L’art de la propagande

Partage international no 191juillet 2004

Dans un article intitulé Qu’importe la vérité !, publié le 30 mai 2004, dans The Guardian, le journaliste Gary Younge explique comment la fiction peut devenir réalité lorsque les échéances politiques priment sur la vérité.

« La politique a, dans une certaine mesure, toujours été le triomphe des symboles sur la substance, des déclarations sur la réalité. Mais, dans le cas de l’Irak, cette tendance semble avoir atteint son apogée, comme si de simples affirmations pouvaient modeler la réalité par la force d’une volonté propre.

La politique semble être devenue une affaire de communication. On en est venu à un point où même la simple question de savoir si ce qui est communiqué a le moindre rapport avec le monde dans lequel nous vivons semble déplaisante, voire parfois intempestive. La devise du jour, à Down Street ou à la Maison Blanche, paraît être : « Le dire, c’est le rendre vrai. » Ces gens sont en train de réécrire l’Histoire avant même que l’encre de la première mouture soit sèche. »

G. Younge identifie deux « règles d’or dans cette nouvelle ère de politique par effets d’annonces. La première, c’est que si vous déclarez quelque chose avec aplomb et assurance, peu importe que cela ait du sens ou non. La seconde, c’est que toute déclaration de votre part annule celles que vous aviez faites antérieurement. »

Ainsi T. Blair déclarait-il, en avril 2002 : « Il ne fait aucun doute que la fabrication d’armes de destruction massive par Saddam Hussein constitue une menace sérieuse, non seulement pour la région, mais pour l’ensemble du monde », et, quatre mois avant le bombardement de l’Irak : « Aucun membre du gouvernement britannique n’est en faveur d’une action militaire contre l’Irak. »

« L’explication la moins amène, et également la plus probable, de l’écart entre ces propos et la vérité, conclut l’auteur de l’article, serait que T. Blair ment en permanence. Si l’on voulait être plus compréhensif, on dirait que c’est un rêveur incurable, qui prend ses désirs pour la réalité. »


Sources : The Guardian, G.-B.
Thématiques : politique
Rubrique : Les mensonges dévoilés (Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.)