Les méthodes de service

Partage international no 45mai 1992

par Aart Jurriaanse

Chaque serviteur potentiel doit trouver sa place particulière et sa propre méthode de service. La forme de service qu’il adopte revêt une importance secondaire — ce qui importe est le mobile qui l’inspire. S’il provient du cœur et de l’âme, son fondement sera l’amour de l’humanité et, quelles que soient la nature ou les modalités du service, celles-ci seront adaptées à la situation spécifique du serviteur.

Il convient également de réaliser que, comme pour toutes choses, un apprentissage est indispensable, et que l’homme doit donc, de préférence, commencer par des activités de service limitées et relativement simples. L’expérience acquise, de nouvelles opportunités se présenteront, démontrant ainsi que les possibilités de service sont infinies, pour peu qu’on sache les identifier. Une fois goûtée, la joie du véritable service se révélera si contagieuse, que rien ne pourra plus soustraire le serviteur à une future carrière toute entière dédiée au service.

Le serviteur efficace doit en permanence faire preuve de discrimination dans l’approche de son travail. Il doit se montrer capable d’évaluer ses propres capacités et ses aptitudes, et se rendre compte de ses limitations. Son zèle ne doit donc pas le conduire à se précipiter vers des domaines d’activités auxquels sa formation et son expérience antérieure ne l’ont pas préparé, et dont il ne peut assurer le succès. En effet, une telle entreprise inconsidérée ne peut conduire qu’à une perte de temps, à un gaspillage des occasions fournies et de l’effort, et peut provoquer des effets dommageables et frustrants.

Toute approche intelligente et sage reconnaîtra la valeur ésotérique de l’argent dans l’optique du service. L’argent n’a rien de mauvais en soi. Il représente simplement de l’énergie, ou du pouvoir, temporairement convertis sous forme pratique et symbolique. Comme pour tout ce qui a trait à l’énergie, l’important est la manière de l’utiliser. Par essence, l’énergie ou l’argent constitue une force aveugle et impersonnelle, pouvant être bien ou mal employée, selon la direction qu’on lui donne. De nos jours, l’argent se trouve revêtu d’une connotation négative, car il est étroitement associé, inconsciemment, au mal, aux désirs égoïstes, à l’avidité et aux pratiques malhonnêtes dans le domaine des affaires. Mais d’ici peu, l’argent se verra employé à de meilleures fins, et sera placé au service des véritables besoins de l’homme, afin de favoriser les conditions d’une croissance spirituelle durable.

L’argent, qui pouvait dans le passé être considéré comme le symbole de l’égoïsme humain, devra dans le Nouvel Age devenir le symbole de la bonne volonté de l’homme, ce qui exigera un changement complet d’attitude à son égard. Ainsi faut-il transmuter l’argent en un véritable moyen d’action spirituelle et en source de responsabilité, afin qu’il devienne un puissant intermédiaire du service mondial.

Lorsque le disciple atteint l’âge où il peut normalement s’attendre à approcher la fin d’un autre épisode de vie physique, il peut adopter plusieurs attitudes.

  1. Une personnalité épuisée et physiquement usée tendra à se ranger, estimant qu’après une vie accomplie et riche, le temps est arrivé d’une période de repos bien mérité. Les années restantes, simple expression d’habitudes établies, ponctuées par le temps, verront probablement s’installer les signes d’une perte de certains des contacts spirituels déjà acquis.
  2. Il peut se produire une prise de conscience du fait que la personnalité a atteint sa capacité maximale pour la vie en cours. Mais cela devrait s’accompagner de la certitude qu’il ne s’agit que d’une phase intermédiaire dans la vie de l’âme, et que l’évolution du Soi immortel est sans fin.
  3. Le processus du vieillissement ne devrait donner lieu à aucune préoccupation déplacée, qui serait révélatrice d’une trop grande importance accordée à l’être physique. Accordez au corps la considération dont il a besoin afin de le maintenir dans un ordre de marche convenable, mais concentrez par ailleurs votre attention sur le mental, alimentant et programmant l’ordinateur, afin de le pousser à sa capacité et à son efficacité maximales, jusqu’à l’heure de fermeture, lorsque l’âme en coupant le courant, se libère afin de se rendre temporairement en des lieux mieux équipés et éclairés.
  4. En réalité, au cours de la vieillesse, après avoir accumulé une vie entière d’expériences profitables, l’âme se trouve partiellement relevée de nombre de ses engagements routiniers de la vie active, et peut enfin servir avec plus de liberté. Il n’y a plus de problèmes nouveaux à résoudre, ni de nouvelles disciplines à suivre, et le disciple peut alors, pour le temps qui lui reste, tranquillement et avec confiance, placer son expérience au service de l’humanité, des Grands Êtres, et du Plan. Si tel est le cas, il peut parfaitement se produire que le serviteur traverse « la ligne de démarcation » en « continuité de conscience », et poursuive les tâches en cours, en les approchant toutefois depuis un autre niveau.

Le serviteur doit apprendre rapidement à ne jamais rechercher la gratitude, la reconnaissance ou la récompense pour ses actions. Il doit apprendre à servir avec impersonnalité. Plutôt qu’à la reconnaissance pour les services rendus, il doit être préparé à l’ingratitude, aux rebuffades, à la franche opposition émanant d’amis et de relations, et même à l’humiliation et à l’outrage. Toutefois, aucun de ces désagréments ne découragera le véritable serviteur, une fois qu’il aura fermement posé les pieds sur le Sentier, qu’il aura conscience de la lumière à atteindre, et qu’il percevra clairement son objectif.

Le disciple placera donc tous ses efforts dans l’accomplissement de cette petite partie du Plan dont il a pris la responsabilité. Ayant accompli au mieux de ses capacités et avec total désintéressement la tâche qu’il s’est lui-même assignée, le serviteur ne cherchera pas de reconnaissance pour son action, ne perdra pas de temps en contemplation rétrospective de ses erreurs, et ne se glorifiera pas de ses succès. Il rassemblera plutôt ses forces une fois encore, se tournant vers la tâche suivante, opportunité supplémentaire qui l’attend. Il goûtera cette joie intérieure d’avoir fourni le meilleur de lui-même en vue d’un objectif qu’il pensait en valoir la peine. Il réalisera que des Yeux plus Sages évalueront le fruit de ses efforts avec un amour et une appréciation d’une profondeur inconnue de l’homme. Pourvu que l’âme du serviteur soit sans reproche, il importe peu que les résultats apparents n’atteignent pas ses attentes, ou que ses frères humains le critiquent ou manquent de compréhension à son égard.

Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : sagesse éternelle
Rubrique : Esotérisme ()