Partage international no 141 – mai 2000
par Joséphine Harrison
Le Mont Kailash à l’ouest du Tibet, connu aussi sous le nom mythique de Mont Semura, était jadis considéré par les peuples d’Asie centrale comme le centre de l’univers. Pour le Bon, tradition ancestrale du Tibet, c’est une montagne sacrée. Pour les hindous, il représente le trône de Shiva. Et certains pensent que c’est l’endroit même où se déroule chaque année, en mai, la grande fête spirituelle de Wesak. The Wesak Festival Moon of the Bouddha, un film tourné dans les années 1980 par Albert Falzon, suggère, comme lieu probable de cet événement, une vallée à l’ombre du Mont Kailash.
Dans l’ouvrage, The Dalai Lama : My Tibet, l’auteur Galen Rowell affirme que les gens sont venus en caravanes jusqu’au Mont Kailash, en forme de pyramide, depuis les temps les plus reculés, afin de se prosterner sur cette terre sainte. Ils croient que, si leur corps entre en contact avec chaque parcelle du sentier sacré qui entoure la montagne, leur karma sera purifié et qu’ils atteindront l’illumination. Ils viennent de toute l’Asie, religieux comme laïcs. On peut voir dans le film de Falzon des lamas de la secte très respectée des Bonnets rouges, avec des trompettes si longues qu’elles doivent prendre appui sur l’épaule d’un second moine lorsqu’on veut en jouer. Le voyage pour atteindre le lieu sacré est lui-même un défi. Le Mont Kailash (Kangrinpoche en tibétain) et le lac sacré Manasurowar, où les pèlerins se purifient symboliquement avant de fouler le sentier sacré, sont pour les bouddhistes les principes Père et Mère représentant les moyens de parvenir à l’illumination.
La fête de Wesak est célébrée au moment de la pleine lune de mai par les bouddhistes dans toute l’Asie. Cependant, l’emplacement exact de cet événement profondément spirituel se déroulant dans le Tibet occidental n’a pas été confirmé. Il est décrit par Alice Bailey et C. W. Leadbeater comme prenant place dans une vallée en forme de goulot de bouteille, tapissée d’une herbe rase, et entourée de montagnes aux flancs boisés, sur le versant nord de l’Himalaya, à environ 600 km de Lhassa. Leadbeater mentionne également un lac aux alentours, où les pèlerins se lavent avant de pénétrer dans la vallée.
L’étoile à cinq branches
Au moment de cet événement sacré qui se déroule au Tibet, l’énergie de Shamballa est déversée sur la Terre à travers le Bouddha. Au cours de la cérémonie, qui dure environ une heure et demie, connue sous le nom de Wesak en Occident et de Sakadawa en tibétain, un groupe de grands Etres, les Connaissants de la race humaine, prennent place à l’extrémité nord-est de la vallée en face d’un rocher plat sur lequel est posée une coupe de cristal remplie d’eau. Les trois chefs des départements de la Hiérarchie, le Manu, Maitreya le Christ, le Mahachochan, ainsi que les Maîtres des sept rayons se déplacent en dessinant des figures symboliques tandis que des versets sont chantés en ancien pali. Au point culminant de la cérémonie, les Maîtres et leurs disciples regroupés forment une étoile à cinq branches, Maitreya se tenant à la pointe, face au rocher servant d’autel.
Au moment de la pleine lune, le Bouddha, assis en lotus, vêtu de sa robe safran, apparaît tout d’abord comme un point minuscule dans le ciel. Puis, selon Leadbeater il se transforme en une gigantesque silhouette entourée d’une brillante aura et de sphères lumineuses de différentes couleurs, bleu outremer éclatant, jaune doré, pourpre, blanc argenté et rouge écarlate, d’où partent des rayons verts et violets. Les couleurs de l’aura du Bouddha sont également décrites dans les anciennes écritures bouddhistes. Cet être rayonnant plane au-dessus de la coupe de cristal et des trois grands Seigneurs. Un mantram, utilisé uniquement à l’occasion de cette fête, est entonné par Maitreya.
C’est le moment suprême pour l’enrichissement spirituel de l’humanité. Les énergies de Shamballa, transmises par le Bouddha, sont reçues par Maitreya en tant que représentant de l’humanité. Puis la coupe de cristal est soulevée et bénie par lui, tandis que les participants à la cérémonie s’avancent, un par un, pour boire une petite gorgée d’eau. Les pèlerins qui réussissent à parvenir jusqu’à la vallée apportent leurs flacons d’eau pour participer à la bénédiction finale. La cérémonie se termine lorsque le Bouddha lève la main droite en signe de bénédiction, avant de s’éloigner lentement jusqu’à redevenir un point minuscule dans le ciel.
Ceux qui ont été témoins de cette cérémonie en rêve en ont gardé un souvenir très vif. L’authenticité de cette expérience est confirmée par A. Bailey qui a, à deux reprises et à sept ans d’intervalle, assisté à la fête en rêve.
Dans Psychologie ésotérique, volume 2, elle affirme que les efforts réunis des disciples dans la préparation spirituelle, avant et après le Wesak, sont d’une importance capitale. Cela semble tout particulièrement vrai maintenant que nous entrons dans le nouveau millénaire. On assiste à un énorme mouvement mondial en faveur de la fraternité, de la justice et de la paix et l’opportunité offerte par le Wesak est exceptionnelle. C’est comme si une grande allée de lumière s’ouvrait pour canaliser cet immense afflux d’énergie venant de Shamballa.
Chacun de nous peut coopérer au Plan en se préparant, par la méditation, à transmettre les forces nouvelles déversées par les grands avatars, notamment l’Esprit de paix et l’Avatar de synthèse. A. Bailey suggère d’avoir une attitude de service et de consécration à la tâche que l’âme nous confiera et qui nous permettra d’être utile au Plan. Elle suggère que les disciples se préparent au moins deux jours avant cet événement extraordinaire et s’y consacrent encore deux jours après. Le jour de la pleine lune, nous devrions nous tenir fermement dans la Lumière.
Les Maîtres et « l’Instructeur des anges et des hommes » attendent les disciples qui, quel que soit leur niveau de compréhension du plan, sont prêts à se sacrifier d’une manière ou d’une autre pour l’humanité et à participer à la création d’une immense réserve d’énergie qui profitera au monde entier, au cours de toute l’année. La Grande Invocation, donnée à l’humanité par l’intermédiaire d’A. Bailey en 1945, qui invoque ces énergies puissantes, surtout lorsqu’elle est prononcée en groupe et plus particulièrement lors de la méditation de transmission, est d’une grande utilité dans ce processus.
A. Falzon : La Fête de Wesak ; A. Bailey : Psychologie ésotérique, tome 2 ; Elisabeth Booz : Tibet ; C. W. Leadbeater : The Masters and the Path (Les Maîtres et le Sentier) ; Galen Rowell : The Dalai Lama – My Tibet
Auteur : Joséphine Harrison, collaboratrice de Partage international à Vancouver, Canada
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()
