Partage international no 93 – mai 1996
par Aart Jurriaanse
Les enseignements de Djwal Khul recouvrent de si vastes domaines qu'il est impossible d'en exposer l'étendue en quelques paragraphes. En réalité, si ces articles se trouvent entièrement basés sur le travail de D.K., ils ne représentent néanmoins qu'une étude plutôt superficielle des pensées de D.K., omettant la plupart des notions les plus profondes, souvent abstruses. Pour se familiariser davantage avec les vérités ésotériques enseignées par le Tibétain, l'étudiant consciencieux ne disposera pour seule possibilité de que de s'orienter vers une étude personnelle de ses ouvrages originaux.
Les objectifs principaux
En résumé, le Tibétain obéissait à deux objectifs principaux :
Premièrement : l'explication de la nécessité de certaines grandes fusions. Ainsi :
a) les fusions, au sein de la nature humaine, qui conduisent à l'émergence de ce que l'ésotérisme appelle la « personnalité » – c'est-à-dire l'intégration des manifestations physiques, émotionnelles et mentales de l'homme, engendrant un être humain puissant et capable de se contrôler, et que l'âme pourra soumettre plus efficacement à son contrôle.
b) la fusion de la personnalité et de l'âme, constituant l'étape suivante, qui entraînera la sujétion consciente et librement consentie de la personnalité aux ordres de l'âme. A cette étape, la conscience christique intérieure devient évidente.
c) plusieurs intégrations supplémentaires conduisant finalement au grand objectif actuel de l'humanité – l'extériorisation de la Hiérarchie, sous la conduite du Christ, et sa fusion ultime avec l'humanité, ainsi que l'établissement du Royaume de Dieu sur la Terre.
Deuxièmement : insuffler certaines manières d'agir dans la conscience humaine, qui affecteront la nature de l'homme, et qui amèneront les nouvelles relations indispensables aux fusions mentionnées ci-dessus. Ceci conduira à l'apparition de cultures et de civilisations nouvelles, et finalement, à l'établissement du Règne Divin attendu.
D'autres aspects remarquables
Il convient peut-être de mettre l'accent sur d'autres aspects remarquables émergeant des enseignements de D.K. :
a) L'existence de la Hiérarchie des Maîtres, avec le Christ comme Maître de tous les Maîtres. La Hiérarchie se trouve en étroite relation avec l'humanité et toutes ses activités, et sert d'intermédiaire entre l'Humanité et Shamballa, où siège le Seigneur du Monde.
b) L'existence sur Terre du Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde, dont les membres, déjà étroitement unis du côté subjectif, ne se connaissent généralement pas entre eux, sur le plan physique. Ce groupe est constitué de tous les individus, motivés par la bonne volonté et l'amour, qui travaillent à l'amélioration des relations humaines. S'il se peut que beaucoup d'entre-eux ne soient pas encore conscients de la fonction de leur groupe et de leur rôle particulier, tous contribuent à leur manière à la rédemption de l'humanité. En tant que groupe, ils constituent déjà un intermédiaire efficace entre l'Humanité et la Hiérarchie Spirituelle, et cette fonction prendra progressivement plus d'importance.
c) La proximité dans le temps de la Réapparition du Christ, qui côtoiera probablement de nouveau les fils des hommes, sous forme physique. Cette fois-ci, sa venue sera marquée par la présence de certains de ses plus anciens disciples, ou Maîtres, qui l'assisteront dans la tâche difficile consistant à développer l'amour et la compréhension à travers le monde. D.K. a insisté sur le fait que l'humanité doit d'abord se préparer à cette réapparition, qui devra être reportée jusqu'à ce que le flot de haine, d'avidité, de jalousie, de vengeance et de désir égoïste soit quelque peu résorbé et transmué en bonne volonté. Le Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde est chargé de ce travail de préparation.
Au sujet de la « Réapparition », D.K. attire l'attention sur un autre point qui peut sembler d'intérêt mineur, mais sur lequel, en fait, on ne saurait trop insister : les gens chérissent l'idée selon laquelle ils pourraient être sauvés sans accomplir aucun effort, grâce à un Sauveur du Monde. En réalité, il s'agit d'une fausse interprétation, qui explique d'ailleurs que l'enseignement de l'Eglise sur la mort symbolique du Christ sur la croix soit resté pratiquement sans effet.
De fait, il faudrait placer l'accent sur le Christ en tant qu'Instructeur Mondial, et considérer sa venue sous cet aspect là avant tout. Car les hommes ne peuvent être sauvés que par leurs propres efforts. Ils supportent totalement la responsabilité de leur salut, qui dépend de leurs réponses aux enseignements antérieurs du Christ et aux préceptes supplémentaires fournis actuellement par le Tibétain.
En effet, l'homme dispose du libre arbitre, et les profits tirés des opportunités qui se présentent ne dépendent ainsi que de lui-même : c'est l'Ame de l'homme qui constitue son ultime sauveur.
« L'ancien commentaire »
Dans ses écrits, le Tibétain se réfère fréquemment à « l'ancien commentaire » ou en fournit des extraits. Il s'agit d'un vieux livre des Sages, dont l'origine se perd dans le lointain d'un passé inconnu ; il appartient à la « bibliothèque éthérique » des Adeptes, et constitue une de leurs sources principales de savoir et de sagesse.
Il peut être intéressant de savoir que ces archives ne se présentent pas sous forme de livres au sens ordinaire, avec des mots imprimés, ceux-ci n'étant que des symboles imaginés par l'homme afin d'exprimer certains concepts. Ces écritures ne contiennent ni mots ni lettres imprimés, mais des idéogrammes dont l'initié perçoit intuitivement la signification. Il ne s'agit pas de lecture au sens habituel ; l'Adepte se voit divulgué instantanément la signification d'un sujet, aussi compliqué soit-il, en posant simplement le regard sur l'une de ces vieilles images.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : sagesse éternelle
Rubrique : Esotérisme ()
