Les jeunes au service du monde

Partage international no 169septembre 2002

par Marc Gregory

Chaque génération voit s’incarner ceux qui sont à même de s’occuper de problèmes spécifiques. Telle est la loi… Les jeunes sont mentalement et spirituellement équipés pour s’occuper des problèmes qui nous assaillent actuellement. » [Benjamin Creme, la Réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse]
« L’impulsion à la base de toute évolution est l’activité de l’âme que nous nommons le service. Le service démontre le lien avec la loi d’Amour. »[Benjamin Creme, la Mission de Maitreya,tome 1]

Que ce soit sur le plan local ou mondial, de jeunes enthousiastes sont à l’origine de changements positifs, dans un large éventail de problèmes mondiaux. Le projet Youth Action Net (Réseau des jeunes en action) (www. youthactionnet.org) met en relation de jeunes leaders (futurs ou existants), les forme et les inspire. Son objectif est de créer un espace virtuel où les jeunes peuvent échanger des informations et des conseils sur la façon d’apporter des changements concrets.

Ce projet a été mis au point par l’International Youth Foundation (Fondation internationale de la jeunesse) (www.iyfnet.org), en collaboration avec un groupe de jeunes. Depuis sa création, en 1990, cette fondation et ses partenaires privés et non gouvernementaux ont aidé plus de 23 millions de jeunes à acquérir des connaissances, de l’instruction, une formation professionnelle et des opportunités qui ont contribué à améliorer leur existence.

Le site www.youthactionnet.org présente certains jeunes, à travers le monde, qui s’efforcent de produire des changements positifs dans le cadre de leur communauté, ainsi qu’à une échelle plus large. Chacun des jeunes gens mentionnés ci-après a d’abord perçu un besoin dans le monde puis, selon l’adage « penser globalement et agir localement », a pris des mesures concrètes pour y remédier.

– Il y a environ cinq ans, un jeune canadien, Ryan Hreljac, fut tellement touché par la mortalité due au manque d’eau potable en Afrique qu’il résolut de se pencher sur la question : il se lança dans la construction d’un puits. Avec l’aide de l’Agence canadienne pour le développement international, la Ryan’s Well Foundation (Fondation Ryan pour la création de puits) a récolté plus de 500 000 dollars pour ce projet. Depuis lors, Ryan s’est souvent exprimé en public et son histoire a été largement médiatisée ; elle a même fait l’objet de la couverture du Reader’s Digest en Inde, en Australie, en Thaïlande, au Canada et en République tchèque. Ryan a également été l’invité de plusieurs émissions télévisées. Interrogé sur ce qu’il pensait de l’avenir, il a déclaré qu’il rêvait du jour où tout le monde aurait accès à l’eau potable en Afrique. Ryan n’est âgé que de dix ans.

– Ayub Kaddu, étudiant ougandais de 19 ans, est porte-parole, au niveau local et international, pour la prise de conscience à propos du sida. Ayub a entraîné un groupe de jeunes à s’occuper bénévolement d’orphelins. Son objectif est « d’aider mes copains à bénéficier d’une éducation ». Ces jeunes bénévoles consacrent leurs week-ends à aider leurs camarades plus jeunes qui, sinon, n’auraient pas accès à l’éducation. Ayub, qui est également membre du Politicians for Tomorrow Forum (Forum pour les hommes politiques de demain), association qui cherche a enrayer la corruption gouvernementale africaine en informant les jeunes de leurs responsabilités civiques, travaille en faveur de la participation des jeunes aux élections en Ouganda.

– Hassan Halta, 20 ans, vit à Tulkarem (Palestine), et sait ce que signifie vivre en territoire occupé pendant presque toute sa vie. Son désaccord avec les idées conventionnelles au sujet du conflit israélo-palestinien l’a conduit à entrer dans Graine de paix, un groupe de Palestiniens et d’Israéliens qui recherche des solutions constructives au conflit. Choisi comme délégué de Graine de paix pour le premier sommet de la jeunesse du Moyen-Orient, il a contribué à la recherche d’une solution pour parvenir à un accord. Hasan a déclaré : « J’ai eu l’occasion de me trouver face à face avec mon ennemi. J’ai pu lui parler… et il m’est apparu que mon interlocuteur, que je voyais comme un ennemi, était un être humain comme moi, qui ressentait les mêmes choses que moi à propos de ce conflit. Bien sûr, j’ai accepté de faire des compromis. Après tout, tous les êtres humains sont comme nous et méritent de vivre et d’être heureux.

– Catherine Jayme, 23 ans, des Philippines, cherche à réunir de jeunes leaders afin de promouvoir la justice sociale. Profondément émue par les mots « un cœur débordant d’amour ne peut que servir », lus au cours d’une retraite d’une semaine, elle tente de mettre cette phrase en pratique. Elle a été un membre actif de Namfrel, organisation qui s’efforce d’assurer des élections libres et responsables, et elle s’est engagée activement dans des opérations de secours aux victimes d’inondations. Elle a également organisé un Conseil de l’union des étudiants catholiques qui met en place des projets et des conférences sur l’éducation, la protection de l’environnement, un gouvernement responsable et sur la paix.
Catherine a grandi au sein d’une famille religieuse aux valeurs solides et elle s’est engagée dans le service lorsqu’elle a réalisé que « chacun de nous est responsable de tous les autres ». Aujourd’hui, elle fait partie de la faculté des sciences de l’environnement de l’Université Ateneo de Manille, où elle continue à encourager et à former des jeunes à devenir des citoyens du monde responsables.

–  Andrea Laverde, 19 ans, de Bogota (Colombie), a contribué à la création d’un pro-jet d’opposition au conflit armé dans son pays. Andrea et ses amies, Martha Carvajalino et Ingrid Morris, ont présenté leur projet devant des comités sur les droits de l’homme et d’autres instances. Elles ont pu réunir des représentants de toutes les couches de la société colombienne, y compris du gouvernement et de l’armée, des peuplades indigènes, du milieu économique, de groupes s’occupant des droits de l’homme et d’autres mouvements, avec l’objectif de trouver des solutions non violentes aux problèmes de la Colombie.
Andrea a participé à Codigo de Acceso (Code d’accès), une école de journalisme pour les jeunes, où elle a réalisé « l’importance de l’information donnée aux gens. Cela m’a aidée à acquérir une vision différente de ce que les médias nous présentent. » Elle reste active dans ces domaines « parce que je suis convaincue qu’il faut commencer à participer et ne pas abandonner la démocratie entre les mains d’un petit nombre. On ne peut pas se contenter de critiquer les groupes armés et le gouvernement… Nous devons aider les éléments armés à trouver un accord tenant compte des besoins du peuple colombien. » Elle déclare également qu’elle pense « qu’il est important de se joindre à d’autres, car c’est là, au sein d’un travail d’équipe, que nous pouvons vraiment apprendre à être différents, à respecter les pensées d’autrui et à commencer à créer une nouvelle manière de voir notre pays. »

– Gabriel Feltran, 24 ans, a travaillé pour le développement social et environnemental de petites communautés à faible revenu dans le nord-est du Brésil, la région la plus pauvre du pays. Il travaille actuellement sur le projet Nossas Criancas, de la fondation Abrinq pour les droits de l’enfance, qui soutient techniquement et financièrement 75 organisations s’occupant de la protection et des droits des enfants de Sao Paolo. Gabriel déclare : « Je rêve d’un monde où les droits de tous seraient respectés. Le respect des différences me suffirait. »

– Au lycée, Ana Matos, du Portugal, a travaillé dans une unité de premiers secours pour les maladies infectieuses, notamment le sida et l’hépatite B. Elle a aussi été conseillère pour les jeunes à risque et monitrice de jeunes volontaires de premiers secours. Plus tard, un projet multidisciplinaire de recherche, créé avec deux amis, a été récompensé par le deuxième prix national pour les jeunes scientifiques, lui donnant accès à la finale du concours européen des scientifiques.
Après avoir commencé par étudier la psychologie, elle s’est tournée vers la médecine. Elle espère, grâce à sa formation médicale, contribuer à améliorer les conditions de vie, d’éducation et d’environnement au sein de sa communauté. « Je crois que le fait de participer à des associations et à des réseaux internationaux renforce la coopération », déclare-t-elle.

–  Petrit Selimi, qui vit au Kosovo, a fondé avec des amis Serbes et Croates, l’Organisation des jeunes post-pessimistes. Cette organisation cherche à promouvoir l’amitié et une solution non violente aux conflits, afin de favoriser la coopération entre des régions voisines du sud-est de l’Europe. « Notre objectif, déclare-t-il, est d’arriver à créer une société véritablement ouverte, bien intégrée au reste de l’Europe et conservant toutes ses caractéristiques culturelles. »
Après avoir été rédacteur de Un monde entre nos mains – Histoire d’un jeune peuple des Nations unies, publié par Peace Child International, Petrit est aujourd’hui rédacteur en chef de Hapi Alternativ, magazine consacré à l’art, à l’écriture et aux nouvelles technologies. Il déclare : « Beaucoup de jeunes sont limités par les informations qu’ils reçoivent à travers les systèmes éducatifs étatiques. Le Web offre la possibilité d’accès à des informations non censurées ainsi qu’à un potentiel d’échanges positifs entre les jeunes. »

Auteur : Marc Gregory, musicien et collaborateur de Share International, il réside au Nord de la Californie.
Sources : www.youthactionnet.org
Thématiques : environnement, politique, éducation
Rubrique : Divers ()