Partage international no 196 – décembre 2004
Laissons le grand et bon Yasser Arafat s’exprimer lui-même :
En février 2002, le New York Times a publié une déclaration de Yasser Arafat intitulée « Je veux parler de la paix ». En voici quelques extraits :
« Nous recherchons une véritable indépendance et une pleine souveraineté : le droit de contrôler notre propre espace aérien, nos ressources en eau et nos frontières ; le droit de développer notre propre économie, d’avoir des relations commerciales normales avec nos voisins et de voyager librement. En un mot, nous ne recherchons rien d’autre que ce dont jouit le monde libre aujourd’hui et rien de plus que ce qu’Israël exige pour lui-même : le droit de contrôler notre propre destinée et de prendre notre place au sein des nations libres […]
La paix n’est pas un accord signé entre des individus – c’est une réconciliation entre des peuples. Deux peuples ne peuvent se réconcilier lorsque l’un d’entre eux exige un contrôle sur l’autre, lorsque l’un refuse de traiter l’autre comme un partenaire de paix, lorsque l’un utilise la logique du pouvoir plutôt que le pouvoir de la logique. Israël n’a pas encore compris qu’il ne peut y avoir de paix lorsque la justice est refusée.
Aussi longtemps que continuera l’occupation des territoires palestiniens, aussi longtemps que les Palestiniens se verront refuser la liberté, le chemin vers la « paix des braves », sur lequel je m’étais engagé avec mon défunt partenaire Isaac Rabin, sera jonché d’obstacles […]
Les Palestiniens ont une vision de la paix : il s’agit d’une paix basée sur la fin totale de l’occupation et un retour aux frontières d’Israël de 1967, le partage de tout Jérusalem qui deviendrait une ville ouverte et la capitale de deux Etats, la Palestine et Israël. Il s’agit d’une paix chaleureuse entre deux Etats égaux jouissant mutuellement d’une coopération économique et sociale bénéfique.
En dépit de la répression brutale des Palestiniens au cours des quatre décennies passées, je crois que lorsque Israël considèrera les Palestiniens comme des égaux et non comme un peuple assujetti sur lequel il peut imposer sa volonté, une telle vision pourra s’avérer juste. Elle le doit.
Les Palestiniens sont prêts à mettre un terme au conflit. Nous sommes prêts à nous asseoir auprès de n’importe quel dirigeant israélien, quel que soit son parcours, afin de négocier la liberté pour les Palestiniens, la fin réelle de l’occupation, la sécurité pour Israël et des solutions créatrices pour mettre un terme à la situation critique des réfugiés tout en respectant les soucis démographiques d’Israël.
Mais nous ne nous assiérons à une table de négociations qu’en tant qu’égaux et non en tant qu’humbles sollicitants, en tant que partenaires et non en tant que sujets, en tant que chercheurs d’une solution de paix équitable et non en tant que nation vaincue heureuse de recueillir les miettes qui lui sont jetées. Car en dépit de l’avantage militaire écrasant d’Israël nous possédons quelque chose de plus grand : le pouvoir de la justice. »
