La voix du peuple indonésien a été entendue

Partage international no 119juillet 1998

« Aucun gouvernement sur terre ne pourra résister à la volonté focalisée, déterminée, des populations instruites. » (Benjamin Creme, Share International, octobre 1982)

Après trente-deux années passées au pouvoir, le président indonésien Suharto a cédé à une pression intérieure et mondiale croissante, et a donné sa démission en mai dernier. Depuis des mois, ses opposants exigeaient son départ tandis que l’Indonésie s’embourbait dans la crise financière et que le dictateur se révélait incapable de garder le contrôle de l’économie du pays.

En mars dernier, Suharto avait pourtant réaffirmé son emprise en réprimant toute opposition et en se faisant réélire pour un septième mandat, par le parti au pouvoir.

L’étreinte de Suharto n’a commencé à faiblir que lorsque des intellectuels musulmans, des généraux à la retraite et d’anciens ministres ont apporté leur soutien aux manifestations anti-Suharto menées par les étudiants. Dans les jours précédant sa démission, les manifestations estudiantines et les émeutes se sont accrues, en réponse à l’augmentation de 70 % du prix du carburant, décrétée par le gouvernement. La mort de six étudiants, tués par les forces de police anti-émeutes, a attisé l’indignation et pendant quatre jours les foules ont mis à sac Jakarta, la capitale du pays. Ces émeutes ont fait plus de 500 morts et près de 5 000 bâtiments ont été endommagés.

La semaine suivante, les événements ont pris une tournure exceptionnelle lorsque les soldats ont permis à des centaines d’étudiants d’occuper le Parlement et de rencontrer des représentants du gouvernement. L’opinion dans le pays s’était alors retournée contre Suharto et les députés, formant d’ordinaire un parlement plutôt docile, ont annoncé qu’ils le contraindraient à partir s’il ne démissionnait pas de son plein gré.

Le successeur de Suharto, B. J. Habibie, est également un de ses amis de longue date, l’un de ses protégés. B. J. Habibie a pris certaines mesures positives. Il a annoncé que les citoyens pourraient former des partis politiques d’opposition et adhérer à des syndicats. Il a également affirmé la liberté de la presse. B. J. Habibie a aussi promis de nouvelles élections au cours de l’année, et a engagé une enquête sur la corruption politique et économique. Mais pour de nombreux étudiants et responsables politiques de l’opposition, B. J. Habibie ne va pas assez vite, et ils réclament sa démission. « Il n’est pas en accord avec notre voix intérieure. »

Indonésie
Sources : New York Times ; Reuter ; CNN
Thématiques : politique
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)