Fausses solutions contre la pollution de l’air

Partage international no 183novembre 2003

Des feux de forêts ? La solution est simple : en réduisant les forêts et en supprimant les sous-bois vous aurez moins d’incendies. C’est là la réponse du président des Etats-Unis lorsqu’il visita Cascade Mountains, dans l’Oregon, là où les feux de forêt ont fait rage récemment. Le même jour, le projet d’un amendement au Clean Air Act parvenait aux médias. Les protecteurs de l’environnement sont inquiets car ce projet exempterait les usines américaines des diverses réglementations en matière de protection de l’air. Selon Carl Pope, directeur du Sierra Club : « L’administration Bush accorde un laissez-passer aux pollueurs. L’été dernier, lorsque des millions d’Américains se sont retrouvés sous un ciel noir, nous avons compris ce qui se passe lorsque les entreprises ne se modernisent pas. Trente ans de progrès en matière d’environnement nous ont montré que la loi sur la protection de l’air fonctionne. Pourquoi l’administration Bush nous expose-t-elle à une pollution accrue en vidant la loi d’une bonne partie de sa substance ? »

Des voix critiques s’élèvent pour affirmer que l’Agence de la protection de l’environnement (EPA) a perdu son indépendance. Un rapport publié par Nikki L. Tinsley, inspecteur général à l’EPA, montre que l’agence a fourni des informations biaisées aux habitants de New York quant aux risques pour la santé provoqués par la pollution de l’air, suite à l’effondrement des tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Le rapport de M. Tinsley affirme que « lorsque, le 18 septembre, l’EPA a annoncé que l’air ne présentait aucun danger pour la santé, l’agence ne disposait pas de données et d’analyses suffisantes pour justifier une telle déclaration ». Le rapport montre aussi que la Maison Blanche, en invoquant la sécurité nationale, a donné des instructions à l’agence sur les informations à transmettre ou à cacher au public.

Les protecteurs de l’environnement affirment que d’autres incidents montrent comment la Maison Blanche a soit modifié, soit caché des informations scientifiques qui n’étaient pas conformes à sa politique. C’est ainsi que le rapport annuel de l’EPA ne parle plus du réchauffement planétaire. Selon les spécialistes de l’environnement, l’EPA a également refusé de mener ou de publier des analyses sur les législations relatives aux gaz à effet de serre ; celles-ci sont combattues par l’Administration alors que, selon un large consensus, ces gaz sont considérés comme étant à l’origine du réchauffement planétaire. Le Conseil pour la défense des ressources naturelles affirme que le projet d’amendement au Clean Air Act permettra aux industries à travers tout le pays de polluer davantage l’air ; ce qui d’évidence constitue un mauvais coup pour l’environnement.

Etats-Unis
Sources : The Guardian
Thématiques : environnement, politique, Économie
Rubrique : Regard sur le monde (Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.)