Partage international no 188 – avril 2004
Un jeune canadien de douze ans travaille depuis plusieurs années à remédier à la pénurie d’eau potable dont souffre l’Afrique.
En 1997, Ryan Hreljac, de Kemptville, Ontario, alors âgé de six ans, demande à ses parents, Mark et Susan, 70 dollars pour les pauvres gens vivant en Afrique. « Ils n’ont même pas d’eau potable, expliqua le garçon. Ils boivent de l’eau provenant de marais et de cours d’eau insalubres, tombent malades et meurent. L’instituteur en a parlé aujourd’hui à l’école et il dit que cela coûterait 70 dollars pour leur procurer un puits. Puis-je avoir cet argent ? »
Les parents de Ryan étaient fiers de leur fils mais ils ne pouvaient s’imaginer que des gens allaient creuser des puits en Afrique pour un écolier canadien. Ce soir-là, Ryan s’agenouilla au pied de son lit pour prier : « Mon Dieu, bénissez ma maman, mon papa et mes deux frères, et faites qu’il y ait de l’eau potable pour tous les Africains. »
Mark et Susan encouragèrent Ryan à mettre de l’argent de côté en rendant de menus services, en plus de mettre la table, nourrir le chien et faire son lit. Pendant de longues semaines, l’enfant fit les carreaux, balaya le garage, aida les voisins dans leur jardinage, ramassa les branches mortes après les tempêtes de neige, ramassa des pommes de pin pour sa grand-mère qui en avait besoin pour des travaux d’artisanat. Tous les soirs, ses prières s’achevaient de la façon habituelle : « et faites que je puisse procurer de l’eau potable aux Africains. »
Quatre mois plus tard, Susan et Ryan se rendirent au bureau d’une organisation basée à Ottawa, dénommée Water Can (le broc d’eau), ayant pour objet de creuser des puits en Afrique. Ryan présenta ses économies à Nicole Bosley, directrice de cette organisation, qui le remercia et lui dit que 70 dollars permettaient seulement d’acheter une pompe manuelle. Forer un puits coûterait en fait 2 000 dollars. Ryan ne s’en montra pas surpris outre mesure. « D’accord, dit-il. Je rendrai davantage de services. » C’est ce qu’il fit pendant le printemps, l’été et l’automne suivants, gagnant quelques dollars par semaine.
Un ami de Susan fit paraître un article sur le projet de Ryan dans le journal local. Des fonds arrivèrent de la part de lecteurs sympathisants. Puis, le journal Ottawa Citizen fit paraître un article sur « le puits de Ryan ». Une chaîne de télévision parla de ce jeune garçon âgé maintenant de sept ans. Les chèques affluèrent et les fonds collectés par Ryan approchèrent les 1 000 dollars.
C’est alors que l’Agence canadienne pour le développement international, qui travaille en liaison avec Water Can, multiplia par deux la mise de Ryan.
Ryan et sa mère furent invités à une ré-union spéciale de Water Can. C’est là que Ryan et Gizaw Shibru, directeur du CPAR (Canadian Physicians for Aid and Relief – Association de médecins canadiens pour l’assistance sanitaire en Ouganda) décidèrent de l’implantation du puits à l’école primaire d’Angolo. M. Shibru expliqua que le puits serait creusé à la main, car une petite foreuse coûte déjà 25 000 dollars. « Je vais collecter des fonds pour cette foreuse, afin de creuser d’autres puits », déclara Ryan.
Ryan retourna immédiatement à la collecte des fonds. Son jeune frère Keegan aida au mailing et Jordan, le grand frère, prépara un audiovisuel pour les présentations de Ryan. Après son travail d’école, Ryan allait présenter son projet dans divers clubs. Plus il parlait, plus les dons affluaient. Dans la classe de Ryan, on avait mis une cagnotte, et des échanges épistolaires commencèrent entre les écoliers canadiens et les élèves de l’école primaire d’Angolo. Le correspondant de Ryan était un orphelin de huit ans, Jimmy Akana.
En janvier 1999, la famille Hreljac reçut la nouvelle qu’un grand nombre de villageois assoiffés utilisaient maintenant le puits de Ryan ! Ce soir-là, Ryan pria encore une fois : « Mon Dieu, veillez sur mes amis, Jimmy et Gizaw, et faites que je voie bien-tôt mon puits. » Les parents de Ryan lui expliquèrent qu’on pouvait commencer à économiser pour un voyage en Ouganda, mais qu’on ne pouvait guère envisager ce voyage avant qu’il ait douze ans.
Le jour de la nouvelle année 2000, Beverly et Bruce Paynter, les plus proches voisins des Hreljac, leur firent cadeau de leurs bonus de vol, permettant à trois personnes de se rendre à Londres. Grâce à ces coupons de vol et à d’autres dons généraux, Mark, Susan et Ryan se rendirent en avion en Ouganda en juillet 2001.
Ils arrivèrent à Angolo en camionnette, accompagnés de Gizaw Shibru. Des centaines de personnes le long de la route scandaient : « Ryan ! Ryan ! Ryan ! » Des enfants en uniforme bleu et blanc étaient alignés et frappaient dans leurs mains à l’unisson alors que Ryan parcourait les derniers mètres vers le puits orné de fleurs et qui portait à sa base l’inscription : « Puits de Ryan, fondé par Ryan H. »
En avril 2001, Ryan a créé la « Fondation du Puits de Ryan » et à ce jour, grâce à des opérations de bonification des fonds comme celle opérée par le CPAR, le jeune canadien a récolté près d’un million de dollars, et creusé plus de 70 puits en Afrique.
Cependant, comme le dit sa mère : « Ryan ne pense pas être exceptionnel. Il dit que tout le monde n’est pas appelé à creuser des puits mais que chacun peut améliorer le monde autour de lui, en aidant par exemple son frère dans son travail ménager. » « Apporter de l’aide aux autres est une sorte de pissenlit, affirme Ryan. Quand le vent souffle, les graines vont partout. J’essaie de faire comprendre aux gens qu’aider est important pour eux également. »
Pour plus d’information sur la Fondation du puits de Ryan, consulter le site Internet : www.ryanswell.ca
Afrique
Sources : www.zenit.org
Thématiques : Société, Économie
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
