Partage international no 70 – juin 1994
Interview de Sri Ganapathi Satchitananda par Marijke op ten Noort
Sri Ganapathi Satchitananda vient de donner une série de concerts dans le monde entier, utilisant sa musique comme moyen de guérison. Il est né en Inde en 1942. Dans son ashram, où tous les visiteurs sont nourris gratuitement et où la nourriture est distribuée quotidiennement aux pauvres, on peut également étudier le yoga, les Vedas et le sanskrit. Sri Swami a fait bâtir deux écoles locales et un hôpital ayurvédique qui prodigue des soins médicaux gratuits aux habitants des environs. Des médecins viennent de temps à autre dans l’ashram, donnent des consultations gratuites en ophtalmologie et assurent un service dentaire. Nous avons assisté à son concert, à Amsterdam, et l’avons interviewé le lendemain.
Acceptant en souriant un bouquet de roses blanches offert par l’un d’entre nous, Sri Satchitananda a demandé malicieusement : « Qu’y a-t-il donc dans cette rose ? » Les yeux pétillants, il commença à effeuiller la fleur en ajoutant : « Y avez-vous mis cela ? » Et il extirpa soudain de la rose un magnifique pendentif réalisé dans une racine d’un arbre sacré et le donna à celui qui lui avait offert les fleurs.
Swami répéta ce rituel, matérialisant à partir d’une autre rose une bague pour ma sœur ; d’une autre encore, il sortit un pendentif pour moi.
Nous avions déjà entendu dire que cet homme, lorsqu’il était enfant, transformait les feuilles des arbres en bonbons. Maintenant, il accomplit des guérisons miraculeuses et matérialise des Shiva lingams. Profondément impressionnés par ce que nous venions de voir, nous avons questionné le swami.
Marijke : « Swami, on dit que vous pouvez guérir grâce à votre musique. Que se passe-t-il lorsque les gens l’écoutent ?»
Sri Satchitananda : C’est le Seigneur qui guérit. Je ne prétends pas le faire; je suis seulement son instrument; je ne suis rien devant sa puissance. Voilà ce qui se passe : nous avons 72 000 nadis* dont 14 majeurs. Chaque nadi vibre selon sa fréquence propre. La musique apaise les nadis et les aide à vibrer au rythme approprié. La musique devient thérapie lorsque les thérapeutes — les musiciens — et les auditeurs se concentrent profondément sur ces airs et ragas spéciaux. Une musique adéquate aide à parvenir à un état de relaxation en calmant les nerfs et, grâce à cela, on atteint la paix et la tranquillité de l’esprit.
Pendant ses concerts, son visage expressif change constamment, passant d’une joyeuse expression enfantine à une autre beaucoup plus sérieuse, ou bien adressant un sourire divin à l’auditoire. A part les ragas, il joue et chante ses propres compositions. Sa voix est particulièrement impressionnante et belle.
Sri Satchitananda est accompagné par d’excellents musiciens utilisant des instruments indiens classiques, mais nous avons été surpris de l’entendre jouer sur un synthétiseur.
Lorsque nous lui avons demandé pourquoi il utilisait ce genre d’instrument, il nous a expliqué : « Un synthétiseur est capable de produire le son d’un seul instrument tout comme la combinaison de plus de 1 100 instruments. Cela permet un plus grand champ de guérison par la musique, en ajoutant aux qualités vibratoires variées des différents ragas. Je compose aussi des musiques discordantes, afin de créer certains effets, en fonction de l’auditoire, du jour, et même du moment de la journée. »
Marijke : Chaque jour, l’homme est confronté à la faim, à la guerre, au crime, à des perturbations climatiques et à des bouleversements de toutes sortes. Que pensez-vous qu’il arrive dans le monde ? Comment expliquez-vous tout cela ?
Sri Satchitananda : Nous traversons la période du kali yuga qui est une époque extrêmement difficile pour l’humanité et qui n’est pas encore terminée. Les humains et la planète souffrent de la pollution, de radiations nucléaires, etc. Tous aspirent à plus de vérité et de justice, et réalisent que ce qu’ils expérimentent n’est pas l’essence véritable de la vie. Notre rôle est d’aider les gens avec nos guérisons, notre sagesse et notre compréhension. Ils apprendront finalement à coopérer et le monde changera pour un monde meilleur.
Saï Baba et Maitreya
J’ai montré à Sri Satchitananda la photo de Maitreya, tel qu’il est apparu au Kenya, et lui ai demandé s’il était en relation avec Maitreya et Saï Baba. Voici sa réponse :
« Nous travaillons tous ensemble et sommes étroitement reliés. Il — et ce disant, il pointa son index vers le haut — a donné différents dons à chacun selon sa nature spécifique. »
Puis je citai la phrase de Saï Baba : « Le service est le seul chemin vers la réalisation du soi » et le message n° 31 de Maitreya : « Rien n’arrive seul. L’homme doit agir et réaliser sa volonté », et je lui ai demandé quel était son message pour tous ceux qui aiment s’asseoir aux pieds d’un guru, en pensant que le guru ou Dieu se chargeront de tout faire. Il répondit : « Tout guru, tout instructeur qui préconise une telle attitude trompe les gens et ne peut donc être un véritable instructeur. La méditation est un aspect très important de la vie, mais elle ne peut être efficace qu’accompagnée de bonnes actions. Mon ashram est un ashram de Karma yoga. Karma signifie le travail. J’aide toute personne qui aide. Je viens d’une très riche famille, mais j’ai tout donné aux pauvres. J’aime travailler et ne reste jamais oisif. »
* Les nadis pourraient être définis comme étant la contrepartie éthérique des nerfs du corps physique. Ce sont de petits canaux d’énergie qui sont à la base de tout le système nerveux.
Auteur : Marijke op ten Noort, correspondante de Partage international aux Pays-Bas.
Thématiques : Sciences et santé, spiritualité, émergence
Rubrique : Entretien ()
