Partage international no 423 – novembre 2023
L’obligation inexorable de gagner sa vie est derrière cette terrible domination du temps. Pour les ouvriers d’usine, cela implique non seulement l’incroyable ennui de faire et de refaire sempiternellement le même geste sur la chaîne, mais cela fait également exploser l’expérience que constitue votre vie, votre conscience d’instant en instant, en minuscules fractions de temps correspondant à chacune des pièces. C’est une tension interne, une négation de la vie dont on ne peut avoir idée, à moins de travailler sur une chaîne de montage.
Ce type d’automatisation totale se produit de plus en plus. C’est une automatisation et une mécanisation de l’humanité. Ce serait une tout autre affaire si l’idéal était de remplacer l’homme par une véritable automatisation au moyen de robots. Cela libérerait l’humanité, lui laissant le loisir d’explorer sa véritable nature créative. Malheureusement, lorsque cela se produit de nos jours, c’est dans le contexte des forces du marché et du mercantilisme. La tendance est toujours de remplacer l’homme par la machine. Mais les gens sont alors mis au chômage et ne s’en trouvent pas mieux. Dans un sens, la situation est même pire qu’avant du fait qu’ils ne sont pas préparés aux loisirs. Et ces « loisirs » ne sont pas payés ou presque par les services sociaux. (La Mission de Maitreya, tome 3)
