La Bourse de Tokyo secouée par… le séisme

Partage international no 79mars 1995

Une semaine précisément après le séisme qui a ravagé Kobe, la Bourse de Tokyo a subi un choc en retour. Le 23 janvier, l’indice Nikkei a perdu 1 055 points, soit 5,6 % de sa valeur. C’est la plus forte baisse enregistrée en une séance depuis trois ans. Cependant, la perspective des profits industriels à tirer de la reconstruction de Kobe a bien vite rasséréné les investisseurs et le marché a rattrapé son retard en une semaine.

De nombreux analystes doutent cependant de la durée de cette reprise, car les banques, qui sont au cœur du système financier japonais, connaissent de sérieuses difficultés. La revue The Economist a également développé cette argumentation dans un article intitulé : « Prêt pour une nouvelle chute : pourquoi la prochaine crise des banques japonaises est latente. » L’article s’alarme de la politique de crédit pratiquée actuellement par les banques japonaises. Il exprime également l’inquiétude qu’inspirent les 700 milliards de dollars de créances douteuses déjà enregistrées avant le séisme, par les 21 plus grandes banques. La gravité de cette situation s’est accrue : on estime en effet les dégâts causés par le séisme dans une fourchette de 70 à 400 milliards de dollars. Il est donc probable que les créances irrécouvrables vont s’accroître. Les propriétaires immobiliers dont les biens ont été détruits pourront difficilement faire face à leurs emprunts, d’autant que très peu d’entre eux avaient souscrit un contrat d’assurance contre les catastrophes naturelles.

Les problèmes des banques vont rejaillir sur la Bourse, affirme un analyste de la société d’investissements J. P. Morgan, car elles réalisent à elles seules un tiers des transactions. Lorsque les banques veulent lever des fonds pour couvrir leurs opérations et générer des revenus, elles cherchent à vendre les biens immobiliers qui nantissent leurs créances douteuses. Mais comme le séisme a cassé le marché de l’immobilier, les banques vont devoir vendre des actions pour obtenir des capitaux. Or, les actions qu’elles détiennent en portefeuille étant des actifs non réalisés, la baisse de l’indice Nikkei se traduira par une moins value lors de la vente. Et connaissant ce besoin de vendre, le marché maintiendra une pression à la baisse en vue d’obtenir les meilleurs prix possibles.

Un autre problème inhérent à la Bourse de Tokyo est que le gouvernement en soutient artificiellement les cours en y investissant régulièrement des milliards de dollars de fonds de pension. Cette « opération de maintien des cours » donne aux investisseurs étrangers, qui réalisent deux tiers des transactions, le sentiment que le risque de moins value est limité. La baisse de 1 000 points de l’indice Nikkei en un seul jour a résonné comme un avertissement pour les investisseurs étrangers. Et la capacité à long terme du gouvernement japonais à continuer de renflouer la Bourse reste à démontrer.

Japon
Thématiques : Économie
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)