Partage international no 163 – mars 2002
Cher Monsieur,
Le soir du 10 décembre 2001, je revenais en métro de la méditation de transmission, plongé comme d’habitude dans un livre, pour m’occuper pendant le voyage, et aussi afin d’écarter les passagers importuns que l’on rencontre fréquemment à cette heure tardive.
A la station Ladbroke Grove, un homme assez âgé, de forte corpulence, portant des vêtements élimés, s’engouffra dans le wagon, tenant à la main un grand pot de fleurs en plastique blanc et un sac de plastique jaune vif de Selfridges, apparemment bourré de vêtements. Il se laissa tomber sur le siège situé en face de moi, respirant fort, les yeux écarquillés, et il s’installa confortablement, les jambes étirées devant lui. « Oh non ! », pensai je, puis de manière inattendue : « C’est Maitreya. » Je n’en étais pas sûr cependant et je me réfugiai dans mon livre tout en l’observant du coin de l’œil.
Il avait un visage rond, respirant la santé, des yeux brillants, des cheveux courts grisonnants et une barbe clairsemée, peut-être parce qu’il ne s’était pas rasé depuis plusieurs jours. Ses vêtements étaient usés jusqu’à la corde, mais parfaitement propres : plusieurs pull-overs fins étirés sur un ventre arrondi, une veste de tweed déboutonnée, un pantalon froissé gris foncé, des chaussettes turquoise et des mocassins de daim brun clair immaculés.
Il sortit un petit pot de fleur de plastique noir du grand pot blanc et commença à essuyer les traces de terre et de mousse avec le plus grand soin avant de le remettre délicatement en place. Un téléphone mobile se mit à sonner non loin de nous et il se pencha en avant en faisant des signes emphatiques de la main à sa propriétaire qui lui tournait le dos.
Soudain, il plongea le bras dans le sac de Selfridges, y farfouilla et en sortit un chapeau de Père Noël de forme allongée, d’un rouge éclatant, avec un pompon blanc à l’extrémité. D’une manière toute professionnelle, il le mit solennellement sur sa tête, l’ajusta soigneusement sur son front, et il s’assit à nouveau, les bras croisés sur le ventre, les yeux grand ouverts, comme un gros lutin aux vêtements râpés. Nous échangeâmes un regard et je lui souris, regrettant d’avoir été si vite sur mes gardes. Il me regarda droit dans les yeux , mais sans la moindre trace de sourire, comme si tout ce qu’il venait de faire était la chose la plus normale, la plus sérieuse et la plus naturelle du monde.
Il sortit de quelque part un mouchoir Paisley froissé et, se penchant vers moi, il le secoua à bout de bras comme pour en effacer les plis de manière spectaculaire. Puis il le posa sur son visage, se moucha avec un long bruit de trompette, et mit le mouchoir dans sa poche, en dardant sur moi le même regard brillant et sérieux.
Je remarquai que ses affaires, pots de fleurs, sac de Selfridges, mouchoir Paisley, même ses chaussettes, ressemblaient aux miennes, et que, en dépit de toute cette agitation, deux autres passagers, assis non loin de nous, n’avaient même pas levé les yeux et continuaient à lire nullement conscients, semblait-il, de ce qui se passait.
Je souriais maintenant jusqu’aux oreilles et je me sentais réconforté. Le train arriva à la station où je devais descendre et je me levai. J’étais remué et les larmes me montaient aux yeux. J’éprouvai un sentiment non pas de tristesse ni réellement de joie, mais plutôt d’apaisement.
Cet homme me semblait familier et je réalisai soudain combien il ressemblait au sans logis que j’avais rencontré quelques années auparavant près de Hayward Gallery, et qui s’était avéré être Maitreya. Cela aurait pu être la même personne tant la similitude entre eux était grande.
En descendant, je me retournai dans l’intention de lui sourire, de lui faire un signe de la main et de lui souhaiter un joyeux Noël, mais il regardait au loin par la fenêtre, avec la même expression prosaïque sous son chapeau de Père Noël. Votre Maître pourrait-il dire s’il s’agissait de Maitreya ?
J. G., Londres, Grande-Bretagne
[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que c'était en effet Maitreya. Il a pris la même apparence qu'à Hayward Gallery et il était invisible aux autres passagers.]
Lieu : Londres, Royaume Uni
Date des faits : 10 décembre 2001
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)
