Le Dalaï Lama au Parlement européen

Partage international no 161février 2002

Dans son discours au Parlement européen du 24 octobre 2001, sa sainteté le Dalaï Lama a affirmé la nécessité d’un changement radical des cœurs et des esprits : « Il est évident que la communauté humaine a atteint un point critique de son histoire. Le monde d’aujourd’hui requiert de nous que nous acceptions l’unité de l’humanité. Dans le passé, les communautés pouvaient se permettre de se penser uniques, comme fondamentalement différentes. Mais aujourd’hui, comme nous l’ont enseigné les événements tragiques aux Etats-Unis, dès qu’il se passe quelque chose dans une région du monde, de nombreuses autres zones sont affectées. Le monde devient de plus en plus interdépendant. Dans ce contexte l’intérêt de chacun repose sur la considération de celui des autres. Sans culture ni promotion d’un sens des responsabilités universelles, notre avenir même est en danger. »

Le sens des responsabilités universelles

« Je crois fermement que nous devons développer consciemment notre sens des responsabilités universelles. Nous devons apprendre a ne plus travailler seulement pour nous-mêmes, notre famille ou notre nation, mais au bénéfice de tous. Le sens des responsabilités universelles constitue le meilleur fondement de notre joie personnelle et de la paix du monde, de l’utilisation équitable des ressources naturelles et, à destination des générations futures, d’un véritable respect de l’environnement. »

Sa sainteté le Dalaï Lama a continué en expliquant que nous avions tendance à oublier qu’en dépit des différences culturelles, tous les êtres humains sont égaux dans leur désir de paix et de joie. Mais, a-t-il poursuivi, nous ne faisons que discuter de la tolérance et de l’acceptation de la diversité, et c’est précisément notre incapacité à donner corps à la pluralité et à la diversité qui est la « source majeure des conflits entre les gens. » Il existe une réelle nécessité d’ouverture d’esprit et de respect de la culture et de la foi des autres.

A la lumière des événements tragiques aux Etats-Unis, le guide spirituel tibétain en exil a évoqué la nécessité de faire évoluer les mentalités anciennes, voire primitives, insistant sur la nécessité de régler les guerres et les conflits, où vainqueurs et vaincus sont tous les deux perdants. Pour y parvenir, les pays doivent dialoguer, c’est essentiel. « Le dialogue est le seul chemin sensé et intelligent pour abattre les différences et les divergences d’intérêts, que ce soit entre individus ou entre nations. Pour le futur de l’homme, la promotion d’une culture du dialogue et de la non-violence est un des devoirs incontournables de la communauté internationale. » Il est également vital que nous apprenions à reconnaître les situations potentiellement conflictuelles et à agir à temps pour éviter les conflits, avant que différences et injustices ne dégénèrent en violence.

L’approche par la voie du milieu ou la proposition de Strasbourg

« Je demeure convaincu que la plupart des conflits peuvent se résoudre par un véritable dialogue conduit dans un esprit d’ouverture et de réconciliation. » Sa sainteté le Dalaï Lama a continué en expliquant que cela avait toujours marqué son approche du problème sino-tibétain – il exposa un aperçu de ses propositions à la Chine – qui est reconnue sous le titre de « l’approche par la voie du milieu » ou la « proposition de Strasbourg ». Cette solution accorderait au peuple tibétain une véritable autonomie, au sein de la République populaire de Chine.

Sa sainteté le Dalaï Lama fit appel à la communauté internationale pour lancer « des efforts internationaux concertés et consistants, afin de persuader Pékin de changer sa politique au Tibet ».

Il a conclu que, pour sa part, il restait engagé dans le processus de dialogue.


Date des faits : 24 octobre 2001
Sources : Campagne internationale pour le Tibet
Thématiques : politique
Rubrique : Divers ()