La réapparition du Christ – (suite 4/4)

SEMINAIRE 2004

Partage international no 199mars 2005

par Benjamin Creme

Le gouvernement américain et son effet sur le monde

Q. La Hiérarchie interviendra-t-elle dans les élections de novembre (2004) pour assurer un résultat différent de celui que le vote pourrait donner ? (E-U)
R. La réponse est non. Il n’y aura pas d’intervention dans les élections de novembre. Ce serait interférer avec le libre arbitre américain. Il n’existe rien d’immortel en vous, excepté vos âmes. L’âme ne vote pas, malheureusement. Si l’âme votait, vous auriez des gouvernements merveilleux !
Cependant, si une situation évoluait de façon suffisamment dangereuse pour susciter une intervention de la Hiérarchie, cela se ferait dans la mesure nécessaire et autorisée par la Loi. Il n’y a rien à faire en ce qui concerne les élections de novembre et il n’y aura pas d’intervention pour amener un résultat donné.

Q. John Kerry a déclaré qu’il soutenait le gouvernement israélien et ses méthodes. Pensez-vous qu’il modifiera son approche ? (E-U)
R. Dire que l’on soutient le gouvernement israélien et ses méthodes suscite beaucoup de questions. Soutient-il la force terroriste qui est utilisée contre le peuple palestinien ? Si vous lui posiez la question que répondrait-il ? Personnellement, je ne soutiens pas l’action israélienne en Palestine. Mais est-ce que je soutiens Israël en tant que membre des Nations unies ? Israël est membre des Nations unies, mais ne respecte pas la Charte des Nations unies et a passé outre à soixante-trois résolutions prises par les Nations unies à son encontre. Il n’a pas respecté ces résolutions à cause du soutien des Etats-Unis. Si vous lui enleviez le soutien des Etats-Unis, Israël serait en faillite au bout de six mois.
Vous devez demander au sénateur Kerry s’il soutient les positions prises par Israël, pas seulement pour assurer sa défense, parce que c’est l’excuse donnée à l’oppression du peuple palestinien. Israël pourrait facilement se défendre contre ce qu’il appelle des attentats terroristes sans opprimer les Palestiniens. Si les Israéliens mettaient un terme à leur oppression des Palestiniens dans tous les domaines, ils subiraient une pression moins grande venant des attentats terroristes de kamikazes qui les terrifient plus que tout autre chose. Quelqu’un monte dans un bus et se fait exploser. Pourquoi le font-ils ? Parce que c’est tout ce qui leur est laissé ; ils n’ont ni armée, ni armes. Ils savent par ailleurs que cela a un effet très puissant. Ils croient retourner rapidement vers Allah en tant que martyrs, et que leur famille recevra un peu d’argent. Ils sont délibérément maintenus dans la pauvreté par les Israéliens, qui leur enlèvent la possibilité de travailler ou même de se rendre en Israël pour faire le travail auquel ils étaient habitués. Ils avaient des vergers que les Israéliens ont détruits. Comment peuvent-ils vivre ? Ils sont désespérés, ils n’ont aucun espoir dans l’avenir.
Il est égal aux Israéliens que les Palestiniens vivent ou meurent. Ils préféreraient qu’ils meurent. Non pas qu’ils veuillent réellement aller tous les tuer. Certains le voudraient, tout comme certains Palestiniens voudraient aller tuer chaque Israélien. Mais ils voudraient rendre les choses si difficiles pour les Palestiniens que ceux-ci soient tout simplement obligés de partir, en Syrie, au Liban, en Jordanie. Les Israéliens en auraient alors fini avec ce problème – et le poids de leur culpabilité.
Les Israéliens ont un réel problème car ils ont volé la terre du peuple palestinien. Ils le savent et ils connaissent la loi du karma. Ils savent qu’un jour ils devront la restituer. Cela leur fait peur et les irrite, et par conséquent ils utilisent tous les moyens qu’ils peuvent, même illégaux, même repoussants et horribles, de notre point de vue, pour forcer le peuple palestinien à céder, ce qui signifie renoncer au terrorisme.
Ils ne pourront jamais faire renoncer au terrorisme certains Palestiniens – le Ha-mas, le Hezbollah en Syrie – car c’est la seule arme dont ils disposent. Il y a des Palestiniens qui n’accepteront jamais le droit d’Israël à exister, tout comme des Israéliens aussi nombreux n’accepteront pas le droit des Palestiniens à une terre qui leur revient de droit. Pas même la Cisjordanie, qui leur appartient car elle a été donnée au peuple palestinien par l’ancien roi de Jordanie à la requête de Maitreya. Tant qu’une certaine forme de compromis, une convergence de vues, n’aura pas eu lieu entre les Israéliens et les Palestiniens à ce sujet, la guerre et la terreur continueront.
J’ai dit depuis le début que cette situation ne peut être résolue que par Maitreya. Je suis convaincu que c’est toujours le cas. Rien de ce que j’ai appris depuis, rien de ce qui est arrivé, ne m’a fait changer d’avis.
L’une des premières prévisions de Maitreya, en 1988, fut : « Les Palestiniens auront leur propre terre. L’armée israélienne se retirera de la Cisjordanie et de Gaza, et les deux nations vivront ensemble, partageant les ressources de la région. » Cela arrivera seulement lorsque Maitreya sera accepté, après le Jour de la Déclaration. Les Israéliens devront renoncer à beaucoup de choses d’ici un an, ou deux peut-être, le temps qu’il faudra.

Q. John Kerry a déclaré qu’il soutenait la barrière israélienne, le mur. (E-U)
R. Si vous posiez la question, la plupart des gens, sauf les Français, probablement, vous répondraient qu’ils sont favorables au mur. Le monde soutient Israël car le monde a peur de ne pas soutenir Israël. Les gens ont peur de ne pas soutenir le droit des juifs d’être en Israël. Israël fut créé par défaut par les Britanniques, en conséquence des attaques terroristes menées par les premiers Israéliens, par l’Irgun Zevai Leumi, le groupe Stern et d’autres groupes. C’étaient des terroristes qui se battirent pour chasser les Anglais de Palestine, en prenant la terre, les immeubles et les villes appartenant au peuple palestinien.
Les Israéliens proclament qu’ils ont des droits qui remontent à 5 000 ans sur la Cisjordanie, que c’est la terre que Dieu leur a promise. Si tous les peuples se trouvaient sur la terre où se trouvaient leurs ancêtres il y a 2 000 ans, aucun peuple ne serait là où il se trouve aujourd’hui. Les mouvements de population ont été si importants et les mariages entre les différents peuples si nombreux, que personne ne se trouverait là où il est aujourd’hui. En suivant cette règle, il n’y aurait aucun visage blanc aux Etats-Unis aujourd’hui ; le pays serait rempli de tribus indiennes, et c’est tout. L’Amérique du Sud ne parlerait ni espagnol ni portugais, on y parlerait aztèque et maya et d’autres langues indiennes. Le monde serait entièrement différent.
Le mouvement des peuples a été immense, si bien que personne ne peut dire : « Nos Ecritures disent que Dieu nous a promis cette « terre de lait et de miel » qui s’appelle maintenant Cisjordanie. » Elle appartenait à la Jordanie et lui fut volée en 1967 dans une guerre préventive qui dura six jours, une guerre illégale comme celle d’Irak. Les hauteurs du Golan furent prises à la Syrie, la Cisjordanie à la Jordanie, et le désert du Negev à l’Egypte en six jours. Ce fut la victoire militaire la plus spectaculaire de l’Histoire, mais ce fut une attaque erronée, illégale, préventive, que l’on a laissé faire, une attaque soutenue par le reste du monde, de manière à ce que le peuple israélien puisse avoir son « héritage ».
Il est trop tard pour changer les choses. Je ne crois pas que l’on puisse démembrer l’Etat d’Israël et renvoyer ses habitants en Russie, aux Etats-Unis ou ailleurs, à l’endroit d’où ils sont venus. Trop de temps s’est écoulé. C’est une réalité que nous devons accepter, mais c’est difficile lorsqu’il s’agit de votre terre, de votre maison, de vos champs, de votre histoire.
Je me souviens d’avoir eu, il y a de nombreuses années, une conversation à la Tate Gallery de Londres, avec une jeune Palestinienne. Je n’étais ni pro-Israélien, ni pro-Palestinien. Je discutais tout simplement avec elle. Mais elle me dit : « Nous ne renoncerons jamais au combat pour la restauration de la Palestine. Nous n’accepterons jamais l’Etat d’Israël. » C’était il y a quarante ans peut-être, lorsque l’Etat d’Israël n’était pas si vieux, si établi et si puissant qu’aujourd’hui.
Israël possède maintenant l’armée la plus puissante de la région et elle pourrait être rendue encore plus puissante grâce aux dons et à l’aide des Etats-Unis. On ne peut rien y changer. Une forme ou une autre de compromis doit être trouvée, mais un compromis qui soit juste. Rien de juste n’est venu d’Israël depuis sa création, mais cela viendra.

Q. Il semblerait que J. Kerry ait presque la même philosophie et la même vision nationaliste, militariste et anti-terroriste que G. Bush. (Europe)
R. Non, pas du tout. Je pense que vous vous trompez totalement sur J. Kerry. La première fois que je l’ai vu à la télévision, il ne m’a pas fait une très forte impression. Il était timide, raide et dépourvu d’éloquence. La fois suivante, il s’adressait à environ six cents personnes, un petit groupe, et il était à la fois plus vivant, plus agréable, plus tranchant. La troisième fois il s’adressait à environ cinquante personnes, et il fut merveilleux. Il était réellement très bien. Il était humain, il était vrai. Il avait un bon contact avec les gens et ce qu’il disait était vraiment très bien. Puis il prononça un excellent discours à la Convention où il accepta d’être nominé pour la présidence. Il fut de première classe.
Bill Clinton prononça aussi un discours qui fut encore meilleur. C’est un expert, personne ne parle mieux que B. Clinton. Il fut superbe. J. Kerry s’est montré très présidentiel. Il était obligé de montrer qu’il tenait la forteresse, de s’assurer que les Américains comprenaient qu’il avait été dans l’armée et qu’il livrerait les combats de l’Amérique où qu’ils soient ; si l’Amérique était envahie, il serait en première place – et il le pensait vraiment.
C’est un nationaliste, comme tout Américain et tout président dans le monde. Il a la même notion du droit que les Américains. Les principes doivent être en accord avec la tradition américaine, les besoins américains, les intérêts de l’Amérique. S’il disait autre chose, on le jetterait dehors. Lui demander d’agir autrement est naïf.
Il n’est pas possible d’avoir une certaine idée de la manière dont devrait se conduire J. Kerry et de dire qu’il ressemble à G. Bush. Ses principes et sa manière de travailler sont entièrement différents. Ce qu’il ferait si les Etats-Unis étaient attaqués serait la même chose que G. Bush et tout président de n’importe quel pays ferait de même. On ne peut imaginer que quelqu’un veuille être président et dise : « S’ils nous attaquent, c’est regrettable. Mais je n’ai pas envie de me battre. Je suis un homme de paix. » Les Américains le jetteraient dehors. Il n’entrerait même pas à la Maison Blanche. Il ne pouvait pas dire autre chose que : « Je veillerai aux intérêts américains. Je combattrai lorsque nous serons attaqués, mais je ne livrerai pas d’attaque unilatérale ou préventive. »
Les Américains commencent à comprendre que la guerre en Irak n’est pas ce qu’on leur a dit. Tout ce qui a été dit était un mensonge et Kerry a déclaré que lui-même ne dirait pas de mensonges : « Si nous sommes attaqués, les gens sauront pourquoi, qui nous attaque et pour quelle raison. Si nous ne sommes pas attaqués, très bien, nous ne sommes pas attaqués. Je n’attaquerai pas un autre pays de manière préventive. Mais si nous sommes attaqués, je défendrai l’Amérique. » C’est un tout autre discours.

Q. Vous avez dit que Maitreya avait conseillé à M. Arafat* de ne pas signer l’accord d’Oslo. M. Arafat connaissait-il Maitreya, ou Maitreya s’était-il présenté à lui sous un déguisement ? (Europe)
R. M. Arafat est venu à Londres. Il assistait à la rencontre organisée par Maitreya à Londres en 1990. Il faisait partie des quelque 350 invités qui y prirent part. Il connaissait donc Maitreya.

Q. Connaissait-il toute l’histoire ? (Europe)
R. Absolument.

Q. En lisant les médias on a l’impression que le gouvernement d’Arafat était très corrompu. Est-ce une façon de ternir la réputation du président Arafat ? (Europe)
R. Non. C’est une excuse. Cela diminue certainement la réputation d’Arafat, mais c’est injuste. Il est sans doute exact que l’autorité palestinienne est corrompue. Il ne peut en être autrement. Ils n’ont ni armée, ni véritables institutions, ni infrastructures. Elles ont été balayées par les canons des Israéliens. Y. Arafat lui-même était prisonnier dans sa petite enclave et les bâtiments qui l’entouraient avaient été bombardés. Il n’y avait que quelques personnes autour de lui. On essayait de lui enlever la moindre parcelle d’autorité. L’organisation actuelle de l’autorité palestinienne est probablement aussi corrompue que n’importe quel gouvernement au Moyen-Orient. Tous sont corrompus. Mais c’est la même chose aux Etats-Unis, en Russie, en Europe, et ailleurs. Il existe différents niveaux de corruption, naturellement, mais il n’existe aucun Etat qui ne soit corrompu dans une certaine mesure.

(La suite des questions-réponses sera publiée dans le prochain numéro.)

* Voir l’hommage rendu à Y. Arafat dans Partage international, déc. 2004.

Lieu : San Francisco, Etats-Unis Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité, émergence
Rubrique : Dossier ()