L’amour en action

Partage international no 163mars 2002

Interview de Peter Kingsley-Ducane par Gill Fry

Peter Kingsley-Ducane dirige l’Aide médicale internationale aux enfants (International Children’s Medical Aid). Depuis 1991, cette organisation a acheminé 80 convois (nourriture, médicaments, vêtements) aux nécessiteux d’Europe de l’Est et de Tchernobyl.
Cette oeuvre caritative apporte une aide médicale permanente à 412 orphelins. Elle a sponsorisé des opérations en faveur de nombreux orphelins handicapés, fourni de la nourriture et des vêtements à des milliers de réfugiés après le conflit des Balkans. Elle a remis à neuf des orphelinats, fourni des membres artificiels aux victimes de tremblements de terre en Inde, et elle a parrainé des enfants au Vietnam, en Inde et en Russie.
Bien qu’il soit atteint de leucémie depuis 1997, Peter Kingsley-Ducane consacre sa vie à cette oeuvre qu’il considère comme de « l’amour en action ».

Partage international : Comment votre travail a-t-il débuté ?
Peter Kingsley-Ducane : Il a débuté en 1991, alors que j’étais jeune officier du service ambulancier de Londres. Un vendredi, je me trouvais devant le rayon d’aliments pour bébé d’un supermarché, alors que la télévision diffusait un reportage sur la guerre en Croatie et en Bosnie. On y voyait des enfants mourant de faim. « Personne ne fait rien, me suis-je dit, les politiciens parlent, mais personne ne fait rien. » C’est alors que j’entendis une voix me dire dans l’oreille gauche : « Achète trois petits pots pour bébé. » C’est ainsi que, suivant cette injonction, j’achetai trois petits pots pour bébé.
Peu auparavant, j’avais sollicité une promotion. Le lendemain, j’étais promu intendant en chef. En quelques jours, j’étais passé d’un poste mineur à un poste à responsabilités dans le service, ce qui m’apporta une certaine flexibilité pour la suite. Je posai les petits pots sur mon bureau et mes hommes demandèrent à quoi ils pouvaient bien servir. Je répondis qu’ils étaient destinés aux enfants de Croatie, et ils se mirent à rire, disant : « Comment vas-tu les faire parvenir là-bas ? » Je répondis : « Je n’en ai pas la moindre idée. » Ils se mirent alors à apporter de la nourriture et tout ce dont un enfant peut avoir besoin. Il y eut bientôt deux tonnes stockées au siège des ambulanciers de Londres. Trois mois plus tard, il y en avait 20 tonnes.
Puis, j’entendis une autre voix me dire : « Lance un appel à la télévision. » Je lançai un appel dans l’émission Good Morning Television et la réaction fut énorme : plus de cinq millions et demi de paquets de nourriture et de vêtements arrivèrent de partout. Je ne savais plus où les mettre, si bien que les bureaux se transformèrent en immense dépôt : chaque bureau était rempli de cartons, il y en avait sur les meubles et sous les tables, et les garages en étaient remplis.
Je m’adressai alors à mon directeur, lui disant : « Bien que 15 sociétés caritatives m’aident à distribuer ces dons, ils arrivent plus vite qu’ils ne sont emmenés. Pouvez-vous m’aider à m’en occuper moi-même ? Pouvez-vous me prêter une vieille ambulance ? » Il fut d’accord. L’ambulance qu’il mit à ma disposition n’avait pas servi depuis plusieurs années et était recouverte de déjections d’oiseaux. Lorsque je déclarai au mécanicien en chef que je comptais m’en servir pour aller en Croatie et en Bosnie, il répliqua : «Vous ne ferez pas plus d’un kilomètre avant de tomber en passe. » Le véhicule fut chargé de quatre tonnes de marchandises, et je fis quatre voyages en Croatie sans le moindre problème. Ensuite, le directeur me prêta deux autres ambulances et nous avons pu acheminer les secours au moyen de ces trois véhicules.

PI. Combien de camions utilisez-vous lors d’un convoi ?
PK-D. Généralement trois ou quatre, selon nos finances. Nous devons disposer de fonds pour acheminer les secours à destination (frais de transport, douane, ferry-boat, etc.), et d’argent pour payer les médicaments : toute une structure doit être mise en place.

PI. Cela demande-t-il une grande organisation ?
PK-D. Durant ma vie, j’ai toujours enfreint la plupart des règles bureaucratiques et administratives qui sont souvent contre productives. Je n’aime pas les comités généralement constitués d’individus imbus de leur ego, où l’objectif initial est négligé, et où rien n’est fait pour ceux qui ont besoin d’aide.
Nous simplifions les choses. Nous avons deux personnes à plein temps et d’autres qui viennent aider quand elles le peuvent, mais tous sont bénévoles. Entre 10 et 20 personnes accompagnent chaque convoi.

PI. Qui aidez-vous à Tchernobyl ?
PK-D. Tchernobyl est toujours un site radioactif où les enfants naissent difformes, avec des cancers de la peau, de la thyroïde et de l’intestin. Ce problème tragique est largement oublié et les gouvernements n’ont pratiquement rien fait. Nous avons fourni 4,5 millions de comprimés et organisé pour les enfants des vacances sur la côte balte, afin de les éloigner de la pollution. La plus grande contribution pour Tchernobyl est venue des femmes irlandaises qui ont formé un groupe. Elles ont donné à elles seules plus que l’Angleterre, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis réunis. Cela montre ce que l’on peut faire lorsqu’on s’en donne la peine.

PI. Vous courez vous-même un risque lorsque vous allez à Tchernobyl. Avez-vous parfois été en danger lors de vos déplacements ?
PK-D. Pendant la guerre en Croatie et en Bosnie, nous avons entendu parler d’un hôpital situé entre les deux armées en conflit et nous avons décidé de lui venir en aide. Sur la ligne des Nations unies, des soldats jordaniens nous ont dit : « Vous ne pouvez pas passer, il y a une large bande de no-man’s land minée, et il y a des bandits et des déserteurs qui vous voleront. »
Nous avons insisté et les soldats ont claqué les talons en criant : « Allah Akhbar » (Dieu est grand), tandis que nous traversions la ligne. Nous avons roulé durant des kilomètres par une belle journée ensoleillée en traversant des villages incendiés et en passant devant des églises dont les statues avaient été défigurées. Il n’y avait pas âme qui vive, à part un chat errant, et aucun panneau de signalisation. Nous avions traversé 20 ou 30 villages incendiés lorsque j’ai déclaré : « Arrêtons-nous dans le prochain village pour nous faire une tasse de thé. » Pendant que nous buvions notre thé, mon collègue me dit : « Quelqu’un nous observe derrière le pilier de ce bâtiment. » J’ai juste eu le temps d’apercevoir le haut d’une coiffe d’infirmière et un regard furtif. Je mis alors le bonnet de Mickey Mouse que j’arbore pour faire rire les enfants et m’avançai vers elle. Elle avait l’air terrifiée. Je dis : « Inglese, ludo Inglese » (Anglais fou). Elle rit et appela, et tous arrivèrent en courant. Sans le savoir, nous nous étions arrêtés à proximité de l’hôpital.

PI. Pouvez-vous décrire l’état des orphelins que vous visitez ?
PK-D. Nous avons entendu parler d’un orphelinat, à Gornja Bistra, en Roumanie, qui était dans un dénuement complet. Le premier voyage nous a demandé environ 18 mois de préparation, 15 000 £ de médicaments et un voyage de cinq jours et demi, non-stop, à travers huit pays avant d’arriver à destination. L’orphelinat faisait penser aux récits de Dickens, avec ses murs sales et lépreux, occupé par 160 enfants dont dix seulement n’étaient pas séropositifs. Il n’y avait ni nourriture ni médicaments, et 400 enfants erraient dans les rues alentours.
Pro-7, une société allemande de télévision nous a filmé dans cet orphelinat, et ce documentaire a été diffusé dans toute l’Europe. Nous avons récolté suffisamment d’argent pour refaire la toiture et ajouter une laverie, et nous avons acheté pour 100 000 £ de médicaments. Les murs ont été repeints et décorés, et les enfants ont reçu des jouets pour la première fois. Chaque penny a été dépensé pour les enfants : plus de 750 000 £.

PI. Les médias n’accordent plus autant d’intérêt à ces questions.
PK-D. Cela ne figure pas dans les médias. Les politiciens se sont efforcés d’en tirer tout le parti possible, puis ils sont passés à un autre sujet, plus médiatique.
Il existe à Tchernobyl des milliers d’enfants et d’adultes terriblement démunis. En Bosnie, en Croatie, au Kosovo, en Roumanie, en Bulgarie, c’est incroyable. Quatre-vingt mille réfugiés se trouvent encore près de Zagreb, la capitale de la Croatie, et beaucoup d’entre eux vivent dans des poulaillers ou des porcheries. Nul ne peut décrire ce que cela représente que de pénétrer dans un poulailler et d’y trouver huit personnes vivant là par une température de 20 degrés au-dessous de zéro, des femmes qui accouchent, qui essaient de nourrir leurs enfants, qui les voient mourir sans aucun remède. Ils ne disposent même pas de l’antalgique le plus ordinaire. Dans ce pays (Grande-Bretagne), si votre enfant est malade, vous pouvez l’emmener chez le médecin qui le soigne. Pouvez-vous imaginer la situation dans laquelle vous seriez si votre enfant était malade et que vous ne pouviez l’emmener chez un docteur parce que vous ne pouvez pas payer.

PI. La Croix rouge ou toute autre organisation caritative apporte-t-elle une aide dans les camps ?
PK-D. Non. Pendant la guerre, il y avait des milliers d’associations caritatives qui se rendaient en Croatie et en Bosnie. Maintenant, elles ne sont plus que trois. Au cours des dix dernières années, je n’ai jamais vu aucun des grands organismes humanitaires dans les camps en train d’apporter de l’aide ou de distribuer des secours.

PI. La nourriture distribuée pour ces femmes et ces enfants vient-elle surtout de vous ?
PK-D. Oui, la dernière fois que nous y étions, les femmes de là-bas nous disaient que nous étions la seule organisation d’aide qu’elles voyaient depuis notre dernière visite.

PI. Comment est la vie dans un camp de réfugiés ? Les femmes organisent-elles une forme de scolarité pour leurs enfants ?
PK-D. Elles essaient souvent d’aménager un local scolaire. Mais le problème est le manque de matériel. Nous leur avons apporté des milliers de cahiers et toutes sortes de matériel éducatif. La plupart des gens se font une idée fausse sur les réfugiés. Ils pensent que ce sont des paysans, mais on trouve dans les camps de réfugiés toutes sortes de gens instruits, au standing de vie équivalent à celui des classes moyennes et aisées, et même plus. J’ai rencontré des médecins et un homme qui possédait une chaîne de télévision et deux stations de radio. Il a essayé de faire fonctionner ses stations, mais les autorités serbes ont confisqué son matériel au point qu’il a été obligé de les fermer.
La plupart des gens croient que les réfugiés ont des emplois subalternes, mais ce n’est pas le cas. Ce sont souvent des gens très instruits : beaucoup parlent plusieurs langues et sont très qualifiés.

PI. Travaillez-vous avec d’autres groupes ?
PK-D. En Croatie, nous travaillons très étroitement avec des églises et avec le groupe Saï Baba, ainsi qu’avec de nombreux autres groupes, y compris les « groupes Maitreya ». Les habitants d’Europe de l’Est ont faim de nourriture spirituelle. Il est tout aussi important de nourrir l’âme, tout comme les cargaisons d’aliments nourrissent le corps. Nous nous efforçons de remédier aux deux, selon la demande.
Une chose merveilleuse, qui m’a stupéfié la première fois que je suis allé dans les pays de l’Est, c’est que même les plus pauvres parlent plusieurs langues. J’ai souvent assisté à des réunions où une personne lisait des textes au sujet de Maitreya à 20 ou 30 personnes. Et ils dupliquent et redupliquent eux-mêmes les cassettes vidéo. Nous leur avons apporté 7 500 cassettes et des milliers d’exemplaires du journal trimestriel Emergence Quaterly (l’Emergence), ainsi que les livres de Benjamin Creme.

PI. Cela leur donne-t-il l’espoir d’un avenir meilleur ?
PK-D. Oui. Ce monde deviendra meilleur, plus juste, lorsque les vastes ressources mondiales seront plus équitablement partagées. Il ne s’agit pas seulement de nourrir le corps, mais aussi de nourriture spirituelle, ce dont ils ont terriblement besoin. Je reste surpris de voir combien les gens sont spirituels, en dépit de leur situation dramatique.

PI. Où puisez-vous la force d’accomplir ce travail ?
PK-D. Nous avons acheminé 80 convois d’aide. A mon retour du premier, j’ai beaucoup pleuré et je me suis dit : « Plus jamais ça, émotionnellement, je ne le supporterai plus. » Puis, j’ai repensé aux enfants, là-bas, qui me suppliaient : « Peter le fou, reviens nous voir. » Et j’ai été obligé d’y retourner.
Où je puise la force ? Un pouvoir plus grand me donne la force. Ce qui ne veut pas dire que je ne doive pas travailler pour que les choses se fassent. Je travaille deux fois plus, et je suis continuellement exténué, mais si je persévère, je découvre que les choses se font de telle manière que tout se passe bien. Cela s’est produit à d’innombrables reprises au cours des années. Des portes s’ouvrent là où normalement elles ne devraient pas s’ouvrir. J’appelle cela l’amour en action. Je pense que si l’on fait quelque chose sans penser à soi, tout se passe bien.
Je suis un homme ordinaire avec beaucoup de défauts. C’est un pouvoir plus grand qui me pousse à faire les choses, et cela dès le début. J’ai acheté trois petits pots d’aliments pour bébé sans avoir la moindre idée de la façon de les faire parvenir en Croatie et en Bosnie. En fait, je ne savais même pas où se trouvaient la Croatie et la Bosnie. Je ne suis pas instruit. Je suis un vieux campagnard, mais des milliers de tonnes de secours en tout genre sont arrivés à destination.

PI. Vous sentez-vous soutenu ou guidé d’une façon quelconque ?
PK-D. Je sais qu’il existe des êtres qui nous guident, non seulement Saï Baba, mais de nombreux autres anges gardiens, ou quel que soit le nom que vous leur donnez. Dès qu’on atteint un certain niveau, ils deviennent tous un. Peu importe que vous les appeliez Jésus, Allah, Mahomet, Saï Baba ou autre, tous sont les gardiens de la lumière, œuvrant pour les progrès de l’humanité, guidant l’homme hors des profondes ténèbres afin de devenir différent, pour élever sa conscience, et je sais que sans cette aide, rien de tout cela ne se produirait.

Une vision de Saï Baba

L’un de nos correspondants, sur place, en Croatie, a insisté pour que je visite un centre psychiatrique. Il y avait là 129 personnes, entassées dans une immense salle, sans espace entre les lits et dénuée de tout équipement. Au fond de la pièce, je vis un homme à la chevelure blanche tombant sur ses épaules et vêtu d’une longue tunique blanche. Il était crasseux et gesticulait violemment avec une main, criant très fort. Il se mit à courir vers moi en hurlant comme un fou. Arrivé à environ 1 m 50 de moi, son expression changea totalement. Son visage devint calme, doux, plutôt distingué, après que toute sa rage et sa haine aient disparu. Il me regarda puis me baisa les pieds. Je restai abasourdi et envahi de pitié, dégoûté aussi à cause de l’odeur. Je me baissais pour le relever en disant : « Allons, relevez-vous. » Et tandis que je le soulevais, ses cheveux effleurèrent mon visage, changèrent de couleur et devinrent noirs et crépus. Il tourna alors la tête et je me trouvais devant Saï Baba. J’en fus tellement bouleversé que je dus sortir dans l’obscurité de la cour pour reprendre mes esprits. Retournant dans le bâtiment, je demandai où était passé cet homme, mais personne ne put le retrouver.
Lors d’un des mes premiers voyages, le véhicule que je conduisais était sorti de la route, à cause du mauvais temps, et tombé dans un fossé. Je restais assis à me demander comment sortir le camion du fossé. Possédions-nous une corde ? C’est alors qu’une voiture arriva avec à son volant un Arabe coiffé d’un beau turban. Il sortit du véhicule et dit dans un anglais parfait : « Vous avez un problème ? » Je lui exposais la situation et il déclara : « Ne vous inquiétez pas. » Une deuxième voiture apparut alors. Quatre hommes en descendirent, soulevèrent le camion et le remirent sur la chaussée, remontèrent dans leur véhicule et démarrèrent. Tout se passa très rapidement. Je me retournais pour parler à l’Arabe, mais ne pus que le voir repartir sans un mot !
Lors d’un de mes voyages en Bosnie et en Croatie, j’ai rencontré une jeune étudiante et son ami paralysé, en fauteuil roulant, qui ne pouvait aller nulle part parce qu’il ne pouvait pas contrôler sa vessie. Il me demanda de l’aider. Pendant longtemps, je quémandai dans les hôpitaux. Tout ce dont ils ne voulaient pas, ils me le donnaient. J’ai fait cela pendant deux ans, mais jamais auparavant, je n’avais été mis devant une telle situation. Ce que ce jeune homme désirait se résumait à un sac avec cathéter, un tube et un étui. Deux jours après mon retour, un carton contenant 200 sacs arriva, et quelques jours plus tard, un autre avec 200 tubes. Le vendredi, je reçus un appel téléphonique d’une religieuse d’un hôpital de l’Est de Londres qui me dit : « J’ai quelques bandages pour vous, ainsi que plusieurs sacs avec cathéter, mais je n’ai plus les accessoires qui vont avec, alors je pense que vous ne les voulez pas ? » Je répondis : « Bien au contraire. Je vous rejoins dans moins d’une demi-heure. » Il y en avait 200, si bien que j’étais en possession de tout le matériel dont le jeune homme avait besoin, et il a pu de nouveau sortir.

PI. Aviez-vous la moindre idée de ce qui vous attendait en vous lançant dans ce travail ?
PK-D. Il s’est développé au-delà de mes espoirs les plus fous. Je n’aurais jamais imaginé que ces trois pots de nourriture pour bébé allaient déboucher sur une telle entreprise. C’est un miracle. Quand je pense à tout ce qui s’est passé ces dernières années, cela dépasse l’entendement. Ce n’est pas moi qui fait tout cela. Ce qui a été accompli l’a été par des milliers de personnes ordinaires, extraordinaires, qui ont simplement fait ce qu’ils pouvaient pour aider.

Pour toute information, contacter : Peter Kingsley-Ducane, International Children’s Medical Aid, Peace House, 51 Star Lane, St Mary Cray, Orpington, Kent, BR5 3LQ, UK. Tél : 020-8302 0309.

Auteur : Gill Fry, collaboratrice de Share International basée à Londres (G.-B.).
Thématiques : Société, spiritualité
Rubrique : Entretien ()