Dernières informations sur la polémique entourant le suaire de Turin

Partage international no 11juillet 1989

 Après avoir été soumis à une série de tests au carbone 14 par trois laboratoires différents, le saint suaire de Turin fut déclaré faux en 1988. Le procès-verbal des analyses stipulait que la pièce de tissu datait du Moyen-Age, plus précisément d'une période située entre 1260 et 1390. Cependant, en janvier 1989, Partage International publiait les commentaires de Ian Wilson, l'auteur du livre Le suaire de Turin… linceul du Christ ?, ainsi que ceux d'autres experts du suaire, qui contestaient la manière dont la presse avait été informée des résultats — c'est-à-dire par des fuites. Ces différents commentaires soulignaient également que la datation au carbone 14 est une méthode imprécise, sur laquelle on ne peut compter, et qui ne permet pas d'obtenir une preuve irréfutable de l'âge d'un objet.

Dans le numéro de décembre 1988, Benjamin Creme, le rédacteur en chef de Partage International, abordait pour la deuxième fois le problème de la polémique qui s'était élevée autour du suaire. Il rappelait aux lecteurs que son Maître lui avait transmis l'information suivante, publiée dans le numéro d'octobre 1988 : « Les techniques actuelles de datation au carbone laissent une marge d'erreur de 800 à 2000 ans, et ne sont donc utiles que pour la datation approximative d'objets très anciens ». Il ajoutait que son Maître l'avait informé que les trois laboratoires avaient fourni trois dates différentes, et avaient en guise de compromis divisé la différence entre les deux dates les plus rapprochées, tranchant ainsi en faveur du 13e siècle. Il écrivait ensuite : « Nul n'a jamais pu prouver, ni ne pourra jamais prouver, comment l'image du suaire aurait pu être falsifiée ».

Le New York Times a récemment constaté que la croyance en l'affirmation selon laquelle le suaire « représente bel et bien le Christ » est plus forte que jamais, et que de nombreuses critiques concernant la technique de datation s'élèvent aujourd'hui. Ainsi, en mai 1989, un certain nombre de spécialistes du suaire se sont réunis à Bologne et ont déclaré que la contamination du tissu au cours des âges, notamment à l'occasion des dégâts causés par l'incendie de 1532, pourrait avoir influé sur les résultats des tests. Dans un numéro récent de Nature, le prestigieux magazine scientifique anglais, le physicien Thomas J. Phillips, de l'Université d'Harvard, a suggéré que si le Christ était bel et bien ressuscité, cet événement pourrait avoir altéré la structure nucléaire du tissu et ainsi perturbé les tests au carbone radioactif.

Le conseiller scientifique de l'archidiocèse de Turin, Luigi Gonolla, ne croit pas que les tests aient été falsifiés. Il partage l'objection de Ian Wilson à propos des fuites ayant accompagné la publication prématurée des résultats. Il conteste également la suggestion selon laquelle le suaire serait en fait le produit d'un coup monté, conclusion qui selon lui est injustifiée. Dans une interview accordée au Times, Ian Wilson lui même a déclaré que tant qu'on ne pourra pas lui démontrer de quelle manière l'image du suaire a pu être réalisée, il estimera que tout ce qu'on peut se permettre de dire, c'est que, pour certaines raisons que nous ignorons, la datation au carbone pourrait ne pas être fiable. Jusqu'ici, personne n'a été capable d'expliquer comment cette image, qui semble être celle de Jésus crucifié, a pu se fixer sur le tissu.

Selon le Times, le Pape Jean Paul II lui-même a récemment déclaré que le suaire « est certainement une relique », et pas simplement une icône. « Si le suaire n'était pas une relique, on ne pourrait expliquer ces manifestations de foi qui l'entourent et qui s'expriment plus fortement encore depuis la publication des résultats des tests scientifiques » a-t-il déclaré aux journalistes. Le suaire est conservé à l'abri du public, à l'intérieur d'un coffre d'argent dans une chapelle de la cathédrale de Turin. Selon le révérend Felice Cavaglia, de la cathédrale de Turin, un des plus importants rassemblements de fidèles qu'on ait vu depuis des années s'est rendu le 4 mai à la chapelle afin de célébrer la fête du suaire. « Les déclarations insistantes des scientifiques », a-t-il déclaré, « n'ont eu aucun effet ».


Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Divers ()