Dialogues avec l’ange

Un livre de Gitta Mallasz

Partage international no 197février 2005

par Betsy Whitfill

Dialogues avec l’ange est l’histoire vraie de quatre amis vivant en Hongrie qui, au milieu de la Seconde Guerre mondiale, reçurent les enseignements d’êtres qu’ils désignèrent sous le nom d’anges. Le Maître de B. Creme a indiqué que les « anges » étaient en fait les Maîtres Jésus, Morya et Koot Hoomi, déguisés. (Voir la rubrique Questions-Réponses dans le numéro de janvier-février 2003 de Share International*).

Vivant dans un petit village aux environs de Budapest, Gitta Mallasz et ses trois amis juifs, Lili, Hanna et Joseph (le mari d’Hanna), étaient très perturbés par le nombre grandissant d’arrestations. C’était une époque de tension politique et de terreur, les nazis se répandaient à travers la Hongrie, capturant et déportant les juifs.

Dans l’espoir d’apaiser leur sentiment « de se trouver dans une impasse », comme l’écrit Gitta, les quatre amis décidèrent d’exprimer leurs soucis par écrit et d’en discuter ensemble. Un jour, Hanna fit remarquer à Gitta que ce qu’elle écrivait était très superficiel. Soudain, elle eut une vision dans laquelle une « étrange force » prenait les notes de Gitta, les déchirait et les jetait par terre. Déconcertée, elle dit à Gitta : « Attention ! Ce n’est plus moi qui parle », et elle prononça ces paroles : « On va te faire perdre l’habitude de poser des questions inutiles ! Attention ! Bientôt des comptes te seront demandés ! »

Gitta eut alors une vision juste et impitoyable d’elle-même. « En un éclair, il m’est montré ce que j’aurais dû écrire : je suis saisie de peur et de honte. » Ce fut le début de la communication avec les « anges ». C’était le 25 juin 1943.

L’ange dit ensuite : « Dans un sol dur on ne sème pas la graine. Tu seras labourée par une recherche sans répit. Ce qui était bon jusqu’à présent sera mauvais. Ce qui était mauvais sera bon. » Puis il l’invita à poser une question, mais elle était tellement bouleversée qu’aucune ne lui vint à l’esprit, et le dialogue s’arrêta.

Hanna décrivit son expérience pendant le dialogue comme un état de perception élargie. Elle pouvait voir nettement la pièce et Gitta, et elle savait ce que celle-ci éprouvait, mais, en même temps, elle était consciente de la présence de l’ange dont les sentiments, dit-elle, étaient d’une nature différente des sentiments habituels. Elle les décrivit comme exprimant de « l’indignation », de « l’amour » ou de la « tendresse », faute d’autres mots.

Gitta et Hanna furent très surprises de cette visite car elles se considéraient comme des personnes tout à fait ordinaires. Lorsqu’elles racontèrent leur expérience à Joseph et Lili, Joseph se montra sceptique, mais Lili demanda à être présente lors du prochain dialogue.

Il y aura en tout quatre-vingt huit dialogues. Gitta transcrivit les « paroles » des anges, « exprimées » à travers Hanna.

Les premiers dialogues se déroulèrent principalement avec Gitta et Lili qui posèrent des questions personnelles. Gitta était souvent submergée par ses émotions. Son ange lui dit que ses émotions et ses sentiments bloquaient le contact. Mais il déclara que si elle s’élevait « jusqu’à l’infini », ils pourraient toujours être ensemble. Sa tâche était de « rayonner avec des sentiments vrais », d’être intérieurement si rayonnante que quiconque en la regardant soit réveillé. Le faux sentiment, lui dit-il, est changeant – on aime d’abord une chose, puis une autre. Le vrai sentiment est immobile, il aime tout, et « rayonne ». Il expliqua que la matière et l’esprit fusionnent dans les yeux, où la force « brûle et rayonne à l’extérieur ». Si par l’émotion on bloque la force montante du véritable sentiment à la gorge, on l’étouffe. « Mais si on l’offre au Divin au moment où il atteint la gorge, la force se transforme en Lumière, qui monte et brille à travers les yeux. » Dans l’un des derniers dialogues, l’ange leur dit à tous les quatre : « Les sentiments doivent être élevés. La vibration s’intensifie. Qu’est-ce qui les élève ? l’aspiration ? – Non. La foi ? – Elle n’est que potentialité. La force qui élève : c’est le don de soi, l’offrande de soi. »

Lili, professeur de gymnastique et thérapeute, fut appelée par son ange « celle qui aide ». Elle avait un caractère très sérieux, mais elle luttait contre la dépression et la nervosité, et son ange dit que celles-ci disparaîtraient lorsqu’elle commencerait à agir selon la tâche qui lui incombait – exprimer « un amour débordant », le Divin en elle. Lorsqu’elle demanda si elle recevrait de l’aide, l’ange répondit qu’elle devait commencer seule et que l’aide viendrait ensuite. Il ajouta que si elle désirait le voir à nouveau, elle ne le verrait pas. Elle le verrait, cependant, lorsque sa tâche l’exigerait. Tout dépendrait, dit-il, de l’intensité de son effort. L’ange leur dit à tous de cesser de désirer et de vouloir. Ils ne devaient s’appuyer sur rien, mais avoir uniquement foi dans le Divin. « Ce qui paraît l’appui le plus sûr, c’est le vide le plus noir. Ne le saisissez pas, car vous deviendriez le vide vous-même ! »

L’idée de ne compter que sur soi-même imprégnait tous les dialogues et elle fut exprimée avec une insistance grandissante lorsqu’ils quittèrent leur village pour Budapest afin d’échapper à une arrestation par les nazis. Les anges leur conseillèrent d’être indépendants, de se débarrasser des vieilles habitudes (« l’habituel, c’est la mort » ) et de ne jamais regarder en arrière. Ils leur enseignèrent la véritable humilité qui se manifeste lorsque « baisser la tête élève ». Ils leur enseignèrent que le mauvais est « ce qui n’est plus bon », et qu’il est créé par l’homme. Ils ne devaient pas essayer de corriger le mauvais, mais d’augmenter le bon qui absorberait le mauvais autour de lui. La haine, enseignèrent-ils, est un masque pour la peur et la honte.

L’ange d’Hanna était « Celui qui mesure », que Gitta décrit comme « une présence d’une puissance contenue, d’une sévérité mesurée presque effrayante » : elle l’appelait « l’Ange de la Justice divine ». Il leur enseigna que le Divin donne à chacun une mesure, peu importe si celle-ci est grande ou petite, mais que donner selon sa mesure est la source d’une joie qui retourne, en pleine mesure, à celui qui donne. En donnant, dit-il, on agit en union avec le Divin, qui donne tout. Il évaluait régulièrement leur capacité à donner, à servir, ce qu’il appelait leurs actes, et il les réprimandait souvent.

« Celui qui mesure, que mesure-t-il ? L’espace. Le cercle que la force n’embrasse pas n’est rien. L’Acte, Dieu le sème, l’homme le reçoit. Le cercle et l’Acte : espace et temps. Lui mesure par moi. »

« Le plateau est vide. Vos actes sont insuffisants. Mesurer le vide m’ennuie. J’aimerais déjà emporter les fruits. Déjà Il attend davantage de vous. »

Joseph, d’un naturel calme et tranquille, était dessinateur de meubles et décorateur. Son ange l’appelait « celui qui bâtit », un « messager du Ciel » dont la tâche était de bâtir le Ciel sur la Terre. « La Terre en bas est aussi proche que le Silence en haut : ils sont Un. L’Acte n’est possible qu’ici. »

« Vide est la Terre – pourtant Sa main la remplit – Sa main qui a nom Homme.

« L’Homme est celui qui bâtit (Joseph), qui aide (Lili), qui est force rayonnante (Gitta), qui agit selon la mesure (Hanna).

L’homme est le pont entre le monde créé et le monde créateur. Il est, leur dirent les anges, le berceau du nouvel âge. Les quatre amis symbolisaient le quatrième règne de la nature. En élevant leur vibration jusqu’à celle des anges et en agissant selon leur tâche, ils représenteraient l’Homme Nouveau qui est dans la Main du Divin. Devenir ce lien était leur tâche commune et par extension le but ultime de tous les hommes lorsqu’ils s’élèvent en conscience pour devenir l’Homme et agissent en tant qu’expressions du Divin. Les anges leur dirent : « Le Ciel est en vous. »

Afin d’échapper à la menace grandissante d’une arrestation par les nazis, ils emménagèrent à Budapest, dans l’appartement vacant des parents d’Hanna, mais la situation empira rapidement. Déprimés, ils craignirent pour leur sécurité, ce qui poussa « Celui qui mesure » à leur dire : « Servez ! Jour et nuit ! Défense de vous arrêter ! Beaucoup de talents vous ont été confiés, vous devez en rendre compte. Voyez ! Qu’il est doux de Le servir ! Portez des fleurs, je vous en supplie ! »

Les anges insistèrent sur le fait qu’ils devaient choisir, décider et agir sans regarder en arrière, afin de faire naître le Monde Nouveau dans lequel (donner) de la joie est l’air, et la paix la vibration. « Jurez sur le Ciel que vous l’accomplirez ! »

Les anges les assurèrent que, grâce à cet enseignement et cette stimulation, ils étaient pleinement capables d’accomplir leurs tâches – mais ils devaient agir.

« Lui trace l’éternel Projet – qui passe à travers nous, mais rien ne se peut faire sans vous. Les Cieux parlent : la Terre aura des ailes par vous et par nous. Si nous parlons par vous nous serons debout sur la Terre, et vous aurez des ailes si vous agissez par nous. »

La veille de la déportation de Joseph vers un camp de concentration (où il mourut), un des anges déclara qu’ils n’étaient efficaces que lorsqu’ils agissaient ensemble. Qu’ils soient ensemble physiquement ou non, ils étaient les voix du « Nouveau Chant ». Le Nouveau Chant est, dirent les anges, la nouvelle vibration « accordée au Divin – elle a pour nom Lumière. »

Le destin de Joseph poussa Gitta à chercher un moyen de sauver Hanna et Lili de la déportation. Un ami influent lui avait parlé d’un plan secret visant à sauver une centaine de femmes et enfants juifs, en installant un atelier de confection militaire dans un couvent vide à Buda. Elles pourraient ainsi bénéficier de l’accord et de la protection du ministère de la Guerre et seraient également sous la protection du clergé en charge du couvent. Gitta, fille d’un ancien officier de l’armée hongroise, se vit offrir, et accepta, le poste de « commandant bénévole » de l’atelier. Hanna et Lili faisaient partie des employées.

Les dialogues se poursuivirent dans le bureau de Gitta, dans le jardin du couvent. Les anges leur dirent qu’elles ne devaient plus rien demander pour elles-mêmes car on leur avait « tout donné » : « Celui qui ne demande plus pour lui-même agit. »

Pendant le dialogue du solstice d’été, le 21 juin 1944, l’ange dit : « Votre demande crée ici, en haut et là, en bas. Le Nouveau Son vibre. Le Nouveau Soleil se lève maintenant. Votre demande élève. Tout commence maintenant, au moment où l’ancien soleil dans sa force est au zénith. Aujourd’hui tout change. Aujourd’hui. D’éternité en éternité. Amen. » Gitta pressentit le commencement d’une nouvelle phase dans l’évolution humaine. Les anges parlèrent du Nouvel Amour – « donner, toujours donner » : « Le plus grand don qu’Il nous a donné est que nous puissions DONNER. »

« Il n’est plus action, ni réaction, ni récompense, ni punition, ni couteau, ni caresse. »

« Dans l’église, tous supplient et ce n’est plus votre tâche. Votre cœur est UN avec Son Cœur. C’est une tâche, ce n’est pas un don. Ainsi vers le haut ne levez plus la tête ! Jamais ! C’est vers vous que crient les suppliants, afin d’être délivrés. Ouvrez grand les bras ! Donnez ! Donnez toujours ! Ouvrez votre main ! Agissez ! Agissez toujours ! »

Les nombreux dialogues, ponctués de longs silences pendant lesquels les anges apportaient beaucoup de stimulation, créaient les résultats désirés. Une des femmes de l’atelier remarqua que le visage d’Hanna « rayonnait » lorsqu’elle revenait à l’atelier après avoir passé un certain temps dans le bureau de Gitta. A sa demande elle fut autorisée à assister aux dialogues. Des années plus tard, elle a raconté à Gitta qu’elle avait entendu intérieurement toutes les paroles prononcées par Hanna. La femme qui partageait l’abri de Lili s’était beaucoup attachée à elle et elle fut, elle aussi, priée de se joindre aux dialogues.

Le 24 novembre 1944, le dernier dialogue se termina par ces mots : « Croyez-le ! L’Eternelle Vie est déjà vôtre ! »

Le 2 décembre 1944, les nazis forcèrent les portes du couvent. Gitta avait auparavant demandé protection pour les femmes aux soldats allemands qui logeaient dans la maison voisine et elle courut leur demander secours. Ils montèrent la garde et firent rapidement passer les femmes et les enfants juifs à travers un trou dans le mur du jardin afin qu’ils puissent trouver refuge dans la forêt voisine. Gitta s’arrangea pour retarder les soldats hongrois suffisamment longtemps pour que la plupart des femmes puissent s’échapper, mais treize d’entre elles restèrent en arrière, furent capturées et envoyées au camp de concentration de Ravensbruck. Lili et Hanna en faisaient partie. Gitta a supposé qu’elles étaient restées en arrière pour la sauver, craignant qu’elle ne soit fusillée si les nazis hongrois ne trouvaient aucune femme à arrêter. Lili et Hanna moururent par la suite dans le camp. Hanna avait souvent dit à Gitta qu’elle devait leur survivre à tous les quatre et communiquer les dialogues au monde. Une des treize femmes a raconté par la suite à Gitta que dans le camp Lili rayonnait d’une telle force d’amour que les autres prisonnières se portaient volontaires pour les tâches les plus dures afin d’être avec elle. Elle ajouta qu’Hanna l’avait convaincue que même si elle avait été battue, la dégradation des coups ne pouvait la toucher et elle fut ainsi capable de supporter les épreuves du camp et de survivre.

Gitta vécut pendant quelques années secrètement en Hongrie afin d’aider ses parents. Lorsque ceux-ci moururent, en 1960, elle partit pour Paris, se maria et traduisit les dialogues du hongrois en français. Un ami les apporta à un journaliste de radio connu, Claude Mettra, qui interviewa Gitta sur Radio France dans l’émission Les vivants et les Dieux, en avril 1976. L’interview connut un tel succès que les dialogues furent publiés cette année-là sous le titre de Dialogues avec l’ange.

En dépit de nombreuses invitations à s’exprimer publiquement, Gitta se retira à la campagne avec son mari jusqu’en 1983, où elle accepta une invitation à prendre la parole à l’Institut C. G. Jung, à Zurich. L’accueil fut si enthousiaste qu’elle accepta de faire des tournées en Europe et qu’elle écrivit ensuite trois ouvrages basés sur les questions qui lui ont été posées pendant ses tournées : Les Dialogues tels que je les ai vécus, Les Dialogues ou l’enfant né sans parents et Les Dialogues ou le Saut dans l’inconnu. Les dialogues ont été traduits en anglais et publiés en 1988. Gitta est décédée en 1992.

Dialogues avec l’ange, les quatre messagers, un document recueilli par Gitta Mallasz, Editions Aubier.


* Voici la traduction de la question parue dans Share International :

Q. Un ouvrage de G. Mallasz, Dialogues avec l’ange, raconte l’histoire vraie de quatre jeunes hongrois qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, eurent des échanges réguliers avec des êtres spirituels qu’ils considérèrent comme des anges. S’agit-il d’un contact direct de la Hiérarchie spirituelle avec l’humanité et, si c’est le cas, quels Maîtres furent impliqués dans ces contacts ?
R. Les « anges » étaient les Maîtres Jésus, Morya et Koot Hoomi, déguisés.

Auteur : Betsy Whitfill, collaboratrice de Share international basée à Dallas (Texas).
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Compte rendu de lecture ()