par Benjamin Creme,
Cet article est la transcription d’une conférence donnée par Benjamin Creme à San Francisco (Etats-Unis) et à Kerkrade (Pays-Bas) lors des rencontres internationales de méditation de transmission de l’année 1993.
La science de l’antahkarana et de son utilisation est probablement la science la plus importante des temps à venir, mais cet exposé n’a pas la prétention de couvrir la totalité du sujet.
Il s’agit d’une science encore inconnue de l’humanité, mais qui deviendra la science du mental dans le nouvel âge, la science de la construction du pont entre l’homme inférieur et l’homme supérieur, ainsi d’ailleurs que de nombreux autres ponts : entre les différents membres de la famille humaine en tant que groupe ; entre un centre – l’humanité – et un autre – la Hiérarchie ; entre la Hiérarchie et Shamballa ; entre l’humanité, par l’entremise de la Hiérarchie, et Shamballa ; entre notre planète et d’autres planètes, notre système solaire et d’autres systèmes solaires. Tous ces ponts et connexions résulteront de l’utilisation correcte de la science de l’antahkarana, qui deviendra la discipline la plus importante de l’éducation de l’humanité dans l’ère qui vient.
La meilleure façon d’étudier l’antahkarana est de lire les enseignements d’Alice Bailey, plus particulièrement Education dans le Nouvel Age, ainsi que les Rayons et les Initiations pour les développements plus poussés. Pas plus que les ouvrages d’Alice Bailey, cet exposé ne vous révélera la technique de la science de l’antahkarana. Pour ce qui concerne l’humanité dans son ensemble, cette technique se situe encore dans un avenir lointain. Il s’agit d’un processus graduel d’illumination qui deviendra la science primordiale pour l’humanité – la science de l’évolution en tant que race, et la science de l’établissement des connexions internes, qui bien sûr existent déjà, mais doivent être construites de façon consciente par l’homme en incarnation de façon à lui permettre de tisser le fil du retour à la source dont il est issu. C’est vraiment la science du Sentier du Retour.
Pendant des âges et des âges, l’âme, du plan qui est le sien, regarde son reflet, l’homme ou la femme sur le plan physique, et ne voit aucun moyen d’intervenir dans son développement. L’âme ne peut pratiquement rien faire, sinon créer un corps, lui donner ses diverses structures physique, astrale et mentale, et le laisser accomplir son travail d’évolution.
Puis, vient une vie – en fait une série de vies – où l’âme constate que son reflet, l’individu, commence à répondre à l’influence de l’énergie qui le relie à elle, et le processus d’« imprégnation » de l’âme commence.
En réalité, chaque individu est triple : il est la Monade ou Etincelle divine, le Soi impersonnel qui se reflète sur le plan de l’âme en tant qu’âme humaine individualisée, ou ego. L’âme, à son tour, se reflète sur le plan physique dense en tant qu’homme ou femme en incarnation.
Ceci constitue la « descente », processus par lequel l’esprit prend contact avec son opposé polaire, la matière. Quand l’esprit – ou aspect vie – et l’aspect matière se rencontrent, cela donne naissance à un troisième aspect, celui de la conscience. L’antahkarana est avant tout le fil de la conscience. Il est le résultat de l’interaction de la vie avec la forme, avec la substance, avec la matière. Cette interaction produit quelque chose d’entièrement différent, que nous appelons « conscience ». Nous pouvons également l’appeler « Principe christique ». Tel est le processus d’évolution.
Ceux qui étudient l’anthropologie, l’histoire de l’évolution sur le plan physique – l’évolution des formes – savent qu’au début la planète était couverte de grands océans fourmillant de vie, et qu’il n’y avait rien sur la terre ; puis que certains des animaux les plus évolués – poissons, reptiles de toutes sortes – gagnèrent progressivement la terre ferme, pour devenir les premiers reptiles et mammifères. Petit à petit, se développa un type pré-humain, qui finit par devenir le premier homme-animal et qui se sépara du règne animal. Puis le germe mental appelé à devenir le noyau du corps mental se forma enfin, et la race humaine commença. Cette théorie est réfutée par les fondamentalistes chrétiens et par d’autres groupes religieux intégristes qui nient la réalité de la théorie de l’évolution de Darwin. Mais les ésotéristes l’acceptent comme étant une description plus ou moins exacte de la croissance de la forme et de son évolution sur cette planète.
Mais ceci ne nous concerne pas. Ce qui nous intéresse, en tant qu’êtres humains évoluant sur le sentier du retour vers notre Source, n’est pas l’évolution de la forme – qui a plus ou moins atteint la perfection bien que certains ajustements ou améliorations mineures restent encore à faire – mais bien plutôt l’évolution de la conscience. L’évolution de la conscience est le processus par lequel nous devenons conscients de nous-mêmes et de notre environnement, et créons ensemble l’évolution de la race humaine.
Le processus de descente de la Monade vers l’âme, puis de l’âme vers la personnalité, doit maintenant reprendre en sens inverse. L’homme triple – physique, astral et mental – doit trouver le sentier du retour vers sa Source par un processus d’union : tout d’abord avec l’âme puis, par l’intermédiaire de la Triade spirituelle ou reflet de la Monade, avec la Monade elle-même, l’Etre monadique triple. Ce voyage de retour, ou le processus par lequel ce voyage de retour s’accomplit, s’effectue par la création, la construction et l’évolution graduelles de l’antahkarana. Il s’agit d’un processus conscient qui s’accomplit uniquement par étapes. De même que le processus de descente s’est déroulé lentement, sur des millions d’années, de même le voyage de retour peut être un processus long et laborieux – ce qui est d’ailleurs le cas pour la vaste majorité de l’humanité.
Nous nous trouvons dans le deuxième volet d’un système solaire triple. En d’autres termes, ce système solaire est la seconde incarnation ou manifestation du Grand Etre céleste que nous appelons le Logos solaire, qui a un Plan pour l’évolution de toutes les formes du système solaire.
Le premier système solaire a exprimé dans la matière, la substance, la qualité d’intelligence active. Il avait comme principal objectif la création intelligente de formes. Nous nous trouvons dans la deuxième manifestation de cette expression triple où la qualité de l’âme du Logos – l’aspect Amour ou Conscience – est en voie d’expression. L’antahkarana solaire est en train d’être construit par le Logos solaire et par toutes les formes, qu’elles le sachent ou non, qui évoluent depuis le premier système solaire, et qui créent maintenant le pont entre les premier et deuxième systèmes, comme elles le créeront ultérieurement entre ce système et le troisième. Le prochain système solaire exprimera l’aspect Volonté, ou aspect monadique, du Logos solaire. Une fois que le pont adéquat sera construit entre ces trois expressions, l’antahkarana solaire sera en place, ce qui conduira à l’apogée du Plan de notre Logos solaire dans sa triple manifestation.
Chaque système solaire crée un corps d’expression d’un niveau supérieur à celui du précédent. Le premier concernait la forme, la matière, et préparait, bien sûr, l’expression de l’âme. C’est toujours l’âme qui s’incarne, dans toutes les formes. En descendant dans la forme, l’âme – en réalité la Monade, l’aspect Esprit, par l’entremise de l’âme – entreprend un processus de rédemption de l’âme dans la forme. C’est le début de la spiritualisation de la substance. Le dessein qui sous-tend notre expérience de l’incarnation est précisément de spiritualiser la substance de ce présent système solaire. Lorsque nous aurons pris la substance – les formes créées dans le précédent système solaire – et l’aurons infusée de l’énergie de l’âme (l’aspect Conscience) dans le système solaire actuel, nous l’aurons alors élevée, rachetée ; nous aurons augmenté son taux vibratoire et l’aurons amenée à un niveau auquel la Volonté, l’aspect Dessein de Dieu (du point de vue de notre Logos solaire) pourra s’exprimer.
Dans le système solaire actuel, Dieu est Amour. L’Amour est l’aspect de l’âme, la Volonté y est l’aspect du niveau atmique de l’Etre. Dans le prochain système solaire, Dieu sera Volonté et Dessein. Chacun d’entre nous, en tant que microcosme, évolue exactement de la même manière que le macrocosme, notre Logos solaire, qui, par sa triple manifestation, accomplit son Plan d’évolution à travers tous les règnes et toutes les planètes.
En nous incarnant, nous accomplissons donc quelque chose d’extraordinaire, quelque chose d’infiniment plus grand que ce que nous pouvons concevoir en tant qu’individus. Mais dès que nous nous rendons vraiment compte de l’interrelation entre microcosme et macrocosme, notre vision du dessein – notre sens de la réalité – dans la vie s’en trouve approfondie, et devient un stimulant qui nous pousse à nous concentrer davantage, et à construire une ligne directe d’ascension entre ce niveau inférieur (car c’est ce qu’il est) d’expression de la Déité, et celui du dessein sous-jacent de perfection de la Déité.
L’énergie de chaque système solaire s’élève et devient le fondement du système solaire suivant, tout comme pour l’individu, chaque incarnation crée, par l’intermédiaire de ses véhicules, une nouvelle expression qui atteint un certain niveau vibratoire. Cette vibration se maintient exactement au niveau atteint au moment de la mort.
Il y a trois « atomes permanents » autour desquels les nouveaux corps, physique, astral et mental, se forment. Ces atomes permanents ont exactement la fréquence vibratoire atteinte lors de la vie précédente – ce qui explique donc que le taux vibratoire atteint représente le niveau de perfection ou de spiritualisation de la matière auquel nous sommes parvenus. L’âme imprègne de son énergie la matière des trois corps, sauvant et rachetant ainsi cette matière. Elle élève de plus en plus leur vibration, jusqu’à ce que soit atteint le point où elle puisse se refléter directement, sans entraves, par l’intermédiaire de la personnalité. C’est ainsi que nous devenons divins. Nous accomplissons cela en élevant le taux vibratoire de la substance des trois corps jusqu’à ce que l’Homme divin, l’âme sur son propre plan, puisse se manifester d’une façon relativement parfaite dans son reflet, l’homme ou la femme sur le plan physique. Tel est le processus de l’évolution, du retour, dont la technique constitue la science de l’antahkarana.
Le sutratma
Il existe deux fils principaux reliant la Monade, par l’intermédiaire de l’âme, à l’individu en incarnation. L’un d’eux, le sutratma, le fil de vie, est ancré dans le cœur. Il vient directement de la Monade, est réfléchi par l’âme, et fixé dans le centre cardiaque, du côté droit du corps. De ce centre éthérique, il est réfléchi jusque dans le cœur physique, puis dans le courant sanguin qui, comme vous le savez, est le courant purificateur qui apporte l’énergie de vie à chaque partie du corps. Tant que le sang de la vie est envoyé correctement à travers le corps et qu’il reste exempt de tout poison, le corps physique peut déployer toutes ses capacités de mouvement et d’expression. De même, le véhicule de contact, le corps astral-émotionnel, et le corps mental dépendent de ce fil de vie, le sutratma, pour leur existence et leur bon fonctionnement.
Il existe un autre fil, qu’on appelle justement l’antahkarana, qui est ancré dans le centre de la tête. C’est grâce à ces deux fils que l’Etre triple, la Monade, l’âme et l’homme ou la femme sur le plan physique, vit sa vie. Ces deux fils informent l’ensemble et, en un courant descendant, établissent le lien d’abord entre la Monade et l’âme, puis entre l’âme et son reflet, l’homme ou la femme sur le plan physique.
Finalement, un troisième fil, celui de la créativité, est construit par l’individu lui-même par l’interaction entre l’énergie de l’âme, puis plus tard, de la Monade, avec l’appareillage physique. Ces trois fils entrelacés finissent par créer le pont qui relie entre eux les trois plans de l’existence.
Tout cela sera l’objet de la future science de l’antahkarana, le sentier du retour. Cela constituera la base de l’éducation dans le nouvel âge. Les individus seront reconnus pour ce qu’ils sont : des âmes en incarnation. Leur niveau d’évolution et leur structure de rayons seront établis et connus. Grâce à cette science, les hiatus entre les différents niveaux de notre être seront comblés. Cela ne devient possible qu’à notre époque, en raison du niveau d’évolution atteint par l’espèce humaine et, naturellement, grâce au retour dans le monde des seuls êtres qui connaissent vraiment cette science : les Maîtres.
Du fait du retour des Maîtres, cette science deviendra exotérique. Tous les enfants, dès leur plus jeune âge et jusqu’à 28 ans, seront alors initiés à la science de la Vie – la science de la construction du canal ou sentier du retour.
J’aimerais ici mettre l’accent sur l’unité fondamentale de méthode et d’approche existant entre certains termes. L’antahkarana est le pont qui est construit – tout d’abord au moyen de matière mentale, puis, plus tard, de lumière – tour à tour par l’aspirant sur le chemin d’évolution, le disciple et finalement l’initié. Pendant un certain temps, le lien entre l’homme ou la femme et le plan de l’âme est construit par « mentation », c’est-à-dire par le contrôle de l’énergie du corps mental. Cela conduit à la maîtrise du corps mental et à la création d’un pont par les formes-pensées. L’antahkarana est donc avant tout un pont reliant l’homme inférieur, le mental inférieur, à l’âme, puis le mental inférieur, par l’intermédiaire de l’âme, au mental supérieur, qui lui-même constitue l’aspect inférieur de la Triade spirituelle. Celle-ci est Atma, Buddhi et Manas – reflet, sur le plan de l’âme, de la Monade triple, ou Etincelle divine.
Le Sentier du Retour
Il y a différentes manières d’exprimer cette notion. Je me propose de les rassembler ici afin de mettre en lumière l’unité et l’interdépendance qui existent entre elles, car elles décrivent toutes, chacune à sa façon, un seul et même processus : le Sentier du Retour.
Le mystique pense au Sentier comme au Sentier menant à Dieu. Il ne le conçoit qu’en fonction de ses expériences et de ses sentiments religieux ou mystiques, de ses croyances religieuses mystiques, de ses doctrines, de ses dogmes, de ses diverses pratiques spirituelles et autres rituels. Il s’agit, pour les gens de type mystique ou dévotionnel, d’une façon d’approcher Dieu par la croyance, de se relier en conscience, par leur structure individuelle de croyance – qu’elle soit chrétienne, hindoue, bouddhiste ou autre – avec ce qui est sous-jacent à toute création. C’est ainsi que le croyant conçoit le Sentier du Retour – et, bien sûr, il a parfaitement raison : il s’agit bien du Sentier du Retour.
Mais tout le monde n’est pas croyant et, pour l’ésotériste, le Sentier du Retour est un sentier qui est littéralement construit par le disciple lui-même. Le disciple construit le Sentier en devenant le Sentier. Ce n’est pas quelque chose qui existe déjà et que l’on vous chuchote à l’oreille. Ce n’est pas du tout ainsi que cela se passe. Il s’agit du processus d’évolution lui-même. C’est ce même processus qui fit sortir les poissons de la mer et leur fit gagner la terre ferme, où ils évoluèrent pour devenir d’abord des reptiles, puis des mammifères, formant ainsi une multitude d’animaux divers, avant aboutir au summum du développement de la forme : le règne humain. Au-dessus du règne humain se trouve le règne des âmes, le règne dont la nature est la conscience. Le plan de la conscience est le plan sur lequel les Maîtres ont jusqu’ici travaillé de manière exclusive. Le Sentier du Retour est le Sentier par lequel la conscience de ce qui est et de ce qui pourrait être devient progressivement connue de l’homme dans sa quête, de l’individu en évolution.
En d’autres termes, par votre quête, par votre aspiration, vous créez devant vos pas. Comme le dit D. K. : « C’est à partir d’elle-même que l’araignée crée le fil de soie. » Ainsi, exactement de la même manière, l’aspirant, le disciple et l’initié créent devant eux le Sentier du Retour, le Sentier qui n’est pas encore tracé. C’est le sentier d’un éveil croissant à ce qui constitue, pour l’individu, sa relation avec le Tout. C’est un moyen par lequel nous saisissons et expérimentons de plus en plus profondément notre lien avec le Tout, avec le Macrocosme. Cela s’accomplit par une expansion croissante de notre conscience.
Ces expansions de conscience correspondent, sur notre planète, aux cinq initiations planétaires. Pour l’adepte, il existe en outre quatre initiations cosmiques. Au-delà de celles-ci, et à travers tout le Cosmos, d’autres initiations se succèdent les unes aux autres, éternellement, à travers l’espace galactique tout entier. Tout cela constitue le processus par lequel, grâce à la construction de l’antahkarana, la conscience de notre relation individuelle avec cette totalité s’éveille en nous.
L’antahkarana n’est pas une « forme ». Ce que vous voyez ici est une forme intitulée « Antahkarana », une lithographie produite à partir d’une de mes peintures. C’est une représentation purement formelle et symbolique de l’antahkarana. La Monade se reflète dans l’âme en tant que Triade spirituelle : Volonté spirituelle, Amour-Sagesse spirituel et Intelligence spirituelle, qui sont à leur tour reflétés par l’âme dans la personnalité physique. Le processus par lequel cela est rendu possible est l’antahkarana. Sur cette lithographie, la forme du bas représente l’être humain triple ; la colonne médiane blanche, qui relie la forme du haut à celle du bas, est une représentation symbolique du fil triple de l’antahkarana ; et la forme jaune pâle, en haut, représente l’âme elle-même.
Cette lithographie n’est pas l’antahkarana ; l’antahkarana n’est pas une forme. Etant donné la nature des mots utilisés, la plupart des gens qui pensent à l’antahkarana voient l’image d’un pont. Ce pont est construit tout d’abord de substance mentale, puis de lumière, et ils imaginent donc un pont physique. Un artiste ne peut pas faire autrement, bien sûr : on ne peut peindre un tableau sans utiliser des formes. L’artiste doit créer, à partir de son imagination créatrice, une forme qui symbolisera un processus ; mais la forme n’est pas le processus, ce n’est qu’un moyen d’exprimer l’idée du processus.
Toute personne qui pratique la méditation de transmission sait ce qu’être aligné veut dire. Lorsque l’alignement est parfait il y a, symboliquement parlant, une colonne de lumière au-dessus de la tête du méditant. Dans cette lumière se trouvent trois fils, trois courants d’énergie. C’est la forme, mais ce n’est pas l’antahkarana. Nous devons comprendre que la forme et l’idée d’un pont, que l’idée d’une colonne de lumière ou d’une quelconque forme de substance, n’est qu’un moyen de signifier quelque chose d’autre. Ici, ce dont il est vraiment question, c’est de conscience.
Parler de la conscience constitue, en quelque sorte, une manière vague et générale de parler du processus de retour. Nous « revenons » par une expansion progressive de conscience, par la construction consciente de l’antahkarana. Celui-ci est d’abord construit en substance mentale, entre la personnalité et l’âme. Puis l’initié – qui est déjà entré en contact avec son âme avec laquelle il a déjà établi une union étroite – utilise la lumière entre l’âme et la Monade, l’aspect le plus élevé de notre être triple. Alors, le contact entre la Monade – l’Etre divin semblable à Dieu, le reflet de notre Logos planétaire – et l’homme ou la femme sur le plan physique finit par devenir direct. C’est par ce processus que le Logos planétaire accomplit son Plan d’évolution par l’intermédiaire du règne humain, et c’est aussi par ce même processus que le Logos solaire accomplit son Plan, à un niveau supérieur plus vaste, par l’intermédiaire de tous les êtres de toutes les planètes, dans ce deuxième système solaire qui est le nôtre. Ce processus s’achèvera dans le troisième système solaire, où l’Aspect monadique – la Volonté, le Dessein, l’Amour fondamental de Dieu – parviendra à son expression parfaite et à son accomplissement.
Chacun d’entre nous, en ce moment même, est engagé dans la création de l’antahkarana. Un autre terme pour antahkarana, outre « pont de lumière », est « réalisation du Soi », selon l’expression même de Maitreya : « Je suis venu pour enseigner l’art de la réalisation du Soi. » L’art de la réalisation du Soi est la science de l’antahkarana : il s’agit d’une seule et même réalité.
Maitreya a affirmé que le sentier le plus simple, le plus direct, consiste à pratiquer trois choses : l’honnêteté mentale, la sincérité de cœur et le détachement. La pratique de ces trois disciplines conduit à la réalisation du Soi en permettant à l’individu de créer l’antahkarana. Pour la grande majorité des gens dans le monde, ce processus se poursuit de manière tout à fait inconsciente, jusqu’à un certain stade. La plupart des individus non évolués ne sont reliés que par le sutratma, le fil de vie qui provient de la Monade par l’intermédiaire de l’âme et est ancré dans le cœur. L’homme moyen est également relié par le fil de conscience, l’antahkarana, et lorsqu’il évolue grâce à la création de la première phase de l’antahkarana – le fil construit entre l’homme inférieur et l’âme – il a accès aux énergies de l’âme.
C’est alors que commence le processus créateur. Le mental et l’imagination créatrice sont stimulés, et il s’ensuit une vie de créativité et de service. Créativité et service sont une seule et même chose : le service est la vie de l’âme s’exprimant de manière créatrice sur le plan physique. Cela domine de plus en plus la vie de l’individu, et mène à la création de la culture. Ce n’est pas par hasard que la culture d’une nation est créée par les disciples et les initiés de cette nation, qui sont ceux qui ont déjà construit la première partie du lien, du pont, entre eux-mêmes et leur âme.
Lorsqu’il est parvenu à intégrer ses trois véhicules inférieurs, physique, astral et mental, c’est-à-dire qu’il les a amenés à un point de vibration synchrone, l’initié prend la troisième initiation ; désormais, l’âme maîtrise et domine son véhicule, dont la polarité est maintenant négative par rapport au dessein de l’âme. L’individu divin manifeste sa divinité sur le plan physique par une vie de service et de créativité. L’initié du troisième ou du quatrième degré ne s’incarne généralement que pour une ou deux vies, en fonction de facteurs astrologiques. Si l’on tient compte du fait qu’il a vécu des milliers de vies avant la première initiation, et peut-être cinq ou six avant la deuxième, la troisième est donc prise assez rapidement – ainsi que la quatrième, qui survient probablement lors de l’incarnation suivante. Par conséquent, à partir du moment où une personne a atteint un état de réelle créativité, qu’elle est plus ou moins imprégnée par l’âme et en exprime le dessein, elle ne dispose que de très peu de temps pour servir et être créative, trois ou quatre vies, tout au plus. Ensuite, en tant que Maître, toute sa vie sera consacrée au service du Plan.
Naturellement, plus nous évoluons, plus nous avons de connaissances. Plus nous avons de connaissances, plus la responsabilité dans le service est importante, et plus l’opportunité de servir est grande. Les Maîtres peuvent servir parce qu’ils savent. Notre service est limité, non seulement à cause d’un manque de désir ou d’énergie, mais parce que nous n’avons pas assez de connaissances : nous servons d’une manière limitée parce que notre conscience est limitée. Plus nous sommes conscients, ou plus notre niveau de conscience est élevé, plus les fils de conscience émanant de nous vers le monde extérieur sont nombreux, plus grande sera notre conscience de la nature de la réalité. Tous ces fils constituent l’antahkarana, qui n’est pas seulement une colonne de lumière, mais une multitude de fils de conscience reliant l’individu à toutes les sphères de son environnement. Ces fils de conscience se multiplient sans fin jusqu’à mener, chez le Maître, à l’omniscience : rien ne peut se produire, où que ce soit, sans que le Maître en soit conscient. Ainsi, nous révélons le mental de Dieu, nous devenons des instruments dans l’accomplissement du Plan contenu dans la pensée de Dieu. C’est là le fondement même de l’initiation.
Lorsque, par la construction de l’antahkarana, vous savez consciemment comment relier les différents niveaux d’expression – la Monade avec l’âme, l’âme avec le plan physique (de haut en bas) – lorsque vous connaissez cette science parce que vous l’avez pratiquée, de manière consciente, lorsque vous êtes devenu un Maître, vous pouvez alors utiliser cette science pour créer le mayavirupa, ou corps autocréé.
Le mayavirupa est l’inverse du processus de l’antahkarana. Il résulte de la capacité de créer un corps grâce à la connaissance que l’on a des liens avec la forme. Le Dieu réalisé qu’est un Maître fait dans son être l’expérience de Dieu incarné dans ce corps physique. Pour nous, le corps physique est l’aspect le plus proche, le plus important, tandis que pour le Maître il n’est qu’un aspect transitoire du Tout. A partir de son état de Dieu réalisé, le Maître peut refaire le parcours en sens inverse, emprunter la voie descendante du pont, de l’antahkarana ; il peut répéter le processus, et donc fusionner de la matière des plans mental, astral-émotionnel et physique éthérique, et y précipiter sa conscience. Tel est le secret sous-jacent à la création du mayavirupa.
La nouvelle religion mondiale, lorsqu’elle aura pris forme, sera vraiment la construction de l’antahkarana « racial ». Maitreya a déclaré qu’il n’est pas venu créer une nouvelle religion, ni susciter des adeptes, et ainsi de suite. C’est vrai. Il y aura néanmoins ce que nous nommerons, faute d’un meilleur terme, une nouvelle « religion » mondiale, mais il s’agira en fait de la science de l’antahkarana, thème de cette conférence.
Pour la race humaine, la nouvelle religion mondiale représentera une approche consciente du Créateur, de ce qui se tient derrière la création – et qui, bien sûr, est aussi nous-mêmes, la partie essentielle de nous-mêmes qu’est la Monade. Cela se fera par la création de l’antahkarana racial, de l’antahkarana de groupe. L’expérience du travail de groupe des aspirants et des disciples constitue la phase préparatoire de ce grand regroupement racial, de la création de l’antahkarana « mondial ». Finalement, l’antahkarana ne relie pas seulement les peuples, mais également les planètes et les systèmes solaires. Telle est la nature essentielle de l’Etre à travers tout le cosmos : tout ce qui est en haut se reflète dans un véhicule inférieur. Cette manifestation triple se retrouve dans tout le cosmos.
A notre niveau humain, nous en faisons l’expérience de façon consciente car, en tant qu’âmes, nous sommes les « Fils du Mental ». La manifestation de l’âme, de l’aspect conscience, produit l’éveil qui permet la construction de l’antahkarana racial. En tant qu’Etre, en tant qu’espèce, en tant que grand groupe unique formé de tous les peuples, de toutes les religions, de tous les types et niveaux d’évolution, nous instaurerons finalement une approche consciente de la Divinité, en particulier lors des trois fêtes spirituelles d’avril, mai et juin, ainsi que lors des neuf autres pleines lunes. Cela constituera la « nouvelle religion mondiale » – ou la technique de la nouvelle religion mondiale – dans laquelle l’invocation remplacera le processus actuel de culte. Il apparaît déjà qu’il s’agira d’une religion éminemment scientifique : il deviendra très difficile de faire la distinction entre ce que nous appelons science, religion, et éducation.
Cela deviendra également la nouvelle éducation du nouvel âge. Les enfants seront formés à la construction de l’antahkarana. La science de l’antahkarana sera enseignée – dans la mesure où elle peut l’être, car il s’agit avant tout de quelque chose dont on doit faire l’expérience – à ceux qui seront prêts à recevoir cet enseignement. Bien entendu, cela ne concernera pas tous les enfants ; mais pour les aspirants les plus avancés, pour ceux qui se préparent à l’initiation, cela deviendra la norme. Aucune initiation n’est possible sans la construction de l’antahkarana. C’est même justement la création de l’antahkarana, du lien entre l’homme inférieur et l’âme, qui rend l’initiation possible. Le moment venu, le lien entre l’homme inférieur intégré et l’âme rend à son tour possibles les initiations supérieures – à l’occasion desquelles l’union est réalisée avec la Triade spirituelle et, par l’entremise de celle-ci, avec la Monade. Le processus est alors complet ; l’homme Divin, le Dieu réalisé, ou l’homme qui a réalisé le Soi, a atteint son but : il est maintenant un Maître.
L’antahkarana n’est pas seulement le pont entre les différentes parties de notre être, il est aussi le pont entre les mondes : planétaires, systémiques et galactiques.
La clé de la formation du mayavirupa réside dans la juste compréhension de la création de l’antahkarana. Il est important de se rappeler qu’à mesure que ces ponts se construisent, le phénomène de vitalisation se poursuit. Il ne s’agit pas simplement de construire un pont, c’est par ce pont que le stimulus provenant des niveaux supérieurs est transmis.
Les trois sciences
Trois sciences principales domineront le nouvel âge : la science de l’antahkarana, la science de la méditation, et la science du service. La science du service utilise la créativité acquise par la construction de l’antahkarana, et la science de la méditation constitue, bien sûr, la phase préliminaire et essentielle conduisant à la création de l’antahkarana, par l’utilisation de la science de ce dernier. La science de l’antahkarana est donc très vaste, et englobe celle de la méditation et du service.
L’agent vitalisant est principalement l’âme. L’âme ouvre, au niveau de la personnalité, les pétales de Connaissance dans le chakra coronal et les dynamise ; cela stimule le processus de pensée et galvanise l’homme ou la femme dans la poursuite de la création du pont, ou antahkarana, entre la personnalité et l’âme. L’unification avec l’âme se réalise progressivement et, une fois le processus suffisamment avancé, l’initiation conduit à l’ouverture des pétales d’Amour. Enfin, lorsque l’homme ou la femme approche de la troisième initiation et que celle-ci est reçue, se produit finalement l’ouverture des trois pétales intérieurs qui renferment le « joyau », « le joyau dans le cœur du lotus », qui est l’aspect Volonté.
La Monade se reflète donc de plus en plus dans l’homme ou la femme sur le plan physique, dominant de ce fait la vie de cet individu. Dans ce processus, ce qui n’était qu’une aspiration émotionnelle se transforme alors progressivement en Volonté monadique : le dessein de la vie est connu. Cela conduit à des vies de grande valeur sur le plan physique, il n’y a pas de temps perdu, l’individu connaît le but de sa vie et le poursuit sans perdre de temps en pensées ou actions incorrectes et sans retards, comme cela se produit à des niveaux inférieurs. Il découvre la valeur, l’usage et les buts de l’imagination créatrice. C’est finalement tout ce qui lui reste d’une vie astrale intensément active vécue pendant un si grand nombre d’existences. Le corps astral devient un mécanisme de transformation, où le désir est converti en aspiration, et l’aspiration en faculté intuitive croissante et expressive.
La faculté intuitive émerge lorsqu’un véritable contact avec l’âme est établi, lorsque le pont entre la personnalité et l’âme atteint une constance et une intensité telles que ce qui n’était qu’une simple aspiration émotionnelle se transforme en un lien direct avec l’aspect supérieur dont l’âme est la réflexion, l’aspect bouddhique de la Triade spirituelle. Notre corps astral-émotionnel, du point de vue du dessein de l’évolution, est censé être – et c’est ce qu’il deviendra – un simple véhicule paisible réfléchissant Buddhi. Buddhi est l’intuition véritable. En essence, c’est la conscience de groupe. L’intuition est une façon de désigner la conscience de groupe. C’est l’aspect bouddhique, l’aspect Amour-Sagesse de la Triade spirituelle. Buddhi se reflète finalement directement, en tant qu’intuition, par l’entremise du mécanisme astral : nous savons, parce que nous savons, parce que nous savons. Il n’est pas besoin de réfléchir : la réponse directe, spontanée, intuitive vient de Buddhi, et est transmise par l’intermédiaire de la nature astrale purifiée. C’est à cela que l’antahkarana permet inévitablement d’aboutir.
Il y a un lien entre la science de l’antahkarana et la méditation de transmission. La méditation de transmission est une fusion de deux yogas : le karma yoga – le yoga du service – et le laya yoga – le yoga des chakras, des énergies. Pour l’essentiel, l’antahkarana concerne essentiellement les centres d’énergie, les chakras, car c’est par la manipulation scientifique de l’énergie dans les chakras, par la stimulation correcte de ces chakras, que l’antahkarana est construit. On peut dire que la science de l’antahkarana est la science des chakras. Les sciences de l’avenir – de l’antahkarana, de la méditation et du service – sont liées. L’une conduit à l’autre : la méditation correcte conduit à la construction de l’antahkarana ; la construction correcte de l’antahkarana conduit à une vie de service – un service correct, guidé par le dessein de l’âme. La connaissance et la créativité de l’âme sont consciemment mises à la disposition de l’individu qui construit scientifiquement l’antahkarana. Puisque la méditation de transmission est la fusion du Karma yoga et du Laya yoga, l’activité réelle des Maîtres, dans les groupes de transmission à travers le monde consiste à créer un antahkarana de groupe. Ils le font pour nous. La durée moyenne de véritable alignement, et donc de réelle transmission, est d’environ trois minutes et demie à quatre minutes par heure. C’est seulement parce que la méditation de transmission est si puissante, si scientifique, que ces trois minutes et demie valent la peine d’être faites. En raison de l’extraordinaire puissance, de la nature purement scientifique de la méditation de transmission, ces trois à quatre minutes ont une valeur extraordinaire pour le monde et pour ceux qui la pratiquent. On nous construit petit à petit notre antahkarana – c’est un cadeau qui nous est fait. Les Maîtres se mettent à notre service, nous nourrissent à la petite cuillère. L’antahkarana se construit à une vitesse extraordinaire ; à une vitesse telle que si une personne se trouve à un niveau d’évolution d’environ 1,5 – entre la première et la deuxième initiation – qu’elle est dans un état de santé raisonnable et relativement jeune, elle peut fort bien prendre la deuxième initiation dans la même vie : non par ses efforts particuliers dans la construction de l’antahkarana ou au service du monde, mais simplement parce qu’elle transmet assez souvent en maintenant son attention au centre ajna, pour permettre aux Maîtres de l’aider à créer ce canal de lumière entre les différents aspects de son être.
Telle est la chose extraordinaire qui se produit dans les groupes de transmission, et c’est l’une des principales raisons des progrès extraordinaires accomplis par les membres de ces groupes. Ceux qui transmettent depuis environ une dizaine d’années ont évolué beaucoup plus rapidement qu’ils ne l’auraient fait autrement. Il est possible qu’ils ne s’en rendent pas compte, mais les Maîtres, eux, le savent ; ils mesurent et enregistrent, et ils savent qui est prêt, dans cette incarnation-ci, à recevoir la deuxième initiation (la plupart de ceux qui font de la méditation de transmission ayant déjà reçu la première.) Cela n’est possible qu’à cause des besoins de l’époque, qui offre parallèlement à l’aspirant et au disciple une opportunité de servir par la méditation de transmission. On n’insistera jamais assez sur la valeur de ce service.
Ce qui se construit par ce fil, par ce canal entre les différents aspects de l’être, c’est le Sentier du Retour à la Source, la Monade. Nous sommes la Monade, qui se reflète par l’intermédiaire de l’âme en tant que personnalité incarnée. Nous sommes sur le Sentier du Retour, rachetant la matière de nos différents corps, physique, astral et mental. Cette matière rachetée, spiritualisée, produira, dans le prochain système solaire, une matière d’un taux vibratoire supérieur. Ainsi se poursuit l’évolution du corps du Logos planétaire. Nous sommes tous impliqués dans ce processus : nous l’accomplissons pour nous-mêmes, pour la planète et pour le système solaire. C’est pour cela que nous sommes ici. A mesure que nous croissons et évoluons, nous approfondissons notre conscience de cette réalité.
Le Macrocosme – dont nous commençons à percevoir intuitivement la nature, à faire l’expérience par notre conscience de plus en plus éveillée – nous confirme que telle est bien la réalité, et nous perdons progressivement le sentiment d’être un soi séparé. Il est dit : « Perdez-vous dans le service. » Le processus qui nous permet d’y parvenir est la construction du pont. Le résultat en est la créativité du service : la créativité est service, le service est créativité. C’est la nature de l’âme incarnée dans les trois mondes que de s’exprimer dans une forme de service créatif ; ce faisant, nous perdons le sens du moi séparé, nous approfondissons notre expérience du Macrocosme, et réalisons que ce dernier et nous-mêmes ne sommes qu’un. Telle est l’expérience progressive de l’homme ou de la femme qui construit le Pont, qui crée cette unité avec l’âme. Puis, dans une vie particulière, l’âme devient une réalité. Nous savons, au-delà de toute controverse, de tout démenti, que nous sommes l’âme.
Il ne s’agit pas seulement d’une idée théorique ou intellectuelle, nous savons cela parce que ça fait partie intégrante de notre être, et, avec le temps, nous nous rendons compte que l’âme elle-même est une lumière dans une lumière plus grande encore, un feu dans un feu plus vaste encore. Ce feu est conscience – telle est la nature de l’âme, et la personne qui entre en contact avec son âme comprend finalement que l’âme est un feu à l’intérieur d’un feu plus grand, dévorant, qui est la Divinité même. La Bible dit : « Dieu est un feu dévorant. » Telle est la réalité.
L’âme est un feu, un grand vortex de forces ignées qui se reflètent sur les plans inférieurs en tant qu’homme ou femme en incarnation. Voilà ce que nous sommes : un reflet de ces forces ignées, et le pont que nous construisons – l’antahkarana – qui nous ramène à l’âme et finalement à la Monade est le sentier par lequel ces forces nous deviennent accessibles. Elles stimulent le mental, l’intuition et la volonté créatrice, et notre vie d’initiés – d’initiés connaissants – commence alors.
(Voir la suite de cet article dans le numéro 74 d’octobre 1994)