Les catastrophes sont-elles engendrées par l’homme ou bien par Dieu ?

Partage international no 2octobre 1988

« Un certain nombre de catastrophes naturelles, telles les inondations, les tremblements de terre, etc., sont inévitables. »

Cette prédiction, faite par un collaborateur de Maitreya et citée dans le numéro de septembre de Partage international, s’est malheureusement révélée exacte, comme on a pu le constater le mois dernier. Successivement, de violents tremblements de terre ont ébranlé l’Inde et le Népal ; un tremblement de terre de forte intensité a secoué le Japon (n’entraînant, heureusement, que peu de dégâts) ; des chutes de pluie torrentielles, suivies d’inondations, ont semé la destruction et la dévastation au Bangladesh et au Soudan – ainsi qu’au Niger, au Salvador, au Tchad, en Chine et en Union soviétique, qui ont cependant été moins touchés ; des cyclones ont ravagé le Mexique ; et un gigantesque glissement de terrain s’est produit en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La communauté internationale est confrontée – comme elle l’a rarement été jusqu’à présent – au choix suivant : aider les victimes de ces catastrophes ou rester indifférente à leurs souffrances. Comme l’a déclaré le collaborateur de Maitreya : « nous pouvons, de notre propre libre arbitre, diminuer la douleur en répondant avec empressement aux besoins des hommes. »

La justesse de cette déclaration est tout à fait évidente : les conséquences des calamités naturelles (la faim, la maladie, les blessures, les épidémies) peuvent être atténuées grâce à l’aide internationale. Il serait toutefois préférable que l’humanité reconnaisse sa responsabilité évidente, au moins pour une grande part, dans la survenue de ces calamités.

La technologie actuelle permet de maîtriser les inondations dans pratiquement tous les cas. Il y a 25 ans déjà, des experts européens exposèrent les grandes lignes d’un « plan directeur » pour le Bangladesh – qui est, une fois de plus, le pays le plus sévèrement touché – mais ce plan ne fut jamais appliqué. La coopération internationale est indispensable à la mise en application d’un plan d’une telle envergure ; la détermination de changer de manière radicale la politique économique actuelle est également nécessaire, car c’est cette politique qui est à l’origine du déboisement massif, de l’érosion du sol, ainsi que d’autres formes d’exploitation abusive de la nature. L’argument consistant à affirmer qu’il n’y a pas d’argent pour des projets aussi gigantesques est insuffisant ; le coût de telles calamités survenant de manière périodique est, à long terme, plus élevé que leurs préventions. Reprenons l’exemple du Bangladesh : ce pays voit détruire chaque année, en raison des inondations, plus de céréales de sa propre production qu’il n’en reçoit par le canal de l’aide alimentaire internationale. Même devant les conséquences des tremblements de terre, l’homme ne reste pas désarmé. De nombreux pays riches ont assuré une protection sismique à leurs immeubles et à leurs constructions dans les zones à risque, de telle sorte que les dégâts et le nombre des victimes y sont maintenant infiniment moins important que par le passé. Nous n’avons agi, jusqu’à présent, qu’au niveau des effets. Selon Maitreya, l’humanité elle-même peut agir sur les causes. Dans le numéro du mois dernier, Son collaborateur a mentionné « l’indifférence » et les « pensées destructrices » comme étant les causes de certains événements du monde physique, tels que la sécheresse et les accidents.

Apprendre à utiliser et à appliquer cette loi de cause et d’effet aboutira, plus que toute autre chose, à maîtriser à la fois les causes et les effets des catastrophes. L’instauration de justes relations humaines est à nouveau la solution permettant d’atteindre une plus grande liberté et une plus grande sécurité.

Il est donc inutile et superflu d’attendre passivement que de nouvelles catastrophes frappent le monde, tout en rejetant la faute sur Dieu ou sur une Nature aveugle et incontrôlable. « Ce doit être l’œuvre de quelqu’un d’autre que Dieu, » écrivit le journal The Guardian à propos de la dernière inondation au Bangladesh. « Pourrait-il s’agir de l’homme ? »


Thématiques : environnement, sagesse éternelle
Rubrique : Editorial ()