Partage international no 89 – février 1996
L'accord signé à Paris a été difficile à atteindre et pourrait s'avérer encore plus difficile à faire respecter, mais il apporte une paix fragile dans une région qui endure une guerre cruelle depuis près de quatre ans, une guerre au cours de laquelle 250 000 personnes sont mortes et deux millions de civils ont dû abandonner leur lieu d'habitation.
Avec cet accord, la Bosnie-Herzégovine reste un seul pays, doté de frontières internationales reconnues. Mais dans les faits, elle a été divisée en deux, voire en plusieurs parties. La moitié du territoire reste sous le contrôle des Serbes de Bosnie et l'autre moitié deviendra une fédération de forces musulmanes et de milices croates. Une force de maintien de la paix de l'OTAN, de 60 000 hommes, tentera d'empêcher les factions guerrières de rallumer la guerre civile.
De nombreux problèmes potentiels ont été traités avec cet accord : tenue de nouvelles élections, rapatriement des populations déplacées, compensation pour les pertes matérielles, protection des droits de l'homme et reconstruction économique. La manière dont on réussira à traiter tous ces aspects pourra faire la différence entre la paix et une reprise de la guerre.
