsblad, Pays-Bas ; The Silent Takeover (2001) ; IOU
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
