Partage international no 197 – février 2005
C’est officiel : Il n’y a pas d’armes de destruction massive en Irak. Les contrôleurs ont abandonné leurs recherches dans ce domaine qui était pourtant l’un des principaux motifs de la guerre des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne contre l’Irak. L’existence supposée d’armes de destruction massive constituait en effet le fondement de la doctrine de la guerre préventive.
Charles Duelfer, directeur du Groupe de surveillance des armements en Irak a regagné les Etats-Unis. En octobre 2004, il a présenté au Congrès un rapport préalable concluant que Saddam Hussein avait détruit ses dernières armes de destruction massive il y a plus de dix ans et qu’à l’heure de la deuxième guerre du Golfe, ses possibilités d’en fabriquer de nouvelles étaient pratiquement inexistantes ou extrêmement limitées.
Les recherches exhaustives menées auparavant par les inspecteurs des Nations unies n’avaient abouti à la découverte d’aucune arme susceptible de justifier une guerre. Comme on le sait, ces inspecteurs ont été rappelés d’Irak avant de pouvoir achever leur recherche. Or, les gouvernements anglais et américain déclaraient que l’Irak détenait des armes de destruction massive que Saddam Hussein pouvait mettre en œuvre en 45 minutes, causant d’énormes dégâts en termes de morts humaines et dommages matériels.
Lorsque la dernière commission d’étude et d’inspection dirigée par Charles Duelfer quitta l’Irak, elle demanda au Pentagone de libérer un certain nombre de scientifiques irakiens détenus depuis le début de la guerre.
Depuis que les médias ont rapporté que « Les Etats-Unis ont abandonné la recherche des armes de destruction massive de Saddam Hussein » et que « La commission de contrôle des armements en Irak a conclu que le dictateur avait procédé à la destruction de ses armements des années avant l’invasion », les principaux journaux ont relégué cette information au profit d’autres « sujets clés ».
Toutefois, des critiques se font jour sur la manière dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne veulent étouffer cette affaire. Nancy Pelosi, membre éminent du parti démocrate, qui n’hésite pas à critiquer ouvertement le gouvernement a déjà déclaré : « Le président se doit d’expliquer au peuple les raisons d’une telle erreur. »
De son côté, Hans Blix, ancien contrôleur en chef des armements en Irak, violemment vilipendé aux Etats-Unis par les partisans de la guerre, déclare que l’administration Bush doit répondre de cette question devant les Nations unies.
Charles Duelfer présentera son rapport final au Congrès au printemps 2005.
Irak
Sources : The Guardian, Grande-Bretagne ; Agence France Presse, France
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Regard sur le monde (Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.)
