Il était une vieille femme…

Partage international no 125février 1999

Cher Monsieur,

1. Un jour de février 1997, j’attendais à un arrêt de bus, près de la cathédrale de Regensburg, en compagnie de mon fils. Absolument épuisée et désireuse de rentrer chez moi au plus vite, j’étais loin de remarquer ce qui se passait autour de moi. Soudain, mon fils s’exclama que la femme qu’il avait vue avec mon collègue (et que le Maître de benjamin Creme avait confirmé être Maitreya dans Partage international) descendait justement d’une voiture. J’en restai abasourdi et ne parvins pas à le croire. Elle descendit de la voiture juste devant nous, s’approcha de nous en riant et salua mon fils comme s’il était une vieille connaissance. Puis elle me regarda, toujours en riant, et marmonna dans notre dialecte bavarois quelques mots que je ne pus comprendre. Elle avait l’air d’une pauvre vieille de la campagne, et était telle qu’on me l’avait décrite, frêle, voûtée, claudicante, portant des vêtements usés. En on ne pouvait pas dire qu’elle sentait bon. Je lui demandai si elle savait qui nous étions. « Oh oui, je vous connais très bien, je vous ai souvent vu en ville avec votre fils… ». Je lui demandai alors si elle était la « femme au ticket d’autobus », car j’avais encore des doutes. Elle marmonna de nouveau en dialecte : « Quoi ? Oui, oui, oui… enfin, peut-être…cela m’arrive parfois. »

Elle se précipita entre les passants en les saluant et en leur parlant, puis traversa la rue. Je la suivis dans le but de l’observer. Mon bus passa. Elle demanda de l’argent à quelques passants et leur parla. Puis elle s’assit sur un banc et aborda une autre femme qui, comme elle, semblait venir de la campagne et qui, apparemment, l’avait prise une fois en voiture ; toutes deux semblaient se connaître. Nous nous assîmes aussi sur le banc, et de temps en temps, elle nous faisait un signe amical de la tête. Que nous l’ayons suivie semblait la rendre perplexe. La situation était étrange et je ne pouvais que rire de moi-même. Tout cela était si saugrenu ! Elle se leva et regarda derrière elle à plusieurs reprises ; finalement, elle me demanda où j’allais. En fait nous devions prendre la direction opposée et je ne savais pas vraiment que dire. Je pensai que, peut-être, elle voulait nous dire quelque chose. Je finis par lui demander si je pouvais faire quelque chose pour elle, mais elle déclina l’offre et me remercia : « Non, non, je n’ai besoin de rien. Mon fils vient me chercher avec sa voiture. » Nous discutâmes encore un peu puis elle nous dit au revoir. Nous prîmes l’autobus et elle resta là à nous faire au revoir de la main. J’étais en pleine confusion : « Se pouvait-il que cette femme soit Maitreya ? » Je n’arrivais pas à le concevoir et il me tardait de la revoir. Par la suite, toutes les fois que je retournais sur les lieux, je regardais attentivement autour de moi dans l’espoir de l’apercevoir.

2. Fin juillet, de nouveau je me retrouvai près de la cathédrale et, comme c’était si souvent le cas, je repensais à elle, lorsque je l’aperçus juste devant moi. Elle était penchée sur une poubelle et inspectait les détritus, telle une mendiante. Ses vêtements étaient toujours d’une extrême pauvreté. Elle me jeta un bref regard et s’éloigna précipitamment. Je la suivis. Sans cesse, telle une malade mentale, elle demandait l’heure aux passants. Puis elle quémanda de l’argent pour acheter un ticket d’autobus. La plupart du temps, elle réclamait 10 marks. Certains donnaient quelque chose, beaucoup ne faisaient que passer sans s’arrêter. Quelques personnes paraissaient se souvenir d’elle. J’entendis un homme déclarer qu’il lui avait déjà donné de l’argent quelques jours plus tôt ? Puis de nouveau, elle bavarda avec les passants et rit en regardant les petits enfants. Elle était très amicale avec tout le monde.

J’observais toute la scène et eus tout à coup l’impression de jouer dans un film. Elle me demanda de l’argent, juste un ou deux marks. Je les lui donnai, et soudain elle en voulut dix. Je ne pus me retenir de rire et les lui tendis. Avec vivacité, elle fourra l’argent dans un sac en plastique déjà bien rempli, qu’elle sortit de son vieux sac à main. Elle continua ainsi pendant une demi-heure et décida alors qu’il était temps de rentrer chez elle. En partant, elle me fit au revoir de la main. Elle se précipita ensuite chez un boucher où elle acheta des saucisses. Déconcertée, je l’observais à travers la vitrine. Je ris de moi-même devant de tels doutes. Elle se dirigea ensuite vers l’arrêt d’autobus en claudicant et se retourna à plusieurs reprises. Finalement, elle s’assit sur un petit mur de briques et, de la main, me fit signe d’approcher. J’étais toute heureuse. Elle me regarda d’un ait triste. Elle me dit combien il était dur d’être pauvre, ne pouvais-je pas lui donner de l’argent ? Son obstination me fit rire car je venais juste de lui en donner. Elle me demanda alors où j’allais maintenant, car elle devait rentrer chez elle. En partant, elle me fit au revoir de la main. Elle traversa le pont, lentement, courbée, en ne cessant de se retourner. Je la regardai partir, et tout comme la première fois, je ne pouvais y croire.

J’étais restée une heure avec elle ? Le lendemain, les choses prirent une tournure encore plus saugrenue.

3. Je me trouvais de nouveau près de la cathédrale et sortais d’un grand magasin. Je songeai : « Pourvu que je ne la rencontre pas encore aujourd’hui », car j’étais exténuée et ne me sentais pas « convenablement préparée ». Mais, instantanément, je sus qu’elle se trouvait là une fois de plus juste devant moi ! Je n’arrivais pas à y croire ! Je restais là à la fixer, tandis que, comme d’habitude, elle demandait aux passants de l’argent pour se procurer un ticket d’autobus. Elle me dit bonjour d’un ton détaché. Cette fois-ci, elle me réclama tout de suite 10 marks en échange de son vieux ticket. Je lui donnai l’argent, c’était tout ce qui me restait, et elle me tendit son vieux ticket absolument sans valeur. Je ne pouvais que rire de ces petits tours qu’elle faisait aux gens. Tandis qu’elle fourrait prestement l’argent dans son vieux sac usé, je constatai qu’elle y avait accumulé un grand nombre de vieux tickets qu’elle avait probablement l’intention de « vendre ». Elle me remercia chaleureusement et ajouta que j’avais une place dans ses prières afin d’être protégée, ce dont je fus très touchée.

Puis, elle se dirigea vers l’arrêt du bus et je la suivis. Elle s’assit à côté des autres personnes qui attendaient et une fois de plus elle demanda si quelqu’un pouvait lui donner de l’argent. Elle ne cessait de quémander. Finalement, elle me fit signe de venir m’asseoir à côté d’elle et nous bavardâmes. Elle me dit qu’elle était aller voir son médecin ce matin-là, et nous continuâmes de bavarder, comme on le ferait avec une vieille dame un peu folle. Ses chaussures, qu’on lui avait données, étaient trop justes et lui faisaient mal. Pendant tout ce temps, son vieux visage ridé riait et elle me tapotait l’épaule comme une vieille amie. Elle me regarda et me déclara combien mon visage lui plaisait, ce qui m’embarrassa. Elle rit de nouveau et dit : « Je vous aime vraiment… tout comme j’aime vraiment tous les gens… chez nous, notre pasteur dit aussi que j’ai toujours aimé tout le monde… pour moi, c’est la chose la plus importante. » Elle parlait aussi à d’autres personnes. Finalement, elle voulut aller à un autre arrêt d’autobus. Je souhaitais l’accompagner mais ne trouvais aucune raison valable. Après avoir marché un peu, elle désira se reposer de nouveau. Elle avait de grandes difficultés à se déplacer et c’était bien triste de la voir ainsi.

Elle finit par me dire au revoir en me souhaitant bonne chance et une bonne journée. Nous étions demeurées ensemble pendant une heure et demie. Je restai à flâner quelques instants sans arriver à croire à ce qui venait de m’arriver.

D. M., Regensburg, Allemagne

[Le Maître de Benjamin Creme confirme que la vieille dame était Maitreya. Il a également indiqué que cette vieille femme existe réellement et qu'il se sert de son personnage pour ces expériences.]

Allemagne
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)