Partage international no 196 – décembre 2004
Interview de Swami Nirliptananda par Linda Gumahin Devi
Devi Linda Gumahim : Qu’est-ce que l’hindouisme ?
Swami Nirliptananda : L’hindouisme est le nom donné à ce que les hindous appellent la « religion védique » ou Sanatan Dharma qui signifie « loi éternelle », la loi qui gouverne l’homme et l’univers. C’est le nom moderne de cette religion ancienne. Il s’agit de quelque chose de très scientifique, de très logique, et non pas d’un dogme. Lorsque nous l’examinons, nous y découvrons certains aspects utilisés aujourd’hui par les psychologues. Le mot hindouisme est venu beaucoup plus tard. L’hindouisme n’est pas une religion de type historique. Aussi loin que l’on puisse remonter, on découvre que l’hindouisme existait déjà. C’est la religion originelle. Les hindous ne s’y sont pas convertis ; ils sont nés, ils ont grandi et vécu dans cette religion. Elle est basée sur Sathya, la Vérité ; et, comme nous le savons tous, Sathya est éternelle. Lorsque nous parlons de Sathya, nous parlons à la fois de sagesse et de connaissance, car la Vérité est la base de la connaissance, et dans la religion hindoue la Vérité joue un rôle très important. C’est par la Vérité que nous pouvons nous libérer, échapper à ce monde d’ignorance.
Les écritures de cette religion sont connues sous le nom de Vedas. Chaque Veda est un livre de sagesse. Veda signifie connaissance. Dans l’hindouisme, l’accent est mis sur la recherche de la connaissance, car elle seule peut détruire l’ignorance et cette dernière est à l’origine de tous les problèmes qui existent dans le monde. Plus nous serons capables de discernement, plus nous grandirons en sagesse et plus nous serons capables de trouver une solution à ces problèmes.
L’hindouisme n’est pas seulement une philosophie apportant des enseignements sur Dieu ; c’est également une étude de l’homme et du monde, et c’est cette étude qui fait des hindous des gens à l’esprit très pratique.
DLG. Pourriez-vous expliquer pourquoi vous considérez l’hindouisme comme la « religion originelle » ?
SN. Contrairement aux Occidentaux qui pensent que la civilisation est récente, les hindous croient que dans des temps reculés, il y a des milliers et des milliers d’années, il existait déjà des gens civilisés, et qu’à cette époque, les instructeurs hindous se sont rendus dans différentes parties du monde, notamment au Mexique et en Amérique du Sud, et qu’ils ont influencé la manière de penser de leurs habitants.
Nous pouvons nous demander comment les autres religions ont pris naissance. Il y a eu de nombreuses recherches concernant Jésus et beaucoup d’érudits pensent que Jésus s’est rendu en Inde où il aurait reçu des enseignements, avant de retourner dans le monde occidental. D’autres recherches montrent que, dans les temps anciens, il existait des liens entre Israël et l’Inde. Même si le christianisme a un arrière-plan judaïque, il a été très influencé par la pensée hindoue, la religion hindoue, et certains instructeurs hindous sont d’avis que Jésus a rapporté d’Inde l’enseignement contenu dans « Le Sermon sur la Montagne ». Ainsi, l’hindouisme se reflète dans le monde occidental à travers le christianisme.
L’Islam est un mélange de christianisme et de judaïsme, il a une origine sémitique. Il est prouvé qu’il a existé d’importants contacts entre des instructeurs indiens et des gens venant d’Arabie, d’Egypte et de Grèce, et une grande partie de la sagesse hindoue est parvenue dans ces pays. Nous savons également que les mathématiques, par exemple l’invention indienne des nombres de un à neuf et celle du zéro, ont été apportées au monde occidental par les Arabes. Par ailleurs, la science médicale et l’astrologie, entre autres choses, ont été inventées en Inde et ont influencé d’autres régions du monde. Mais un enseignement partiel ne peut donner totalement satisfaction. Celle-ci ne peut être obtenue que lorsque le tout est expérimenté.
L’hindouisme est la plus vieille religion. Les hindous croient que quels que soient les principes suivis, ils font partie des principes hindous ; même s’ils ne sont pas entièrement saisis, ils possèdent une certaine vérité ; il se peut que ce ne soit pas l’entière vérité, mais même une partie de celle-ci est utile pour guider quelqu’un sur le chemin de la réalisation de Dieu. C’est la raison pour laquelle les hindous sont très tolérants. Etant donné qu’ils croient que chaque sentier conduit vers Dieu, il ne leur paraît pas nécessaire de convertir qui que ce soit.
Les hindous croient que Dieu est unique, mais les sages, les hommes avisés, lui donnent des noms divers. Cependant, si les noms diffèrent, nous parlons en réalité du même Etre, de l’Unique. Un homme peut être appelé père, frère ou mari, suivant le lien de parenté que l’on a avec lui, mais il s’agit toujours de la même personne. De la même manière Dieu est un, mais les gens le voient différemment selon l’idée qu’ils se font de lui, et pour eux ce sont ces idées de Dieu qui importent. Certains pensent que leur conception est plus parfaite que celle des autres et vont jusqu’à se battre pour la défendre, créant ainsi bien des conflits de par le monde. Les hindous, quant à eux, pensent que puisque Dieu est un, même si les gens lui donnent différents noms, les conflits ne sont pas nécessaires. Au contraire, il devrait exister de la tolérance entre les différentes religions.
Dans l’hindouisme, ce n’est pas la croyance qui est importante, mais l’expérience. L’expérience est plus profonde que la croyance car elle seule peut nous transformer et faire de nous quelqu’un de différent. Dans l’hindouisme l’accent est mis sur la connaissance, car, comme nous le savons, l’ignorance est la cause de tous nos problèmes. Par conséquent, la religion devrait insister sur la connaissance. Si nous voulons trouver la connaissance, nous avons besoin de liberté, et les hindous pensent que sans liberté individuelle dans notre recherche de Dieu il est impossible d’obtenir la libération à laquelle nous aspirons. Ainsi la religion en elle-même, selon l’hindouisme, ne peut nous conduire à un niveau très élevé. C’est plutôt une affaire personnelle et cela signifie que nous devons chercher un authentique instructeur spirituel. Lorsque nous l’aurons trouvé, il nous guidera sur le sentier supérieur qui mène à la réalisation de Dieu.
DLG. Que pensez-vous de l’attente de la venue d’un Instructeur mondial ?
SN. Aujourd’hui, la plupart des gens sont conscients de la nécessité d’un Instructeur, et nombre de personnes appartenant à différentes religions attendent un Instructeur mondial qui viendrait dans le monde pour le transformer, pour changer l’esprit de l’homme et en faire un être plus divin. Dans l’hindouisme, on croit qu’une incarnation divine se manifeste de temps en temps afin d’aider le monde. Pour notre part, nous reconnaissons notre Guru Maharaj, Acharya Pranavanandaji Maharaj, comme l’un des instructeurs des temps modernes qui a fait beaucoup pour améliorer la condition et le discernement des hommes.
La souffrance dans le monde est due à un manque de discernement. Ce discernement, nous pouvons seulement l’obtenir par la méditation, par la culture du Soi. La religion sans la culture du Soi ne peut apporter un tel raffinement aux hommes. Etre capable de garder un esprit équilibré est particulièrement important. C’est pourquoi Acharya a fortement mis l’accent sur le contrôle de soi, car ce n’est que lorsque nous sommes capables de surmonter nos instincts que nous parvenons à la paix intérieure, et finalement à la paix extérieure, en prenant exemple sur Shiva, qui signifie paix, assis en méditation. Asharya lui-même avait l’habitude, lorsqu’il était enfant, de rester assis à méditer le matin très tôt, trois heures, et même jusqu’à six heures durant, et, plus âgé, il méditait toute la journée ou toute la nuit. Il nous a appris ainsi combien la méditation est importante pour notre bien-être spirituel, notre harmonie intérieure et l’harmonie du monde entier. Tel est le rôle de l’instructeur. Un instructeur est quelqu’un qui est détaché des tentations mondaines. Sans instructeur, les fidèles sont laissés dans un état d’aveuglement et c’est pourquoi les instructeurs jouent un rôle très important pour guider les adeptes d’une religion. L’hindouisme n’a donc jamais manqué d’instructeurs et c’est la raison pour laquelle, bien qu’il s’agisse d’une religion très ancienne, elle est toujours très dynamique et très actuelle.
Aujourd’hui, les différentes religions attendent la venue du Bouddha, du Christ, de Krishna, etc. Nous attendons tous un instructeur car nous pensons être arrivés à un carrefour, à un moment de crise, et si un instructeur ne vient pas, nous craignons que notre monde soit détruit. Cependant il est important de nous souvenir que, tout en attendant cet Instructeur mondial, ce Maître, nous devons faire l’effort d’utiliser ce qui est à notre disposition, c’est-à-dire suivre les enseignements et essayer à notre manière d’aider à résoudre les problèmes auxquels le monde est aujourd’hui confronté. Nous avons près de nous des instructeurs pour nous aider à demeurer conscients de notre réalité intérieure.
Lorsque nous serons prêts, l’Instructeur mondial et les Maîtres viendront sans aucun doute. Il est essentiel de comprendre que le contact avec nos maîtres spirituels est très important pour nous permettre de prendre conscience de l’unité de la vie et de l’unité du monde. Les Maîtres ont transcendé le monde de la diversité pour parvenir à un monde d’unité, d’harmonie et d’union. Nos instructeurs spirituels disent que nous entrons dans une ère d’unification et d’émancipation universelles et que nous devrions travailler dans ce sens en répandant le message, les paroles de sagesse, afin d’élever l’esprit des hommes, de les éclairer, de manière à ce qu’ils comprennent qu’il existe dans la vie un dessein supérieur à tous les conflits si évidents.
La vie dans ce monde devrait être vécue de manière telle que l’harmonie, la paix et le progrès puissent exister au sens collectif, et pas seulement au sens individuel ou personnel. Nous aurons ainsi un monde dont les Maîtres pourront être fiers lorsqu’ils viendront. Mais si nous maintenons un état de conflit, tout en espérant que les Maîtres vont venir, nous pourrions être déçus, car ils viendront seulement lorsque nous serons vraiment prêts à les accueillir. Ceci réclame de notre part beaucoup d’austérité, d’efforts et de discipline, et lorsque tout ceci existera réellement, je ne doute pas que les Maîtres apparaîtront.
DLG. Quelle relation existe-t-il entre Guru Maharaj et le Seigneur Shiva ?
SN. Shiva n’est pas un Avatar. Il fait partie de la Trinité de la religion hindoue. Dans cette Trinité, Shiva est le Seigneur de la Régénération et du Yoga. Acharya Pranavanandaji Maharaj est un Avatar de Shiva. Il est né en 1896. A cette époque régnait dans le monde un esprit belliqueux, et il y avait des conflits sectaires entre les différentes croyances. Acharya est venu, disant que notre époque est une époque d’unification, d’harmonie et d’émancipation universelles. Il n’a pas mis l’accent sur les différences, mais sur le besoin d’harmonie, d’unité et de coopération pour la sauvegarde de l’humanité. C’est pourquoi nous trouvons son message si actuel.
DLG. Quelle est la différence entre l’hindouisme et le christianisme ?
SN. Certains instructeurs, comme Jésus et Krishna, sont venus pour une raison particulière, avec un message adapté à leur époque ; d’autres sont venus avec des messages reliant l’homme à Dieu. Guru Maharaj a mis l’accent sur les problèmes de l’humanité. Il a déclaré qu’il existait suffisamment d’enseignements, et qu’à l’époque actuelle nous avions besoin de quelque chose de plus pratique, qui permette à l’homme de réaliser que, sans paix et sans harmonie, notre existence est mise en jeu.
Krishna est un Avatar de Vishnu, celui qui préserve le monde, et Jésus, comme disent les chrétiens, est un Avatar de Dieu. Dans la religion islamique, il n’y a pas d’instructeurs, mais il y a le Messager ou le Prophète, comme est appelé Mahomet. Lorsque nous examinons l’époque actuelle, nous constatons la nécessité de travailler pour l’harmonie et pour l’unité, nécessité sur laquelle insistent tant les chercheurs authentiques d’aujourd’hui, et qui va dans le sens des prévisions faites en 1920 par Acharya Pranavanandaji Maharaj. Sa vision prophétique était que finalement nous devrions travailler, non pas pour notre propre salut, mais pour le salut de l’humanité. Son principal enseignement est que nous devons cultiver dans notre vie la ligne du renoncement, de la chasteté, de la maîtrise de soi, et de l’adhésion au sentier de la Vérité. Sans ces disciplines, la religion ne peut rendre les hommes meilleurs. Ce sont les principes de base, et les suivre peut nous transformer d’êtres humains en Etres divins. Ces principes élèvent et purifient l’esprit humain, nous rendent davantage conscients du Soi et créent un sentiment d’harmonie avec les autres êtres. L’accent mis par Guru Maharaj sur seva, le service désintéressé, à l’égard des pauvres, des ignorants, des démunis, reste un principe fondamental dans la Sangha (la communauté). Nous devons regarder la souffrance humaine sous tous ses aspects et essayer d’élever au maximum le niveau intellectuel et spirituel de chacun. Ce n’est qu’ainsi, en aidant au développement des gens ordinaires qui ne peuvent se transformer tout seuls, que nous aurons un monde où chacun respectera l’autre, un monde un, un monde parfait. Ceci est l’enseignement principal de Guru Maharaj.
Si nous examinons tout ceci dans le contexte de notre vie quotidienne, nous réaliserons qu’à moins d’adhérer au sentier de Vérité, notre vie ne peut être sublimée, car le mensonge est à la cause fondamentale de tous les conflits qui règnent dans le monde. Nous avons tous quelque chose à cacher et c’est pourquoi nous ne parlons pas le langage de la vérité. Mais Guru Maharaj insiste sur le fait que suivre le sentier de la Vérité aidera l’homme à réaliser que sans cette vérité nous ne pourrons faire régner l’harmonie dans le monde.
Pratiquer le renoncement signifie renoncer à l’égoïsme et à la cupidité qui sont sources de conflit. Lorsque nous apprendrons à être contents et satisfaits de ce que nous avons, nous ne convoiterons plus les richesses ou les avantages de qui que ce soit.
L’accent mis par Guru Maharaj sur la chasteté est des plus utiles à notre époque moderne où les gens deviennent débauchés, ont des relations sexuelles illicites, avec pour conséquence des maladies comme le sida. A moins de nous purifier, et de mener une vie régulière et disciplinée, nous ne pourrons réellement parvenir à la paix de l’esprit, ni établir la paix dans le monde.
Les prophètes sont venus à différentes époques afin de mettre l’accent sur un message particulier, même s’il existait déjà des enseignements valables. Ils ont insisté sur quelque chose qui concernait tout particulièrement une époque donnée. Acharya Pranavanandaji Maharaj a déclaré que nous devrions pratiquer les principes intérieurs de ces enseignements, car nous en avons oublié l’esprit, et il en résulte que nous nous querellons sur une base sectaire, sur des croyances et des concepts, plutôt que d’essayer d’expérimenter ce que ces prophètes nous ont enseigné.
Dans le christianisme, la souffrance est presque l’enseignement central ; elle doit être acceptée comme faisant partie de la vie, et considérée comme inévitable. Jésus sur la Croix est la figure centrale du christianisme. Dans l’hindouisme le principe de base est tout à fait différent, car l’hindouisme insiste sur le fait que le bonheur et la joie sont les valeurs fondamentales de la vie et qu’il faut s’efforcer de les atteindre. L’hindouisme est une culture de méditation et dans la méditation nous ne pouvons pas contempler la souffrance, mais seulement le bonheur, la joie et la paix. Si nous contemplons la souffrance, cela nous affectera psychologiquement et nous serons très perturbés. Lorsque nous méditons sur la joie, notre esprit s’éloigne progressivement de ce monde de souffrance pour rejoindre le monde de l’harmonie, de la paix et du bonheur. Pour favoriser cette impression de bonheur, de joie et de paix, l’autel hindou est orné de magnifiques tableaux représentant différents aspects de Dieu et décorés de lumières et de fleurs. Au contraire, dans la plupart des églises chrétiennes on trouve Jésus sur la Croix, symbole de la souffrance. Telle est la différence essentielle entre le christianisme et l’hindouisme. Il ne fait aucun doute que ceci a influencé l’adhésion à ces deux religions différentes. L’hindouisme insiste sur l’effort pour parvenir à la connaissance, à la libération et au bonheur, car les hindous croient que le bonheur est la Source de notre Etre et que s’efforcer d’atteindre le bonheur est par conséquent très important. La souffrance n’est pas une caractéristique de notre Etre. La souffrance est la cause de l’ignorance et le bonheur vient par la connaissance. Les hindous savent que la connaissance les rendra heureux, qu’elle brisera toutes les barrières de la vie, toutes les différences qui existent dans la société, et c’est la raison pour laquelle ils s’efforcent de l’atteindre. Et c’est par la méditation que l’on peut y parvenir.
DLG. De quelle manière les hindous croient-ils en Dieu ?
SN. Les hindous croient aux bénédictions et à la grâce de Dieu et ils pensent que celles-ci nous parviennent à travers le gourou. Le gourou joue un rôle primordial dans la religion hindoue et la bénédiction que nous recevons de Dieu, c’est la connaissance. Lorsque nous parvenons à cette connaissance, nous sommes capables de reconnaître un saint homme, de discerner la vérité du mensonge, car lorsque nous prenons le mensonge pour la vérité et vice versa, cette confusion apporte bien des problèmes dans la vie. Nous ne faisons aucun progrès réel. Il est très important de reconnaître le bien chez les autres et plus important encore de reconnaître le maître ou l’instructeur spirituel comme Dieu sur la Terre, car il représente la bénédiction divine sur Terre. Ce contact avec le gourou, le maître spirituel est très important car, dès qu’il s’établit, notre vie devient différente. Le gourou est un exemple de ce dont parlent les Ecritures. Il est le sage, le saint, l’homme libre et heureux.
Lorsque nous nous en remettons à lui, nous recevons la grâce de Dieu, car ce bonheur, cette joie se transmettent de Dieu, de l’Etre divin, à travers le gourou, aux disciples et aux fidèles. Nous avons foi dans le maître spirituel et nous l’approchons avec respect ; nous nous prosternons devant lui et nous le servons. Ce lien étroit avec lui nous aide à recevoir la divine vibration qui émane de son être.
Donc lorsque nous parlons de la grâce de Dieu dans la religion hindoue, nous constatons que cette grâce de Dieu nous vient à travers le gourou, à travers les saints, à travers les maîtres spirituels. L’enseignant joue un rôle important. Lorsque nous entrons en contact avec un maître spirituel, il est comme une mère pour nous. Cela équivaut à faire quatre-vingt-dix pour cent du voyage et il ne nous en reste plus que dix pour cent à faire tout seuls.
Lorsque nous nous sentirons frustrés, rejetés, et incapables de parvenir au but, le gourou nous exhortera, nous encouragera, et ainsi nous reprendrons pied et nous poursuivrons le voyage. Le gourou emmène le disciple jusqu’à une certaine distance et lorsque ce dernier est arrivé jusque là, il comprend les valeurs supérieures de la vie intérieure, et il parcourt de lui-même le chemin qui mène à la réalisation du Soi.
Le détachement joue un rôle important dans la réalisation du Soi, la connaissance et la libération, car lorsque nous sommes attachés au monde nous sommes assujettis à la loi de cause et d’effet. Le gourou, à sa manière, attire « l’enfant », l’aspirant, vers lui et l’éloigne du monde pour l’amener sur le sentier spirituel. Dès que l’aspirant se rapproche du gourou, il sent la valeur spirituelle de la vie de l’instructeur. La vibration spirituelle qui émane de l’instructeur attire le disciple. Cette attraction n’est pas une forme d’attachement. L’attachement se réfère seulement au monde matériel.
Lorsque nous sommes loin de la source de notre être, l’attachement au gourou ou à cette Source divine nous y ramènera. Si nous nous attachons au gourou, nous trouvons la vie ; si nous nous attachons au monde, nous la perdons. L’attachement au monde et l’attachement au gourou sont diamétralement opposés. Lorsque nous nous attachons au monde nous perdons notre identité, nous nous perdons nous-mêmes, nous perdons notre être. Le gourou nous ramènera sur le sentier, jusqu’à ce que nous ayons retrouvé le chemin de la maison, jusqu’à ce que nous ayons découvert notre véritable identité.
Om Tat Sat Hari Om.
Auteur : Linda Gumahin Devi,
Thématiques : religions, spiritualité
Rubrique : Entretien ()
