Le pouvoir des multinationales ne cesse de croître

Partage international no 101février 1997

Selon une étude récente de Sarah Anderson et John Cavanagh, de l’Institut des études politiques, la part des richesses mondiales détenue par les 200 plus grandes compagnies du monde est considérable et va en s’accroissant, alors qu’elles créent relativement peu d’emplois. Selon cette étude : « Le fait qu’un assez petit nombre de compagnies accaparent le pouvoir économique pose de sérieux problèmes. »

Voici quelques points importants qui ressortent de ces recherches :

– Parmi les 100 plus grandes entités économiques du monde, on dénombre 51 compagnies et seulement 49 pays. Wal-Mart, la douzième compagnie, dépasse 161 pays, dont Israël, la Pologne et la Grèce. Le chiffre d’affaires de Général Motors est supérieur au PNB du Danemark.

– Le total des ventes des 200 plus grandes compagnies mondiales est supérieur au quart de l’activité économique mondiale.

– Ce même total des ventes des 200 plus grandes compagnies est supérieur à l’activité économique de tous les pays confondus à l’exception des neuf premiers d’entre eux : c’est-à-dire qu’ils dépassent l’économie combinée de 182 pays.

– Les richesses de ces 200 compagnies atteignent pratiquement le double de celles détenues par les quatre-cinquièmes les plus pauvres de l’humanité.

– Les deux-tiers de l’humanité (soit les 20 % les plus pauvres dans les pays riches et les 80 % les plus pauvres dans les pays pauvres) n’ont aucun accès à l’emploi dans les usines de ces compagnies et ne peuvent pas se permettre d’acheter leurs produits.

– Au cours de ces dernières années, ces 200 compagnies ont réduit leurs effectifs salariaux. A elles seules, elles totalisent seulement 18,8 millions d’emplois, ce qui représente moins de 0,75 % de la population active mondiale.

– Les transactions effectuées entre les différentes unités d’une même compagnie représentent tout simplement le tiers du commerce mondial.

– Les cinq compagnies les plus importantes de l’industrie automobile totalisent à elles seules 60 % de toutes les ventes. Dans l’électronique, les cinq principales compagnies recueillent plus de 50 % du total des ventes. Dans les secteurs de l’aéronautique, de l’aérospatiale, de l’acier, du pétrole, de la micro-informatique, de la chimie et des médias, les cinq plus grandes compagnies totalisent plus de 30 % de l’ensemble des ventes. Dans tous ces domaines, il n’existe aucune concurrence pour faire baisser les prix.

En conclusion, S. Anderson et J. Cavanagh déclarent : « La concentration accélérée des grandes compagnies favorise l’amplification des inégalités, fragilisant ainsi nos structures sociales. »


Sources : Baltimore Sun, Etats-Unis
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Divers ()