Q : On dit que nourrir les peuples qui souffrent de la faim et satisfaire leurs besoins les conduira à une situation de dépendance. Comment répondre à cette objection ?

Partage international no 69mai 1994

Quand on a faim, on a besoin de recevoir de la nourriture jusqu'à ce que ce besoin soit satisfait et que l'on soit en mesure de la produire soi-même. La faim ne vient pas du refus de produire sa propre nourriture, mais de ce que l'on est trop pauvre pour le faire. Imaginez, par exemple, que la Grande-Bretagne connaisse une sécheresse telle que survienne une situation de famine. Nous aurions alors tout naturellement recours à l'Europe ou à l'Amérique pour importer des denrées alimentaires, parce que nous avons l'argent pour les payer. Mais les populations du tiers monde, elles, n'ont pas cet argent, parce que nous les maintenons dans leur état de misère. Les nations du G7 organisent l'économie mondiale de telle façon qu'elles consolident leur richesse et accroissent la pauvreté du tiers monde, élargissant ainsi chaque jour le fossé qui nous sépare. Quant à l'« aide » que nous apportons aux pays du tiers monde, il serait plus juste de parler d'usure. Car le service de la dette qui écrase ces pays se chiffre par milliards et dépasse de loin les nouvelles aides que nous leur consentons. Au point qu'aucun d'entre eux ne peut sortir seul de cette impasse où il se trouve condamné à la misère. Maitreya créera une attitude générale de service-au-monde, qui poussera les Occidentaux à distribuer d'eux-mêmes aux pays du tiers monde la nourriture dont ils manquent jusqu'à ce qu'ils soient en mesure d'en assurer la production de manière autonome. Mais il est impossible d'accéder à cette autonomie du jour au lendemain lorsque l'on est plongé dans la pauvreté. C'est pourquoi, pour organiser cette distribution et résoudre ainsi le problème de la faim sur la planète, il sera mis en place un programme digne de ce nom, à côté duquel ce que nous faisons aujourd'hui fera figure de bricolage.

Réponses données par Benjamin Creme