Etat de l’alimentation à l’aube du nouveau millénaire

Partage international no 149février 2001

Une Journée mondiale de l’alimentation se tient chaque année sous les auspices du FAO (Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation). Depuis plusieurs décennies, cette journée cherche à attirer l’attention du public sur le problème de l’alimentation et sur la nécessité de mettre un terme à la famine dans le monde.
« Le fléau de la misère est moralement inacceptable et doit être éradiqué », a déclaré Jacques Diouf, directeur général du FAO, lors de la dernière campagne d’émissions, de concerts et autres événements de la mobilisation du public et à la solidarité mondiale contre la faim. La faim et la dénutrition chroniques réduisent l’espérance de vie. Le manque de moyens physiques ou économiques d’accéder à une nourriture régulière, nourrissante et saine a des effets négatifs sur les peuples et les nations.

Conséquences négatives

Le Rapport 2000 du FAO sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde débute par cette accablante question : « Quelle est au juste l’ampleur de la famine endurée par plus de 800 millions de personnes sous-alimentées à travers le monde ? » Un nouvel outil d’évaluation de la gravité des besoins a été mis sur pied par le FAO. Il s’agit du moyen de mesurer, dans chaque pays, le degré de dénutrition individuel des populations sous-alimentées. En fait, ces mesures, effectuées en kilo-calories, indiquent à quel degré l’assiette quotidienne de certains est vide. D’après le Rapport 2000, 826 millions de personnes à travers le monde ne mangent pas à leur faim – 792 millions dans les pays en voie de développement et 34 millions dans les pays industrialisés et les pays en phase de transition. Ces chiffres ne présentent fondamentalement aucun changement depuis le dernier décompte ; un triste constat de l’échec du monde à répondre aux besoins à une époque de surabondance.

Le FAO estime que le nombre d’affamés dans les pays en voie de développement se réduirait de huit millions par an durant la première moitié des années 1990. Mais pour respecter l’engagement pris lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 (réduire de moitié le nombre des affamés à travers le monde d’ici 2015), ce chiffre devrait atteindre 20 millions par an.

Evaluation de la famine

Bien que ces chiffres (826 millions de sous-alimentés, 792 millions dans les pays en voie de développement et 34 millions dans les pays développés) ne présentent aucun changement par rapport aux estimations de la période précédente, de nouvelles estimations pour 2015 et 2030 suggèrent un léger progrès, sans efforts supplémentaires. D’ici 2015 par exemple, le nombre de sous-alimentés dans les pays en voie de développement devrait tomber à 580 millions environ. On est encore loin du but fixé par le Sommet mondial de l’alimentation (400 millions).

Selon les estimations actuelles, ce but ne sera pas atteint avant 2030. Au niveau régional, l’Asie du Sud et de l’Est pourrait l’atteindre, tandis que l’Afrique sub-saharienne et l’Afrique du Nord et de l’Est arriveraient loin derrière. L’Amérique latine et les Caraïbes se situeraient quelque part entre les deux.

Les perspectives plus optimistes de l’Asie peuvent être partiellement attribuées à l’expansion économique et au ralentissement de la croissance démographique dans les deux plus grands pays du monde : la Chine et l’Inde. L’Afrique Sub-saharienne doit affronter un défi plus grand. La plupart des pays les plus pauvres et les plus conflictuels se situent dans cette zone, là où la sous-alimentation est la plus sévère et où les perspectives de croissance économique sont les plus limitées.

Un léger progrès

Toutefois, un léger progrès pointe à l’horizon. Les prévisions du FAO d’ici 2015 suggèrent qu’en raison du ralentissement de la croissance démographique et de l’accroissement de la productivité et du revenu, davantage de gens échapperont à la faim.

« Mais ceux qui ont faim ne peuvent pas attendre 15 ans, affirme le rapport. Les nombreuses causes de la sous-alimentation, qui vont de la pauvreté et des conflits à l’insuffisance de l’infrastructure et à la faiblesse des investissements agricoles, exigeront partout une attention soutenue des communautés locales et internationales. Dans un monde qui jouit d’un record de richesses, il est moralement impératif de s’assurer que chaque personne sur cette planète réalise qu’elle a le droit de ne pas avoir faim. »


Sources : FAO, site web
Thématiques : Sciences et santé, Société
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)