Partage international no 110 – octobre 1997
Cher Monsieur,
Après une longue hésitation, je me suis décidée à vous consulter sur une série d’événements qui m’ont troublée ces deux dernières années. Cela se produisit en août 1994, pendant les vacances d’été passées en France. Mon mari et moi allions visiter Avignon afin de voir le palais des papes. Cet été-là, j’étais heureuse grâce à ma lecture des livres de Benjamin Creme et des enseignements d’Alice Bailey, et parce que j’étais invitée au séminaire de septembre de cette année-là. A l’époque, je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais d’être invitée à ce séminaire. Mais au moins, j’étais tout à fait heureuse et j’avais le vague sentiment que « quelque chose » allait changer.
Alors que j’entrais dans le palais des papes, j’aperçus une femme bosniaque assise sur les escaliers, près de l’entrée, avec à côté d’elle un petit écriteau où il était inscrit : « Je suis de Bosnie, j’ai trois enfants, je vous remercie de m’aider à acheter de quoi manger. » Je lui donnai de l’argent mais elle ne répondit rien. Elle resta assise tranquillement. Ma fille aînée, qui ne comprenait pas le français, me demanda pourquoi je donnais de l’argent à cette femme. Je lui répondis de ne jamais passer à côté d’un mendiant sans lui donner quelque chose et j’ajoutais en riant : « Parce qu’on ne sait jamais. » (Je pensais aux récits lus dans Share International). Et si l’on passait à côté de quelque chose d’important ! Elle acquiesça tout en riant et puis je n’y pensai plus.
J’allai vers une place où il y avait un manège. Nos trois enfants en firent plusieurs tours et mon mari remarqua un Pakistanais qui dessinait des portraits. Une foule l’entourait et l’observait parce qu’il avait du talent. Je me tenais là depuis un moment avec mon bébé dans son landau, lorsque je me rendis compte qu’un homme de grande taille m’observait. Je tournai la tête dans sa direction et j’aperçus un homme à l’air distingué, aux cheveux frisés et grisonnants, avec des yeux bleus, vêtu d’un pantalon gris et d’une chemise bleue à manches courtes. Il faisait très chaud et tout le monde transpirait, mais la chaleur ne semblait pas l’affecter. Lorsque nos regards se croisèrent, il sourit et je lui retournai son sourire un peu timidement. Alors, il s’approcha et se pencha sur le landau en me demandant quel âge avait mon bébé. Je lui répondis en français (à l’époque, il avait presque dix mois). Ensuite, il déclara que c’était un joli bébé, et alors je le remerciai, contente (comme le sont toutes les mamans) de sa remarque. Mon mari fit signe de continuer et nous nous éloignâmes, je sentais qu’il continuait à me regarder. Lorsque je me retournai, il sourit à nouveau, je fis de même et je me sentis étrangement timide. Tout en continuant notre route, je parlai à mon mari de cet aimable monsieur et lui demandai s’il l’avait vu, mais fait étrange, il ne l’avait pas remarqué.
Quelques minutes plus tard, nous étions sur le trottoir d’une rue commerçante animée d’Avignon, lorsque mon mari décida d’aller chercher de l’argent à la banque de l’autre côté de la rue. Mes deux filles et moi marchions lentement, tout en poussant le landau, afin que mon mari puisse nous rattraper. Peu après le départ de mon mari, un Français, au teint mat et portant un sac à dos, vint vers nous. Il avait l’air un peu négligé ; il portait un short et des sandales. Je remarquai que ses pieds, ainsi que les ongles de ses mains et de ses orteils étaient très sales. Il me regardait de ses grands yeux bruns amicaux à travers des lunettes aux verres très épais. Il s’arrêta devant le landau en se penchant au-dessus et toucha mon petit garçon tout en disant qu’il était très beau. Il s’exprimait dans un français rapide et continuait à toucher le bébé, en déclarant qu’il était beau et gentil. Je restais là, souriante, enchantée de ses remarques. Nous discutâmes (dans mon meilleur français) du temps et de la chaleur. Ensuite, il se pencha de nouveau sur mon garçon, le toucha et, me regardant droit dans les yeux, il dit trois fois « merci », en français, avant de s’éloigner.
Après son départ, nous marchâmes lentement le long du trottoir et étonnée, j’interrogeai mes filles : « Pourquoi m’a-t-il remerciée ? Je n’ai rien fait de spécial. » Alors ma fille aînée répondit : « Peut-être qu’il t’a remerciée parce que tu lui as permis de toucher Joël avec ses ongles sales. » Sa réponse me fit rire, mais j’étais toujours troublée. Lorsque mon mari nous rattrapa, je lui demandai s’il n’avait pas remarqué cet homme puisqu’ils avaient dû se croiser, mais il ne l’avait pas remarqué non plus.
Depuis, je ne sais trop quoi penser. S’agit-il juste de deux Français sympathiques ou d’autre chose ? Peut-être que mon imagination va trop loin, mais si ces hommes étaient plus que des Français ordinaires et sympathiques, peut-être que l’un d’eux me remerciait pour mon geste envers cette femme bosniaque à qui j’ai donné de l’argent ? Comme l’a dit le Christ dans la Bible : « Tout ce que vous faites envers le moindre de mes frères, vous le faites envers moi. »
A. van E., Leusden, Pays-Bas
[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'homme de grande taille était Maitreya et l'homme au sac à dos le Maître Jésus.]
Lieu : Avignon,
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)
