Partage international no 161 – février 2002
Le chancelier de l’échiquier britannique, Gordon Brown a, devant les Communes, apporté son soutien au plan mis en place par les Nations unies, afin de doubler l’aide aux pays en développement. « La tragédie du 11 septembre a fait naître un nouveau sens des obligations que nous avons les uns envers les autres, et nous a fait prendre conscience de la nécessité d’instaurer une nouvelle donne entre les pays développés et les plus pauvres. » Une nouvelle donne inspirée du plan Marshall qui avait permis le redémarrage de l’Europe dévastée par la Seconde Guerre mondiale.
Ce plan a été élaboré sur la base d’un rapport remis l’an dernier à l’ONU par l’ancien président mexicain, E. Zedillo. Ce dernier, après avoir défini des objectifs précis pour combattre la pauvreté dans le monde et faire décoller économiquement les pays en développement, estime que pour les atteindre d’ici 2015, il suffirait de doubler l’aide actuelle de la communauté internationale, c’est-à-dire de l’augmenter de 50 milliards de dollars par an. Cela permettrait de diviser par deux la pauvreté sur la planète en 15 ans, de réduire des deux-tiers la mortalité infantile et d’assurer une scolarité de base à l’ensemble des enfants du monde.
G. Brown a appuyé, pour ce faire, la proposition de l’ONU de créer un fond spécial alimenté par un emprunt international, et s’est rendu aux Etats-Unis afin d’obtenir leur soutien : « Nous devons nous inspirer du plan Marshall qu’a lancé votre pays après la guerre pour guider notre action dans le monde de l’après-Guerre froide ; et pas seulement pour la reconstruction de l’Afghanistan, mais pour l’ensemble des pays en développement. Car cinquante ans après, si nous avons pris conscience de notre interdépendance, nous savons aussi que le fossé qui existe entre ce que la technologie nous permettrait de faire pour abolir la pauvreté, et la réalité, est immense : 110 millions d’enfants non scolarisés, 7 millions qui meurent par an de morts que l’on pourrait éviter, et un milliard de nos concitoyens dans la misère. »
Mais, a-t-il précisé, quel que soit l’accueil qui sera réservé à sa proposition, le gouvernement britannique est déterminé à être le fer de lance dans la lutte contre la pauvreté, en commençant par augmenter le pourcentage du revenu national que son pays consacre annuellement à l’aide aux pays pauvres. En retour, il attend des gouvernements de ceux-ci qu’ils poursuivent des politiques de stabilité, luttent contre la corruption et encouragent les investissements en s’ouvrant au commerce international.
Sources : BBC News
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
