Partage international no 183 – novembre 2003
Alors qu’une grande partie du monde a connu une période de croissance au cours des années 1990, 54 pays en voie de développement se sont au contraire appauvris, la plupart situés en Afrique sub-saharienne. Pour renverser cette tendance, le Rapport 2003 de l’Onu sur le développement humain (RDH) préconise des stratégies pas uniquement tournées vers la croissance économique, mais visant également une répartition plus équitable de la richesse et des services. « La pauvreté n’est parfois qu’un problème politique, déclare Mark Malloch Brown, administrateur du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement). Ce rapport montre que, dans de nombreux pays, les ressources sont suffisantes pour mettre fin à la misère, mais qu’il y subsiste pourtant des secteurs d’ultime pauvreté, en raison d’une inquiétante discrimination dans la fourniture des services élémentaires. »
Dans sa Convention pour le développement, le RDH propose de nouvelles politiques destinées à relancer la croissance et à réduire la pauvreté. Selon lui, il est plus important pour le développement humain d’investir dans des branches créatrices d’emplois, comme l’industrie manufacturière et textile, que dans des secteurs nécessitant de gros apports de capitaux, tels que la recherche et l’exploitation pétrolière.
Le Rapport insiste donc sur la nécessité de soutenir les petites entreprises dans les pays émergeants. Il invite leurs gouvernements à orienter prioritairement leurs dépenses vers les services les plus nécessaires aux pauvres : les écoles primaires (et non les universités) ; les centres médico-sociaux (et non les hôpitaux des grandes villes utilisant des techniques de pointe).
« Les pays pauvres ne peuvent se permettre d’attendre de devenir riches pour investir sur leurs populations, explique Jeffrey Sachs, consultant du Secrétariat général de l’Onu pour le développement. Au contraire, il faut des centres médico-sociaux, des écoles, des routes, de l’eau potable et des installations sanitaires, afin de générer de la croissance économique. Satisfaire les besoins essentiels de la population ne sert pas seulement à réduire ses souffrances. C’est également la pierre angulaire d’une stratégie globale de croissance économique. »
Le RDH 2003 souligne que, dans de nombreux pays, les femmes, les populations rurales pauvres et les minorités ethniques
ne bénéficient pas équitablement de l’augmentation des dépenses sociales, et subissent une discrimination récurrente dans les domaines de l’accès à l’éducation, aux soins médicaux, à l’eau potable et aux installations sanitaires. Dans la majorité des pays en voie de développement disposant de statistiques fiables, la réduction de la mortalité infantile est beaucoup moins sensible à la campagne qu’à la ville. Et il est frappant qu’au Cambodge, par exemple – où 85 % des habitants vivent à la campagne – 87 % des professionnels de la santé travaillent en zone urbaine.
La Convention pour le développement part du principe que la seule croissance ne parviendrait pas à réduire la misère dont souffrent plus d’un milliard de personnes. Il convient surtout de s’attaquer à des fléaux tels que la malnutrition et l’illettrisme, qui sont à la fois causes et symptômes de la misère.
Les statistiques devraient couvrir de honte la communauté internationale : au cours des dix dernières années, plus de 13 millions d’enfants sont morts de diarrhées chroniques. Tous les ans, plus de cinq cent mille femmes, une toutes les minutes, meurent en cours de grossesse ou d’accouchement. Et plus de 800 millions de personnes souffrent de malnutrition.
Les remèdes de la plupart de ces fléaux sont pourtant connus : des moustiquaires pour lutter efficacement contre la malaria, des sages-femmes pour aider les femmes à accoucher, et des programmes de sensibilisation à l’hygiène pour préserver les réserves d’eau potable. Aucune de ces solutions ne nécessite le recours à des technologies de pointe. Et pourtant, combinées, elles suffiraient à sauver des millions de vies.
Afrique du Sud
Sources : Pnud
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
