Partage international no 205 – septembre 2005
Selon des experts de l’Onu, un pays sur six dans le monde subit une crise alimentaire suite à de grandes sécheresses qui pourraient bien devenir semi-permanentes.
D’après le FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et plusieurs sources gouvernementales américaines, 34 pays connaissent une pénurie de nourriture en raison de la sécheresse et d’autres désastres naturels tels que le tsunami asiatique. Actuellement, quelque 30 millions de personnes ont besoin d’assistance. Les cas de sécheresses dévastatrices pour les cultures en Afrique, en Amérique centrale et dans le Sud-est asiatique sont en augmentation depuis 2004, et davantage de pays pourraient être touchés.
Des récoltes ont été anéanties en Australie, au Cambodge, au Vietnam, à Cuba, en Afghanistan, au Maroc, au Guatemala, au Honduras et au Nicaragua. D’après le système de prévention des famines de l’Onu, les récoltes de 16 pays, y compris l’Equateur, le Pérou et le Lesotho, sont en péril. La région méditerranéenne est de plus en plus aride et la désertification s’étend ; l’Espagne et le Portugal, dont les récoltes ont diminué de moitié suite à l’une des pires sécheresses enregistrées, ont dû avoir recours à l’aide alimentaire de l’Union européenne.
Mais la situation est encore plus grave en Afrique. « L’Afrique nous donne les plus grandes inquiétudes, a déclaré Wulf Killman, président du groupe chargé du changement climatique au FAO. Beaucoup de pays se trouvent déjà en difficulté […] et nous constatons que le problème se généralise. L’Afrique du Sud devient nettement plus aride et tout le monde s’accorde à dire que le climat est en train de changer. Nous nous attendons à ce que des pays déjà sujets à la sécheresse deviennent encore plus secs à cause du changement de climat. »
Les pays d’Afrique les plus touchés par cette crise incluent le Niger, Djibouti, l’Ethiopie, l’Erythrée, le Malawi, le Soudan, la Zambie et le Zimbabwe dont les récoltes ont été les plus mauvaises depuis plus de dix ans, et qui ont subi trois ou quatre sécheresses en l’espace de quelques années.
Quant au Maroc, où la sécheresse des régions méditerranéennes a dévasté les cultures, le gouvernement craint de voir les populations rurales affluer vers les villes.
Rien qu’en Afrique australe, plus de 10 millions de personnes vont avoir besoin d’une aide alimentaire au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe au cours des neuf prochains mois. Les effets de la sécheresse y ont été exacerbés par le manque de semences et de fertilisants, allié à l’impact du sida et à la pauvreté chronique. Des rapports, établis par le Programme alimentaire mondial de l’Onu et la FAO, montrent que ces pays n’ont pas été en mesure de produire suffisamment de nourriture pour les besoins domestiques et qu’une sérieuse pénurie de nourriture va perdurer au moins jusqu’à mai 2006. Environ 2,8 millions de tonnes de nourriture devront être importées pour ces six pays, afin de pallier une grande partie de la pénurie, ainsi qu’environ 730 000 tonnes d’aide alimentaire provenant de la communauté internationale afin de venir en aide aux populations les plus vulnérables de la région.
Pendant ce temps, en Afrique de l’Ouest, la crise alimentaire s’aggrave : 2,5 millions de nigériens, soit un quart de la population, ont désespérément besoin de nourriture depuis que la sécheresse et les sauterelles ont dévasté les cultures. Selon l’Onu, 32 000 enfants sont gravement sous-alimentés et en grand danger. 160 000 autres sont modérément sous-alimentés, ainsi que 261 000 femmes enceintes ou allaitant.
Malgré les appels répétés de l’Onu depuis novembre 2004, la communauté internationale n’a pas réagi avant qu’un grand nombre de décès soient enregistrés et que des images d’enfants mourant de faim soient diffusées dans les journaux télévisés. En outre, des experts estiment que la réponse internationale initiale a été mauvaise : elle reposait sur l’octroi de subventions destinées à faire baisser le prix des aliments plutôt que sur la distribution gratuite de nourriture, ceci afin de ne pas perturber les marchés locaux. Selon l’Institut britannique de développement des pays d’Outre-mer, la politique commerciale des gouvernements, dirigée en partie par les prêteurs internationaux, doit être corrigée. Récemment, l’Onu a dû lancer un appel d’urgence de 80 millions de dollars.
Les études de l’Onu sont confirmées par un rapport rédigé par des groupes britanniques pour le développement et l’environnement, qui estiment que l’Afrique sera le continent le plus affecté par la sécheresse et la désertification provoquées par le changement climatique et qu’elle va continuer à souffrir du manque de nourriture.
« L’Afrique est davantage exposée aux impacts du changement climatique que beaucoup d’autres régions du monde, a déclaré Andrew Simms, porte-parole du Mouvement mondial pour le développement. Le changement climatique est en train de se produire, et il affecte toutes les formes de vie qui dépendent de l’environnement naturel, ce qui signifie presque tout le monde en Afrique. »
Sources : The Guardian, UK ; Programme alimentaire mondial de l'Onu ;
Thématiques : Société, environnement, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
