Son rôle dans le développement du disciple

La méditation de Transmission

Partage international no 17février 1990

par Benjamin Creme

Cet article traite du rôle du travail de Transmission dans le développement du disciple, et particulièrement de l’expérience vécue par le disciple qui chemine sur le sentier de l’évolution. Ce texte est extrait d’un exposé fait par Benjamin Creme au Pays-Bas, en 1987, lors d’un week-end consacré à la Transmission.

Un disciple est une personne qui participe consciemment au processus de l’évolution. Il va sans dire que toute l’humanité évolue, et a évolué, depuis le stade initial de l’homme animal jusqu’au point où nous en sommes aujourd’hui. Depuis des temps immémoriaux, ce processus se déroule de manière plus ou moins inconsciente. L’âme individuelle s’incarne maintes et maintes fois, entraînée dans l’évolution par le magnétisme de l’évolution elle-même. Le disciple, par contre, joue un rôle très conscient dans ce processus qui conduit à un but bien déterminé.

Le disciple est une personne qui a conscience de l’existence de ce but, et qui s’efforce lui-même de favoriser sa propre évolution d’une manière tout à fait consciente. Le but qu’il aperçoit est évidemment la perfection, c’est-à-dire la complète libération de la nécessité de s’incarner sur la planète. Le disciple, volontairement et consciemment, se soumet aux disciplines nécessaires à l’accomplissement final de ce but. C’est la raison pour laquelle il est un disciple.

Jusqu’à présent, j’ai plutôt mis l’accent sur l’aspect service de la méditation de Transmission. Le simple fait de s’asseoir dans un groupe de Transmission et de permettre aux Maîtres de la Hiérarchie de transmettre leurs énergies à travers les chakras des membres du groupe permet de rendre un service de très grande valeur.

Mais la méditation de Transmission ne représente pas que cet aspect de service. Il est impossible que ces forces spirituelles soient transmises à travers les chakras des individus constituant le groupe sans que ceux-ci ne soient eux-mêmes transformés par ces forces. Lorsque les énergies traversent les chakras, elles stimulent et intensifient l’activité des différents chakras, habituellement les chakras du cœur, de la gorge et de la tête. C’est la raison pour laquelle, en dehors du fait qu’elle constitue un service de très grande valeur et d’extrême importance rendu au monde, la méditation de Transmission constitue probablement en même temps la méthode de croissance personnelle la plus efficace offerte à tout individu aujourd’hui.

Un Laya Yoga

Le Maître Tibétain, Djwhal Khul, qui a transmis au monde les enseignements d’Alice Bailey, annonça qu’une forme particulière de Laya Yoga — le yoga des énergies — émergerait au cours de cette nouvelle ère du Verseau.

La méditation de Transmission constitue cette forme particulière de Laya Yoga. Cette méditation est en fait une combinaison de deux yogas : le Laya yoga, le yoga des énergies, et le Karma yoga, le yoga du service. La méditation de Transmission combine les deux méthodes les plus puissantes de progrès évolutif connues.

Il s’agit d’une méditation de groupe qui, pour son bon déroulement, nécessite la formation de groupes. Il n’a été possible d’introduire cette méthode dans le monde qu’à l’heure actuelle, c’est-à-dire à l’aube de l’ère du Verseau, car ce n’est qu’à présent qu’il existe des disciples qui commencent à travailler en formation de groupe.

Toutes les formes de méditation pratiquées au cours des deux derniers millénaires, durant l’ère des Poissons, ont été des méditations individuelles. Elles étaient destinées à permettre à l’homme ou à la femme d’entrer en contact avec l’âme, conduisant finalement à l’union avec celle-ci. Lorsque, grâce à la méditation, l’individu entre en contact avec l’âme, celle-ci peut stimuler et finalement « s’emparer » de son véhicule, l’homme ou la femme en incarnation. Par la méditation, un canal appelé « antahkarana » se forme entre la personnalité et l’âme. L’âme, quant à elle, construit simultanément ce même canal vers le bas, vers son reflet, la personnalité. Ce processus s’amorce juste avant le passage de la première initiation.

Il existe cinq grandes périodes de crise qui jalonnent le processus de l’évolution. Ce sont les cinq initiations qui conduisent à la Maîtrise de Libération. Lorsqu’on les a passées, il n’est plus nécessaire de s’incarner sur cette planète. Ces cinq grandes expansions de conscience que sont les initiations ne surviennent qu’au cours des quelques dernières vies situées sur le chemin de l’évolution menant de l’homme animal au Maître totalement libéré.

Il faut littéralement des centaines de milliers d’expériences d’incarnation pour conduire un individu au seuil de la première initiation. Lorsque l’âme constate que son véhicule s’approche de cette étape, peut-être quatre ou cinq incarnations avant le passage de la première initiation, elle fait entrer son véhicule, c’est-à-dire l’homme ou la femme sur le plan physique, en contact avec une quelconque forme de méditation.

Lors de cette première expérience, le contact peut se montrer extrêmement ténu : la personne entend parler de méditation, s’y essaie quelque peu, ou consacre peut-être une partie de son temps à la pratiquer. Finalement, vient une vie au cours de laquelle l’individu consacrera une part considérable de son temps à la pratique d’une quelconque forme de méditation. Ce n’est pas la personnalité qui recherche la méditation. Elle est contrainte à cette pratique par l’impulsion provenant de l’âme elle-même. En ce sens, l’âme est le premier Maître.

Lorsqu’après plusieurs vies consacrées à une approche plus sérieuse de la méditation, l’individu est prêt à passer la première initiation, le Maître intervient et guide, teste et prépare l’individu à cette première grande expansion de conscience.

Il existe environ aujourd’hui 800 000 personnes en incarnation qui ont passées la première initiation (beaucoup d’êtres non incarnés, naturellement, ont également franchi cette étape). Sur cinq milliards d’individus, c’est assez peu. Parmi ceux qui ont passé la deuxième initiation, seuls 240 000 sont en incarnation. Quant à la troisième initiation, 2 000 à 3 000 initiés du troisième degré seulement sont en incarnation. Parmi ceux qui ont passés la quatrième initiation, seuls 450 environ sont présents actuellement dans le monde. Il s’agit vraiment de nombres très restreints. Ce qui est remarquable, c’est que ce processus est en train de s’accélérer très fortement. Aujourd’hui, plusieurs millions d’individus se tiennent au seuil de la première initiation. C’est la raison pour laquelle la Hiérarchie, pour la première fois depuis des milliers et des milliers d’années, est en train de revenir parmi nous, les disciples attirant magnétiquement les Maîtres dans le monde.

L’aspirant au discipulat est observé et testé par le Maître, à la lisière d’un Ashram d’un Maître. Lorsqu’il a passé ses tests et qu’il est prêt, il rejoint la Hiérarchie en franchissant la porte de l’initiation, et devient un disciple. C’est le départ d’un voyage sans retour. Les ponts sont coupés derrière le disciple. Il peut gaspiller de nombreuses vies, freiner des quatre fers, mais il ne pourra jamais inverser le processus de l’évolution.

Commence alors une période au cours de laquelle se déroule une grande bataille entre son âme et sa personnalité. L’homme ou la femme sur le plan physique devient le lieu et l’objet d’une bataille entre la vie de désir de sa personnalité, et la vie spirituelle de l’âme. Finalement, bien que cela puisse demander un certain temps, l’âme l’emporte car elle est la plus forte.

La bataille peut faire rage pendant de nombreuses vies. La moyenne du nombre de vies écoulées entre la première et la deuxième initiation est de six ou sept. La lutte est sévère, et souvent douloureuse en ses débuts.

Le disciple s’aperçoit qu’il est stimulé sur tous les fronts, mentalement, émotionnellement, et physiquement. Ses trois corps sont stimulés comme ils ne l’ont jamais été. La bataille doit être menée simultanément sur tous les fronts. Lorsqu’il pense contenir « l’ennemi » qui attaque sa frontière physique, le disciple s’aperçoit qu’il est envahi sur le front émotionnel. Il envoie alors toutes les forces de sa personnalité pour refouler « l’ennemi », pour s’apercevoir que sur le plan mental et sur le plan physique à nouveau, des forces l’attaquent à revers. Finalement, d’épuisement, il se rend, et accepte d’écouter la voix de son âme.

Il devient un disciple accepté (c’est-à-dire acceptant), qui travaille plus près du centre de l’Ashram d’un Maître. Il découvre alors qu’il n’est pas seul, qu’il ne l’a jamais été comme il le pensait, mais qu’il fait réellement partie d’un groupe, dont il n’a probablement jamais rencontré les membres sur le plan physique. Il travaille sous le contrôle, non pas directement d’un Maître, mais d’un disciple d’un des Maîtres. La bataille sera de plus en plus dure, jusqu’à ce qu’il atteigne un point situé à environ mi-chemin entre la première et la deuxième initiation.

Une petite lueur

Soudain, le disciple aperçoit une petite lueur au bout d’un long tunnel. Il se rend compte que le corps physique obéit à sa volonté, et que le plus incontrôlable de ses corps, son corps astral, commence à être contrôlé. Il trouve cela très encourageant. Il entrevoit la direction à suivre. C’est encore une lutte, mais il s’aperçoit que, s’il persévère, il y a de l’espoir.

Il découvre alors qu’il est mis en contact avec d’autres personnes au sein d’un quelconque groupe de travail. Il s’aperçoit que ces personnes ont les mêmes expériences, les mêmes difficultés que lui, et il réalise que cela fait partie de son processus de croissance consistant à sortir de l’ignorance, de l’illusion, du mirage, et à regarder le monde et lui-même comme ils le sont réellement.

C’est dans ce but que la méditation a été mise à la disposition du monde. La méditation est un procédé catalytique qui permet à l’âme d’engendrer cette relation avec son reflet. L’âme « prend possession » de son véhicule, mentalement, astralement et physiquement, de plus en plus fortement, faisant de ce véhicule un reflet de plus en plus pur d’elle-même. Le but de l’âme est d’amener son véhicule à devenir un reflet parfait d’elle-même. L’âme y parvient en stimulant le taux de vibration de chacun des corps, physique, astral et mental, jusqu’à ce que tous les trois vibrent à une fréquence plus ou moins identique.

L’âme n’est pas pressée. Elle dispose d’un temps infini car elle ne raisonne pas en terme de temps. Seule la personnalité éprouve le sentiment que cela dure un temps incalculable. Il nous semble, à nous, que nous ne serons jamais libéré de ces contraintes physiques, astrales et mentales, qui nous empêchent de nous exprimer nous-mêmes en tant qu’Âme, l’être spirituel que nous savons être, et dont les qualités spirituelles d’intelligence, d’amour et de volonté seront manifestées et rayonnantes. Quand cette étape est finalement atteinte, la troisième grande expansion de conscience peut être vécue.

Cette initiation constitue un tournant décisif dans le processus de l’évolution. Du point de vue des Maîtres, il s’agit en fait de la première initiation. Ils considèrent en effet les deux premières initiations comme préparatoires à cette troisième, véritable initiation de l’âme, lorsque l’homme ou la femme se trouve totalement sous l’emprise de l’âme et devient donc, pour la première fois, véritablement divin. Jusqu’alors, la divinité existait, mais seulement de manière potentielle.

Deux méthodes conduisent à cet état : la première est la méditation, d’une forme ou d’une autre, mettant l’homme ou la femme en contact avec l’âme ; la seconde est le service, une quelconque forme de service altruiste.

Pourquoi le service ? Qu’y a-t-il de si important dans le service ? Il est peut-être plus facile de percevoir, sous un aspect scientifique, la valeur de la méditation, mais pourquoi le service ? Le service est un élan de l’âme. L’âme ne connaît que le service. C’est sa nature. L’âme s’incarne pour servir le plan d’évolution du Logos, l’Homme Céleste qui est l’âme même de cette planète. Dès que l’homme ou la femme entre en contact avec l’âme, il ou elle désire spontanément servir d’une manière ou d’une autre. La personne peut effectivementservir ou non, mais l’âme la poussera de toute manière vers le service. Si sous l’impulsion de l’âme, l’individu sert, tout va bien. Le but de l’âme est atteint, et ses énergies sont convenablement utilisées. Si, par la méditation, un individu reçoit un stimulus provenant de l’âme mais qu’il ne l’utilise pas dans une activité de service, l’énergie de l’âme se retourne contre lui, produisant un stress, une stase. La personne tombe malade ou devient névrotique. Les maladies et les maux que connaissent le monde, et en particulier les disciples, sont en grande partie le résultat d’une mauvaise utilisation ou d’une non-utilisation de l’énergie de l’âme. Vous pouvez donc constater l’importance qu’il y a, en réponse au stimulus de l’âme suscité par la méditation, à utiliser dans le service cette énergie avec laquelle l’individu est entré en contact.

La méditation de Transmission répond à ces deux exigences. Le service, l’acte de se tenir assis au sein d’un groupe de transmission et de laisser les énergies vous traverser, permet aux Maîtres de surveiller votre méditation. Il n’est pas possible de pratiquer la méditation de Transmission sans accomplir un acte de service, ceci constitue sa nature même. Il n’est pas possible de servir de cette façon sans en même temps progresser sur le sentier de l’évolution, puisque la méditation de Transmission réunit les deux yogas — le yoga du Service, le Karma yoga, et le yoga des Énergies, le Laya yoga. L’avantage de la méditation de Transmission est que son aspect Laya est accompli pour vous par les Maîtres. Le Karma, son aspect service, est simple et minime, en terme d’énergie et de temps impliqués, si bien que même l’individu le plus paresseux qui soit peut malgré tout agir de manière puissante au profit du monde.

Si on considère l’aspect Laya, l’individu le plus paresseux peut progresser à grands pas sur le sentier de l’évolution, puisque les Maîtres effectuent tout le travail. Les Maîtres sont des scientifiques. Sans interruption, chaque seconde de chaque minute de chaque jour, Ils transmettent et transforment des énergies provenant d’une quelconque source extra-planétaire, et protègent l’humanité des énergies qui pourraient lui être néfastes.

Vous rendez-vous compte de ce que représente le fait de voir votre méditation réellement supervisée par de tels scientifiques, aussi évolués ? Et pourtant, quiconque prend part à un groupe de Transmission, pénètre un domaine de service si simple qu’il est à la portée d’un enfant de douze ans. Et ceci s’accomplit d’une manière si scientifique que la progression la plus inimaginable sur le sentier de l’évolution devient possible. C’est littéralement un don des Dieux, mis à la disposition du monde à l’heure actuelle, car ce n’est que maintenant que se forment des groupes de disciples capables de manipuler ces énergies et de travailler consciemment en formation de groupe.

La méditation de Transmission réunit donc les deux leviers les plus puissants du processus de l’évolution — Laya, le yoga des énergies, et Karma, le yoga du service. Ces deux yogas font progresser rapidement ceux qui les utilisent le long de la dernière phase de l’évolution que nous appelons le sentier de l’initiation. Le but sous-jacent de la méditation de Transmission est de permettre aux groupes impliqués de cheminer rapidement le long du sentier de l’initiation.


(N. de la R. : pour obtenir plus d’informations sur la méditation de Transmission, se référer à l’ouvrage de Benjamin Creme Transmission — Une Méditation pour le Nouvel Age, publié aux Editions Partage. Sur le thème de l’initiation, se reporter à l’ouvrage La Mission de Maitreya, également de Benjamin Creme, publié aux Éditions Partage.)

Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : spiritualité, émergence
Rubrique : Divers ()