Sombres perspectives pour l’économie américaine

Partage international no 197février 2005

 Paul Krugman, professeur de sciences économiques à Princeton et éditorialiste au New York Times, accuse la politique économique de Bush de conduire les Etats-Unis à la catastrophe.

L’Administration, dit-il, est noyautée par un « groupe de gens pour qui les règles sont inutiles. Ils sont totalement irresponsables ». Il redoute que la victoire électorale du président Bush ne fasse que rendre son administration encore plus sourde aux voix dissidentes – ce qui mettrait sérieusement en danger une économie américaine souffrant depuis la fin du premier mandat de déficits records, d’une baisse de confiance des investisseurs et d’une création d’emplois peu bénéfique à la vie économique.

Mais ce que craint le plus P. Krugman, c’est que l’Administration Bush ne s’obstine dans ses politiques de réduction d’impôts et de privatisation de la sécurité sociale – politiques qui ont conduit l’Argentine à une sorte de désastre fiscal suivi d’une vague d’emprunts massifs qui, en 2001, a mis le pays en état de cessation de paiement, sa dette nationale se montant alors à 100 milliards de dollars. « Alors, si on se demande si on ressemble à l’Argentine, conclut-il, la réponse dépasse ce que l’on est prêt à admettre aujourd’hui. Nous sommes devenus une république bananière. »

Autre épée de Damoclès, la perspective de voir les banques centrales asiatiques cesser de renflouer la dette budgétaire américaine ; ce qui serait immanquablement suivi d’un plongeon supplémentaire du dollar, plongeon déjà anticipé par les investisseurs internationaux, qui ont compris que le gouvernement américain est décidé à laisser filer sa monnaie.

« Le premier pas peut venir de la Banque de Chine, jugeant qu’elle détient suffisamment de dollars, ou d’investisseurs privés, prêts à spéculer sur un plongeon de la devise américaine – une « prophétie qui contient en elle-même l’assurance de sa propre réalisation », estime-t-il. « Deux scénarios qui mettent les nerfs à rude épreuve. » Ce qui l’inquiète également, ce sont les plans de réforme de la sécurité sociale qui, s’ils étaient appliqués, mettraient les retraités à la merci de l’extrême volatilité des marchés financiers – avec les conséquences que l’on peut imaginer pour les générations futures.

Pour lui, le seul aspect positif de la réélection de Bush, c’est que sa politique financière de plus en plus erratique pourrait nourrir le mécontentement des couches moyennes et défavorisées. « Je crois que viendra un moment où s’élèvera une sorte de raz-de-marée populaire contre ce qui se sera produit, déclare-t-il. En attendant, il faut rester mobilisés au maximum, continuer à clamer sans relâche la vérité. Jusqu’à ce que finalement les gens descendent en masse dans les rues, seule façon de faire comprendre au gouvernement qu’ils ne sont pas satisfaits de ce qui se passe. »


Sources : Reuter, Grande-Bretagne
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)