Voici la version éditée d’une conférence donnée par Benjamin Creme sur « le problème du mirage » lors de la rencontre des groupes de transmission, à San Francisco, aux Etats-Unis, en juillet 1999. Elle inclut des passages extraits de la conférence donnée sur le même sujet par Benjamin Creme à Shiga, au Japon, en mai 1999.
Le Mirage
par le Maître -, à travers Benjamin CremeDe tous les problèmes auxquels l’humanité est confrontée, il n’en est point de plus grand que celui du mirage. Il est à la base de toutes les difficultés et de tous les dangers qu’affrontent les hommes, et maintient en esclavage la grande majorité d’entre eux. Il est à l’origine de tout clivage et de toute division, à la source de toute forme de douleur et de souffrance. Il puise ses racines dans le passé lointain de l’humanité, et exerce sa domination sur tous, à de rares exceptions près.
En essence, le mirage trouve son origine dans le dispositif qui donne à l’homme sa sensualité et sa sensibilité, le corps astral ou émotionnel, et dans la propension humaine à s’identifier à son activité. Par une identification erronée avec ses sentiments et ses émotions, l’homme s’est entouré d’un épais brouillard d’illusion et d’irréalité, dans lequel il s’est perdu. C’est ce qui constitue le mirage au sein duquel la majorité des gens passent leur existence entière. Le mirage est l’illusion sur le plan des émotions ; il représente le principal obstacle sur la voie du progrès, pour les individus comme pour l’espèce humaine dans son ensemble. Il met une multitude d’erreurs de jugement sur le chemin de celui qui n’y prend garde, et son emprise s’exerce tout autant, si ce n’est davantage, sur le plus noble idéaliste que sur le cynique le plus endurci.
L’hérésie de la séparation
Pour s’attaquer au mirage, l’humanité doit reconnaître son fonctionnement, par lequel se crée et se perpétue l’hérésie fondamentale qui consiste à nous croire séparés. Tout ce qui tend à renforcer le sentiment de séparation résulte de l’action du mirage, tout ce qui contribue à l’affaiblir œuvre à sa destruction. Le mirage réside dans la notion que les désirs de l’homme sont réels, qu’ils ont une validité et une finalité intrinsèques, alors qu’en vérité ils sont la cause de tous ses tourments : ni plus réels, ni moins éphémères que l’apparence de l’eau à l’horizon du désert.
Le désir de succès de l’aspirant bien intentionné trouble et ternit les actions qu’il entreprend ; quant à l’idéaliste, il considère son idéal comme le seul possible pour toute personne sensée. Trop souvent, on voit l’absurdité de l’orgueil national entraîner des pays dans une aventure contraire aux intérêts de leurs propres peuples. Tels sont les effets du mirage, avec le désir de puissance et l’ambition qui le caractérisent. La lumière de la science a libéré le monde de certains mirages, mais en a créé d’autres à leur place : celui de la possession asservit la moitié de la planète, tandis que l’autre moitié connaît la faim et meurt dans la misère.
La lumière de l’âme
Avec le temps, l’humanité dépassera l’étape actuelle, et développera une perception plus juste de la réalité. Les innombrables mirages auxquels elle est aujourd’hui confrontée finiront par se dissoudre dans la lumière de l’âme humaine, qui sera invoquée et entrera en manifestation au cours du nouvel âge. Mais l’époque actuelle voit de nouvelles formes d’énergie influer sur la vie des hommes, ce qui crée une situation de perplexité et de confusion. La tension accrue de cette période nourrit des mirages de peur et de destruction, engendrant toutes sortes d’explosions de violence.
Que peut-on faire pour libérer l’humanité d’une servitude si ancienne, inhérente en partie à la nature de la substance elle-même ? Comment l’homme peut-il se dégager de cette fausse identification et de la tyrannie des formes-pensées qu’il a lui-même créées ?
La réponse tient au déplacement de son centre d’attention du moi vers le groupe, et à une plus grande identification avec son âme, en relation avec toutes les âmes. La lumière de l’âme, agissant par l’intermédiaire du mental, est la grande dissipatrice du mirage, et le Bouddha a enseigné qu’il était possible de vaincre le désir en pratiquant la noble voie du milieu entre les paires d’opposés. Dans la lumière de l’âme, l’unité essentielle devient perceptible, les vagues astrales refluent, et l’aspirant parvient à la porte de l’initiation.
[Share International, avril 1984]
Le problème du mirage, c’est que, lorsque nous y sommes plongés, nous ne le percevons pas. Nous n’avons aucune conscience de la nature illusoire de nos actes. C’est l’éternelle difficulté en ce qui concerne le mirage : il vous faut être en dehors, au-dessus de lui, pour le voir. Lorsque vous y êtes plongés, vous voyez simplement vos réactions émotionnelles, mais vous ne les reconnaissez pas pour ce qu’elles sont, pas plus que vous ne percevez leur caractère destructeur.
Je vais d’abord vous lire l’article de mon Maître sur le mirage, puis reprendre une conférence que j’ai donnée en mai 1999 lors d’une rencontre de groupes au Japon. En y ajoutant les questions et les réponses qui s’y rattachent, je pense que cela donnera un aperçu de certains mirages. Pour certains d’entre vous, tout ceci paraîtra simple et parfaitement clair, mais pour d’autres cela sera peut-être un peu moins évident.
Après dix-sept ans de rencontres de groupes et vingt ans de tournées de conférences aux Etats-Unis, il est encore nécessaire de parler des mirages les plus ordinaires, les plus simples, les plus évidents. On pourrait s’attendre à ce que les gens les reconnaissent d’eux-mêmes, mais ce n’est manifestement pas le cas. C’est la raison pour laquelle il me paraît utile d’aborder une fois de plus ce problème difficile à résoudre, mais lourd de conséquences en ce qui concerne l’évolution humaine.
Certains groupes répondent davantage et mieux au contact de leur âme et sont, par conséquent, d’un point de vue ésotérique, occulte, plus utiles à long terme pour le travail de la Hiérarchie. D’autres agissent davantage à partir du niveau de la personnalité. Bien qu’ils puissent se contenter de ce niveau et faire un travail efficace, du point de vue des Maîtres un groupe comme le nôtre a mieux à faire.
L’impatience, un mirage particulièrement important
Une vague d’énergies puissantes chasse les impuretés en chacun de nous. Ce processus fait apparaître au grand jour tous les mirages cachés. C’est la raison pour laquelle on assiste, au sein de nombreux groupes travaillant pour la Réapparition, à une véritable éruption de mirages : certains se mettent à vénérer quelqu’un qui n’a pas encore passé la première initiation et qu’ils supposent être Maitreya ou l’un de ses proches ; les poèmes d’un vagabond sont collectés et publiés comme s’il s’agissait de l’œuvre de Maitreya ; le bavardage et la division deviennent plus destructeurs que jamais ; une vingtaine de personnes se rendent en voiture dans le désert bien qu’on leur ait affirmé qu’elles n’y rencontreraient personne et ne feraient aucune expérience particulière. Elles n’ont effectivement rencontré personne, mais elles se sont attribué toutes seules une grande « bénédiction » astrale.
Pour certains, l’attente de l’émergence de Maitreya devient trop longue. Ils se fâchent, s’impatientent, perdent leurs illusions, se découragent, s’éloignent, deviennent cyniques, frustrés, amers. En un mot, ils ont perdu la foi qu’ils avaient, une foi enracinée, en ce qui les concerne, plutôt dans une aspiration émotionnelle que dans l’intuition venant de l’âme. Ils sentent que cette foi s’est éteinte et cherchent quelqu’un à blâmer (en général moi-même). Ils devraient prendre du recul afin de restaurer leur équilibre nerveux.
Il existe aussi des personnes qui présentent un idéalisme de façade. En fait elles jouent un rôle, expriment une vision idéaliste d’elles-mêmes, et elles finissent par se sentir mal à l’aise dans ce rôle, cette « persona », qui ne repose sur rien de réel. Cette attitude mène à l’expression du mirage de la colère, et même de la haine, à l’égard de ceux qui les ont influencées et inspirées dans le passé. Elles oublient comment et pour quelle raison elles ont commencé à participer à ce travail.
Il existe également le mirage de la taille des organisations. J’appelle cela le mirage de l’organisation opposée à l’organisme. Il existe une tendance dans toutes les institutions et toutes les organisations à s’efforcer de devenir plus vastes, plus largement répandues, plus influentes. Il s’agit d’un puissant mirage. Dans le domaine commercial, dans les grandes sociétés, ce mirage existe aussi, mais il est naturel pour une grande société de vouloir devenir plus importante, plus riche, et plus puissante dans le domaine qui est le sien. Par contre, ce n’est pas le but, et ce ne devrait pas être la tendance, d’un groupe ésotérique ou occulte. Le rôle ultime de celui-ci est l’initiation de groupe.
Les groupes qui existent de par le monde n’ont même pas commencé à répondre aux quatre exigences de base requises pour l’initiation de groupe : avoir des relations de groupe non-sentimentales ; travailler avec les forces de destruction de manière constructive ; travailler comme une mini-hiérarchie ; et cultiver la puissance du silence occulte. Telles sont les exigences fondamentales pour l’initiation de groupe, but sous-jacent de la formation des groupes. Il y a longtemps que la Hiérarchie espérait pouvoir créer un groupe capable de répondre à la force magnétique d’une grande idée et de travailler sous son inspiration et en suivant ses conseils, afin de pouvoir réunir, pour la première fois depuis dix-huit millions d’années, les conditions requises pour l’initiation de groupe.
Le mirage de la taille
Cependant les choses n’avancent guère pour diverses raisons, notamment parce que les groupes engagés dans le travail concernant la Réapparition, qui est la grande idée magnétique assurant leur cohésion, travaillent sous l’influence du mirage de la taille. Mais ce travail n’a rien à voir avec la taille. Rien à voir avec le fait que Tara Center ou Share International deviennent de plus en plus importants, de plus en plus influents, que leur envergure s’étende au monde entier, qu’ils deviennent les guides des leaders des nations. Ces derniers ne sont, pour la plupart, pas le moins du monde intéressés par le Retour du Christ. Ils le seront mais, à ce moment-là, ils ne se tourneront pas vers Share International pour s’informer. Ils se tourneront directement vers les Maîtres qui seront alors ouvertement présents dans le monde, et, par dessus tout, vers Maitreya.
Le Maître Djwhal Khul a parlé des dangers auxquels se trouve confronté tout groupe ésotérique ou occulte qui commence à mal interpréter sa destinée et rassemble sur le plan physique une force qui commence à colorer tout ce qu’il fait. Il remplace alors l’organisme du groupe occulte par l’organisation des groupes extérieurs dans le monde, une organisation similaire à celle des groupes qui agissent sous l’influence d’une idée politique, d’une théorie financière ou commerciale, et apprennent à croître et à devenir de plus en plus influents. Tout cela n’a rien à voir avec un groupe occulte tel que le nôtre.
Un groupe occulte se constitue sous l’action de certaines impulsions puissantes : l’impulsion et l’intention de l’âme, la nécessité hiérarchique et la loi karmique. Ces trois forces gouvernent la création d’un groupe ésotérique ou occulte. Tout le reste n’est que mirage. L’idée de créer une institution qui sera influente et puissante dans le monde est pur mirage. Le travail de préparation pour l’extériorisation de la Hiérarchie est le véritable travail de ces groupes de par le monde, qu’ils s’appellent Tara Center, ou mieux encore qu’ils n’aient pas de nom. Dès que vous nommez un groupe, vous lui donnez une forme, une structure, et cette structure ou cette organisation, qui est liée au nom, commence à prendre en main la destinée du groupe.
Le groupe possède sa propre forme organique innée s’il s’agit d’un véritable groupe ésotérique. Cette forme et, par conséquent, le travail de groupe sont dénaturés si l’on met trop l’accent sur la forme ou sur l’organisation du travail. Il existe des individus dans tous les groupes, dans les différentes parties du monde, qui sont davantage portés à l’organisation de l’activité sur le plan physique. Bien sûr, une certaine organisation est nécessaire, mais elle peut étouffer l’essentiel. Les véritables buts du groupe sont de préparer la voie pour l’apparition du Christ, le retour des Maîtres dans le monde, l’extériorisation de leur travail, l’éducation de l’humanité, sa préparation et celle des groupes eux-mêmes pour ce travail, et, par dessus tout, l’initiation de groupe.
Les écueils de l’organisation
Le Maître Djwhal Khul a parlé du danger représenté par l’organisation qui peut avoir une influence trop grande sur le travail de groupe. Il donne l’exemple de la Société théosophique et de certains autres groupes ésotériques qui, dit-il, « ont fait naufrage sur les écueils de l’organisation ». J’aborde cette question aujourd’hui car je vois les mêmes dangers apparaître dans le travail des groupes préparant la Réapparition, avec lesquels je suis en relation dans différentes parties du monde. Je suis personnellement concerné. Et étant concerné, je suis bien déterminé à empêcher ces groupes de faire naufrage sur les écueils de l’organisation. Cela ne dépend pas entièrement de moi, car une seule personne ne peut guider en permanence un vaste groupe d’individus pour les empêcher de sombrer. Nous devons garder nos yeux, nos oreilles, et par-dessus tout nos esprits, ouverts à ce danger. Il est préférable de prévenir le danger avant qu’il ne soit trop tard. Il vaut mieux éviter les écueils plutôt que de commencer à sauver les personnes lorsqu’elles ont fait naufrage.
A mon avis, les rencontres inutiles de représentants de groupes sont également un mirage. Tout le monde succombe au mirage de représenter son groupe. On se réunit pour quelques jours, on vient du monde entier, pour discuter de problèmes dont on aurait pu discuter de manière plus simple par d’autres moyens. On prend l’avion, le bateau, ou le train, et l’on vient, à une, deux ou trois personnes, pour représenter son groupe particulier et prendre part à des discussions qui auraient pu tout aussi bien se faire par téléphone. Il est possible aujourd’hui d’avoir une discussion par téléphone avec plusieurs personnes, ce qui revient beaucoup moins cher que de se déplacer, parfois de très loin, sans parler des possibilités offertes par le fax et le courrier électronique. Tout cela n’est que du mirage.
Il est très important pour les groupes du monde entier de reconnaître ce mirage de la taille, le mirage d’Internet, le mirage de l’expansion, de l’organisation. L’organisation est nécessaire et utile, mais lorsqu’elle prend la place de l’activité à laquelle le groupe est destiné, elle n’est que du mirage. Nous devons respecter nos priorités.
Lorsque nous parlons de mirage, nous parlons en fait d’évolution. Le mirage est le plus grand obstacle à l’évolution. L’évolution est principalement l’acquisition de traits de caractère solides. Le disciple doit posséder certaines qualités pour pouvoir évoluer et finalement devenir un Maître, ce qui est la destinée de chacun. La seule question est de savoir quand : bientôt ou plus tard ?
Le disciple doit, par-dessus tout, faire preuve de courage, de fermeté, de patience, être capable de « rester là » et de ne pas fuir les difficultés qui sont placées devant lui pour l’obliger à tirer le maximum de lui-même. Nous rencontrons des difficultés dans la vie parce que l’âme arrange les choses de telle façon que, lorsque nous surmontons ces difficultés, nous progressons, nous faisons un pas en avant dans notre voyage d’évolution. Le disciple doit également faire preuve d’humilité et de simplicité.
Il nous faut avant tout être capables de renoncer à l’inférieur pour le supérieur, ce qui est la loi du sacrifice. Ceci conduit naturellement au juste détachement. Le mauvais détachement (l’isolement) est le résultat de l’auto-justification et du rejet de toute critique, fut-elle constructive et émanant d’un Maître, et c’est un mirage important et destructeur. L’incapacité d’accepter une critique constructive, même si elle vient d’un Maître, est l’un des principaux mirages entravant le voyage vers la perfection de très nombreux individus. C’est la justification par le mental et elle maintient le mirage. On dit à une personne que son mirage principal est celui-ci ou celui-là et cette idée lui déplaît. Nul n’aime entendre parler d’un quelconque mirage, sans parler d’un mirage important. Aussitôt, la personne s’exclame : « Ce n’est pas vrai, je ne suis pas du tout comme cela. » Notre vision de nous-mêmes est généralement à l’opposé de la réalité.
Ce que nous considérons habituellement comme notre plus grande qualité est souvent notre principal mirage. Le Maître Djwhal Khul en a parlé avec beaucoup d’humilité lorsqu’il a révélé que son principal mirage, celui qui l’a retardé pendant longtemps, était sa dévotion envers son Maître. La dévotion est une bonne chose, direz-vous, spécialement celle d’un élève pour son Maître. Djwhal Khul était un disciple du Maître Koot Hoomi, mais cette dévotion l’a vraiment retardé.
C’est ainsi que le mirage agit. C’est un brouillard, une illusion. En être victime, c’est voir l’opposé de la vérité : ne pas être capable de distinguer la vérité à cause du brouillard de ses propres réactions émotionnelles. Le Maître Djwhal Khul considérait sa dévotion à l’égard de son Maître en se disant : « Peu importe ce qui me manque d’autre, je fais certainement preuve de dévotion. » En effet, mais c’était son mirage. Un important mirage au stade où il était alors parvenu. La dévotion peut soutenir ceux qui se trouvent au début de leur voyage, au premier stade du discipulat, comme les disciples de Saï Baba qui se comptent par millions. Mais ce n’était pas le cas du Maître Djwhal Khul qui travaillait alors en pleine conscience avec son Maître et qui était en fait un très grand disciple.
Prendre conscience de ses mirages
Nous devons prendre conscience de ce qu’est le mirage et de ce qu’il n’est pas. Le mirage est tout ce qui cache la vérité de notre expérience, ou la vérité impliquée ou non dans ce que nous prenons pour notre expérience. Voyons-nous les choses réellement ? Dans ce cas, il n’y a pas de mirage. Ou, au contraire, voyons-nous la réalité à travers le brouillard de l’illusion ? La plupart des individus, tous ceux qui ne sont pas encore arrivés à mi-chemin entre la première et la deuxième initiation, voient plus ou moins la réalité à travers un mirage. Une fois que le pas a été franchi entre les degrés 1,5 et 1,6, la polarisation se déplace du niveau astral (siège de la conscience pour la majorité des gens) au niveau mental. Plus de 90 % des individus sont polarisés sur le plan astral et par conséquent assujettis au mirage.
Lorsque vous passez la première initiation, vous commencez à prendre conscience de vos mirages. Vous continuerez à en être victimes. Vous continuerez à être aussi aveugles que jamais en vous frayant un chemin à l’intérieur du labyrinthe. Mais progressivement vous réaliserez que c’est un labyrinthe, qu’il existe des portes qui ne mènent nulle part. Peu à peu, une lumière commencera à descendre, au fur et à mesure que vous progresserez et que vous aurez davantage de contact avec votre âme, grâce au service et à la méditation, surtout la méditation de transmission.
La lumière de l’âme, agissant à travers le corps mental, finit, tôt ou tard, par percer le brouillard du mirage. Vous pouvez alors commencer à regarder la situation à laquelle vous êtes confrontés et reconnaître le mirage de votre réaction. Auparavant, vous ne pouviez le voir car vous y étiez totalement plongés. L’obscurité commence à s’estomper et vous réalisez progressivement que vous vivez d’une manière très inconfortable. Vous accomplissez certaines choses tout en sachant, de plus en plus, qu’elles sont irréelles. Vous voyez soudain que vos croyances n’ont aucune valeur, qu’elles ne reposent sur rien. Il ne s’agit que de mirage, recouvrant autre chose. Mais quoi ?
Vous examinez la situation, en projetant la lumière de l’âme à travers le corps mental. Au fur et à mesure que vous progressez, que vous êtes davantage polarisés sur le plan mental, vient un temps où la lumière de l’âme commence à dissiper les mirages. Lorsque c’est le cas, un nouveau monde s’ouvre à vous et ce nouveau monde, c’est vous-même. Vous commencez alors à réaliser que vous pouvez agir de manière plus directe, plus spontanée, plus vraie, plus honnête, et avec davantage de sincérité et de détachement que vous ne l’avez jamais fait auparavant. Il s’avère que c’est un mouvement progressif de la polarisation astrale vers la polarisation mentale et cela vous mène jusqu’au niveau 2,5-2,6. Puis les choses changent à nouveau et soudain ce qui était illusion, sans que vous le remarquiez, devient clair et simple. Il existe une compréhension intuitive, directe, venant de l’âme et imprégnant chaque action, chaque parole, chaque situation dans laquelle vous êtes engagés. C’est la lumière de l’âme résultant de votre polarisation mentale. Tel est le but de chacun, et nous devons tous traverser un processus identique.
Etre assujetti au mirage n’est pas quelque chose dont on puisse être fier, mais ce n’est pas non plus un crime. Si c’était le cas, tout le monde en ce sens serait criminel. Chacun, dans sa manière d’agir, dans son caractère, dans sa façon d’appréhender la réalité, est sujet au mirage. C’est la source de toutes les erreurs et de toute la souffrance existant dans le monde, car il s’agit avant tout d’une identification erronée. Nous nous identifions avec ce qui est littéralement irréel.
La critique, un mirage destructeur
Une difficulté majeure pour les leaders de groupes est de supporter la critique qui souvent se concentre sur eux (même si elle reste inexprimée). Ceci se produit à tous les niveaux, depuis les petits groupes jusqu’aux dirigeants des nations. Le Maître Djwhal Khul l’exprime de la manière suivante : « Les leaders des hommes, qu’il s’agisse de groupes, de communautés, ou de nations, sont particulièrement l’objet de critiques de la part de ceux qu’ils guident et servent. Ceci fait référence aux leaders authentiques dont l’objectif principal est de servir les intérêts de ceux qu’ils représentent ou qui ont été placés sous leur responsabilité. De tels leaders devraient être constamment soutenus par l’énergie de la compréhension aimante, mais, au lieu de cela, ils sont souvent handicapés par les critiques qui mettent l’accent sur leurs imperfections. De telles critiques ont souvent pour résultat de diminuer considérablement l’efficacité du service du leader. Elles sont souvent enracinées dans la jalousie, l’ambition frustrée, ou l’orgueil intellectuel. Il est si facile de juger le leader et de le critiquer pour son action, ou sa non-action, alors que celui qui critique n’en porte pas la responsabilité, et qu’il n’est pas, de manière générale, totalement conscient de tous les faits en question ni de leurs implications. Ce genre de critique destructrice est nocif à la fois pour celui qui l’émet et pour le leader critiqué.
Les leaders des groupes sont souvent l’objet de courants de pensées empoisonnées, de vains bavardages de nature destructrice, et de jalousies, de haines et d’ambitions frustrées venant de membres qui aimeraient voir leur leader évincé. Comme on peut s’y attendre, ceci a forcément un effet négatif sur ce dernier et cela peut l’affecter à la fois sur le plan physique et sur le plan émotionnel. Plus le leader sera évolué, plus grande sera sa sensibilité et plus aiguës seront la souffrance et la peine infligées. Tout ce que le leader peut faire dans de telles circonstances est de se retirer en lui-même, d’éviter tout signe d’amertume ou d’attendrissement sur soi, susceptible de se manifester, et, avec une compréhension aimante, attendre le moment où les membres du groupe retrouveront leurs esprits, parviendront à une vision plus claire et apprendront à coopérer dans un esprit de bonne volonté.
Les membres des groupes devraient aussi réaliser que les critiques de ce genre finissent par perturber les relations dans les rangs du groupe et par là-même miner l’efficacité de celui-ci dans son ensemble, en retardant les progrès et en diminuant la qualité du travail. » [Extrait de Bridges, page 378, d’Aart Jurriaanse]
Le mirage de masse
S’il y eut jamais une illustration du mirage de masse organisé, ce fut l’attaque fomentée par le parti républicain à l’encontre du président Clinton, qui essayait à ce moment-là de traiter de questions majeures, politiques ou autres, dans le monde. Il fut attaqué, ridiculisé et humilié à un point tel que, d’après mes souvenirs, cela n’était jamais arrivé auparavant. Je n’ai jamais vu nulle part une telle attaque, un tel exposé de fautes vraiment mineures, qui, si cela c’était passé en France, par exemple, auraient seulement fait l’objet de plaisanteries dans les cafés. L’ancien président français avait une liaison extra-conjugale depuis trente ou quarante ans, connue de toute la France et de la moitié de l’Europe. Il se rendait n’importe où avec l’enfant née de cette liaison et connue des Français.
Le public américain, à cause de ce mirage, de ce mélange d’obsession et en même temps de crainte de ce qui touche au sexe, pour sa plus grande honte, attaqua et humilia son président. Celui-ci n’est pas un personnage intouchable, mais on devrait l’attaquer, si nécessaire, sur ce dont il a la responsabilité, c’est-à-dire le bien-être de ses concitoyens, le système politique et économique et les relations avec les pays étrangers. C’est sur cette base que le président devrait être jugé, et non pas sur une stupide petite liaison avec Monica Lewinsky, ou qui que ce soit d’autre, exposée au monde entier. L’humiliation, l’attaque extraordinaire dont il fut l’objet ont dû rendre les choses très difficiles et très pénibles dans ses relations avec les autres chefs d’Etat qu’il devait rencontrer et avec qui il devait traiter au même moment ; tout cela fut très regrettable et profondément injuste.
Il s’agit d’un mirage de masse, ayant bien sûr des raisons politiques. C’est ainsi que les groupes politiques agissent, mais un mirage similaire existe dans bien d’autres groupes, notamment dans les groupes soi-disant spirituels. Les groupes politiques, aux Etats-Unis, font ce qu’ils veulent car le système politique repose sur des bases corrompues. La corruption est endémique. Elle permet à un parti, dès que quelqu’un du parti adverse est élu président (les choses auraient, bien sûr, pu se passer de la même façon si un républicain avait été élu), de tourner en dérision tout ce qu’il fait. Le but est de le salir et de montrer qu’il est foncièrement corrompu, comme tout autre homme politique dans ce pays est corrompu, ou supposé l’être, et de montrer ainsi qu’il est incapable de remplir ses fonctions.
Il s’agit d’un mirage de masse que les Américains devraient, à mon avis, prendre très au sérieux. Lorsque les choses sont passées, on a tendance à les oublier. Mais cela se reproduira. Quel que soit le président élu aux prochaines élections, au bout de six mois il sera accusé de fraude, d’actes délictueux, sexuels ou autres, ce qui pourrait l’affaiblir dans sa tâche de président et peut-être même laisser la place au camp adverse. Par ailleurs, tout cela détruit la démocratie dans ce pays. Il y a un refus des deux camps d’admettre que lorsqu’un président est élu, quel que soit son parti, c’est la volonté du peuple ; sinon ce genre de chose n’arriverait pas. Vous corrompez le système, si vous n’acceptez pas ce choix. Dès que le président est en place, l’autre parti essaie de lui jouer toutes sortes de vilains tours pour s’en débarrasser, agissant ainsi contre la volonté du peuple. Avec l’arrivée de Maitreya et des Maîtres dans le monde, il se peut que tout cela change. Je l’espère, mais cela ne changera que si vous, les citoyens américains, agissez dans ce sens. Il s’agit d’un mirage à l’échelon national.
La maîtrise de la parole
La formation de clans au sein d’un groupe est aussi extrêmement dangereuse. Elle montre un esprit séparatif qui va à l’encontre de la conscience de groupe. Si les membres s’astreignaient à une certaine discipline dans ce domaine et apprenaient notamment à maîtriser leur parole, ils contribueraient à de meilleures relations au sein du groupe.
L’un des plus corrosifs des mirages astraux est le bavardage, le commérage. Le bavardage est très nocif au sein d’un groupe. Malheureusement, pour de nombreuses personnes, il est essentiel, il est plus important que l’eau et le pain ! Il existe certains types d’individus qui ne peuvent vivre sans bavardage. Le problème est qu’ils ne reconnaissent pas le bavardage pour ce qu’il est. Ils justifient leur désir de bavarder en considérant qu’il s’agit d’un échange naturel d’informations ou de nouvelles. Il n’y voient donc aucun mal. Mais le bavardage (le commérage) ne connaît pas de limites. Il peut aller du simple échange d’informations, bonnes ou mauvaises, jusqu’à une détérioration systématique de la confiance du groupe et donc des relations de groupe, menant à des conclusions et des jugements inconsidérés reposant sur une connaissance insuffisante des faits, à une condamnation de certains, et donc à une polarisation du groupe.
Si un individu dans un groupe fait un pas en avant, parvient à s’exprimer davantage en tant qu’âme, les progrès accomplis ne concernent pas seulement l’individu en question, mais tout autre membre du groupe et le groupe dans son ensemble.
Ces réalisations peuvent prendre des formes subtiles. D’autres sont plus évidentes, plus extérieures, par exemple une rencontre, sous une forme ou une autre, avec Maitreya. Personne ne connaît la raison pour laquelle certaines personnes ont une expérience avec Maitreya, alors que d’autres n’en ont pas, ou ne s’en souviennent pas. Tous ceux qui ont eu des expériences de ce genre ne l’ont pas nécessairement fait savoir.
En mai 1999, j’ai proposé aux groupes japonais les réflexions suivantes sur le problème du mirage. Je pense qu’elles concernent chacun d’entre vous.
Conférence donnée au Japon
Vous ne travaillerez jamais trop, ni trop souvent sur le mirage. Alors que l’émergence de Maitreya se rapproche, j’ai constaté une soudaine explosion de mirages dans les différents groupes, pas seulement ici au Japon mais dans le monde entier.
Des mirages qui semblaient surmontés, maîtrisés, vaincus depuis des années, ont soudain resurgi. Il semble que plus les énergies de Maitreya (l’énergie d’équilibre, les énergies du Verseau) deviennent puissantes, plus les mirages prennent de l’importance au sein des groupes. On peut également le constater dans le monde extérieur : des conflits éclatent soudain dans différents pays ; des explosions de violence extraordinaires se manifestent, même chez de jeunes enfants qui se mettent à tirer sur leurs camarades dans la cour de l’école ; on assiste à des éruptions soudaines de ce qui n’est autre que le mirage humain. C’est la réaction sur le plan astral à l’afflux des grandes énergies spirituelles de Maitreya. On aurait pu espérer que les groupes spirituels, spécialement ceux qui sont liés à l’émergence de la Hiérarchie, auraient contrôlé la situation, dépassé ce mirage, mais ce n’est apparemment pas le cas.
Maitreya s’est fait plus accessible. Il est apparu, sous un déguisement ou un autre, à de nombreux membres des groupes de par le monde, et cela a suscité des réactions astrales. Ceci se manifeste de deux façons : une surexcitation des personnes directement concernées, ce qui est sans doute naturel et n’a rien de vraiment dangereux ; mais beaucoup plus dangereuse est la réaction des autres membres du groupe par rapport aux expériences de ceux qui ont eu une forme ou une autre de contact avec Maitreya.
Au lieu de se réjouir de la chance des personnes concernées, certains ont de violentes réactions de jalousie, ce qui est très mauvais non seulement pour eux mais pour le groupe dans son ensemble. Chacun sent que l’émergence publique de Maitreya est imminente et cela suscite une réaction astrale générale qui prend parfois des proportions extrêmes.
Maitreya ne vient pas pour nous procurer des émotions. Il vient pour nous enseigner l’art de vivre. Bien que l’on puisse s’attendre à une excitation, celle-ci doit être contrôlée et canalisée de manière utile. Ceci exige de l’honnêteté envers soi-même, et envers le groupe, quant à la nature de ses propres réactions. Lorsque vous réalisez que vous avez réagi aux événements en termes de mirage, il n’est pas bon de mettre cela de côté en disant : « Ce n’est pas ce que j’ai vraiment ressenti. » Vous ne changerez que lorsque vous admettrez ouvertement, devant vous-même et les autres, que vous avez succombé au mirage, que votre réaction était empreinte de mépris, de jalousie et de haine. Vous ne pouvez vous jouer la comédie à vous-même ni au groupe, car tout cela continuera à agir en vous jusqu’à ce que vous disiez la vérité. Ce n’est qu’alors que vous pourrez avoir des relations de groupe correctes. Tel est l’idéal, bien sûr, et l’idéal est rarement atteint, et certainement pas du jour au lendemain, mais le groupe devrait tendre à ce genre d’honnêteté.
Il appartient aux groupes spirituels de travailler d’une manière différente de celle des êtres humains ou des groupes « ordinaires ». Une personne spirituelle est quelqu’un qui a accepté sa propre dimension spirituelle, et l’idée d’être une âme en incarnation. Les relations de groupe devraient donc être différentes de celles qui existent dans la vie courante.
Les relations entre les hommes sont généralement basées à cent pour cent sur la personnalité, donc sur le mirage. Etant donné que la plus grande partie de l’humanité est polarisée sur le plan astral, il est inévitable qu’il en soit ainsi. Mais l’aspirant ou le disciple cherche à atteindre un niveau de polarisation de plus en plus élevé. Ayant pris conscience de son âme, de son identité spirituelle, il devrait, et il le fait généralement, chercher à se polariser au niveau spirituel.
L’homme ordinaire, qui n’est pas un aspirant, passe une grande partie de sa vie en compétition avec autrui, en relations méprisantes, empreintes de haines et de vieux griefs, et en réactions de jalousie devant le succès des autres. Au lieu de se réjouir de la réussite de ses amis et de ses voisins, il a souvent des réactions pleines de mépris et de ressentiment à leur égard et il tourne leurs réalisations en dérision. Telle est la réalité qui existe dans le monde extérieur dont nous faisons tous partie.
Un groupe ésotérique se constitue en fonction de la nécessité hiérarchique, sous l’impulsion de l’âme et en raison de relations karmiques. L’aspirant ou le disciple est quelqu’un qui a un pied dans le monde extérieur et l’autre dans la dimension spirituelle. Au lieu de s’identifier à la norme, à la moyenne, qui a cours dans le monde extérieur, et d’agir de façon négative, il doit apprendre à maîtriser ses réactions purement astrales. Cette maîtrise ne peut venir que d’un plan plus élevé, le plan mental. Les aspirants et les disciples doivent apprendre à contrôler, à partir du plan mental, leurs réactions sensorielles, émotionnelles, de mépris, d’orgueil, d’ambition, de jalousie, de peur et de ressentiment.
Par l’intermédiaire du corps mental, l’âme peut éclairer toute situation. Il vous suffit de raisonner ainsi : « Ma réponse est-elle vraiment spirituelle ? Va-t-elle dans le sens de la cohésion et du bien-être du groupe ? Ou s’agit-il d’une réaction personnelle, méprisante et négative, pleine de critique à l’encontre des autres ? » Le bon sens et l’honnêteté vous donneront la réponse à ces questions. Le mental doit vous permettre de faire preuve de bon sens, mais si l’honnêteté du mental vous fait défaut, vous ne verrez pas que votre réaction relève du mirage. Si vous ne prenez pas conscience qu’il s’agit de mirage, vous continuerez à en être victime.
Je pense qu’il est nécessaire d’établir certaines conventions au sein de chaque groupe. La première devrait être que s’exprime entre ses membres la bonne volonté. Toute forme de ressentiment ou de haine doit être rejetée. Les jalousies et les ressentiments tenaces sont très nocifs pour un groupe, mais ils existent dans tous. La critique, également, devrait être considérée comme destructrice. Elle nuit à la personne critiquée ; elle nuit également à celle qui l’émet et au groupe dans son ensemble.
Rencontres avec des Maîtres
La plupart des membres des différents groupes ont eu des contacts avec Maitreya, sous une forme ou une autre, mais en fait seuls quelques uns nous l’ont fait savoir et ont ainsi reçu la confirmation de l’authenticité de leur expérience. Beaucoup d’autres ne s’en sont pas souvenu ou n’ont pas réalisé qu’il s’agissait d’un contact avec Maitreya. Ceux qui ont eu ce genre d’expériences et qui ont eu la confirmation qu’il s’agissait d’expériences authentiques, venant de Maitreya ou de l’un des Maîtres, réagissent en général de deux manières différentes. Certains succombent au mirage d’être « quelqu’un d’exceptionnel » pour avoir eu un contact avec l’Instructeur mondial, Maitreya. S’ils ont plusieurs expériences de ce genre, ils s’imaginent alors être vraiment tout à fait exceptionnels. D’autres, ayant une approche différente, se disent : « Cela ne peut être vrai. Je ne puis croire que ce soit Maitreya car je ne suis pas digne d’une telle expérience. »
Ces deux réactions relèvent du mirage. L’une, le dénigrement de soi-même, consiste à se voir inférieur à ce que l’on est réellement. Maitreya donne des expériences aux membres des groupes. Alors pourquoi pas à vous ? Faire preuve d’une humilité artificielle ou avoir une « grosse tête », dans les deux cas il s’agit de mirage. Se rabaisser est sans doute plus acceptable que de se mettre sur un piédestal, mais c’est tout de même du mirage.
De nombreux individus ont des expériences répétées avec Maitreya. Si cela leur donne le sentiment d’être exceptionnels, importants ou avancés d’une manière ou d’une autre, c’est probablement le pire des mirages. Très souvent lorsque Maitreya procure une expérience, c’est dans le but de mettre l’accent sur un mirage particulier de la personne. Ce n’est pas parce qu’elle est exceptionnelle, mais parce qu’elle a besoin d’expériences répétées pour assimiler le message.
Il s’est produit récemment un cas particulièrement évident de mirage en relation avec Maitreya, suite à la compréhension erronée de la manière dont Maitreya travaille avec les groupes, de ce qu’il fait réellement. [Cette histoire est publiée dans le Courrier des lecteurs de ce numéro : « L’anneau perdu », « L’anneau retrouvé », « Une histoire identique ». ] Une femme appartenant à l’un des groupes se trouva par hasard devant le stand d’un homme vendant des bijoux de fabrication artisanale. Elle en choisit quelques-uns et l’homme lui fit cadeau d’un anneau. Par la suite elle perdit cet anneau, mais entre temps elle avait appris que l’homme était Maitreya. Elle souhaitait ardemment retrouver le marchand de bijoux pour remplacer l’anneau perdu, mais il demeurait introuvable de même que son stand. Elle revit cet homme un an plus tard et put racheter un anneau identique. Le même jour, une autre personne du groupe trouva par hasard le stand et reçut à son tour un anneau en cadeau.
L’événement fut confirmé par mon Maître comme étant un contact avec Maitreya. Le marchand de bijoux était Maitreya. La nouvelle se répandit alors que Maitreya avait un stand où il vendait de jolis bijoux faits de coquillages, pour presque rien, quelques centaines de yens. Lorsque les femmes du groupe découvrirent que cet homme avait un stand permanent, elles allèrent lui acheter autant de bijoux qu’elles pouvaient. Etant donné qu’il y avait sur l’étalage une pancarte indiquant que l’on réparait également les bijoux, elles apportèrent leurs vieux bijoux cassés pour que l’homme les répare, pensant qu’il s’agissait de Maitreya, l’Instructeur mondial. Une femme alla jusqu’à exiger de récupérer ses bijoux réparés, non pas le jour proposé par le marchand, mais un jour qui lui convenait mieux. Seules les premières expériences étaient d’authentiques expériences avec Maitreya. Tout le reste fut simplement un mirage de la part du groupe.
Les nombreux déguisements de Maitreya
Maitreya se manifeste de différentes manières. Quelquefois, il apparaît sous une forme très proche de son aspect réel, comme par exemple à Nairobi, au Kenya, où il fut photographié. Les vêtements peuvent être différents, mais le visage reste plus ou moins le même.
Ou bien, il apparaît sous les traits de quelqu’un que vous connaissez, moi par exemple. C’est ainsi qu’il est apparu lors de ma dernière conférence à New York. Une femme me vit arriver dans le hall de l’hôtel où était prévue la conférence. Je pris l’ascenseur jusqu’au dernier étage où se trouvait la salle de conférence. Une minute plus tard, elle me vit redescendre, passer près d’elle, et sortir de l’immeuble. Mais en réalité je ne suis pas redescendu. Je suis resté dans la salle prévue et j’ai donné ma conférence. Elle a pourtant affirmé que j’étais descendu et sorti de l’immeuble, que c’était bien moi, qu’il n’y avait aucun doute possible. Alors que c’était Maitreya. Il prend souvent l’aspect d’une personne familière. Elle a déclaré : « J’ai eu un choc, mes cheveux se sont dressés sur ma tête, j’en ai eu la chair de poule. Je me suis dit pourquoi redescend-il ? » En fait, il s’agissait de Maitreya me ressemblant parfaitement.
Il fit la même chose avec un couple de Belges que je connais. Il monta dans le bus derrière eux et s’assit en face d’eux. Ils eurent la surprise de me reconnaître : c’était moi, mais j’étais noir ! D’autres fois il se présente sous mes traits, mais il est beaucoup plus grand. Il agit ainsi pour que vous ayez devant vous quelqu’un que vous puissiez reconnaître. C’est le signe qu’il vous donne pour attirer votre attention.
Plus souvent il apparaît sous n’importe quelle forme : celle d’un vieillard, d’un jeune homme, d’une vieille femme, d’une jeune femme ou même celle d’un enfant, et c’est votre intuition qui doit alors vous permettre de le reconnaître. Dans la plupart de ces cas, bien que très différent à chaque fois : un homme, une femme, quelqu’un de tout à fait ordinaire, il accomplit quelque chose d’extraordinaire ou d’inhabituel. Il vient, par exemple, à l’une de mes conférences et, pour être certain d’être reconnu, il adopte un comportement étrange, comme il le fit récemment à Osaka, en chantant : « Je suis un homme ordinaire venant de la campagne. Je suis tout à fait perdu ici. » Ou bien il fait semblant d’être ivre et de pouvoir à peine tenir debout, et il laisse tomber tous les objets qui se trouvent dans sa poche, les ramassant et les laissant tomber à nouveau. Ou encore, il se déplace d’un endroit à un autre à la vitesse d’un éclair. Tout cela est une manière d’indiquer que l’homme en question n’est pas ce qu’il paraît.
Ces apparitions qui ont l’air réelles sont des « familiers », des formes-pensées créées par Maitreya qui prend l’aspect d’un homme, d’une femme, d’un enfant ou peut-être d’une personne étrange ou drôle, délibérément créée par son imagination. Lorsque cette forme-pensée n’est plus là, il disparaît. Dans certains cas, il donne à la forme-pensée une ressemblance exacte avec une personne réelle. Si vous pouviez les voir ensemble, vous constateriez qu’elles sont identiques, mais elles vous donneraient cependant une impression différente. L’une aurait quelque chose de particulier, l’autre serait la personne ordinaire. Je connais plusieurs cas où les choses se sont passées ainsi. N’importe qui dans un groupe devrait être capable de faire la différence, car bien que la forme-pensée et la personne réelle paraissent identiques, la forme-pensée est imprégnée par la conscience de Maitreya et la personne réelle ne l’est pas, ce qui fait toute la différence.
C’est là que le groupe impliqué dans l’histoire du marchand de bijoux s’est trompé. Maitreya peut faire parler la personne réelle comme si elle pensait et agissait à sa manière habituelle, mais les idées viennent en fait de lui. Il entre dans une situation particulière, puis il en sort, sans que les choses aient apparemment changé. Dans cette histoire trois expériences sont authentiques (celles relatées dans le Courrier des lecteurs de ce numéro). L’homme, l’étalage, les bijoux, etc, étaient une visualisation de Maitreya. Les contacts suivants ont eu lieu avec le marchand de bijoux lui-même, et non plus avec Maitreya. C’est là que s’est manifesté le mirage de groupe.
Maitreya a déclaré : « Ne courez pas après moi. N’essayez pas de me mettre dans votre poche. Si vous le faites, vous me perdrez. » Mais les femmes du groupe ont oublié ce conseil, elles se sont dit : « Une telle a eu cela. Je veux la même chose, j’en veux aussi. Cela vient de Maitreya, c’est imprégné de son énergie. » Et elles se sont toutes précipitées pour acheter des bijoux. Le marchand a vu ses affaires prospérer et les bijoux sont devenus de plus en plus chers !
Le mirage est de ne pas avoir fait la différence entre Maitreya et l’homme sur lequel il avait basé sa forme-pensée. L’erreur du groupe n’est pas très grave, mais ce qui est plus grave c’est la réaction qui en est résulté. Du ressentiment, des jalousies et des accusations se sont manifestés, totalement dénués de fondement : des accusations contre des personnes qui n’avaient absolument rien à voir dans tout cela, ou qui se sont tout simplement trouvées prises dans l’hystérie collective.
A votre avis pourquoi Maitreya a-t-il manifesté ce stand et ce marchand de bijoux illusoire ? Il devait y avoir une raison. Il connaissait la réaction à l’avance. Croyez-vous qu’il a tout simplement voulu jouer un tour au groupe, en poussant toutes ces femmes à acheter des montagnes de bijoux ? Non, il s’agissait en fait d’une leçon destinée aux différents groupes pour leur faire toucher du doigt la réalité de la société de consommation. Dans tous les pays, il y a des gens qui trouvent leur plaisir à acheter, acheter toujours plus. Je ne sais quelle est la part de vérité dans cette idée, mais les Japonais, vus de l’extérieur, ont cette réputation. Cela est dû en partie à l’habitude, ancrée dans la société japonaise, d’offrir des cadeaux, si bien que les gens ne cessent d’acheter pour offrir. Au cours des vingt dernières années, il y a eu une extraordinaire expansion économique au Japon due à une consommation effrénée. Cela fait partie de la société de consommation dans laquelle nous vivons et dans laquelle sont pris de nombreux Japonais. C’est là-dessus que Maitreya a voulu mettre l’accent.
Si quelqu’un a des préjugés contre le fait de boire de l’alcool, il est possible que Maitreya lui apparaisse en train de boire une bière ou même complètement ivre. Lorsque cette personne découvrira qu’il s’agissait de Maitreya ou le reconnaîtra, elle se dira : « Pourquoi apparaît-il en train de boire, ou même ivre ? Peut-être devrais-je me montrer un peu plus tolérant à l’égard de ceux qui boivent. »
Ou bien certains peuvent avoir des préjugés à l’encontre de ceux qui fument et se trouver obligés de partager un taxi avec quelqu’un qui allume une cigarette après l’autre. Ils se disent : « Comment puis-je rester assis auprès de quelqu’un qui sent tellement le tabac ? Je déteste cela. » Puis ils réalisent que la personne en question ne sent pas le tabac, même si elle a fumé une dizaine de cigarettes. Il s’agit encore d’une incitation à se montrer plus tolérant. Dans le cas des bijoux, si vous avez la chance de vous procurer de jolis bijoux de fabrication artisanale, pour quelques centaines de yens, ce n’est pas une raison pour aller en acheter une grande quantité. Il s’agissait d’un test.
Il y a également l’exemple de l’apparition du Maître Jésus à une femme de l’un des groupes japonais qui dura un mois. Le Maître Jésus se présenta non pas comme le Maître Jésus, mais comme quelqu’un d’autre, et il demanda finalement la permission de rester dans l’appartement de cette femme, utilisé pour la méditation de transmission. Sa présence fut enrichissante pour certaines personnes du groupe. [Voir Courrier des lecteurs, Un invité.]
Le manque d’intuition spirituelle
Où se situe le mirage dans ce dernier exemple ? Évidemment vous n’ouvrez pas votre porte à n’importe qui. Vous n’invitez pas quelqu’un que vous venez de rencontrer à venir vivre avec vous, à partager votre tâche ou autre chose, sans quelque bonne raison, sans que la personne vous ait donné une impression de sincérité et de valeur. Bien sûr, il existe des escrocs qui peuvent berner presque tout le monde ; ils sont si habiles, si expérimentés, que la personne la plus consciente pourra s’y laisser prendre. Dans le cas précis qui nous intéresse, il devait y avoir dans le Maître Jésus quelque chose de particulier. La personne concernée eut l’intuition, le discernement qui lui permit de reconnaître cette particularité. La question qui se pose est celle-ci : pourquoi les autres n’ont-ils pas eu, eux aussi, l’intuition de la véritable identité de cet homme ? Pensent-ils, comme les gens ordinaires, que l’on ne peut faire confiance à personne ? En d’autres termes, ne prennent-ils en compte que l’aspect extérieur, l’apparence, les idées et les conceptions habituelles, ce qui peut être neuf fois sur dix une attitude sensée. Mais, étant donné qu’il s’agissait du Maître Jésus, une qualité particulière devait se dégager de sa présence. Quelque chose qui a rendu la personne concernée suffisamment confiante pour qu’elle l’invite à rester. Il est resté un mois chez elle et il lui a laissé une lettre à son départ.
Il est nécessaire pour chacun de cultiver l’intuition spirituelle, le discernement. Cela vous permet de savoir immédiatement si vous pouvez faire confiance ou non à quelqu’un. La clé est le cœur, vous pouvez vous fier au cœur. Votre mental vous donnera toutes sortes d’idées qui dépendent de votre parcours, de votre éducation, mais le cœur vous indiquera toujours ce qui est vrai et ce qui est faux. Naturellement, le mirage des autres membres du groupe est très clair. Ils n’avaient nullement le droit d’imposer leur point de vue. La personne concernée a suivi son cœur et elle a eu raison. Elle a eu tort de déchirer, après avoir subi l’influence des autres, la lettre que l’homme lui avait laissée, mais elle l’avait tout de même gardée pendant deux ans.
Le problème du mirage est, comme l’a écrit le Maître Djwhal Khul, un problème mondial, le problème le plus important et le plus difficile que l’humanité ait à résoudre. Il est à la base de toutes nos peines, toutes nos souffrances et tous nos méfaits, et plus vite l’humanité dans son ensemble sera capable d’éclaircir les brouillards du mirage, plus vite elle progressera dans son évolution.
A suivre dans Le problème du mirage – Questions-réponses 1ere partie (même n°)
Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Dossier ()
