La voix de la raison

Partage international no 171novembre 2002

Bill Clinton, ancien président des Etats-Unis, s’est exprimé ainsi devant le congrès du parti travailliste britannique, en octobre 2002 :
« Nous devons progresser de l’interdépendance vers l’intégration, car notre humanité commune importe davantage que nos différences, si intéressantes soient-elles, et elle rend possible l’expression de ces différences ; car chaque enfant mérite sa chance, chaque adulte a un rôle à jouer et nous parviendrons tous à un meilleur résultat en travaillant ensemble, en dépassant nos revendications exclusives et nos vieux antagonismes, pour créer un avenir que nous pourrons tous partager ; en dépassant les craintes et les rancunes, les combats et les échecs des démons d’hier pour parvenir à une vérité que nous pourrons tous embrasser. La troisième voie doit finalement élever aussi bien nos adversaires que nos amis. Si nous agissons ainsi, le XXIe siècle sera l’époque la plus éclatante que le monde ait jamais connue. »

Dennis J. Kucinich, chef de l’opposition au Congrès américain, a fait une déclaration à l’occasion d’un débat sur une résolution concernant la guerre avec l’Irak. Voici des extraits de son discours :
« Hier, des étudiants avaient organisé un rassemblement en faveur de la paix devant la façade ouest du Capitole. J’étais présent et j’ai entendu des représentants de la jeunesse américaine s’interroger : « Pourquoi faire la guerre contre le peuple irakien ? Pourquoi soutenir un pouvoir militaire qui menace des civils innocents ? Pourquoi faire la guerre pour régler nos différends ? Pourquoi séparer notre nation de la communauté mondiale ? Pourquoi ne pas accorder sa chance à une solution pacifique ? »

Le président Bush a-t-il une politique étrangère ? Ou est-il simplement obtus, puissant et ignorant ? Quel que soit le cas, étant donné l’impact de ses décisions sur chaque citoyen de la planète, il est grand temps de poser cette question avant qu’il nous entraîne dans une guerre dont personne ne peut prédire les conséquences. Incapable de trouver Ben Laden […] G. W. Bush est prêt à poursuivre la vendetta de son père.
[Source : Sud Quotidien, Sénégal]

Bientôt, la voix de notre jeunesse se fera entendre dans le pays tout entier. Et nous devrions y prêter attention. On l’entendra sur les campus universitaires, dans les hôtels de ville, à l’occasion de marches en faveur de la paix. Cette voix s’élèvera pour défier et condamner la violence insensée, la guerre irresponsable, la mort d’innocents, la destruction de villages pour sauver d’autres villages.
Les jeunes qui s’opposent à la guerre sont les porte-parole de l’Amérique de demain, qui répondra aux aspirations qui s’élèvent du cœur de millions d’Américains de tous âges. L’Amérique de l’avenir aspire à une unité plus profonde entre les peuples de toute la Terre, elle ne cherche pas un empire mais l’harmonie. Préparez l’Amérique du futur. »

L’écrivain indien Arundhati Roy demande si le simple fait que l’Irak ait la capacité de fabriquer des armes nucléaires justifie une attaque préventive de la part des Etats-Unis. « Les Etats-Unis possèdent le plus important arsenal d’armes nucléaires au monde. C’est le seul pays qui ait réellement utilisé ces armes contre des populations civiles. Si une attaque préventive des Etats-Unis sur l’Irak est justifiée, une attaque préventive de n’importe quelle puissance nucléaire sur une autre le sera. L’Inde pourrait attaquer le Pakistan et inversement. »

Dans un article intitulé : « L’action peut mettre un terme à la guerre », paru dans le quotidien britannique The Gardian, Gary Younge cite Steve Biko, militant sud-africain de la conscience noire : « Le plus grand outil aux mains de l’oppresseur est l’esprit de celui qui est opprimé. » Et il déclare :« Nous devons faire en sorte que la voix des citoyens soit prise en compte, et transformer le mécontentement passif en opposition active […] Les guerres ne s’arrêtent pas d’elles-mêmes. Elles sont évitées par la mobilisation d’un grand nombre de personnes dont chacune fait ce qu’elle peut. Si les bombes tombent une fois encore, elles tomberont en notre nom et elles seront payées par nos impôts. A notre époque « Arrêtez la guerre » s’est déjà montré un slogan utile et louable […] Cette fois, la différence entre souhaiter empêcher la guerre et y parvenir, c’est peut-être d’y croire. Et agir dans ce sens. »


Sources : Suddeutsche Zeitung, Deutsche Presse-Agentur, Allemagne ; Los Angeles Times ; The New York Times ; San Francisco Chronicle ; Daily University of Washington, USA Today, The New York Times, Associated Press, Reuters, E.-U. ; The Guardian, G.-B. ; sites web : www.notinourname.net ; www.stopwar.org.uk ; www.bbcworld.com ; www.indymedia.org ; www.iacenter.org ; www.worldpressreview.com
Thématiques : politique
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)