L’homme et la petite fille

Partage international no 95juillet 1996

Cher Monsieur,

Il y a environ dix ans (1985), j’ai vécu une rencontre présentant plus d’une similitude avec celles dont témoignent certains lecteurs de Partage international.

Il m’arrivait à cette époque, à l’occasion de mes déplacements à Paris, d’emprunter la ligne de bus Orly-Denfert-Rochereau. Ce jour-là, il y avait peu de monde dans le bus. Je m’assis à l’avant, sur la banquette parallèle au sens de la marche, et j’en profitais pour me détendre, lorsque mon attention fut attirée par un homme et une fillette d’environ huit ans, assis à ma gauche vers le milieu du véhicule. Ils parlaient et avaient l’air de voyager ensemble.

L’homme, de type hindou (nord de l’Inde ou Pakistan), était très élégamment vêtu quoique sobrement. Je me souviens m’être demandé l’instant d’une seconde comment pouvait-il être aussi élégant en étant aussi simplement vêtu.

Sans le vouloir, j’entendis leur conversation. Ils parlaient français, l’homme se présentait à la petite fille, lui expliquant, tout en la rassurant, qu’il était venu la chercher à sa descente d’avion car son père avait un empêchement. J’ai cru comprendre que ni elle ni son père ne le connaissaient, mais il était là. Sachant les conditions et les contrôles d’identité permettant de remettre les enfants non accompagnés aux personnes qui les attendent, ceci me parut complètement invraisemblable, voire irréel.

Il émanait de cet homme un amour, une douceur et une paix d’une intensité hors du temps et de l’espace, que je n’avais jamais rencontré jusque-là, ce qui engendra chez moi une réflexion intérieure : « …Il y a si longtemps que je cherche comment aimer… Voici comment aimer les enfants, aimer les autres, aimer… »

L’instant était magique, je fis un effort pour m’en détacher de crainte de paraître indiscret et j’observai les autres voyageurs : nul ne semblait prêter attention à l’homme et à l’enfant, tous continuaient leurs discussions ou leur lecture, et je m’interrogeai un bref instant sur la « réalité » de ce que j’étais en train de vivre.

Mon attention fut de nouveau attirée vers mes deux compagnons de voyage. Mes pensées se focalisèrent à nouveau sur l’homme et la magie de sa présence : « … Il faut que je demande à cet homme qui il est, … il organise surement des réunions, … j’aimerais tant apprendre de lui … » Mais je ne savais comment l’aborder.

Pour prolonger l’instant, je ne descendis pas à mon arrêt et continuai jusqu’au suivant (le terminus hélas) en espérant trouver comment lui demander ses coordonnées de but en blanc, alors qu’il parlait toujours à la fillette.

A l’arrêt, je descendis à l’avant du bus et j’attendis qu’ils descendent à leur tour pour les aborder.

Mais à cet instant précis, j’eus l’impression qu’il n’était pas important de le faire. « Je ne peux manquer de revoir un tel homme… je le reverrai. » J’oubliais que j’étais à Paris, ville de plusieurs millions d’habitants.

Le temps de réagir et mes compagnons avaient disparu parmi les passants. Je regrette d’avoir renoncé à mon projet initial sur cette dernière impression.

R. L., Mulhouse, France

[Le Maître de Benjamin Creme indique que l'homme était Maitreya. La « petite fille » était le Maître Jésus. Seul le narrateur les a vus.]

Lieu : Paris, France
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)