Partage international no 185 – février 2004
Cher Monsieur,
Le 26 octobre 2003, j’assurais la permanence au centre d’information de Share Internationalà Amsterdam lorsque je vis entrer un homme d’environ soixante-quinze ans, grand, plein d’allant, portant un chapeau élégant. J’eus aussitôt le sentiment que c’était Maitreya. Je pris son chapeau et son manteau. Je venais juste de faire du café pour Jos, un membre du groupe, et nous nous assîmes tous trois pour boire un café et manger des cookies. Notre visiteur nous raconta qu’il s’était intéressé à différentes approches spirituelles au fil des années et qu’il voulait se documenter sur la méditation de transmission. Lorsqu’il posait une question, il avait un air très sérieux, mais lorsque je lui répondais, il me regardait avec une expression amicale et pleine d’humour.
Après que nous ayons parlé de la méditation de transmission, je déclarai que notre tâche principale était d’informer le public sur la présence et l’émergence de l’Instructeur mondial et des Maîtres de Sagesse. Il répondit d’un ton catégorique que ce n’était pas le cas, la tâche la plus importante étant la méditation de transmission car c’est par les énergies ainsi transmises que le monde est transformé. A son avis, il nous est difficile d’imaginer combien cette méditation est puissante. Jos a dit par la suite qu’il avait compris qu’étant donné le temps relativement court qui nous restait pour informer le public sur l’émergence de Maitreya et des Maîtres, Maitreya voulait dire que la méditation de transmission continuerait ensuite et deviendrait par conséquent « plus importante » à l’avenir. [Voir note 1.]
Lorsque nous avons parlé du service, Jos a déclaré que certaines personnes qui méditent n’utilisent pas toujours l’énergie dans le service et deviennent névrosées. Notre visiteur lui a répondu que les choses ne se passaient pas tout à fait ainsi. « Les gens deviennent névrosés en raison du stress, de la compétition et de la peur ; nous nous rendons fous les uns les autres et chacun pense être meilleur que tout le monde. » Nous nous mîmes à rire tous les trois. « Admettez-le, tout le monde se comporte ainsi, nous avons tous fait des caricatures de nous-mêmes, nous avons de fausses personnalités et tout cela crée des difficultés. Nous avons peur de tout le monde. Mais avec la méditation de transmission tout s’améliore automatiquement. Vous ne pouvez pratiquer la méditation de transmission sans développer automatiquement une attitude intérieure orientée vers le service. » [Voir note 2.]
Il poursuivit en déclarant que le monde est aujourd’hui dément dans tous les domaines de la vie et que la plupart des gens sont d’accord là-dessus. « Ils veulent le changement et tout se transforme très vite. Le processus du changement se met en place de manière continue en raison des énergies. Nombre de personnes ont entendu parler de Maitreya et l’attendent, également dans d’autres groupes. » Je lui demandai quels groupes aux Pays-Bas. Il répondit : « Les chrétiens l’attendent tout comme les bouddhistes. » Il a ajouté que les personnes qui attendent Maitreya sont plus nombreuses que nous le pensons. A cause des énergies, de plus en plus de gens sont ouverts aux idées nouvelles. Tout comme le rideau de fer a soudain disparu, chose qui semble maintenant aller de soi pour tout un chacun, la nouvelle conscience sera soudain là, comme si un rideau s’était ouvert. Il existe un processus énergétique qui est déjà en cours. Les changements s’effectueront sur une période assez longue – aussi longue qu’une vie humaine (cent ans certainement). [Voir note 3.]
Je ressentis pendant toute cette visite une authentique humilité et une relation de maître à disciple et, en même temps, l’atmosphère était aussi détendue et amicale que si nous avions eu la visite d’un ami très cher. Lorsque je revins dans la salle de réception après être allée du café, je vis qu’il regardait les ouvrages sur l’étagère du haut, où nous conservons une petite bibliothèque à la disposition du public. Je lui donnai du café et je m’assis. Il régnait un merveilleux silence qu’il rompit soudain en demandant : « Qu’est-ce que ce livre fait ici ? », tenant à la main A Course in Miracles. Je lui dis qu’une personne du groupe avait traduit ce livre en néerlandais et qu’elle s’y intéressait beaucoup. « Dans ce cas, que fait-elle dans le groupe », demanda-t-il. Presque choquée, je répondis: « Cette personne est un membre très sérieux du groupe. Pensez-vous que cet ouvrage ne devrait pas être ici ? » Il secoua alors légèrement les épaules dans un geste qui ne signifiait ni oui ni non. « Je dois admettre que je ne l’ai pas lu, dis-je. Pensez-vous que je devrais le faire ? » – « Ce livre n’est pas pour vous, vous n’avez pas à le lire », répondit-il. Il regarda ensuite les ouvrages de l’Agni Yoga. Je lui dis que j’étais en train de relire Cœur. Avec un large sourire, il dit alors : « Celui-là est un bon livre pour vous. » [Voir note 4.]
Je me demandais si j’en faisais assez (en ce qui concerne le travail de service) car je pensais avoir été récemment trop préoccupée de mon propre égo. Il dit alors tout à coup : « Un jour vous regarderez soudain autour de vous en pensant : est-ce que je fais tout cela ? Mais cela se fait tout seul, cela ne dépend pas de vous. Vous transmettez automatiquement les énergies. » Je mentionnai que j’avais eu cette impression la semaine précédente pendant la leçon de danse que j’avais donnée et que cela procurait un sentiment de joie particulier. « Oui, dit-il, cela peut arriver aussi en faisant de la peinture ou autre chose que vous pourriez essayer, avant de revenir finalement à ce que vous faisiez auparavant. »
Il voulut ensuite voir le tétraèdre qui se trouve dans la salle de méditation de transmission. En entrant, son regard se posa sur une lithographie de B. Creme intitulée « Méditation »* (photographie ci-contre). « De quoi s’agit-il ? », demanda-t-il. Je fis une brève réponse, sachant qu’il ajouterait quelque chose. « Regardez, dit-il, voici le centre/chakra le plus important, le centre ajna. Celui-ci représente le centre de la gorge et celui-là le centre du cœur ».
Nous restâmes un moment devant cette lithographie. Dans la salle de méditation, se trouvent également des photos de différents Maîtres (des avatars comme Ramana Maharshi, Vivekananda, entre autres) et de Sai Baba. Nous nous arrêtâmes devant chaque photo en désignant chaque Maître. Lorsque nous arrivâmes devant la photo de Maitreya à Nairobi, je dis que nous avions l’habitude de penser que, lors de sa première interview, Maitreya ressemblerait à l’aspect qu’il avait à Nairobi, mais que Benjamin Creme avait dit récemment qu’il n’en serait rien et que cela demanderait de l’intuition et du discernement de notre part pour le reconnaître. « Vous le reconnaîtrez immédiatement », dit-il avec force. « Pendant combien de temps méditez-vous ici ?, demanda-t-il. « La plupart d’entre nous méditent pendant environ deux heures, trois fois par semaine », répondis-je. « Je pense que c’est plutôt long », dit-il. Je mentionnai le fait que ma sœur médite parfois pendant quatre heures sans que cela pose de problème. Il dit : « Oui, quatre heures de temps en temps, mais trois fois par semaine pendant deux heures à chaque fois, c’est beaucoup, à mon avis. Et il y a bien sûr les week-ends des trois fêtes spirituelles – mais c’est différent. » Je lui dis qu’à Londres, dans le groupe de B. Creme, ils transmettent pendant au moins quatre heures, trois fois par semaine. Il dit en riant : « Oui, mais il s’agit d’un groupe particulier avec des gens particuliers. Certaines personnes s’endorment pendant la transmission, mais cela n’est pas grave dans la mesure où elles ne ronflent pas ! Il n’y a rien de mal à dormir quelques instants. Mais ce qui ne va pas c’est, après avoir dormi, qu’elles se lèvent et rentrent chez elles. La fonction du sommeil est de régénérer le système nerveux, ces personnes pourraient transmettre parfaitement après avoir dormi ! » [Voir note 5.]
Je lui dis que j’avais eu récemment de réels troubles du sommeil pendant plusieurs nuits et que j’avais pris un puissant somnifère (qui de toutes façons n’avait rien fait) et que cependant je me sentais parfaitement éveillée pendant la transmission et que je pouvais méditer aussi bien que d’habitude. Il déclara que je ne devrais pas reprendre de somnifères ni m’inquiéter de ne pas dormir. Le système nerveux prend soin de lui-même et s’il a besoin de sommeil il dormira. Je devrais tout simplement l’accepter et, si je m’endors dans la journée, je ne devrais pas lutter contre le sommeil, mais m’accorder un petit somme. Je lui dis que je considérais que c’était une perte de temps de ne pas dormir la nuit, car dans le sommeil profond on peut effectuer un service, ou apprendre différentes leçons. Il repoussa cette idée d’un geste de la main et se mit à rire comme pour dire que je disais n’importe quoi : « Vous ne savez rien de tout ceci ; les gens peuvent à peine formuler une question sur le concept du temps, cela ne servirait à rien puisqu’ils ne peuvent pas vraiment comprendre cette notion. » Il insista : « Ne vous inquiétez pas, renoncez à tout ce qui vous préoccupe. Cela n’existe pas. » Ceci me permit de ressentir au fond de moi un réel sentiment de liberté ou de libération.
« Gardez votre légèreté, ne vous laissez pas perturber [par les autres], il y a toujours le danger dans un groupe que certains deviennent fanatiques et veuillent prendre la direction. » – « Oui, dis-je, c’est pourquoi Benjamin Creme ne veut pas que nous créions des postes particuliers ni que des responsables soient officiellement désignés au sein du groupe. » Il déclara alors : « Voilà un vrai leader ! Bien sûr, les choses doivent être faites, mais si vous sentez la moindre réticence en vous pour une tâche particulière, cela signifie que vous ne devriez pas la faire. Faites seulement quelque chose si vous le faites avec joie ; soyez tout simplement vous-même. » Je dis alors que la phrase utilisée par le Maître Djwhal Khul dans les ouvrages d’Alice Bailey sur l’importance de « s’asseoir légèrement sur la selle » m’avait toujours inspirée.
Il parla également des masses qui sont incapables de penser et qui croient sans se poser de questions tout ce qui est imprimé dans les journaux ou présenté à la télévision. Il n’y a qu’un petit nombre de personnes capables de penser de manière créatrice.
Notre conversation s’arrêta là, il acheta quelques ouvrages, me serra la main, me remercia et je fis de même. Il se dirigea vers sa voiture qui était garée tout près, mais quelques secondes plus tard je le vis revenir du même pas alerte. Il voulait la Mission de Maitreya, tome II et il déposa sur la table la somme exacte, sans avoir regardé une liste de prix pendant toute sa visite au centre d’information.
Il est resté pendant environ deux heures et demie et, après son départ, j’éprouvais un immense sentiment de bien-être et de réconfort. Jos K., l’autre membre du groupe qui se trouvait présent pendant une partie de cette visite, ajoute que l’impression qui est demeurée en lui est celle de la totale simplicité de ce visiteur.
Avons-nous eu raison de penser qu’il s’agissait de Maitreya ?
M. op ten N., Bilthoven, Pays-Bas
PS – Le 15 novembre 2003, alors que l’équipe d’Amsterdam était en train d’achever la préparation du numéro de décembre de Share International, nous avons eu la visite de l’homme décrit dans la lettre ci-dessus, « Un visiteur bienvenu ».
Il nous a dit notamment ceci : « Participer à des salons, donner de l’information à des stands, dans des endroits publics, est un travail utile, valable. Donner des conférences est encore plus important. Mais un homme doit marcher sur deux jambes et les deux activités que sont la méditation de transmission et l’information destinée au public sont des tâches importantes. »
Le reste de ces informations sera publié dans le numéro de mars.
Notes de Benjamin Creme :
[1] Maitreya veut dire que la méditation de transmission, que n’importe qui peut faire, est plus facile pour la plupart des gens. Informer le public et les médias est plus difficile. Si vous pouvez faire les deux, bien sûr, c’est encore mieux. Par ailleurs, la méditation de transmission est un service à long terme alors qu’informer le public est la tâche immédiate à court terme.
[2] On peut faire une différence entre la méditation ordinaire et la méditation de transmission. Dans la méditation, quelle qu’elle soit, l’énergie invoquée est celle de l’âme de la personne. Le non-usage de cette énergie peut créer des difficultés – physiques, astrales ou mentales – à la suite d’une stase, d’une stagnation de l’énergie. Dans la méditation de transmission, ceci n’arrive pas, car les énergies viennent de sources cosmiques, solaires et extra planétaires, et sont transmises à travers les chakras par les Maîtres. La méditation de transmission est en elle-même une forme de service.
[3] La signification de ceci est que régler complètement les problèmes d’aujourd’hui et transformer la vie sur la Terre prendra au moins l’espace d’une vie. Il s’agit de changer la conscience humaine.
[4] A Course in Miracles est destiné aux aspirants qui approchent de la première initiation. Quatre-vingt-dix-sept pour cent des personnes engagées dans la méditation de transmission ont au moins atteint la première initiation et ne trouveraient pas cet enseignement très approprié.
[5] Maitreya ne veut pas dire que deux heures de transmission trois fois par semaine c’est trop. Il constate que pour beaucoup de personnes cela semble plutôt démoralisant.
Méditation. * Peinture de Benjamin Creme (1964 ). Ce tableau représente de manière symbolique, les chakras ( les centres ) de la tête, de la gorge et du coeur, en alignement durant la méditation.
Voir la photographie dans la version imprimée de la revue Partage International n° 185-186, de janvier-février 2004, page 43.
[Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que dans ces deux occasions le visiteur était un « familier » utilisé par Maitreya.]
Pays-Bas
Date des faits : 26 octobre 2003
Thématiques : signes et miracles, spiritualité
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)
