L’ONU est devenue l’otage de la campagne électorale américaine

Partage international no 97septembre 1996

Selon Hazel Henderson, analyste politique spécialiste des questions de développement et auteur de Paradigms in Progress (Les paradigmes du progrès) et de Building a Win-Win World (Construire un monde sans perdants), la déclaration de l'administration Clinton, annonçant qu'elle opposerait son veto à la reconduction du mandat du Secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali, prouve une fois encore à quel point Washington fait peu de cas de l'opinion des Américains à l'égard des Nations unies.

H. Henderson fonde son analyse sur de nombreuses études qui montrent, sans contestation possible, que la majorité des Américains soutiennent les Nations unies, s'opposent au retrait des Etats-Unis de l'ONU, et considèrent que leur pays devrait payer les arriérés dus à cette organisation. Une étude a même révélé que les Américains accordent davantage leur confiance aux Nations unies qu'à leur propre gouvernement, et ceci à 47 contre 24 pour cent.

H. Henderson met en garde: en jouant un jeu politicien avec les Nations unies et en se ridiculisant ainsi devant le Conseil de sécurité, les Etats-Unis risquent d'engendrer une opposition d'après guerre froide – voire même un réalignement – non seulement au sein de l'Assemblée générale de l'ONU, mais également parmi les alliés les plus proches des Etats-Unis.

Cette sorte d'isolationnisme se trouve en porte à faux avec les autres objectifs poursuivis par les Etats-Unis, et en contradiction avec les accords conclus à l'échelle internationale. Dans l'intérêt du futur commun de toute l'humanité, laissons les Nations unies hors de la campagne électorale américaine, conclut H. Henderson.


Sources : IPS
Thématiques : politique
Rubrique : Divers ()