Les larmes de la Vierge de Mura

Partage international no 117mai 1998

par Carmen Font

Le 16 mars dernier, la petite vie tranquille du village de Mura, bourgade retirée à 50 km au nord de Barcelone (Espagne), a été quelque peu bousculée lorsque le père Luis Costa a découvert le phénomène sur le visage de la statue : « Elle avait l’air d’avoir pleuré des larmes de sang. » Cette statue de marbre blanc, haute de 70 cm, avait été rapportée de Medjugorje et exposée sur la place de l’église sur un piédestal de 2,5 m.

Des larmes de sang avaient coulé sur son visage, depuis le coin de chacun des deux yeux, avant de se coaguler, et le sang n’était pas complètement sec. « Ce matin-là, je m’occupais des fleurs, sur la place, quand je m’en rendis compte. J’appelai un couple qui se trouvait dans le presbytère pour vérifier s’ils voyaient la même chose que moi. Ce qu’ils confirmèrent. Puis j’ai grimpé jusqu’à la statue pour déterminer si quelqu’un avait pu la démonter pour modifier son aspect. Comme cette statue se trouve à l’air libre, la poussière s’est accumulée sur elle et sur le piédestal aussi ; donc, si quelqu’un l’avait emportée puis remise en place, ça lui aurait été difficile de la remettre exactement sur la même zone propre, et sans soulever de poussière. Non, manifestement, personne n’avait déplacé la statue. Donc, si quelqu’un était à l’origine de ces larmes, il avait dû intervenir ici, à l’extérieur, monté sur une échelle. » Ce n’est que lorsque le père Costa porta la statue à l’intérieur du presbytère qu’il put constater certains détails particuliers. « Le sang coule vers les bords externes de l’œil et l’on peut voir un nodule (petit renflement) sur chaque paupière. Comme la Vierge a les yeux mi-clos, il est normal que les larmes s’étalent en coulant, formant ainsi ces nodules. » Le père Costa s’est renseigné auprès d’un artiste peintre, voulant savoir si on pouvait obtenir ce résultat à l’aide d’un pinceau ou d’un quelconque outil : « A moins qu’il ne soit un peintre classique, un expert tel que Velazquez, qui sache exactement comment s’y prendre pour peindre de telles larmes, qui connaisse bien cette zone du réseau veineux, il ne viendrait certainement à l’idée de personne de peindre de tels nodules. Le sang se répand d’abord vers le haut en raison de la capillarité de la matière, puis il est absorbé comme par une éponge, et il coule ensuite vers les joues. »

Le père Costa a également questionné deux médecins sur la possibilité d’injecter du sang dans les yeux de la statue, dans la mesure où elle est creuse, afin d’obtenir cet effet. Leur réponse fut négative : le sang se serait forcément coagulé. De plus, le sang n’adhérant pas à cette catégorie de marbre et le visage de la Vierge étant légèrement penché en avant, le sang aurait dû tomber au sol. Le père Costa conclut donc « que le sang provient de la statue, qu’il coule vers les joues en deux larmes distinctes qui, après coagulation, laissent apparaître deux taches circulaires comme dans les cas d’une blessure réelle. » Ces deux marques, de même que les fameux nodules, sont vraiment convaincants d’authenticité pour de nombreux témoins du phénomène.

« Réalisant que la probabilité d’avoir affaire à un miracle était de 51 %, je décidai de ne pas cacher l’événement et je pris la responsabilité de faire connaître ce que moi-même et d’autres avaient pu voir. » Le père Costa rédige donc un bref rapport à son évêché, qui ne manifeste aucune réaction dans un premier temps. Ce n’est qu’après que les médias se sont saisis de l’information que l’évêque demande au prêtre de lui apporter la statue afin de l’examiner. « On ne m’a pas dit si l’on procéderait ou non à des tests », précise le père Costa ; et lorsqu’on lui demande s’il espère que l’Eglise confirmera le miracle, il répond que, bien que les autorités ecclésiastiques se soient antérieurement prononcées positivement sur un cas similaire à Civitavecchia (nord de Rome), c’était surtout parce que la Madone s’était mise à pleurer devant un évêque. Pour autant, il est impossible de dire si la hiérarchie locale conclurait au miracle, même si elle en était le témoin direct.

« La position de l’Eglise est que ces phénomènes ne sont pas de l’ordre du possible, sinon il faudrait les considérer comme rationnels, accessibles à l’intellect, ce qui reviendrait à refuser à Dieu la liberté de s’adresser à nous de cette manière. Mais nombreux sont ceux qui ont vu et ressenti la vérité indubitable du phénomène et qui n’ont pas besoin de preuves supplémentaires. Quant à ceux qui ont une approche critique de ce genre d’événements, ils ne croiraient pas de toute façon, même s’ils assistaient à tous les miracles de la création. Une chose est sûre, toutefois, que les gens croient ou non, ils ont tous une attitude de respect devant cela. »

Le père Costa est lui-même un spécialiste des événements miraculeux, dont il a noté qu’ils sont en nette progression depuis les dix dernières années. « Je n’étais pas directement concerné par ce genre de phénomènes jusqu’au moment où, il y a deux ans, je fis l’expérience d’une série de situations qu’on ne peut se contenter de qualifier de coïncidences. J’ai fini par penser que j’étais en quelque sorte guidé par des forces supérieures, en particulier lorsque je tombai sur un certain nombre de livres traitant des miracles. Je me suis alors penché sur le sujet : je me suis rendu à Medjugorje, ce que j’y ai vu et mes expériences personnelles là-bas écartent tous doutes sur la réalité de ces miracles. Je suis même certain qu’il existe une relation entre ces événements. Vous savez, ajoute le père Costa d’un air grave, citant Padre Pio, quand une mère pleure, c’est quelque chose de dramatique. Et que fait-elle quand elle est témoin d’une injustice ? D’abord elle crie, puis elle nous exhorte à réagir, et si elle ne parvient pas à résoudre le problème, alors elle pleure. Si ses larmes sont des larmes de sang, c’est que la douleur est profonde. Ces miracles sont un avertissement, un cri sans paroles que nous sommes libres d’entendre ou pas. »

Un cri devant l’état actuel de la planète, des larmes versées sur notre négligence vis-à-vis de la Terre et des rapports avec nos frères humains. « Oui, pour toutes ces raisons et certainement plus. » Puis il commente ses lectures de nombreux auteurs catholiques ayant reçu des messages de la Vierge, tels que le père Gobbi – soutenu par la pape – Padre Pio, Sœur Hanna, Mme Vassula et tant d’autres qui apparemment se réfèrent à certains passages de la Bible. Ce qui l’amène à la conclusion que « les miracles annoncent également des événements futurs, plus exactement l’apparition de l’Antéchrist en 1998, qui précédera le retour de Jésus, tout proche, et l’inauguration d’une ère de paix : le Royaume des Cieux sur la Terre, plutôt que notre ascension là-haut. Nous vivrons dans ce Royaume, c’est écrit dans les Evangiles. » Bien que le père Costa n’ait connaissance à ce jour d’aucune guérison miraculeuse (les faits sont récents) il est néanmoins étonné par le battage médiatique suscité par le sujet, et il attribue cela à un réel intérêt de la population espagnole. Il se plaint cependant de certains journaux qui ont déformé ses propos et l’ont présenté  comme un excentrique fasciné par une interprétation prophétique des miracles. « Ces miracles sont aussi une indication sur la voie que Dieu voudrait nous voir suivre. La plupart des prêtres croient que Dieu s’est exprimé il y a deux mille ans, une fois pour toutes, et que tout ce que nous avons à faire c’est de suivre les Evangiles ; mais ce n’est pas la vérité, la Bible ne nous enseigne pas ça. La révélation n’est pas close : en ces temps d’urgence, Dieu s’adresse à nouveau à nous. »

[Le Maître de Benjamin Creme confirme que le Maître qui fut Marie est à l'origine du miracle de Mura. Les remarques du père Costa concernant l'Antéchrist sont bien sûr une interprétation (catholique) personnelle.]

Lieu : Mura, Espagne
Date des faits : 16 mars 1998 Auteur : Carmen Font, professeur d’université et correspondante Share International. Elle réside en Espagne.
Thématiques : environnement, religions, signes et miracles
Rubrique : Signes des temps (Certains des « signes d’espoir » et des « signes des temps » que nous présentons ici n’ont pas été confirmés par le Maître de Benjamin Creme. Nous les soumettons à votre seule considération car nous ne sommes pas en mesure de vérifier leur nature « miraculeuse »)