Partage international no 80 – avril 1995
Mon Maître a écrit un article, paru dans le numéro de juin 1993 de Partage international, que nous avons envoyé, sous forme de communiqué de presse, aux médias du monde entier1. Il demandait l’instauration d’une Organisation des Nations unies capable de « montrer les dents », avec un potentiel militaire suffisant pour faire face à des situations comme celles de la Bosnie ou du Rwanda et celles qui apparaissent dans l’ex-Union soviétique. Tant que l’Onu ne montrera pas plus de puissance, nous aurons toute une série de guerres de ce genre.
Des hommes tels que Milosevic, en Yougoslavie, et Karadjic, en Serbie, sont des aventuriers qui voient, dans la faiblesse de l’Onu et les divers déséquilibres mondiaux, l’occasion de créer des situations qui leur permettront de gagner des territoires et du pouvoir ; ce sont des hommes assoiffés de pouvoir. Ils ont profité de l’effondrement de l’Union soviétique, qui a provoqué une vague de nationalisme et une aspiration à la libre expression chez les différents peuples, pour acquérir ce pouvoir. Ce sont des dictateurs autoritaires, de type fasciste, qui ne sont pas réellement concernés par les aspirations nationales du peuple.
Face à de telles situations, l’unique parade est de doter l’Onu d’une armée suffisamment puissante, avec le soutien de toutes les nations, qui doivent lui fournir soldats et armements suffisants. Ces soldats n’auraient pas pour mission de faire la guerre, mais simplement d’être présents, prêts à agir, empêchant ainsi le développement de telles situations qui, autrement, continueront à se produire dans le monde entier. Nous en avons eu la preuve lorsque l’ONU a menacé de bombarder les forces serbes sur les pentes entourant Sarajevo : les Serbes se sont retirés et Sarajevo s’est transformée sur le champ en zone de « sécurité ». Cela aurait pu se répéter dans toute la Bosnie, mais les autorités, particulièrement en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne, sont trop préoccupées par leurs petits problèmes politiques et leur propre économie. La dernière chose qu’elles soient disposées à faire est bien de rassembler les fonds et les forces nécessaires à une réaction efficace face à l’esprit de conquête des Serbes en Bosnie.
Les Nations unies doivent avoir suffisamment de pouvoir pour agir au nom de l’humanité. Les dangers sont trop grands aujourd’hui : il suffirait que l’un de ces aventuriers se procure une bombe nucléaire, (on en trouve à bon marché en ex-Union soviétique), pour que la situation devienne extrêmement dangereuse.
