Karma – la loi de cause et d’effet

SÉMINAIRE 2004

Partage international no 200avril 2005

par Benjamin Creme

Questions posées à Benjamin Creme à l’occasion de la rencontre des groupes de transmission qui a eu lieu à San Francisco, Etats-Unis, en août 2004

Q. Vous avez déclaré qu’un certain nombre d’anciens nazis s’étaient réincarnés en Israël. Il semblerait qu’ils continuent à agir comme dans leur vie précédente – oppression et sévices infligés aux autres pour des raisons raciales, prise de possession de territoire pour le groupe « choisi ». Comment la loi du karma aide-t-elle des âmes individuelles à apprendre et à évoluer de cette manière ?
R. La loi du karma n’aide pas des âmes individuelles à apprendre et à évoluer de cette manière. La loi du karma entre certainement en jeu dans le déplacement de ces militaires nazis et d’autres leaders qui agissent en Israël comme ils avaient l’habitude d’agir en Allemagne dans leur incarnation précédente.
Ils agissent ainsi en raison de leur structure de rayons et parce qu’ils se trouvent dans une situation similaire. Ils se considèrent comme Israéliens. Je ne pense pas qu’ils savent qu’ils ont été nazis. Connaissent-ils leur incarnation précédente ? Non. Ils interprètent simplement à leur manière les problèmes de l’époque. Le problème pour eux, c’est qu’Israël reçoit une semaine sur deux la visite de jeunes gens qui commettent des attentats suicides dans des bus ou dans des cafés, tuant ainsi des Israéliens. Les Israéliens détestent cet état de fait. Ils détestent le côté imprévisible des attentats ; cette imprévisibilité est une des raisons pour lesquelles le terrorisme fait si peur.
Comment la loi du karma aide-t-elle des âmes individuelles à apprendre et à évoluer de cette manière ? C’est une vision idéaliste des choses. La loi du karma n’est pas concernée par l’idéalisme. La loi du karma est une loi très bienveillante que vous mettez vous-même en mouvement et qui vous renvoie les événements que vous amorcez. Lorsque vous pensez, vous créez des formes-pensées. Vos actions engendrent des causes. Ces causes ont des effets. Ces effets sont ce dont vous faites l’expérience. Ils font que votre vie est ce qu’elle est, pour le meilleur ou pour le pire. Telle est la loi du karma et elle montre la nécessité de l’innocuité dans toute situation. C’est ce que les gens ignorent.
La loi du karma aide-t-elle des âmes individuelles à apprendre et à évoluer de cette manière ? Ces anciens nazis se sont incarnés en Israël parce qu’ils ont assassiné, opprimé de toutes les façons possibles des milliers de juifs en Allemagne. Ils avaient grandi dans la haine des juifs. Le but d’Hitler était de se débarrasser de tous les juifs du monde s’il l’avait pu. Ces nazis sont responsables et doivent maintenant revenir en tant que juifs.
Il ne s’agit pas d’apprendre à évoluer. C’est la loi de cause et d’effet, c’est-à-dire du karma. Ils partagent les conditions de vie de ceux qu’ils ont tellement détestés et opprimés pendant leur précédente incarnation. Ils apportent également avec eux les caractéristiques de leur structure de rayons, les énergies qu’ils utilisent, celles qui leur ont donné du pouvoir en Allemagne. Ces nazis n’étaient pas ceux qui se trouvaient au sommet, mais juste en dessous, parmi les SS et dans l’armée. Ils ne font pas figure d’exception, ils sont nombreux. Nombre de nazis se sont également réincarnés en Argentine et dans d’autres endroits du monde, notamment aux Etats-Unis

Q. Pouvez-vous expliquer la relation existant entre le déchaînement des forces de la matérialité et les répercussions karmiques sur les individus à travers lesquels ces forces agissent. L’énergie de l’antéchrist et l’énergie des forces de la matérialité sont-elles une seule et même chose ?
R. Oui. Hitler n’est plus en incarnation, il se trouve dans ce que les chrétiens appelleraient le purgatoire. Combien de temps y restera-t-il, je n’en ai aucune idée, mais longtemps. Il existe une relation directe entre l’effet négatif d’une personne travaillant avec les forces d’involution et les répercussions karmiques. Plus grand est l’impact sur le monde, plus grand sera le karma de cette personne.
Il existe des individus qui ne sont pas foncièrement mauvais, qui peuvent être des initiés du deuxième degré comme Staline. Staline n’était pas mauvais. Il était en quelque sorte « gris », pas « noir ». Il ne travaillait pas essentiellement avec le même genre d’énergie. Il travaillait pour un idéal, pour ce qu’il pensait être le bien de la Russie.
Tous les méfaits qu’il a perpétrés à l’encontre de certains individus et de millions de gens, il les a accomplis pour la « bonne » cause, pour l’idée qu’il se faisait de la nouvelle Russie. C’est un idéalisme que l’on peut séparer du mal évident, sans ambiguïté, des forces travaillant à travers Hitler et compagnie. Je n’inclus pas Staline dans ce groupe, je le situe dans une zone grise. Il s’agit dans son cas d’un mauvais usage personnel du pouvoir et d’un manque de discernement entre le bien et le mal. Alors qu’Hitler (qui était également un initié du deuxième degré) était littéralement obsédé par les forces de la matérialité, comme l’était dans une moindre mesure Mussolini en Italie. Les répercussions karmiques dépendent toujours du montant d’énergie dépensée.
Un initié du second degré peut toucher le « côté sombre » à titre expérimental, pour « s’amuser », pour faire quelque chose d’intéressant, par curiosité, sachant que ce n’est pas la chose à faire, mais être néanmoins tenté de le faire. Un initié du second degré a atteint un niveau assez élevé, mais il n’est pas encore parfait. Ce n’est pas qu’un initié du troisième degré le soit, mais un initié du second degré n’est pas entièrement tourné vers le Christ, pas complètement du côté de la lumière. Il peut être l’un ou l’autre et il peut être utilisé par les forces de lumière mais également par les forces de l’ombre. C’est le problème de certains initiés du deuxième degré. Ils ne savent pas où ils se situent. Ils ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent. Staline recherchait le pouvoir. Il voulait une vie meilleure pour le peuple russe, mais il était obsédé par sa propre capacité à lui procurer cette vie meilleure. Il ne le pouvait pas, sans prendre de mauvaises décisions concernant ses propres compagnons et le peuple russe, mais son but n’était pas mauvais. Telle est la différence.
Tout dépend du but. Quel était le but sous-jacent à l’action ? Si le but est mauvais, l’action est mauvaise. Si le but est bon, mais le résultat mauvais, il y a probablement moins d’énergie dépensée et utilisée dans le processus, et la répercussion karmique est moins importante.

Q. Faisons-nous l’expérience de vies au cours desquelles nous recevons les résultats de nos actions passées ?
R. Naturellement. Vos actions passées font de vos vies ce qu’elles sont. C’est exactement ainsi que le karma agit. La manière dont nos vies se déroulent aujourd’hui est le résultat des actions que nous avons accomplies dans le passé et de celles que nous accomplissons aujourd’hui. Il ne s’agit pas seulement du passé. Le karma est une loi dynamique qui concerne toutes nos actions. Etant réincarnés, nous ne cessons d’accomplir des actions. Nous recommençons sans cesse. Si ce sont de bonnes actions, elles engendrent du bon karma. Si ce sont des actions destructrices, elles engendrent peine et souffrance.
Ces personnes souffriront-elles ? Les souffrances qu’elles ont causées, elles les connaîtront à leur tour. Les souffrances endurées par quelqu’un d’autre en raison de leurs propres actions, elles les connaîtront d’une manière ou d’une autre. Il ne s’agit pas d’une loi mécanique, mais d’une loi exacte. C’est comme si les seigneurs du karma pesaient la qualité de l’énergie dépensée pour telle pensée, ou telle action, et elle vous revient de manière semblable. Nombre de personnes qui sont assassinées dans le monde subissent une situation karmique.

Q. Si j’ai bien compris, du nouveau karma est créé en permanence. Nous ne pouvons donc pas tout simplement présumer que cette personne a tué l’autre personne dans une autre vie.
R. Non, nous ne pouvons le présumer.

Q. Comment savoir ce qui se passe réellement dans ce cas ? On ne peut le savoir. On ne peut présumer que tout ce qui arrive dans cette vie est le résultat du karma. Quelqu’un pourrait simplement vous faire quelque chose à vous, ou à une autre personne, pour la première fois.
R. Précisément. Il s’agit d’un processus dynamique. Vous avez affaire à une situation dynamique. Il y a du vieux karma et du nouveau karma côte à côte dans la conscience de chacun. Naturellement, pour toute chose il existe une première fois. Si vous êtes suffisamment évolué pour ne pas commettre de meurtre, vous ne commettrez pas de meurtre. Nous parlons donc du karma qui est lié aux actions auxquelles nous pouvons nous relier, aux actions qui ont eu lieu.

Q. Comment cela prendra-t-il fin ?
R. Il n’y a pas de fin. Il y a une résolution du karma. Par exemple, je connais une femme qui dans sa vie actuelle a subi de la part de son père des sévices sexuels qui se sont prolongés jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge de quatorze ou quinze ans. C’était le résultat direct du fait que dans la vie précédente elle était le père et le père était la fille, qui subit des sévices sexuels de la fille actuelle. C’était le résultat d’une vie encore plus antérieure dans laquelle le père était le père et la fille était la fille. Cet échange successif de relations se produisit à trois reprises. J’ai posé à mon Maître la question que vous venez de poser et il m’a répondu : « Cela sera résolu dans cette vie. Il est improbable que cela se prolonge au-delà. » Tel est le karma.

Q. Cela peut-il être résolu par le pardon ?
R. Le pardon est l’une des lois majeures pour adoucir et atténuer la force du karma. Le karma est une loi et il agit de manière impersonnelle. Il y a quatre grands Seigneurs du karma qui manipulent cette loi. C’est une loi impersonnelle, mais si le pardon est présent chez la personne qui a subi des dommages, cela peut adoucir énormément le résultat de la loi. Peut-être pas totalement, cela dépend de la profondeur du pardon. Nous ne sommes pas tous Jésus.

Q. Qu’en est-il si la personne se pardonne à elle-même ?
R. C’est une chose différente. Se pardonner à soi-même n’a rien à voir avec le karma, cela concerne le sentiment de culpabilité.
L’une des principales tâches de Maitreya sera de faire disparaître le sentiment de culpabilité de l’humanité. Les gens se sentent coupables sans raison. Ils se sentent coupables parce qu’ils sont trop sérieux, ou parce qu’ils assument les problèmes des autres, la haine des autres, le manque d’amour des autres, ou autre chose. Les gens se sentent coupables, particulièrement les enfants. Les enfants dont les familles s’effondrent, dont les parents divorcent, se sentent souvent personnellement coupables de la rupture des parents, tant celle-ci est traumatique pour eux. Ils pensent qu’ils n’ont pas suffisamment aimé leurs parents ou qu’ils n’ont pas été « sages » ou qu’ils ont mal agi. Cela n’a absolument rien à voir avec les enfants bien sûr. C’est la sensibilité de l’enfant qui fait qu’il ne blâme ni son père ni sa mère, mais lui-même, pour cette séparation.
Ceci est lié au pardon de soi. Les gens ne se pardonnent pas car ils s’attachent au résultat de leurs actions. Vous ne pouvez modifier le passé. Le passé est le passé. Ce que vous pouvez modifier, c’est votre attachement au passé. Lorsque votre attachement est fixé sur votre action, ou votre manque d’action, en relation avec une personne décédée, par exemple – vous ne vous êtes pas assez occupé d’elle, ou vous n’avez pas été assez bon pour elle – vous vous sentez coupable. La personne est décédée et vous vous sentez coupable de ne pas avoir fait preuve de davantage de gentillesse ou de bonté à son égard. Il n’y a rien que vous puissiez faire. Tout cela n’est même peut-être pas vrai, mais c’est le sentiment que vous éprouvez car la personne est décédée. Vous ne pouvez plus lui dire ce que vous auriez facilement pu lui dire et qui lui aurait rendu la vie meilleure.
Si vous vous attachez à ce sentiment, vous vous attachez à la culpabilité. Vous pouvez continuer à vous blâmer pendant des années de n’avoir pas fait ce que vous auriez pu faire pour cette personne. C’est de l’attachement, quelque chose de négatif. L’attachement retient une partie de votre énergie et de votre attention. Votre psyché est fixée là où elle devrait être libre. Vous n’êtes plus libre si vous êtes attaché à ce que vous ressentez, à ce « J’aurais dû faire… ». Peut-être auriez-vous dû le faire, mais vous ne pouvez rien y changer maintenant que la situation n’est plus la même. Vous devez apprendre à renoncer au passé, à lâcher prise, à aller de l’avant. Ne vous accrochez pas, ne vous attachez pas à quelque chose qui ne peut être modifié. C’est du passé.

Q. Ce sentiment d’attachement ne peut-il être dû au fait que nous serons tenus pour responsables karmiquement pour ces choses que nous nous reprochons ?
R. Cela peut être vrai si vous connaissez la loi du karma. Cela pourrait effectivement être le cas. Mais je ne pense pas que cela le soit habituellement, à moins que vous ne croyiez que Dieu garde toujours les yeux tournés vers le bas, en agitant le doigt. On vous a appris dans votre jeune âge que lorsque vous étiez « méchant », pas gentil, pas bon, Dieu vous observait. Le monde entier a été éduqué avec cette idée imaginaire. Dieu a trop à faire pour surveiller les enfants qui disent des mensonges !

« Les hommes sauront qu’ils créent eux-mêmes, par leurs pensées et par leurs actes, les circonstances de leur vie; mais également que par l’action de ces mêmes lois, ils peuvent transformer et améliorer leur propre nature et les conditions de leur vie. »
[Un Maître parle, La loi de renaissance, janvier 1985]

« Depuis les temps les plus reculés, en Orient, l’idée de vies successives, gouvernées par l’inexorable loi du karma, est rarement mise en doute. Il en résulte une acceptation servile des conditions de vie du moment, si dégradantes et inhumaines puissent-elles être. En Occident, au contraire, le concept d’incarnations répétées est resté oublié, n’attirant plus l’attention que de quelques personnes, depuis sa suppression des enseignements de l’Eglise au VIe siècle, à l’instigation de l’empereur Justinius. Si les enseignements d’Origène avaient continué à faire partie de l’ensembles des croyances chrétiennes, une approche totalement différente de la vie et de la mort existeraient en Occident. »
[Un Maître parle, La loi de renaissance, janvier 1985]

« Quand un homme est véritablement détaché, il a déjà pardonné. Il attend patiemment de voir celui qui est à l’origine du mal se rendre compte, du tort qu’il a fait à lui-même, à la victime et au groupe, et faire amende honorable. ».
[Partage international, septembre 2001]

Lieu : San Francisco, Etats-Unis Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Dossier ()