Q : Au cours d’un procès, un magistrat britannique a récemment estimé qu’on ne peut classer les « dommages personnels causés par la répétition d’une situation stressante » dans aucune caté­gorie juridique, puisqu’ils n’ont aucune réalité proprement ­médicale, mais sont d’origine purement psychologique et émotionnelle, n’affectant que les personnalités trop fragilisées pour résister au stress de la vie quotidienne. Pourriez-vous donner quelques éclaircissements sur ce genre de troubles, parfois ­importants, qui affectent un nombre croissant d’individus ?

Partage international no 65février 1994

Cet arrêté traduit, de la part de ce juge, une incompréhension qui étonnera probablement bon nombre de professionnels de la santé. Ce type de maladie, de plus en plus dommageable, est dû au mercantilisme conditionnant nos vies ; c’est une protestation de notre corps contre cette robotisation. Les longues heures passées devant un ordinateur, à répéter les mêmes gestes à l’infini, affectent les muscles, les tendons et les articulations et peuvent conduire à de sévères troubles de la mobilité. Il s’agit d’une maladie, même si elle n’est pas encore classée comme telle dans les traités de médecine.

Je pense que nous devrions adopter la pratique japonaise qui ­consiste à faire des exercices avant de prendre le travail, ainsi qu’à intervalles réguliers au cours de la journée. De nombreuses personnes, pas nécessairement « fragilisées », qui restent assises, crispées devant leur ordinateur sont également prédisposées à ce genre de maladie.

Réponses données par Benjamin Creme