Suite des questions posées à Benjamin Creme à l’occasion des rencontres des groupes de transmission qui se sont déroulées à San Francisco, Etats-Unis, en août 2004, et aux Pays-Bas, en septembre 2004. La conférence d’ouverture et la première partie des questions-réponses ont été publiées dans le numéro de mars 2005 de Partage international.
Q. Y a-t-il d’autres disciples qui pourraient œuvrer comme vous le faites à faire connaître la présence du Christ ? (Europe)
R. Cinq personnes auraient pu jouer un rôle clé au sein du groupe de 4 000 personnes participant à ce travail : une à New York, moi-même à Londres, une à Genève, une à Darjeeling, une à Tokyo, toutes choisies pour être les premières à présenter cette histoire.
Autour d’elles se seraient rassemblées d’autres personnes, si bien que ce serait devenu un événement mondial. Cette information serait arrivée de cinq points différents à travers le monde, de New York jusqu’à Tokyo, un brillant projet, malheureusement la personne de New York n’y croit pas. C’est un homme qui est venu plusieurs fois à mes conférences, mais qui ne croit pas à l’histoire. Je suis la personne choisie à Londres. L’homme choisi à Genève ne croit pas plus à l’histoire que celui de New York. Tous deux sont des chrétiens mystiques, influencés par des hommes comme Rudolph Steiner, qui est décédé avant que ne fut mis au point le plan décidant que le Christ viendrait en personne.
R. Steiner affirmait que le Christ ne pouvait revenir dans un corps physique. Il pensait que lorsque le principe christique serait suffisamment éveillé dans le cœur des hommes, on pourrait dire que le Christ est présent dans le monde. Ce n’est que l’un des aspects de la réapparition du Christ. Les personnes qui suivent R. Steiner ont fermé leur esprit à toute possibilité de réapparition du Christ lui-même, en tant qu’homme physique dans le monde, accompagné d’une quarantaine d’autres Maîtres. Elles ont rendu un mauvais service à notre cause.
L’homme de New York n’y croit pas, celui de Genève non plus, celui de Darjeeling est encore endormi, la personne de Tokyo est une femme qui croit être elle-même le Christ, ils ne font donc pas un très bon travail. Ce n’est pas la faute de la Hiérarchie, car elle se contente d’offrir l’opportunité de servir. C’est au disciple de prendre suffisamment conscience des implications de tout ceci. Les Maîtres ne vous racontent pas une histoire qu’ils savent devoir s’avérer fausse. Mais nous devons agir. Nous devons « faire du bruit » pour faire comprendre aux gens que tout ceci est en train d’arriver et créer ainsi le climat d’espérance et d’attente nécessaire, et redonner espoir à l’humanité qui est si désespérée. Les hommes doivent croire à l’avenir, et rien ne leur donne autant d’espérance que l’idée de la réapparition du Christ, ou de l’imam Madhi, ou de Maitreya Bouddha, ou de Krishna. Cette idée les réconforte et soulage leur anxiété et leur tension.
Q. Si j’ai bien compris, le fait que le Christ reviendrait dans le monde était connu de la Hiérarchie depuis 350 ans. Elle savait que ce serait par adombrement et ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, en 1945, qu’elle décida que le Christ reviendrait en personne. Est-ce exact ? (Europe)
R. Elle le savait depuis plus de 500 ans. La décision est venue de Maitreya lui-même.
Q. Rudolf Steiner n’aurait-il pas pu savoir ce que les Maîtres savaient depuis 500 ans ? (Europe)
R. Peut-être, mais c’était un chrétien mystique. Il n’était pas vraiment ésotériste. Les disciples de Steiner pensent qu’il savait tout sur tout, mais ce n’était pas le cas en ce qui concerne la réapparition du Christ.
Q. Il avait raison sur le fait qu’ils étaient deux, Jésus et Maitreya. Il n’utilise pas le nom de Maitreya mais celui du Christ dans ses ouvrages. (Europe)
R. Oui, mais il ne croit pas en Maitreya. Il croit seulement que c’est le principe christique qui est descendu sur Jésus. Mais celui-ci est descendu sur Jésus du fait de l’adombrement. R. Steiner est un vrai chrétien. C’est très bien, mais il a induit en erreur nombre de personnes et fermé leur esprit par son dogmatisme.
Q. Vous avez déclaré dans votre conférence que l’autosatisfaction était un signe de séparation, une sorte de narcotique ou d’anesthésie. (Etats-Unis)
R. Je n’ai rien dit de cela. J’ai dit que c’était la racine de tout le mal. Selon Maitreya, l’autosatisfaction est la racine de tout le mal, car elle vient de notre sentiment de séparation. C’est le mal de l’autosatisfaction.
L’humanité est prête à accueillir Maitreya
Q. Qui sont les 1,5 milliard de personnes prêtes à accepter les idées de Maitreya ? Faites-vous référence aux plus pauvres d’entre les pauvres ? (E-U)
R. Je fais référence à tout le monde. Maitreya a dit, il y a longtemps, dans un ouvrage de l’Agni Yoga : « Il fut un temps où dix hommes justes pouvaient sauver le monde. Puis vint un temps où dix mille ne suffisaient pas. J’en appellerai un milliard. » Il y a cinq ou six ans, j’ai demandé à mon Maître : « Maitreya a-t-il son milliard d’hommes ? » Il a répondu : « Un milliard et demi. » Je fais référence à ce milliard et demi et c’était il y a quelques années. Il s’agit donc d’un milliard et demi, et plusieurs millions depuis.
Q. En fait nous ne sommes pas si nombreux. (Etats-Unis)
R. Il ne s’agit pas de vous, je sais que je peux compter sur vous. Je fais référence à ceux qui sont prêts à recevoir Maitreya, ceux qui verront en sa venue la réponse à leurs prières, à leurs besoins. Ils seront nombreux parmi les pauvres, ceux qui meurent de faim dans le monde.
Q. Maintenant qu’un milliard et demi de personnes sont prêtes à recevoir le message de Maitreya, est-il exact qu’il n’existe aucune autre condition qui empêche Maitreya d’apparaître en public ? (Etats-Unis)
R. Oui, c’est vrai. Rien ne peut empêcher l’apparition de Maitreya en public.
Q. Combien y a-t-il d’initiés de troisième et quatrième degré aux Etats-Unis ? (E-U)
R. Je ne répondrai pas à cette question, bien qu’il me soit possible d’obtenir la réponse. Elle met en effet l’accent, une fois de plus, sur les Etats-Unis. Vous devez apprendre à oublier un peu les Etats-Unis. Vous considérez les Etats-Unis comme une extension de vous-mêmes. Le monde est la véritable extension de vous-mêmes.
Nous vivons dans un monde où il y a environ 865 000 initiés du premier degré, environ 250 000 initiés du deuxième degré, entre 2 000 et 3 000 initiés du troisième degré, 450 initiés du quatrième degré et 63 Maîtres.
Le libre arbitre
Q. Vous avez parlé de leaders dans différents domaines qui ont été en contact avec Maitreya et les Maîtres et ont été préparés par lui. Pourquoi leur travail n’est-il pas plus évident dans la situation actuelle ? (Europe)
R. Je me demande si ce que vous dites est exact. Dans quelle mesure vous attendez-vous à ce que ce soit évident ? Quel est le domaine de votre recherche ? Je ne sais pas ce que vous attendez. Il y a des hommes et des femmes dans le monde entier qui savent, comme nous le savons, que Maitreya est présent dans le monde et pour quelle raison. Il se peut qu’ils ne connaissent pas tout le contexte ésotérique, mais ils savent qu’un grand Instructeur est présent dans le monde et qu’il pourrait, de leur point de vue, être le Christ. Ils savent qu’il a des idées très explicites sur la nécessité pour l’humanité de changer et dans quelle direction, et qu’eux-mêmes peuvent se rendre utiles en influençant la direction de ce changement. Ils savent tout cela, mais ils ne vont pas l’écrire dans les journaux.
Ils ne résident pas nécessairement en France, ou en Allemagne, ou aux Pays-Bas. Ils peuvent se trouver en Amérique du Sud ; il en existe en fait en Amérique du Sud. Ils peuvent se trouver en Chine ; il en existe effectivement en Chine et également en Russie. Nous, Européens, avons tendance à penser que tout ce qui est important se passe en Europe, tout comme les Américains pensent que l’Amérique est l’endroit où tout arrive. Il n’en est rien,
naturellement. Certaines choses, les pires comme les meilleures, se produisent effectivement aux Etats-Unis et en Europe, mais beaucoup de ce qui présente de la valeur pour l’humanité, le genre de chose qui d’après vous n’est pas évident, devient en fait de plus en plus évident et prend de plus en plus d’ampleur dans certains pays comme en Amérique du Sud, en Chine, en Russie. Il existe une volonté de changement dans tous les domaines, et l’on voit apparaître sur le devant de la scène, dans plusieurs Etats d’Amérique du Sud et ailleurs dans le monde, non pas le vieux style de leader communiste révolutionnaire, mais un nouveau type de leader démocratique de gauche, tourné vers le peuple. C’est une manière d’agir plus saine que celle de la vieille oligarchie, désormais moribonde, des zones d’influence soviétique, tant à l’Est qu’à l’Ouest.
La démocratie est une réalité et c’est le mode de vie sociale préféré des Maîtres. Eux-mêmes ne travaillent pas exactement comme une démocratie. La Hiérarchie, comme son nom le suggère, est effectivement une hiérarchie. Les Maîtres acceptent ouvertement, par exemple, que Maitreya en sache davantage qu’eux, car il est plus évolué, plus vieux, et possède une conscience des différents aspects du cosmos que ses disciples immédiats n’ont pas, même si ce sont des initiés du sixième degré. C’est une hiérarchie et ils considèrent comme allant de soi que quelqu’un de plus évolué possède un éventail plus large et plus profond de connaissance et de sagesse, en raison de la nature même de sa conscience. Cependant, ils travaillent de manière démocratique dans la mesure où chaque Maître prend en charge un certain ensemble de tâches et les mène à bien, selon sa propre conscience. Il est responsable de son propre domaine de travail ou d’enseignements et il a le droit démocratique d’exposer son point de vue lors des rencontres collectives de la Hiérarchie où toutes les idées sont discutées et évaluées.
Nous trouvons difficile d’accepter une vue hiérarchique de la vie, d’accepter les différences entre les gens. Des nations comme les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, par exemple, qui sont très démocratiques, trouvent réellement déplaisante l’idée qu’il existe une Hiérarchie, des gens qui sont des Maîtres. Ils croient toujours que les Maîtres nous disent ce que nous devons faire.
Comme je me suis donné du mal pour l’expliquer au fil des années, les Maîtres ne sont nullement là pour nous dire ce que nous devons faire. Les Maîtres se contentent de conseiller et d’enseigner en nous révélant les résultats de nos actions. Si nous accomplissons telle action, tel sera inévitablement le résultat, si nous accomplissons telle autre action, il en résultera quelque chose de tout à fait différent, sans doute préférable. Ils nous laissent ainsi le choix. Si nous faisons preuve d’intelligence, nous tenons compte de leurs avis. Ils mettent en lumière les résultats des différentes actions que nous pouvons accomplir. Cela facilite beaucoup les choses, lorsque vous avez une décision à prendre, d’avoir un Maître, un Instructeur, un Guide qui vous dise que si vous faites ceci, tel sera le résultat, et que si vous faites cela, le résultat sera totalement différent. Vous pouvez alors voir quelle direction vous souhaitez prendre. Le choix vous appartient ; vous jouissez du libre arbitre. Je ne peux être plus explicite.
Nous ne comprenons pas réellement ce qu’est le libre arbitre. Nous en avons une compréhension superficielle, mais nous n’en saisissons pas vraiment toute la profondeur. Nous ne comprenons pas non plus la raison pour laquelle il est impossible pour les Maîtres de l’enfreindre. Le libre arbitre est l’élément de notre nature qui rend l’évolution possible. Sans libre arbitre nous n’évoluerions pas.
Les Maîtres sont chargés du Plan de l’évolution, ils sont donc impliqués dans l’évolution, et l’évolution humaine en fait partie. S’ils enfreignaient notre libre arbitre, qui est fondamental pour notre évolution, ils mettraient un terme à leurs propres actions et un terme à toute évolution de l’humanité – cela n’arrivera donc jamais. Nous devons prendre conscience de toute l’importance de ce libre arbitre et ne pas le considérer seulement comme quelque chose auquel nous nous accrochons, même lorsque nous savons que nous agissons de manière erronée.
Quelqu’un arrive, un instructeur par exemple, quelqu’un qui connaît les réponses, qui a foulé le même sol que vous, et qui sait que si vous faites ceci, cela arrivera, et qui vous le dit. Si vous considérez qu’il s’agit d’une atteinte à votre précieux libre arbitre, vous n’allez pas bénéficier de cet avis.
Je connais des gens qui n’accepteront pas le fait de la présence des Maîtres dans le monde, même lorsque ceux-ci agiront ouvertement. Ils n’accepteront pas les conseils de la Hiérarchie car ils ont l’esprit démocratique et n’accepteront aucune forme de supervision hiérarchique s’ils ont l’impression qu’il s’agit d’une supervision sur leur droit à être eux-mêmes, et sur leur droit à la démocratie. C’est une obsession par rapport à la démocratie. Ils ont élevé la démocratie à un niveau d’importance très élevé dans notre vie sociale et ils l’ont déifiée. Ils en ont fait une idéologie qui met une barrière autour d’eux, si bien qu’ils ne peuvent grandir. Ils ne peuvent accepter quelque chose de plus élevé que leur démocratie.
Ils ne sont que des hommes et des femmes et ils sont limités, comme le sont tous les hommes et toutes les femmes, par leur niveau d’évolution. J’ignore quel est le niveau moyen d’évolution des politiciens intelligents qui gouvernent dans le monde. Je dirais quelque chose comme 1, 4 ou 1, 35. C’est insuffisant. Ils fonctionnent sur le plan astral ; ils ne sont pas polarisés sur le plan mental. Ils ne peuvent prendre des décisions objectives et donc ils sèment le désordre.
Vous découvrirez que ceux que Maitreya et les Maîtres ont entraînés ont atteint le degré 1,5 ou davantage et que quelques-uns sont même des initiés du second degré, travaillant d’un niveau plus élevé. Ils peuvent voir les choses de manière plus objective. Il se pourrait qu’ils soient encore fanatiques et plongés dans leur idéologie particulière, mais ils auront un sens plus vaste de l’ensemble. Ils feront preuve de davantage de tolérance dans les choses qui importent, même s’il s’agit de fanatiques chrétiens, ou musulmans, ou autres.
Les nations – les peuples et leurs dirigeants
Q. Je trouve intéressant qu’un pays comme l’Allemagne ait pu en moins d’un demi-siècle aller d’un dirigeant néfaste comme Hitler, à l’élection d’un dirigeant comme Willy Brandt, l’homme qui a dirigé la commission qui est parvenue à un véritable consensus en ce qui concerne l’élaboration d’un projet économique modèle pour l’avenir. Est-ce un exemple de la manière dont l’humanité peut aller d’un extrême à l’autre en prenant une direction positive ?
R. C’est certainement un exemple. Je ne sais pas si l’on peut en faire l’exemple que vous suggérez. C’est extraordinaire qu’il y ait eu Hitler et pas très longtemps après qu’il y ait eu en Allemagne Willy Brandt. W. Brandt fut élu. Hitler ne fut pas correctement élu – il y eut une manipulation. Il ne fut pas élu par le peuple. Willy Brandt était un initié du troisième degré et Maitreya lui demanda de créer le Rapport Brandt. Willy Brandt fut élu dirigeant par un processus démocratique, c’était un démocrate. Il démissionna alors que ce n’était pas nécessaire, à la suite d’une affaire pas claire concernant un subordonné et dont il endossa la responsabilité. Ce fut une grande perte pour l’Europe, une réelle perte pour le monde.
Il fut contacté par Maitreya très peu de temps après que celui-ci vienne dans le monde. Maitreya est arrivé à Londres en juillet 1977 et il a contacté Willy Brandt en novembre 1977. Il lui suggéra de réunir un comité d’économistes représentant tout un éventail de points de vue différents, de l’extrême gauche à l’extrême droite, des hommes et des femmes éminents venant d’autant de pays que possible. Il rassembla ce comité, et ses membres parvinrent par consensus au projet qui fut publié sous le nom de Rapport de la Commission Brandt. Ce rapport recommandait rien moins que le partage des ressources et la reconstruction de notre système économique – une réalisation immense. C’est une grande perte pour le monde que Willy Brandt ne soit pas resté au pouvoir en Allemagne.
Hitler a dominé l’Allemagne à partir de 1933 jusqu’à la fin de la guerre, en 1945. Il l’a dominé à cause du pouvoir exercé sur lui par deux membres de la loge noire qui, tour à tour, ont littéralement pris possession de son corps, et l’ont obsédé pendant toute cette période. Ce mal n’était pas celui de l’Allemagne, même si, de toute évidence, la même chose n’aurait sans doute pas pu se produire dans un autre pays. Cela n’est pas arrivé en France, ni en Grande-Bretagne, ni aux Pays-Bas. C’est arrivé initialement en Italie avec Mussolini. C’est la raison pour laquelle les puissances de l’Axe se sont réunies. Hitler, Mussolini et le groupe de militaristes du Japon ont créé une force à trois pointes, un triangle. L’énergie s’est déversé à travers ce triangle qui fut potentialisé par les forces noires. Les Maîtres de la loge noire connaissent ce genre de chose aussi bien que les Maîtres de la loge blanche. Mais
ils les utilisent dans des buts différents.
L’Allemagne, en tant que nation, est très jeune et, de ce fait, ses habitants ont une réponse très astrale à l’égard de la vie, comme c’est le cas aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays. Si l’Allemagne avait été une nation plus vieille, l’ascension d’Hitler n’aurait, sans doute, pas été acceptée. Je ne dis pas que cela ne serait pas arrivé, mais que cela aurait fort bien pu ne pas arriver. L’immaturité d’une nation donne à de tels hommes l’opportunité d’émerger et de prendre le pouvoir. Lorsqu’existent des systèmes établis depuis plus longtemps, et reposant sur un équilibre des pouvoirs, ce genre de situation n’a pas tendance à se produire.
Je ne pense pas qu’il y ait un corollaire entre Hitler et Willy Brandt, comme la question le suggère, car ce qui se passe en réalité, c’est qu’il faut que le pays soit prêt pour l’émergence de personnages comme Willy Brandt. Si un pays est prêt à faire quelque chose, les personnalités capables de l’accomplir émergent. C’est un fait occulte que, dans toute période de l’Histoire, des âmes viennent en incarnation avec la capacité de régler les problèmes de l’époque. Des êtres arrivent, entraînés et prêts à répondre aux problèmes et à guider fermement l’humanité vers l’avant.
Du point de vue des Maîtres, le développement de l’humanité est plutôt régulier. Nous voyons les hauts et les bas. Pour les Maîtres, les guerres de 1914 à 1945 sont une seule guerre d’importance majeure qui a permis aux Maîtres de venir. Maitreya a annoncé sa venue en 1945, à cause de la défaite des forces du mal, les seigneurs de la matérialité, comme les Maîtres les appellent. La défaite des seigneurs de la matérialité a rendu possible pour la Hiérarchie la reprise de son travail sur le plan physique avant le calendrier prévu.
Q. Comment Maitreya est-il apparu à Willy Brandt ? Fut-il conscient de l’identité de Maitreya ? (E-U)
R. Oui, il savait qui il était et il fit le travail demandé. C’était un initié du troisième degré et il savait ce qui se passait.
Q. Existe-t-il toujours une convergence de vue entre les dirigeants d’un pays et ses habitants, déterminant le choix d’agir ou de ne pas agir face à un problème donné ? Y a-t-il jamais eu une époque où les dirigeants potentiels existaient, mais n’avaient pas à leur disposition les personnes possédant les qualités nécessaires pour mettre en œuvre leurs idées, ou vice versa – les personnes adéquates existaient mais pas les dirigeants ? (E-U)
R. Ce n’est pas exactement comme cela que les choses se passent, vous avez souvent les dirigeants mais pas le soutien nécessaire pour un gouvernement démocratique. Les dirigeants existent mais le pays est jeune, immature sur le plan politique et pas assez conscient. Les dirigeants deviennent alors des dictateurs comme Napoléon, qui transforma l’Europe et créa des Etats qui n’existaient pas auparavant.
Q. Le président Bush a déclaré : « Ce serait plus facile si c’était une dictature, dans la mesure où je serais le dictateur ». Ses gaffes sont très révélatrices. (E-U)
R. En effet. Je suis sûr que c’est vrai.
Q. Le monde attend que l’âme des Etats-Unis se manifeste. Cette manifestation viendra-t-elle exclusivement à travers les initiés américains ou à partir des masses dans un avenir proche ? (E-U)
R. Elle viendra à travers les initiés. L’âme d’un pays se manifeste toujours à travers les initiés de ce pays. Des masses vient l’expression de la personnalité. La personnalité des Etats-Unis est de sixième rayon, le rayon de l’idéalisme abstrait ou de la dévotion. Les Américains sont vraiment attachés à leurs propres idéaux. L’idéal de liberté est probablement leur plus grand idéal, tout au moins celui dont nous entendons le plus parler. Mais nous n’entendons guère parler de justice, car l’idée de justice ne colore pas la conscience des masses américaines.
Les Etats-Unis ont élevé le concept de liberté à un degré qui, à mon avis, n’a plus rien à voir avec celle-ci. C’est la liberté de faire ce que vous voulez, sous n’importe quelles conditions, sans aucune restriction. Si l’on gratte un peu, on trouve chez tout Américain ce puissant sixième rayon, prêt à balayer le moindre obstacle en travers de sa route. Pour lui, il ne s’agit pas d’une voie erronée, mais de la voie de son propre idéal et c’est cela la liberté.
Le président des Etats-Unis a déclaré que la liberté des Américains était menacée par un petit Etat nommé Irak. Celui-ci n’avait pas d’armes de destruction massive. Comment l’Irak pouvait-il menacer les Etats-Unis ? Tout cela est absurde. Je ne peux comprendre comment tant d’Américains ont pu se laisser prendre par les affirmations de leur gouvernement selon lesquelles d’une manière ou d’une autre, l’Irak, qui n’avait pas d’armes de destruction massive, était une menace pour les Etats-Unis. Il n’a jamais été une menace pour les Etats-Unis. Rien ne pourrait me persuader que l’Irak était une menace pour les Etats-Unis. Il pouvait être une menace pour le Koweït, une menace pour les Kurdes certainement, une menace à nouveau pour l’Iran, peut-être, bien que j’en doute. L’Irak pouvait être une menace pour la Syrie s’il l’avait voulu. La Syrie est probablement le seul pays pour lequel l’Irak pourrait être une menace, d’autant plus que les deux pays ont une frontière commune. La Syrie ne possède pas d’armes de destruction massive à proprement parler. Croire que l’Irak était une menace pour les Etats-Unis est croire à un non-sens. En ce qui concerne Tony Blair, persuader le peuple britannique et un tiers de son parti que la Grande-Bretagne était menacée par l’Irak est un également un total non-sens. Ce n’est absolument pas vrai.
La liberté a été élevée à une position telle que ce n’est plus de liberté que vous parlez. La liberté est l’un des besoins humains primordiaux. Sans liberté, il n’y a pas de vie réelle. C’est une grande qualité divine, mais il y a aussi la justice. Il ne peut exister de liberté sans justice, ni de justice sans liberté.
Le « mythe » américain de la liberté est basé sur le fait que les masses américaines croient en ce qu’elles appellent la liberté, mais de toute évidence ne croient pas à la justice. J’ai découvert que, dans l’esprit américain, la justice est l’équivalent du système légal. Vous êtes très concernés par la légalité. Le système légal est très développé aux Etats-Unis. Ce système me paraît très curieux sous certains aspects, très avancé sous d’autres. Mais il n’a rien à voir avec la justice, si ce n’est la justice légale. La justice est quelque chose d’autre. La justice a trait aux justes relations, tout comme la liberté. L’une ne peut exister sans l’autre.
Les masses qui composent la personnalité des Etats-Unis réussissent à faire en sorte que la liberté soit considérée comme une nécessité primordiale pour tous les peuples, et l’idée de justice vient loin derrière jusqu’à être presque absente. Vous avez 275 millions d’habitants dans ce pays et 44 millions d’entre eux n’ont pas accès aux soins de santé. C’est incroyable. Bon nombre d’Américains ne peuvent se permettre d’aller chez le médecin, d’accéder aux soins et aux prothèses dentaires si nécessaire, ont peur d’être malades car ils devront s’absenter de leur travail et ne toucheront aucune compensation de salaire. C’est une honte.
C’est la raison pour laquelle, parmi les priorités de Maitreya, figurent une nourriture suffisante, un logement, l’accès aux soins de santé et le droit à l’éducation. Ce sont les priorités essentielles pour tous les peuples, une évidence, un droit humain. Elles figurent également dans la Charte des Nations unies, qui fut rédigée en grande partie par le président F. D. Roosevelt. Vous savez tout cela et cependant aucun accent n’est mis dans la pensée américaine sur le concept de justice. Les Américains savent ce que signifie l’égalité et cela ne leur plait pas. Ils l’appellent communisme ou socialisme.
Maitreya dit qu’aucune nation ne peut fonctionner avec une seule roue. Si vous considérez une nation comme une charrette, elle doit avoir deux roues, sinon elle n’avancera pas. Si elle possède une roue unique et que cette roue soit le capitalisme, elle n’avancera pas. Si cette roue est le socialisme, elle n’avancera pas non plus. La seule chose qui puisse faire que la charrette, c’est-à-dire votre structure politique et économique, fonctionne correctement est d’avoir le meilleur du socialisme et le meilleur du capitalisme. Les Maîtres conseillent comme meilleure proportion 70 % de socialisme et 30 % de capitalisme.
Faire l’expérience de Maitreya et des Maîtres
Q. Pouvez-vous expliquer pourquoi le détachement est si important ? (Europe)
R. Je dirais que la question du détachement est primordiale pour comprendre le rôle des groupes dans la présentation de cette information, et également en ce qui concerne le travail effectué par chacun selon ses capacités, intérieurement et extérieurement, dans le but d’apprendre à être détaché sans être isolé. C’est, à mon avis, la clé permettant de comprendre ce que j’ai dit au sujet de Maitreya, dont le cœur est chargé de toute l’angoisse, de toute la peine et la souffrance, de toute la misère, toute la déception, tous les désirs de milliards d’hommes, et qui, en même temps, est capable de se montrer drôle, joyeux à l’extrême, spontané dans ses relations avec les gens qu’il rencontre dans la rue.
Dans une expérience relatée dans un numéro de Share International, par exemple, une américaine réalisa qu’on lui demandait pour la troisième fois 65 cents. Elle commença à être légèrement ennuyée, car la première fois elle avait donné de bon cœur, la seconde fois elle l’avait fait avec un peu plus de résistance, mais cette fois-ci elle dit : « Pourquoi est-ce toujours 65 cents ? » Soixante-cinq cents est une somme spécifique, mais elle ne correspond à rien, si ce n’est peut-être à un timbre de 65 cents. Maitreya déclara (car c’était lui qui demandait 65 cents) : « C’est un don de Dieu. » – « Soixante-cinq cents, un don de Dieu ? », répliqua-t-elle. « C’est en fait soixante-dix cents », répondit-il. Elle fut si amusée par la réponse rapide qu’elle lui remit, elle ne dit pas combien, mais au moins 65 cents.
Elle réalisa alors qu’il lui donnait l’opportunité de donner, d’apprendre à donner. Bon nombre d’Américains, à mon avis, donnent facilement. Ils ont énormément de générosité, mais un nombre presque équivalent d’entre eux, et ceci s’applique également au reste du monde développé, sont à la fois généreux et plutôt « stingy » (pingres). Stingy est un mot anglais qui signifie : n’aimant pas se départir de son argent, particulièrement en faveur d’un étranger qui vous demande 65 cents pour la troisième fois. Maitreya fit comprendre à cette femme que cette opportunité de donner, ne serait-ce que 65 cents, était un don. Ce don devient aux yeux de Dieu un don de soi-même.
Je pense que les gens ne comprennent pas suffisamment cette qualité que les Maîtres possèdent en une telle abondance. C’est la générosité du cœur, de l’esprit. Les Maîtres comprennent que donner est divin. Si quelqu’un a besoin qu’on lui donne quelque chose, c’est un geste divin de le lui donner. Maitreya semble revenir constamment sur ce point, en se présentant à maintes reprises comme un mendiant, demandant 65 cents ou deux dollars.
Un jour il m’a demandé deux dollars. Il apparut devant moi à Berkeley, en Californie sous les traits d’un jeune homme bien habillé, qui semblait ne pas avoir particulièrement besoin de deux dollars. Il me dit que c’était pour acheter de l’essence pour sa camionnette. Je regardai du haut jusqu’au bas de la rue et je ne vis aucune camionnette. Cela ne me gênait pas du tout de lui donner deux dollars, mais je pensais en lui donnant cet argent que cela pouvait difficilement être pour sa camionnette. Combien d’essence peut-on avoir pour deux dollars ?
Une autre fois, il était vêtu comme une vieille paysanne, venant de débarquer dans nos murs. Elle était avec sa fille, âgée d’une dizaine d’années, qui pleurait et reniflait et avait un air pitoyable. C’était dans le métro et il n’y avait pas âme qui vive dans le wagon, mais elle était là pour mendier. Dès que j’entrai, elle me dit : « Pouvez-vous me donner un peu d’argent ? » N’ayant pas de monnaie, je lui donnai une somme assez importante, plus que l’on ne donne généralement à un mendiant. Elle me remercia à peine. Elle se contenta de prendre le billet et de le glisser quelque part dans ses vêtements. Elle portait de nombreux vêtements en couches superposées. Elle avait l’air d’une gitane ou d’une paysanne. Je la trouvais plutôt déplaisante – elle avait le nez saillant et le regard perçant et un air grincheux. Elle prit mon billet d’un geste brusque et mécanique. Sa fille était assise là en train de pleurer. « Pourquoi est-elle en train de mendier dans un wagon vide ? Elle n’obtiendra pas grand chose, me disais-je. Combien de gens vont-ils monter ? » Mon Maître me dit alors : « Ne sois pas sévère à son égard, car elle a une vie terrible, une vie réellement terrible. Elle est mariée à un homme qui boit et qui l’envoie avec sa fille prendre un ticket de métro. » (Si vous avez un ticket, vous pouvez voyager du début jusqu’à la fin de la ligne et refaire le trajet en sens inverse toute la journée. Vous pouvez le faire aussi longtemps que vous ne descendez pas à une station pour remonter à une autre. C’est ce qu’elle faisait.) Et il ajouta : « Elle doit mendier de l’argent dans le métro. Elle a une vie terrible. Elle et sa fille sont obligées de le faire, et si elles rentrent le soir avec un peu d’argent, le mari le prend et va le dépenser au pub. Si elle ne rapporte pas suffisamment d’argent, il pense qu’elle a traîné ou dormi dans le métro, et il la bat, et le lendemain elle est à nouveau dehors. C’est une vie terrible, ne sois pas sévère à son égard, n’attend pas de sourires. » Il fallut longtemps, un an ou davantage peut-être, pour que je réalise que cette personne était Maitreya et sa fille le Maître Jésus. Ce que Maitreya voulut m’enseigner, je ne sais pas, une certaine forme de tolérance sans doute, car le Maître en fit tant que j’étais pratiquement en larmes. Cette femme vivait dans des conditions si terribles ! Mais, en fait, il s’agissait de Maitreya. Tout cela n’avait rien de réel. C’était simplement une histoire !
Lieu : San Francisco et Kerkrade,
Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : politique, sagesse éternelle, spiritualité, émergence
Rubrique : Dossier ()
