L’éducation dans le nouvel âge (1/2)

Partage international no 109septembre 1997

Interview de Benjamin Creme par George Catlin

L’amélioration de l’éducation sera l’une des priorités du nouvel âge. Mais qu’est-ce, en fait, qu’une véritable éducation ? Quelle relation existe-t-il entre l’âme et la conscience ? Quel rôle jouent les rayons ? Quelle est l’importance de l’auto-discipline et de la confiance en soi ? Que doivent faire les enseignants et les parents ? George Catlin, éducateur, a interrogé Benjamin Creme à ce sujet. Nous publions ici la première partie de cet article.

GC. Notre entretien porte sur le thème de l’éducation dans le nouvel âge. La meilleure manière de l’aborder serait peut-être de préciser le sens de ce mot ? Qu’entendez-vous par éducation ?
BC. Pour moi, l’éducation inclut toute activité permettant à un homme, une femme ou un enfant d’exprimer totalement le potentiel qui est le sien. En venant en incarnation, avec un certain niveau de développement et dans le but de poursuivre les objectifs d’une vie précédente, nous avons un potentiel donné en ce qui concerne l’expression de l’âme, l’intelligence et l’équipement physique : tout un acquis. L’éducation prépare un homme, une femme ou un enfant à mettre en valeur, pour une vie donnée, son potentiel sur le plan physique, émotionnel, mental et spirituel.

GC. Vous considérez donc l’éducation dans un sens très large. Pensez-vous que les parents sont des éducateurs ?
BC. Dans la mesure où tout enfant écoute et imite ses parents, tous les parents jouent bien sûr un rôle d’éducateurs, en bien ou en mal. S’ils se comportent de manière restrictive, autoritaire, l’éducation est mauvaise. Si, au contraire, ils entourent l’enfant d’amour et de patience et cherchent à mettre en valeur ses dons dans quelque domaine que ce soit, ils jouent un rôle essentiel dans l’éducation de l’enfant. Mais la plupart d’entre nous transmettons à nos enfants ce que nous avons reçu de nos propres parents, ainsi que toutes les carences éventuelles de notre propre éducation. La plupart d’entre nous recevons et inculquons à nos enfants tout un fatras de notions stupides et dangereuses. Je n’appelle pas cela de l’éducation, mais du conditionnement.

GC. En dehors de la maison et de l’école, pensez-vous que les lieux de travail puissent apporter quelque chose dans le domaine éducatif ?
BC. Oui, tout à fait. En vérité, je verrais dans la future éducation une relation plus étroite entre l’école, le monde du travail et la communauté en général. Je verrais également, comme faisant partie de l’éducation, la nécessité croissante d’impliquer les enfants, dès leur plus jeune âge, dans des activités enrichissantes de la communauté, de manière à ce qu’ils se considèrent très tôt comme faisant partie d’une communauté plus large que la famille et différente de l’école, non pas dans le but de remplacer celle-ci, mais de mettre en valeur ce qu’elle peut apporter.

Des Poissons au Verseau

GC. Etant donné votre allusion au futur et à l’intérêt de faire naître le sens de la communauté chez l’enfant, il serait peut-être temps d’aborder la question du nouvel âge. De quoi s’agit-il au juste ?
BC. Le nouvel âge est le résultat de l’activité cyclique de certaines grandes énergies cosmiques agissant sur la vie de notre système solaire. En se déplaçant dans le ciel, notre système entre successivement en contact, sur le plan énergétique, avec chaque constellation zodiacale. Ces constellations incarnent de puissantes énergies cosmiques possédant des qualités particulières qui dominent la vie d’un cycle donné pendant toute sa durée (environ 2 150 ans). Actuellement, nous émergeons de l’expérience des Poissons et entrons dans un âge au cours duquel les énergies du Verseau, qui sont très différentes de celles des Poissons, permettront la création d’une culture et d’une civilisation nouvelles, au fur et à mesure que nous y pénétrons. Ces énergies incarnent certaines grandes idées qui deviendront nos idéaux et qui, lorsqu’ils seront mis en pratique, enrichiront notre culture et notre civilisation.

GC. Un âge se termine-t-il au moment particulier où un autre commence ?
BC. Un âge se termine et un autre commence, mais pas à un moment précis. Il existe une période de transition de 200 à 300 ans. Ainsi, les énergies des Poissons ont commencé à diminuer lorsque notre soleil s’est éloigné de leur zone d’influence, aux environs de l’an 1625. Les énergies du Verseau ont commencé à se faire sentir 50 ans plus tard, vers l’an 1675. Depuis cette date, ces énergies deviennent chaque jour de plus en plus puissante. Et cela jusqu’à ce qu’elles atteignent leur zénith ; puis elles déclineront progressivement lorsque le soleil s’écartera de leur influence pour entrer dans celle du Capricorne. Cela prendra environ 2 350 ans.

GC. Afin de mieux cerner les nouvelles perspectives offertes par l’éducation, maintenant que nous entrons dans l’âge du Verseau, j’aimerais que vous nous parliez du niveau de la conscience humaine à l’aube de l’ère des Poissons, il y a 2 000 ans.
BC. Elle était obscure et nous en avons un exemple frappant. Un grand homme, l’un des plus grands êtres qui nous ait jamais accordé la grâce de sa présence sur Terre, Jésus pour tout dire, a vécu, travaillé et rempli une mission qui a duré trois ans dans un petit pays appelé Palestine. Il est surprenant qu’un homme qui a incarné la qualité d’Amour, à un degré jamais vu jusqu’alors, ait pu être mis à mort, crucifié.
C’est arrivé parce qu’il n’existait aucune éducation. Les gens étaient plongés dans les ténèbres de l’ignorance. Dans le cas qui nous intéresse, seuls quelques individus, les prêtres, savaient lire et probablement écrire. C’étaient les instructeurs, les rabbins, qui contrôlaient les autres. Il en était ainsi partout dans le monde. Quelques personnes savaient lire et tous les autres étaient totalement incultes. C’étaient des paysans, des bergers, des pêcheurs, des artisans, etc, qui n’avaient aucune instruction. Ils faisaient ce qu’on leur demandait de faire. Cela se passait ainsi depuis toujours.
Dans les civilisations atlantes qui, dit-on, se sont terminées il y a environ 95 000 ans, seul un petit nombre d’individus, les prêtres et les rois, savaient lire, étaient instruits. Les autres se contentaient d’obéir, de faire ce qu’on leur demandait. Le Maître Djwhal Khul, qui s’est exprimé par l’intermédiaire d’Alice Bailey, affirme qu’un lettré du Moyen-Age avait un niveau de conscience équivalent à celui d’un jeune de quatorze ans de nos jours.
Il a existé à toutes les époques, au cours de chaque siècle, des individus hors du commun, par exemple, chez les Grecs : Aristote, Pythagore, Platon, Socrate, Euclide, et tous les esprits extraordinaires dont les idées contenaient, en germe, la science et la philosophie actuelles. Mais ils furent l’exception. Nous devons également nous souvenir que la « civilisation resplendissante de la Grèce » reposait sur le travail des esclaves.

GC. Les exceptions dominent certainement notre conception de l’Histoire, mais à votre avis, à l’époque de Jésus, que pouvait faire et penser l’individu moyen, l’homme de la rue ? Pourriez-vous dépeindre son état de conscience ?
BC. Il était incapable de penser. Il pouvait certainement être influencé et poussé à agir dans une direction donnée. Mais ses réactions étaient purement émotives. Il ne pensait pas par lui-même. Autrement, Jésus n’aurait pas été mis à mort. La foule fut poussée par les prêtres à se débarrasser de lui.

GC. A votre avis, sommes-nous maintenant capables de penser ?
BC. Nous commençons à penser.

La séparation et la cupidité

GC. Est-ce le résultat des énergies des Poissons ?
BC. Les énergies des Poissons ont apporté aux hommes l’individualité. C’est un grand pas en avant dans l’évolution de la race humaine. Nous sommes sortis du troupeau ; auparavant, nous étions, en fait, des animaux intelligents faisant partie du troupeau humain. Généralement parlant, les hommes d’aujourd’hui sont des individus dans le vrai sens du terme, ce qui n’était pas du tout la cas il y a 2 000 ans. C’est le résultat de l’énergie des Poissons. De plus, l’idéalisme, l’aspiration et la vision, si répandus de nos jours, ont été à l’origine des idéologies et des religions. Actuellement, les gens sont prêts à mourir pour leurs idées. Cela aurait semblé impensable il y a 2 000 ans. C’est une conception extraordinaire de la vie, pleine d’abnégation, visionnaire et profondément spirituelle.

GC. Est-il inévitable que les énergies d’une ère particulière nous fassent progresser dans un sens précis ?
BC. Si nous les utilisons correctement, nous faisons de réels progrès. Chacune des énergies donne à l’humanité la possibilité de manifester un aspect supérieur de sa nature divine potentielle. Bien sûr, nous pouvons rétrograder, mais chaque ère apporte à l’humanité, à un niveau plus élevé de la spirale, un élargissement de conscience. Tous les individus ne répondent pas de la même manière parce que tous n’ont pas atteint un niveau d’évolution identique. Suivant notre niveau, nous répondons aux énergies et elles augmentent notre capacité à développer pleinement le potentiel qui est le nôtre au cours de chaque ère.

GC. Cela implique-t-il un choix ? Avons-nous utilisé au maximum les opportunités des Poissons ? Les choses auraient-elles pu évoluer différemment ? Avons-nous accompli tout ce qu’il était possible de réaliser au cours de l’ère des Poissons ?
BC. J’en doute. La séparativité, qui a aussi été le résultat de l’énergie des Poissons, a retardé le développement de l’humanité et a créé un grand karma négatif, à la fois personnel et collectif. Nous avons considérablement retardé notre propre évolution. La séparativité est, bien sûr, un grand obstacle à l’évolution. Il n’existe pas de séparation, c’est l’hérésie des hérésies. Nous sommes des âmes en incarnation, et il n’existe rien de tel qu’une âme séparée.
La nécessité fondamentale pour toute approche nouvelle de l’éducation sera la compréhension, la réalisation de l’importance vitale de l’âme.

GC. Etant donné que la réalisation de l’âme devrait être le but principal de l’évolution, quel aspect particulier sera mis en relief au cours de l’ère du Verseau. Quelles sont les énergies apportées par le Verseau ?
BC. Principalement l’énergie de synthèse. Vous pouvez déjà en voir les effets si vous observez ce qui se passe dans presque tous les domaines, particulièrement dans celui de l’éducation.
La synthèse concerne les relations, par exemple la relation entre les idées. Grâce à la recherche philosophique, on peut élargir la conscience jusqu’à ce que les concepts qui paraissent les plus éloignés puissent être rapprochés et que l’on réalise que non seulement ils se complètent et forment un tout, mais s’éclairent mutuellement. C’est cette faculté de synthèse qui élargit inévitablement la conscience de l’humanité et ouvre la possibilité de relations humaines correctes.
Les énergies du Verseau, par leur qualité de synthèse, élargiront la conscience individuelle jusqu’à ce qu’elle puisse embrasser l’humanité toute entière. Nous pourrons alors être des individus à part entière, uniques, et en même temps, faisant partie de ce grand groupe que nous appelons l’humanité.

GC. Même envisagé de manière abstraite, tout cela semble un immense pas en avant dans l’évolution de la conscience humaine. Comment en voyez-vous la réalisation de manière plus concrète, en termes d’institutions et d’organisation de la vie courante ?
BC. C’est difficile parce que les formes n’existent pas encore. Des expériences se poursuivent partout dans le monde, dans certains pays plus que dans d’autres. Elles contribueront à la création d’une conscience de groupe. Les gens réaliseront de plus en plus qu’ils font partie d’un groupe. Dans les établissements scolaires, dans le monde des affaires, dans tous les aspects de la vie, vous verrez des groupes se former. Les gens voulant faire entendre leur voix dans le domaine politique, par exemple, forment ou rejoignent des partis. Un parti est tout simplement un vaste groupe. Ce groupe peut faire connaître son idéologie générale, ses convictions, ses intentions, ses espérances et ses aspirations de manière plus convaincante qu’un individu isolé.
Ainsi, le monde s’unifie graduellement parce que nous réalisons que, bien que différents, nous avons tous les mêmes besoins. Chacun a besoin d’une nourriture suffisante, de vêtements, de soins médicaux et d’éducation. Ces exigences, qui sont celles de tous, hommes, femmes et enfants, deviendront de plus en plus la norme admise. Quand elles seront considérées comme des conditions de vie fondamentales, nécessaires à chacun, la conscience mondiale deviendra un fait.
Malheureusement, jusqu’à présent, dans la plupart des pays, l’éducation a été très nationaliste. On a enseigné aux gens l’histoire de leur nation d’une manière le plus souvent très partiale : tout ce qu’a fait cette nation était bien, et tout ce que les autres ont fait était mal. Cela a donné à l’enfant, au fur et à mesure qu’il grandissait, une vision très sombre et plutôt inexacte du monde.
A mon avis, l’éducation devrait tout d’abord montrer à l’enfant qu’il est un membre de la famille mondiale. L’énergie synthétique du Verseau doit être utilisée pour créer cette conscience mondiale. Nous ne vivons pas seuls dans un pays grand ou petit, mais dans un monde partagé par 5,7 milliards d’individus. On devrait, en priorité, enseigner à l’enfant sa place fondamentale sur la Terre : son appartenance à un groupe, à une famille. Et de même qu’une famille partage les ressources qui arrivent à la maison, la famille humaine devrait partager les ressources qui sont données à cet effet par la divine Providence.

GC. Il m’est difficile de voir la conscience, les individus et l’éducation évoluer dans cette direction. Face aux besoins mondiaux, il semble que les gens deviennent de plus en plus individualistes.
BC. De nos jours, nous voyons s’exprimer l’avidité la plus grande que nous puissions sans doute imaginer, bien qu’elle ne soit en rien comparable à celle de l’Atlantide. La cupidité était alors plus grande qu’elle ne l’a jamais été. Les gens riches se baignaient dans du lait ; les rois emmagasinaient des tonnes d’or, et certains châteaux en étaient entièrement construits. Mais tous les autres vivaient à peine mieux que des animaux ; ils pensaient comme des animaux (si l’on peut appeler cela penser), ils avaient les mêmes réactions émotives et obéissaient comme eux. Leurs supérieurs, les rois et les chefs, qui étaient capables de penser, exerçaient une domination totale. Pour la plupart des gens, la vie était très pénible.
Aujourd’hui, la richesse et l’avidité s’accroissent dans le monde entier, au fur et à mesure que les moyens de faire de l’argent se perfectionnent. Les possibilités de spéculation sont maintenant si raffinées que certaines personnes peuvent en tirer toutes leurs ressources. Mais, parallèlement, un nombre croissant d’individus prennent conscience des besoins de l’humanité. Ils réalisent que des millions de gens meurent de faim et que beaucoup plus encore vivent dans une indigence extrême, dans la déchéance, la misère et le besoin. Ce fossé, cette différence entre riches et pauvres, est le vrai problème. Cela ne peut continuer plus longtemps. Il existe une prise de conscience grandissante de la nécessité du changement. L’avidité créée par les forces du marché progresse à une telle vitesse qu’elle nous propulse au bord du gouffre. La réalité nous apparaîtra d’une manière brutale. Il existe des signes avant-coureurs d’un effondrement de notre structure économique, d’une chute des marchés boursiers du monde entier. Lorsque de tels événements se produiront, ils transformeront le système économique actuel, probablement de manière définitive.

L’âme, les rayons et l’éducation

GC. Vous avez passé une grande partie de votre temps à mettre l’accent sur le fait que bientôt, après ce début de réajustement économique, nous assisterions à l’extériorisation de la Hiérarchie et à l’émergence publique des Maîtres guidés par le Christ. En quoi cela va-t-il influencer l’éducation ?
BC. Le but fondamental de l’éducation est, à mon avis, de préparer les hommes à manifester leur potentiel divin d’âmes en incarnation. L’extériorisation du travail des Maîtres aura sur l’humanité un énorme impact physique, émotionnel, mental et psychologique. Nous finirons par réaliser que l’âme existe réellement. Les Maîtres, quant à eux, représentent le royaume des âmes. Des êtres comme Jésus parleront aux gens de manière quotidienne. Il est lui-même bel et bien vivant et, si vous pouvez le croire, il vit à Rome depuis sept ans. Le Maître de tous les Maîtres, le Seigneur Maitreya, vit à Londres depuis 1977 (tout en se déplaçant à volonté dans le monde entier). Si ces faits sont exacts, alors l’existence de la Hiérarchie montrera également la réalité de l’âme. Les gens diront : « Voici saint Jean » ou « Voici saint Pierre. » Mais aujourd’hui ils sont le Maître Koot Houmi et le Maître Morya.
Il deviendra clair que la réincarnation est un fait. Cela transformera notre manière de penser en ce qui concerne les raisons de notre existence sur Terre. Nous finirons par connaître la réponse aux éternelles questions : « Pourquoi sommes-nous ici ? Qui sommes-nous ? Quel est le but de la vie ? Où allons-nous ? » Il deviendra clair que nous sommes ici dans un but précis : celui de l’âme en incarnation qui poursuit son processus d’évolution.
Chaque âme s’incarne avec un certain nombre de desseins. L’éducation de chacun devrait être adaptée de manière à faciliter ce processus, la réalisation du but de l’âme dans la vie. Cela signifie que les professeurs, les éducateurs, que ce soit au sein des établissements scolaires ou en dehors, devraient connaître le niveau d’évolution de chaque enfant. Ils devraient connaître le centre d’intérêt de sa conscience, ce qui attire le plus son attention : en un mot la polarisation de sa conscience. Est-ce le plan physique – je pense qu’actuellement plus aucun être humain n’est polarisé sur le plan physique – est-ce le plan astral, le plan mental ou le plan spirituel ?
En ce qui concerne la majorité des individus, on se rendra compte que leur polarisation, le siège de leur conscience, est le plan astral/émotionnel. Les choses étant ainsi, le but de l’éducation sera, pour ces individus, d’élever cette conscience jusqu’au plan mental. S’ils sont déjà polarisés sur le plan mental, le but de l’éducation sera d’élever leur conscience du niveau mental jusqu’au niveau spirituel, de manière à ce qu’ils se polarisent sur le plan spirituel.

GC. Comment les professeurs seront-ils capables de juger cela ? Est-ce quelque chose que l’on peut apprendre ?
BC. Lorsque les Maîtres travailleront ouvertement dans le monde, ils entraîneront leurs disciples. Aujourd’hui nous avons des maîtres d’écoles. Un maître d’école reçoit une formation afin de pouvoir enseigner aux enfants la lecture, l’écriture, l’arithmétique, etc. L’éventail de notions qu’un enseignant est amené à susciter de la part de l’élève est très limité. Dans la plupart des cas, il ne s’agit même pas de cela ; le professeur est supposé enseigner un ensemble limité de notions à l’élève qui doit les apprendre par cœur, y adhérer et les accepter. A mon avis, cela n’a rien à voir avec l’éducation.
L’éducation devrait mettre en valeur le potentiel de chaque enfant, que ce soit sur le plan émotionnel, mental ou spirituel. Les professeurs devraient être formés à la psychologie nouvelle qui est la psychologie de l’âme. Ils devraient connaître le niveau d’évolution de l’enfant, ainsi que le siège de sa conscience, savoir sur quel plan il est polarisé. Ils devraient également connaître les énergies dominantes, ou rayons, de chaque enfant en particulier.
Chacun de nous est gouverné sur les différents plans (celui de l’âme, de la personnalité et des corps mental, émotionnel et physique), par certains rayons, ou courants d’énergie, au nombre de sept. Vous pouvez avoir un rayon de chaque courant ou seulement un nombre limité. Le rayon de la personnalité, les rayons mental, astral/émotionnel et physique peuvent changer d’une vie à l’autre, alors que le rayon de l’âme demeure identique au cours d’un cycle mondial, ce qui représente une période de temps infiniment longue. Lorsque ces rayons seront connus, les tendances, les lignes de plus ou moins grande résistance de chaque enfant le seront également. Cela aidera l’éducateur à enseigner à l’enfant la meilleure façon de faire fructifier ses dons, en suivant la ligne de moindre résistance lorsque c’est la meilleure chose à faire, ou en abordant une ligne de plus grande résistance qui pourrait favoriser l’émergence d’une qualité particulière qui a du mal à s’exprimer.

GC. C’est une chose de comprendre les rayons dans l’abstrait, mais c’en est une autre que d’être capable de les discerner chez un individu. Cette capacité sera-t-elle le résultat d’un entraînement particulier donné aux professeurs ?
BCOui. Les gens recevront une formation spécifique. Il n’est pas si difficile de reconnaître les rayons. Si vous les étudiez réellement et si vous en faites une habitude mentale quotidienne (si vous regardez les gens et si vous les visualisez en fonction de leurs rayons), il est relativement facile, pour des personnes intelligentes et intéressées par la question, de découvrir avec une assez bonne exactitude la structure de rayons de quelqu’un.
Cela fera sortir l’éducation de la salle de classe. Lorsque nous pensons à des professeurs, il s’agit habituellement d’un professeur dans sa classe. Je ne vois pas pourquoi une forme d’éducation beaucoup plus riche ne pourrait pas être donnée. Au lieu d’un seul professeur, nous aurions une série d’enseignants venus de l’extérieur qui seraient des éducateurs. Il pourrait s’agir d’artistes, de scientifiques, d’ésotéristes, de policiers, de médecins, etc, qui viendraient partager le bénéfice de leur expérience. C’est ce dont les élèves ont besoin, et non pas uniquement d’un enseignement spécifique, tel qu’il est donné actuellement, sur un sujet particulier. Cet enseignement leur est aussi nécessaire, bien sûr, mais nous devons élargir leur conscience. La plupart des enfants réalisent plus tard que le meilleur de leur éducation leur a été apporté par ceux (parents, oncles, professeurs, amis) qui ont su les inspirer et éveiller leur imagination.
Si la société prenait l’éducation réellement au sérieux, ce que je suis convaincu qu’elle fera en définitive, des journées pourraient être réservées à des rencontres avec des philosophes, des scientifiques, etc, qui consacreraient un jour, une semaine ou davantage, aux lycées et aux différentes écoles et viendraient offrir le bénéfice de leur expérience dans le domaine particulier qui est le leur. Les dons particuliers ou exceptionnels de certains pourraient ainsi être plus facilement mis au service des jeunes.
​ (à suivre)

Auteur : George Catlin, professeur de psychologie à l’Amherst College, dans le Massachusetts
Thématiques : éducation
Rubrique : Entretien ()