Partage international no 111 – novembre 1997
Cher Monsieur,
Il y a quelques années, alors que je voyageais en Nouvelle-Angleterre, je me retrouvai dans une petite ville pittoresque pour quelques jours. Je ne pourrais expliquer logiquement ce qui m’avait attiré dans cet endroit, cette charmante commune ressemblant à bien d’autres que j’avais visitées lors de mon voyage. Mais on peut dire que ce que j’ai vécu pendant les trois jours où j’y suis resté était tout sauf habituel. On peut même dire qu’il s’agissait d’une expérience aux frontières du réel.
Le soleil commençait juste à embraser la brume de l’aube lorsque j’entrai dans la ville. Comme tout touriste, je désirais voir les magasins et les lieux historiques. Je devais encore trouver un parking ou un endroit calme pour garer ma camionnette et réfléchir sur ce que m’avait dit récemment un ami.
Ensuite, j’ai passé deux jours à tenter de découvrir ma divinité en examinant les régions les plus profondes et inconnues de mon esprit. Mon investigation était si captivante et si excitante que je ne prenais le temps de manger que lorsque c’était nécessaire, et oubliai le tourisme pendant deux jours. Alors que je commençais à avoir faim et que j’étais prêt pour un changement de rythme, je me mis en quête d’un lieu pour me restaurer. Pour quelque raison inconnue, je décidai de marcher plutôt que de prendre la voiture.
Alors que j’approchais de la lisière d’un parc, je remarquai un homme assez âgé assis, seul, sur un banc. De là où je me trouvais, j’apercevais également un petit restaurant, pas très loin. Mais, à mon étonnement, je me dirigeai vers l’homme assis sur le banc du parc plutôt que vers ce dont j’avais le plus envie à ce moment là, de la nourriture.
Cela n’a jamais été dans mes habitudes d’engager la conversation avec des inconnus, en particulier lorsqu’ils ressemblent à des clochards. Je marchai pourtant, sans enthousiasme, en direction du banc. « C’est fou, pensai-je. J’ai faim ! Il va probablement me demander de l’argent, comme le font la plupart des vagabonds. Bon, j’ai tout juste de quoi me nourrir moi-même et je vais aider un étranger à s’acheter une bouteille. Que suis-je donc en train de faire ? Et même, qu’est-ce que je fais ici ? »
Ses vêtements, bien que propres, étaient usés et démodés. La couleur et le style de ses chaussettes juraient avec ses chaussures marrons ; tout son accoutrement me rappelait un homme que j’avais vu pendu, dans les entrepôts d’une gare, alors que j’étais enfant, pendant la crise de 1929. Mais son visage ridé révélait beaucoup de caractère et démentit ma première impression. En voyant son visage crevassé et mal rasé, je me suis demandé comment il pouvait se raser sans se couper. Sur le banc, à coté de lui, il y avait les restes de ce qui semblait avoir été son repas : une peau de banane, une peau de saucisson, quelques miettes, et un sac marron.
Il ne dit pas un mot alors que je m’asseyais à ses côtés. Ce n’est qu’après que je lui eus dit « bonjour » qu’il sembla faire cas de ma présence. Il parlait si doucement qu’il fallait que je me penche pour entendre ses paroles. Il me demanda d’où je venais et pourquoi j’étais ici. « Je m’interroge sur ma divinité et je cherche Dieu, » laissai-je échapper à ma grande stupéfaction. « Où l’avez-vous cherché et l’avez-vous trouvé ? » rétorqua-t-il. « Je me suis rendu dans plusieurs églises et lieux de cultes aux Etats-Unis, mais aucun de ces lieux n’a satisfait le besoin qui m’a poussé à entreprendre cette recherche. Il me semble que je suis parvenu au plus près de Dieu la nuit dernière alors que j’interrogeais les profondeurs de mon esprit », déclarai-je. Je n’en revenais pas de cette réponse. « Pourquoi ? » m’étonnai-je. « Lisez-vous la Bible ? » demanda-t-il. Avec quelque hésitation, je répondis : « Je n’ai pas trouvé de réponses là non plus. – Ce que vous devez comprendre mon enfant, poursuivit-il, c’est que la Bible ne dit pas toute l’histoire. C’est pour cette même raison que vous ne pouvez trouver Dieu dans aucun lieu de culte. Pourtant, vous avez trouvé ce que vous cherchez et vous ne le savez pas. Vous ne le voyez pas car cela est caché par les images créées par votre esprit. Permettez-moi de vous expliquer ce que je veux dire et vous verrez pourquoi l’homme a de grandes difficultés à découvrir sa divinité et à trouver Dieu. »
Cet homme doux commença alors à parler de la vie de celui que nous connaissons sous le nom de Jésus. Avec beaucoup de détails, il décrivit la vie à cette époque, la réaction des gens face à Jésus, les apôtres. Bien que la journée fut chaude et ensoleillée, des frissons me parcouraient l’épine dorsale et j’avais la chair de poule alors que chaque mot prononcé par cet individu stupéfiant s’ancrait dans mon esprit. Il parlait de choses qu’aucun homme sur terre ne pouvait savoir. Certaines de ses paroles correspondaient exactement à ce que m’avait dit un ami quelque temps auparavant. Il s’agissait précisément de ce qui m’avait amené à rechercher un endroit calme à mon arrivée, de manière à mettre de l’ordre dans mon esprit déconcerté. Maintenant, j’entendais cela de nouveau d’une source des plus invraisemblables. Je sentais mon cœur s’emballer dans ma poitrine. Est-ce-que je devenais fou ? Je ne savais plus si je devais m’enfuir ou rester. En quelques secondes, des milliers de questions se bousculèrent dans ma tête. « Vous semblez perplexe, peut-être ai-je trop parlé ? – Oh non ! je vous en prie, continuez, » répondis-je avec empressement. Mon étrange compagnon regarda simplement sa montre et dit : « Le bus peut arriver d’une minute à l’autre. A propos, que pensez-vous de ma montre ? »
Voulant l’entendre davantage, je répondis en essayant de l’apaiser, sans même regarder la montre. Alors, il tapota le verre de sa montre avec le doigt et insista : « Est-ce-que vous aimez ma montre ? » Je regardai la montre, mais ne lui trouvai vraiment rien de spécial. Elle était vielle, comme tout ce qu’il portait. Je n’étais pas intéressé par sa montre, je voulais en entendre davantage. Alors il tourna son poignet de sorte que je pus voir la paume de sa main. Mon esprit voulut rejeter ce que mes yeux virent alors. Du plus profond de moi surgit un cri : « Oh, mon Dieu ! » Les larmes qui suivirent semblaient venir de très loin.
« Ne pleure pas mon enfant, » fut tout ce qu’il dit en me touchant gentiment l’épaule. Lentement, je retrouvai mon calme. C’était comme si mes larmes avaient lavé mes anciennes peurs. Au plus profond de mon cœur, j’éprouvais un sentiment de paix chaleureuse et instantanément, je reconnus celui à qui je parlais, c’était plus fort et plus sûr que mon mental plein de questions.
Il continua sa conversation avec moi, me relatant certains moments où nous nous étions déjà croisés. Une fois, en tant que petite femme orientale dans un marché aux puces et une autre fois, en tant que jeune homme vêtu de jeans, dans une petite épicerie en Californie, où nous faisions la queue ensemble. Une fois encore tout mon corps fut recouvert par la chair de poule. Il m’expliqua alors que si je prêtais attention aux réactions de mon corps, telles que la chair de poule, je pourrai voir comment mon corps m’indique ce qui est « vrai ».
« Pourquoi ne pas m’avoir laissé vous connaître à cette époque ? » demandai-je.
« Je suis un homme très prudent. Je dois l’être pour des raisons évidentes. La plupart des gens ne sont pas préparés psychologiquement ou spirituellement à me rencontrer. Ce n’était pas le moment ou le lieu propice pour me présenter ouvertement à vous. Mais n’ayez crainte, nous nous rencontrerons de nouveau. J’arriverai au moment où vous vous y attendrez le moins, car j’ai pour vous une tâche importante à accomplir », déclara-t-il.
Avant que j’aie pu lui demander de s’expliquer, le bus s’arrêtait devant nous. Spontanément, nous nous levâmes. Je l’entourai de mes bras et l’embrassai. Ce n’était pas une apparition, car c’est un corps chaud que je serrai dans mes bras et une joue piquante que j’embrassai. Même le chauffeur du bus le vit puisqu’il l’interpella : « Est-ce-que vous montez ? Je n’ai pas tout mon temps, moi ! » Mon esprit était de nouveau rempli de questions. A tel point que je ne l’ai pas vu payer le chauffeur. A peine assis, il me fit signe de la main. Lorsque le bus tourna au coin de la rue, je ne vis plus personne dans le bus, excepté le chauffeur. Abasourdi, je me rassis sur le banc. C’est alors que je remarquai que les restes du repas de mon ami avaient disparus également.
Tout hébété, je retournai à ma camionnette. Alors que je prenais la direction de l’autoroute pour commencer mon voyage de retour, je me demandai si tout cela n’avait pas été le fruit de mon imagination, ou pire encore, si je ne devenais pas fou. Je revoyais sans cesse la scène dans le parc, recherchant quelque réponse à mon mystère. J’ai toujours été une personne saine d’esprit, considéré comme normal selon les normes sociales, mais ce que je venais de vivre était hors du commun, ce n’était pas « normal » ! Existe-t-il une zone aux frontières du réel et en aurais-je fait l’expérience ? Je me le demandais. Depuis cet événement, je l’ai rencontré à nouveau. Fin mars 1997*, je me mettrai à voyager aux Etats-Unis et à l’étranger pour parler de ce qu’il m’a demandé de dire.
D. Z., Etats-Unis
*Cette lettre nous est parvenue le 26 mars 1997.
[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que cet homme était le Maître Jésus.]
Etats-Unis
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)
