Partage international no 158 – octobre 2001
par Paul Zweers et Tom Klinkert
Le grand avatar et maître indien Saï Baba nourrit le bien-être spirituel de millions de dévots à travers le monde. Il est également l’instigateur de vastes programmes humanitaires dans toute l’Inde, incluant des écoles, des collèges, des universités, des projets pour amener l’eau dans les villages et fournir de la nourriture et des vêtements aux pauvres. Il a également inspiré et supervisé la construction de deux hôpitaux ultramodernes. Tom Klinkert et Paul Zweers, membres d’un groupe de transmission des Pays-Bas, ont visité ces hôpitaux en novembre 2000.
Le plus ancien des deux hôpitaux, l’Institut Sri Sathya Saï des hautes sciences médicales, situé à Puttaparthi, dans l’Etat de l’Andhra Pradesh, a été ouvert en 1991. Il s’agit d’un bâtiment stupéfiant, ressemblant à un palais serein, dans les tons pastels, avec sa riche architecture orientale, orné d’harmonieux dessins symétriques. Le second hôpital, situé à Whitefield, près de Bengalore, a été ouvert en janvier 2001.
Nous nous rendîmes d’abord à hôpital de Puttaparthi, près de l’ashram de Saï Baba, nous laissâmes nos sandales à l’entrée pour gravir les marches de marbre du hall d’entrée et nous fûmes instantanément frappés par le calme, le sentiment d’élévation spirituelle émanant de ce magnifique hall octogonal. Il s’y trouve un large autel devant lequel trônent des statues de divinités hindoues, et un imposant dôme bleu tapisse le plafond.
Dans cet hôpital, tous les patients sont pris intégralement en charge, sans distinction de caste, de classe, de croyance ou de statut, et ils y restent jusqu’à leur guérison complète. Fort de 300 lits, on y trouve des départements spécialisés en néphrologie, cardiologie et ophtalmologie. Depuis son ouverture, plus de 9 000 opérations cardio-vasculaires y ont été réalisées gratuitement – opérations qui représentent normalement un coût de 500 millions de roupies (10 millions d’euros). L’hôpital de Puttaparthi est devenu un centre pilote pour la diagnostique, le traitement des maladies cardio-vasculaires et la chirurgie cardiaque. Il emploie plus de 40 médecins.
Une infirmière nous a guidé dans une des salles comportant dix lits, de grands espaces aérés, sans portes, équipés de séparateurs de chambre pour respecter l’intimité. L’hôpital fut construit et entièrement équipé en à peine un an. Citons la brochure de l’établissement : « Un seul hôpital de cette taille ne peut pas prétendre traiter les affections de tous les malades du cœur, des reins et des yeux du monde. Mais il pourrait servir d’exemple d’une pratique de pointe, gratuite pour les patients qui n’ont normalement pas les moyens d’y accéder. C’est un modèle que l’on peut reproduire n’importe où, dans n’importe quelle société, en se fondant sur la détermination et l’unité de pensée, de parole et d’action. Une infime partie des fonds alloués à l’acquisition des armements y suffirait – même les pays les plus pauvres pourraient lever les fonds nécessaires à la construction de telles structures hospitalières. »
L’hôpital de Whitefield
Le jour de Noël 2000, Saï Baba parlait de l’hôpital récemment construit à Whitefield, près de Bengalore : « Cet hôpital hautement spécialisé va profiter à tout l’Etat du Karnataka. Tous les malades du cœur de l’Etat pourront y être soignés. Chaque jour, 30 à 40 opérations y seront pratiquées. Pour ce faire, 30 chirurgiens seront employés et bien rémunérés. Il y aura de huit à dix blocs opératoires. Au moins de 25 à 30 opérations du cœur seront pratiquées par jour. Plus personne ne devrait souffrir d’insuffisance cardiaque. J’y suis fermement déterminé. »
Le coût du projet Whitefield est estimé à deux milliards de roupies (40 millions d’euros). La capacité d’accueil de l’établissement est prévue pour 240 000 consultations externes et 13 000 hospitalisations par an, à partir de 2002. Priorité est donnée au traitement des enfants et des soutiens de famille. Les services assurés seront une bénédiction pour les couches de la société les plus nécessiteuses, où chacun est un soutien de famille et où une personne malade constitue un handicap majeur pour l’ensemble de la famille. Le cercle vicieux ne peut être brisé pour ces patients que grâce à l’accès à des soins médicaux appropriés. Ainsi, les 333 nouveaux lits de l’hôpital multi-spécialisé n’apporteront pas seulement des soins médicaux, ils soigneront également le malade et le démuni dans sa tête et son âme.
L’institut diffuse des messages très clairs en faveur de l’aide médicale généralisée :
– Globalisation de la médecine : pouvoir bénéficier de soins appropriés devrait constituer un droit élémentaire pour n’importe quel malade, sans distinction de pays, religion, couleur ou idéologie.
– Sortir la médecine du secteur commercial : l’art de guérir et de soulager les patients ne devrait être ni tarifé, ni commercialisé comme n’importe quel service. Le coût de la délivrance des soins médicaux devrait être absorbé par l’ensemble de la communauté humaine.
– Valeurs humaines et soins médicaux : les acteurs du système d’attribution des soins – administrateurs, médecins, infirmières ou techniciens – devraient tous être parfaitement humains en pensées, en paroles et en actions. Ils devraient, dans leur pratique, démontrer l’usage des cinq principes des valeurs humaines : vérité, droiture, paix, amour et non violence.
– Le bien-être spirituel comme concept médical : la médecine actuelle freine l’élargissement des pratiques médicales et politiques ayant pour but d’assurer la santé physique, mentale et psychologique de l’individu. Il n’existe presque aucune tentative visant à fortifier l’esprit, siège de la force divine en l’homme, qui énergétise ses systèmes physique, mental et psychologique. La médecine moderne a perdu toute proximité avec la spiritualité. A moins que cela ne soit rétabli, la médecine ne sera jamais globale ni pleinement satisfaisante.
Cet énorme complexe hospitalier intègre également un auditorium de 500 places pour des conférences médicales, des réunions de direction, un centre de formation pour les infirmières, et une formation de 3e cycle pour médecins et chirurgiens. Comme dans tous les projets de Saï Baba, une attention et un soin extrême est apporté au détail et, en accord avec ses enseignements, ces hôpitaux visent à être des modèles d’écologie, gérés de façon sensée et pragmatique.
Inde
Auteur : Paul Zweers et Tom Klinkert, collaborateurs de Partage international Pays-Bas.
Thématiques : Sciences et santé, spiritualité, Économie, éducation
Rubrique : Divers ()
