Tournée de Benjamin Creme au Etats-Unis – [sommaire]
Lors de sa tournée annuelle aux Etats-Unis, en août 2006, Benjamin Creme s’est rendu à New York, Los Angeles et San Francisco, où il a accordé des interviews dans les médias, donné des conférences publiques et dirigé des ateliers de méditation de transmission. Les conférences ont réuni un public nombreux, de 300 à 600 personnes, dont beaucoup assistaient pour la première fois à une conférence de Benjamin Creme. L’accueil fut sérieux et enthousiaste. Comme toujours, dans chaque région, les groupes avaient travaillé avec beaucoup d’énergie et de conviction pour organiser et faire connaître les événements et prévoir ensuite des rencontres afin de soutenir l’intérêt des participants. Maitreya et le Maître Jésus ont été présents parmi le public à toutes les conférences sous divers déguisements.
A New York, Benjamin Creme a donné une conférence aux Nations unies pour les membres de la Society for Enlightment and Transformation ; des membres de la société théosophique y ont également assisté. Dans son allocution il a mis l’accent sur le rôle des Nations unies en tant que « espoir du monde », un thème souvent abordé dans Partage international.
Le séminaire annuel de méditation de transmission, organisé par les groupes de méditation du sud de la Californie, s’est déroulé au YMCA conference centre, situé dans le magnifique cadre du centre de loisirs du Golden Gate ; l’enthousiasme et la chaleur des cent participants ont compensé le temps plutôt froid et brumeux. Le thème de la conférence d’ouverture fut « l’unité dans la diversité » et Benjamin Creme rappela à l’auditoire que c’était déjà le thème de sa première conférence aux Etats-Unis en 1980.
La conférence de cette année s’est inspirée d’un article du Maître de Benjamin Creme publié dans le numéro de mai 2006 de Partage international, mettant l’accent sur la nécessité pour la communauté internationale d’embrasser divers régimes politiques, incluant différentes formes de démocratie. Benjamin Creme a également appelé tous ceux qui travaillent pour l’émergence du Christ à mettre leurs divers talents et qualités individuelles au service du groupe et de sa tâche capitale.
Des extraits de la conférence de Benjamin Creme aux Nations unies ont été publiés dans le numéro de Septembre de Partage international. Une version éditée de sa conférence sur « l’unité et la diversité » sera publiée dans le numéro de janvier 2007.
par Frances Moore Lappé et Max Boland,
« Si quelqu’un ne peut pas s’acheter de quoi manger, il n’en est pas moins un citoyen et nous en sommes responsables. » Ce concept, mis en avant par Adriana Aranha, a contribué à la victoire de son parti des travailleurs aux élections municipales de Belo Horizonte (Brésil), en 2000.
Déclarant qu’une alimentation saine était un droit pour tous les citoyens de la quatrième ville du Brésil, la nouvelle équipe municipale a réuni des voix de travaillistes, de l’Eglise et d’organisations citoyennes. Le nouvel office municipal de sécurité alimentaire a innové : 25 catégories de produits sont fournies à des prix modiques par des fermiers locaux, des restaurants en plein air servent quotidiennement 12 000 repas gratuits, des programmes radio sponsorisés par la mairie orientent les consommateurs vers les aliments de base à prix réduits.
Ces initiatives et beaucoup d’autres contre la faim ne représentent qu’un pour cent du budget de Belo, mais elles donnent de bons résultats. La mortalité infantile, l’un des indicateurs du niveau de malnutrition, a diminué de 56 % depuis dix ans. Belo, dans le cadre du programme Famine zéro du président Lula, a inspiré de nombreuses initiatives sur le droit à la nourriture à travers tout le pays.
La nourriture a été considérée comme un droit, pour la première fois en 1948, avec la Déclaration universelle des droits humains de l’Onu. En 1993, lors de la Conférence de Vienne sur les droits humains, les organisations de citoyens ont commencé à exiger des normes spécifiques pour le droit à la nourriture. En 2004, le conseil du FAO (Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) avait adopté « des lignes directrices pour la mise en œuvre progressive du droit à une alimentation correcte », signées par 187 gouvernements. Aujourd’hui, 22 pays ont inclus le droit à la nourriture dans leur constitution, soit pour tous les citoyens, soit spécifiquement pour les enfants.
Après une période de déclin, le nombre de personnes souffrant de la faim dans l’hémisphère sud a néanmoins augmenté de près de quatre millions par an entre la moitié des années 1990 et la fin de la décennie.
Il est facile de comprendre pourquoi le fait de déclarer officiel le droit à la nourriture est une stratégie attrayante.
Alors que la plupart des gens admettent que nous avons le droit de vivre, le droit à la nourriture, essentiel à la vie, ne semble pas en faire partie. Peut-être que notre expérience évolutive ne nous incite pas à reconnaître ce droit. A l’exception des derniers millénaires, l’Homo sapiens a vécu dans des sociétés de chasseurs-cueilleurs pendant ses quelque 200 000 ans d’évolution ; en étudiant ceux qui restent aujourd’hui, les anthropologues constatent que le comportement des humains est unique dans le partage de la nourriture, « tout particulièrement parmi les individus sans liens entre eux », écrit Michael Gurven, qui fait autorité en matière de transfert de nourriture parmi les chasseurs-cueilleurs. Sauf en période d’extrême disette, lorsque quelques-uns mangent, tous mangent. Et les chasseurs les plus productifs partagent la plus grande partie de leur chasse. Cette éthique relationnelle pourrait bien avoir perduré jusqu’à l’époque féodale, ainsi que le suggère l’expression « seigneur » – gardien de la miche de pain, impliquant la responsabilité envers tous les autres.
Un autre intérêt de reconnaître un droit est que cela implique la présomption d’un éventuel mécanisme de mise en œuvre. Au Brésil, Flavio Valente, rapporteur national sur les droits humains à la nourriture, à l’eau et à la terre, est déjà en train d’examiner ce qu’il appelle les « violations du droit à la nourriture ».
Mais faire du « droit à la nourriture » l’objectif essentiel de la lutte contre la faim comporte des inconvénients. D’abord, les droits et le pouvoir sont trop facilement séparés. Ainsi, les prisonniers ont le droit de manger, mais qu’en est-il de leur pouvoir ? Même un Etat totalitaire peut garantir le droit à la nourriture.
En outre, à entendre le mot « droit », on peut vite glisser vers un mode passif, et toujours attendre de recevoir d’un tiers, comme dans le cas du droit (légitime) à l’éducation ou à bénéficier d’un jury dans un procès. Ce cadre du « droit » peut également conduire certains à s’installer définitivement dans leur situation, au lieu de se percevoir comme citoyen co-créateur d’un processus en permanente évolution.
Prendre son pouvoir
Existe-t-il alors un moyen plus basique de lutter contre la faim ? Je pense que oui. Et cela commence avec le pouvoir.
La recherche du pouvoir est encore plus profondément ancrée dans l’être humain que le besoin de manger. Pensez à la grève de la faim, où le refus de manger devient un moyen de pression. Le philosophe Erich Fromm considérait notre besoin d’être utile comme fondamental. Imitant la formulation de Descartes, il écrivit : « Je suis parce que je suis utile. »
Le mouvement des sans terre
Envisager le terme de la famine du point de vue du pouvoir déclenche une série de connections et d’actions dynamiques et énergiques. On le voit de nos jours en Amérique latine. Le plus vaste mouvement social du continent américain, le Mouvement brésilien des paysans sans terre (MST), n’est pas né du droit à la nourriture. Il est né parmi les gens sans terre et enseigne des concepts et des savoir-faire démocratiques, comme la prise de décisions en groupe, la désobéissance civile et plus récemment, l’égalité des sexes. Ainsi le MST ne fait-il qu’accroître son pouvoir. Grâce à lui, 350 000 familles ont créé 2 000 nouveaux hameaux comprenant fermes et commerces, ainsi que 1 800 écoles. Le revenu des familles a augmenté et le taux de mortalité infantile a chuté.
L’expérience de la Bolivie montre quelque chose de similaire. En 1952, une révolution fit promulguer une loi destinée à fournir des titres de propriété à la majorité de citoyens sans terre. Mais la population indigène – 60 % de la population du pays – s’est insuffisamment mobilisée et quelques milliers de gros propriétaires terriens ont été les véritables bénéficiaires de cette loi. En 1990, une deuxième réforme a donné les mêmes résultats décevants.
Mais en 2000, dans le département de Tarija, dans le sud du pays où 80 % des paysans ne possèdent pas le moindre lopin de terre, les sans terre ont imité la stratégie de leurs frères brésiliens. Cela consistait à identifier les terres arables inutilisées – la loi bolivienne et la constitution brésilienne exigent que les terres arables aient une fonction sociale – puis à soumettre une pétition au gouvernement pour en obtenir les titres de propriété. S’ils étaient ignorés, ils prenaient possession de la terre et commençaient à la cultiver. Malgré les attaques féroces des propriétaires terriens, cette stratégie a déjà permis de créer plus d’une centaine d’exploitations rurales en Bolivie, dont beaucoup jouissent à présent d’un titre de propriété.
Ce vaste mouvement des paysans sans terre a également contribué à créer la majorité qui a élu Evo Morales à la présidence en décembre 2005. En juin 2006, E. Morales s’est rendu dans les basses terres fertiles de l’Est afin d’accorder à des paysans des titres de propriété sur des terres du gouvernement, première phase d’un plan visant à transférer d’ici cinq ans 180 000 km2 de terres publiques à des gens sans terre – soit deux fois la superficie du Portugal.
Il est plus difficile d’évaluer le pouvoir des citoyens que de réduire la faim, mais cela pourrait bien être encore plus important. Quand vous « oubliez comment dire « oui monsieur » et que vous apprenez à dire « je pense que », cela marque la naissance d’un citoyen, explique João Pedro Stédile, leader MST brésilien ; et c’est comme d’aller à bicyclette, cela ne s’oublie pas ».
Le droit de manger découle donc peut-être d’un droit encore plus fondamental – le droit au pouvoir – qui à son tour exige une remise en question de la démocratie. Beaucoup plus qu’une structure juridique, une démocratie permettant d’éradiquer la faim est une pratique vivante du pouvoir citoyen pour créer des communautés solides. Et c’est ce qui est en train de se produire.
(Reproduit avec la permission de The Nation Magazine. Voir : thenation.com)
Source : thenation.com
Monnaie virtuelle de l’Onu : un plan de commerce coopératif pour l’Afrique – [sommaire]
par Scott Champion,
Depuis les décennies qu’elle afflue sur le continent africain, l’aide internationale a largement montré ses limites. Elle a, certes, sauvé des millions de vies, mais sa mauvaise gestion, son gaspillage, ses détournements, le fait qu’elle est en grande partie revenue dans les poches occidentales via le remboursement des intérêts de la dette, l’on rendue inopérante pour l’amélioration de la sécurité économique et financière des Africains.
La croissance continentale stagne depuis 30 ans, et perd du terrain dans tous les secteurs socio-économiques1. La corruption, endémique, touche toutes les couches de la société, au détriment des plus pauvres. Enfin, s’ajoute au tableau les guerres, les conflits tribaux , les famines et autres sécheresses. Bref, l’Afrique est plus divisée et plus affaiblie que jamais.
Que faire ? L’Union africaine (UA) et son programme « Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique » (NPDA) ont examiné, en quelque sorte de l’intérieur, les problèmes prioritaires, mais sans avoir pleinement les moyens, politiques et économiques, de mettre en œuvre leurs solutions. Des plans d’action tels que les Objectifs du millénaire (ODM) et les recommandations de la Commission pour l’Afrique1 (CPA) ont sans aucun doute eu un impact positif sur le continent. Mais les ODM ne parviennent pas à se traduire sur le terrain, et l’on ne peut dire que les recommandations de la CPA aient vraiment retenu l’attention des pays développés. Peut-être conviendrait-il donc d’imaginer une autre façon d’assurer l’avenir du continent, une sorte d’union économique où entreraient une majorité de ses nations – une union non pas sur le modèle de l’Union européenne, avec sa monnaie unique, mais adaptée à la situation africaine actuelle.
Soutenu par le monde développé, ce dispositif de nature coopérative pourrait contribuer à l’instauration d’un nouveau système – incluant la monnaie, le commerce, l’aide et les investissements. C’est précisément le but de cette proposition d’un nouveau système commercial pour l’Afrique.
Un nouveau système commercial
Les pays d’Afrique les moins avancés – que nous appellerons ici le Groupe africain (GA) – ne pourront sortir de leur situation sans mettre en place un vaste système multilatéral de commerce et de développement spécifiquement dédié à leurs intérêts économiques et financiers communs. Il leur faut également un médiateur fiable pour les assister lors de leurs négociations avec leurs partenaires plus riches et plus puissants. Vu leur peu de confiance envers des institutions internationales comme le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale – dans lesquelles les nations riches ont un poids considérable, ce médiateur ne saurait être que l’Onu. Ce système multilatéral devrait être conçu en vue de favoriser la souveraineté financière indispensable aux nations africaines les plus pauvres (tout en limitant par des mécanismes automatiques les dégâts d’une corruption généralisée) et, d’une façon plus générale, de créer les conditions les plus favorables au développement de ces économies, afin d’éliminer à terme leur dépendance à l’égard des pays occidentaux.
Pièce maîtresse de ce dispositif, une banque de commerce et de développement, placée sous la responsabilité directe de l’Onu, et alimentée par les contributions des autres pays, en particulier des pays riches. Cette banque gérerait un bouquet minimal de fonctions bancaires de base, créerait et utiliserait une monnaie virtuelle onusienne (MVO), et mettrait en place une sorte de chambre de compensation pour gérer l’ensemble des activités commerciales, des investissements et de l’aide internationale se déroulant ou aboutissant en Afrique. Elle ferait, notamment en faisant de cette monnaie l’intermédiaire unique entre celles des pays du GA et celles de leurs partenaires commerciaux internationaux dans toutes les transactions, office de gardien économique et financier des pays africains les moins développés.
Les contributions des pays parties prenantes à ce dispositif économique et financier seraient versées dans leurs monnaies – à condition qu’elles soient pleinement convertibles, sinon, dans une devise convertible (dollars, euro, etc.) – et créditées en MVO, et destinées à alimenter une réserve de devises internationales pour cette banque – une monnaie virtuelle est une unité de compte internationale, strictement comptable, non en cours dans le public (sans pièces ni billets). Ainsi, selon ce modèle, un pays donné voulant commercer avec un membre de la zone GA ouvrirait un canal (une sorte de droit de commercer) entre sa banque centrale et celle du pays GA concerné, au centre duquel se trouverait, tel un sas étanche, la banque de l’Onu. L’examen d’un canal, permettant de comparer les flux commerciaux entre un membre du GA et un pays extérieur, fournirait un bon indicateur du niveau de l’aide apportée par ce dernier.
Prenons un exemple, afin de rendre les choses plus claires (en faisant abstraction des opérations de change et des modalités de fixation des prix : soit une société kenyane qui décide d’acheter des tuyaux d’irrigation à une compagnie américaine. La banque centrale kenyane débiterait la somme dans la monnaie nationale (en l’occurrence, des shillings) du compte bancaire de l’acheteur. Puis la banque onusienne, sous instruction du Kenya, débiterait le compte virtuel qu’y posséderait ce pays au bénéfice de celui qu’y détiendraient également les Etats-Unis. Enfin, la banque centrale américaine créditerait en dollars le compte bancaire du vendeur. Même chose dans le sens inverse : une société américaine voulant acheter du thé au Kenya, la banque centrale américaine débiterait son compte d’une certaine somme en dollars, puis la créditerait en MVO dans la banque onusienne, laquelle la transférerait, via la banque centrale du Kenya, à l’entreprise de thé, en monnaie locale. Les deux Etats concernés resteraient ainsi sur un pied d’égalité, émettant et recevant la même valeur, les opérations de change se passant totalement en dehors du GA tout en protégeant ses membres des fluctuations économiques et financières mondiales.
Une telle étanchéité est particulièrement importante pour l’Afrique. Cette banque étant l’unique intermédiaire entre les pays du GA et le reste du monde, tous les flux financiers deviendraient de la sorte visibles – ce qui constituerait une arme particulièrement efficace contre la corruption. La possibilité de suivre ces flux donnerait, en effet, aux pays participant à ce système, aux institutions multilatérales, aux ONG et à la société civile des moyens de pression dissuasifs sur les gouvernements du GA de même que sur les sociétés qui y opèrent – les uns et les autres ne se caractérisant généralement pas par leur transparence.
Renforcer la monnaie africaine
En 1969, dans le but d’accroître les liquidités dans les échanges économiques et financiers internationaux, le FMI a créé une réserve internationale d’actifs, les Droits de tirage spéciaux (DTS) – une sorte de « panier » monétaire artificiel destiné à compléter les avoirs en devises des membres du FMI. A la différence des DTS, la MVO (elle aussi un « panier » artificiel) serait destinée non pas à compléter, mais à remplacer les réserves en devises des différents pays du GA. Autre différence : la valeur des DTS équivaut à la moyenne des quatre principales devises mondiales. Celle de la MVO équivaudrait à celle de l’ensemble des monnaies convertibles des pays parties prenantes. Enfin, tout aussi important, les pays du GA fixeraient les valeurs de leurs monnaies respectives, après négociation avec la banque onusienne, par rapport à la MVO, en tenant compte de facteurs tels que leurs réserves de devises, leurs taux d’intérêt, leur masse monétaire, leurs balances budgétaire et commerciale, leur dette et leur croissance économique. Les membres du GA pourraient ainsi établir entre leurs devises les taux de change indispensables aux échanges entre eux. Taux de change qui feraient l’objet d’ajustements périodiques pour tenir compte des diverses évolutions des économies nationales.
Ce système de taux de change donnerait sans nul doute aux habitants de ces pays une confiance qu’ils n’ont jamais ressentie envers leurs monnaies respectives. La convertibilité ainsi instaurée entre les monnaies de la zone GA (une convertibilité aujourd’hui plus qu’inégale, allant d’une convertibilité totale à une convertibilité quasiment nulle), appuyée par les efforts que déploie l’Onu pour favoriser l’intégration de ces pays dans le commerce international, contribuerait à intensifier la circulation des personnes, des biens et des services entre leurs territoires. Ce dispositif pourrait, sur une échelle réduite, reproduire la relation qui existe entre les principales devises convertibles du monde, et donner au continent certains des avantages (tels que la facilité de commercer et de voyager) que les pays développés trouvent tout naturels.
Ces nouvelles relations monétaires créeraient une dynamique d’union poussant les gouvernements, les sociétés et les citoyens du GA à former un vaste groupe économique et coopératif – bien plus vaste et puissant que celui des Communautés économiques régionales d’Afrique (CERA) – tout en permettant à chaque nation de garder la maîtrise de sa monnaie. Cependant, afin de limiter les mouvements de capitaux indésirables, les devises du GA, après accord, devraient fonctionner à l’intérieur de cette seconde barrière [ce groupe économique et coopératif], et n’avoir de valeur que dans la zone, et par rapport à la MVO. Cela permettrait aux pays les plus pauvres du continent d’accumuler les liquidités dont ils ont besoin pour amorcer leur développement économique.
Dans toute économie, quelle que soit son échelle – locale, nationale ou mondiale – les flux monétaires circulent à la manière du sang dans le corps. Il ne saurait y avoir d’économie saine si ces flux n’irriguent pas l’ensemble d’un organisme social. La banque de commerce de l’Onu constituerait une pompe puissante [le cœur] pour les pays d’Afrique les moins développés. La MVO, agissant de concert avec les différentes monnaies de la zone GA, contribuerait à élever le tonus général, un peu comme le ferait une transfusion de sang neuf. Ce dispositif de convertibilités opérerait comme un réseau de veines et d’artères, assurant une circulation monétaire sans entraves à l’intérieur de la zone et avec ses partenaires internationaux. La force vitale d’un tel système circulatoire serait apportée par les pays garants de la valeur de la MVO, notamment les pays riches, mettant leurs énergies, inhérentes dans leurs économies et symboliquement contenues dans leurs devises, au service de ces nations dont les économies ne disposent pas de la circulation monétaire sans laquelle il ne saurait y avoir ni santé ni vitalité économiques.
L’un des principaux rôles de cette banque serait de servir de chambre de compensation et de contrôle des flux d’investissements internationaux. De servir à la fois de régulateur et de tampon dans les diverses relations économiques pouvant affecter les économies du GA. Ce rôle serait double : il consisterait en premier lieu à renforcer l’activité économique à l’intérieur de la zone. Notamment en repérant, réduisant, éliminant les nombreux obstacles à la circulation des différents flux économiques entre ses membres : règlements et tarifs labyrinthiques, inefficacité douanière, absence d’infrastructures de base (télécommunications, électricité, réseaux routier et ferroviaire, ports). Les barrières financières internes de la zone, tout aussi nocives au commerce, se verraient réduites par le nouveau cadre financier créé par la banque.
Equilibrer les échanges
En second lieu, cette chambre de compensation servirait d’intermédiaire entre les pays de la zone et ses partenaires internationaux. Rappelons ce que nous avons déjà souligné : ce dispositif n’aurait d’autre raison d’être que d’améliorer la situation économique des pays les plus pauvres du continent africain. C’est pourquoi cette chambre de compensation, avec le soutien tant des pays du GA que des autres, contribuerait à : (1) accroître les exportations, (2) instaurer un commerce équitable, (3) mettre en place les architectures fiscales et légales ad hoc, (4) négocier des accords avec les multinationales, notamment en fixant les niveaux de rapatriement de leurs bénéfices et de retour sur leurs investissements, (5) contrôler tous les actes commerciaux ainsi que les règlements, avec droit de veto en cas d’opérations suspectes, et enfin (6) surveiller les flux commerciaux entre les pays de la zone et leurs partenaires internationaux.
S’inspirant de la proposition faite par l’économiste britannique J.M. Keynes d’instaurer un contrôle des flux d’investissements internationaux (International Clearing Union), on demanderait aux pays parties prenantes à cette institution (mais ne faisant pas partie du GA) d’équilibrer leurs échanges commerciaux avec chacun des pays de la zone ainsi que d’accepter la mise en place de mécanismes garantissant cet équilibre. Même chose à l’intérieur du GA, où les pays les moins développés seraient les bénéficiaires prioritaires de ce dispositif. Une manière d’inverser la situation actuelle, où ce sont les pays les plus pauvres qui ont les plus gros déficits commerciaux, et les plus riches les excédents les plus importants. Autrement dit, ce sont ces derniers qui profitent le plus des nations les plus pauvres du continent. La situation est telle qu’on ne pourra en sortir que si tous les pays s’accordent pour veiller à respecter cet équilibre dans leurs relations commerciales.
De leur côté, les pays du GA devraient travailler ensemble à atteindre et maintenir cet équilibre avec leurs partenaires internationaux. Et tout cela dans un climat de souplesse et de coopération, les seuls éléments « rigides » du dispositif étant les deux barrières que nous avons proposées [la banque onusienne et le groupement économique et coopératif]. La participation à cette institution étant volontaire, aucun pays n’aurait à craindre la perte de sa contribution : il pourrait à tout moment récupérer ses crédits en MVO.
L’histoire des rapports commerciaux du monde développé avec l’Afrique est l’histoire d’un déséquilibre. Le modèle de relations commerciales que nous proposons ici, fondé sur la collaboration et la bonne volonté de ses parties prenantes, pourrait avoir un impact positif sur les nombreuses variables économiques qui empêchent le décollage économique et social de l’Afrique. Si ce modèle (ou tout autre) conduisait les économies de la zone GA vers une plus grande prospérité, il en résulterait naturellement une amélioration rapide dans les domaines aujourd’hui les plus sinistrés, comme la sécurité alimentaire, les niveaux de revenus, le logement, la santé, l’éducation, les droits de l’homme et de la femme, et l’environnement. L’Afrique ne réduira sa dépendance vis-à-vis de l’aide étrangère qu’en élevant sensiblement son niveau de vie, qu’en le rapprochant de la norme internationale. Et cela ne sera possible qu’en intensifiant ses échanges commerciaux, intérieurs et extérieurs. C’est là que se trouve la clé de son avenir.
- Notre intérêt commun. Rapport de la Commission pour l’Afrique.
par Patricia Pitchon,
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avant la première guerre du Golfe en 1991, 90 % des Irakiens avaient accès à l’eau potable sans restriction. Les sanctions subies par l’Irak entre cette période et la seconde guerre du Golfe ont changé la situation au point qu’au terme de la seconde guerre, 80 % des familles rurales buvaient de l’eau de qualité douteuse et 51 % des familles urbaines côtoyaient des égouts à ciel ouvert. En janvier 2006, seulement 3 % des familles rurales bénéficient du tout à l’égout.
Un rapport du gouvernement américain, daté de janvier 2006, décrit l’échec de la reconstruction du pays par l’intermédiaire de sociétés anonymes titulaires de contrats très lucratifs : bien que 93 % des fonds pour la reconstruction aient maintenant été dépensés, près de 60 % des projets en rapport avec l’eau potable et le réseau d’égouttage ne seront pas réalisés. Sur 425 projets prévus en matière d’électricité, 125 n’aboutiront jamais. Seuls 20 % des projets prévus en matière d’égouttage seront réalisés.
En revanche, après la première guerre du Golfe, les ingénieurs irakiens avaient reconstitué les services de base en seulement trois mois. Antonia Juhasz, expert américain, a récemment décrit en détail cette situation dans un excellent livre intitulé l’Agenda de Bush. Il affirme que la volonté de l’administration américaine de réformer l’économie irakienne en instaurant le libre échange a abouti à l’établissement de politiques commerciales fortement régulées en faveur des multinationales.
Ce sont les fameux Ordres de Bremer qui ont servi d’instrument pour la colonisation économique de l’Irak par des intérêts étrangers : il s’agit d’une centaine de mesures décrétées par Paul Bremer entre mai 2004 et juin 2005, lorsqu’il était à la tête de l’Autorité provisoire de la Coalition.
Il est maintenant largement admis que les ordres 1 et 2, qui ont écarté près de 120 000 fonctionnaires et 500 000 membres des forces militaires et des services secrets sous le prétexte de réduire l’emprise du parti Baas, ont constitué une énorme erreur dès les premiers jours de l’occupation et ont contribué de manière significative à l’insurrection. Les efforts ultérieurs en vue de rectifier la situation sont probablement venus trop tard. Beaucoup de ceux qui furent écartés ont ensuite rejoint le parti Baas.
En plus de la désorganisation des services publics, le faible recours au personnel local a contribué à un processus de sous-traitance très coûteux et parfois frauduleux. Les ordres de Bremer contribuent à développer un sentiment d’affairisme et d’indifférence aux besoins des populations locales : l’ordre 39 permet aux investisseurs étrangers de rapatrier sans préavis leurs investissements, sans aucune obligation de réinjecter quoi que ce soit dans l’économie locale. Il ne s’agit pas là de la reconstruction de l’Irak, mais plutôt de l’exploitation inique de la situation. Le même ordre 39 permet la privatisation de pratiquement n’importe quel secteur (hôpitaux, écoles, usines, alimentation, agriculture, eau, électricité, etc.). Aucune préférence ne peut être donnée aux entrepreneurs locaux.
Les Ordres de Bremer
Privatiser des services essentiels comme l’eau et la transformer en marchandise a pour effet de la rendre inabordable pour les pauvres. En Bolivie, où une multinationale avait tenté de faire la même opération, il s’en est suivi des manifestations et la chute du gouvernement. Les citoyens de Cochabamba (Bolivie) ont d’ailleurs écrit à leurs interlocuteurs irakiens pour les mettre en garde contre de telles calamités. Aux Etats-Unis, d’ailleurs, le système de distribution de l’eau est presque entièrement géré par l’Etat. C’est une ressource considérée comme un service par le gouvernement des Etats-Unis et fortement subventionnée de sorte que tous les Américains ont accès à l’eau potable et à un système d’égouttage. Ce service est facturé par l’Etat sans que l’on cherche à l’exploiter pour générer du profit.
Les ordres 80 et 81 ont remplacé les systèmes légaux régissant les brevets, les marques déposées et les droits d’auteur, afin de garantir l’accès au marché irakien et protéger les producteurs étrangers et leurs produits. L’OMS a constaté que la généralisation d’une telle législation sur la propriété intellectuelle a eu pour effet d’augmenter d’environ 200 % le prix des médicaments contre le sida et la malaria dans plusieurs pays d’Amérique du Sud.
Ces mêmes règles de plus en plus détestées, imposées par l’OMC, ont rendu illégal le fait de conserver ou de partager des semences, car les grandes multinationales de l’agriculture font breveter les droits sur les semences. En Irak avant l’occupation, en dépit des nombreuses cruautés de la dictature, le gouvernement rachetait les récoltes de blé et d’orge à un prix fixe et distribuait gratuitement de la farine dans le cadre d’un programme de garantie alimentaire qui comprenait également le sucre, le thé et d’autres biens de première nécessité. Mais l’ordre 12 a suspendu tous les impôts et taxes dus sur les marchandises entrant ou sortant d’Irak à partir de février 2004. En supprimant toutes les mesures de protection dont bénéficiait l’économie locale, l’occupant a laissé le pays grand ouvert à la concurrence internationale et à la merci d’importations massives de marchandises bon marché, ce qui a provoqué des ravages parmi les producteurs et revendeurs locaux.
L’Irak avait une constitution qui garantissait la gratuité des soins médicaux et de l’éducation depuis l’école primaire jusque et y compris l’université. Toute ceci a été remplacé par les ordres de P. Bremer dont la plupart ont été incorporés dans la constitution irakienne. Lorsque les Irakiens ont voté en octobre 2005, les deux tiers d’entre eux n’avaient pas eu l’occasion de voir les textes qui devaient faire l’objet du vote (les documents avaient été distribués seulement trois jours avant les élections et le texte de la constitution a été à nouveau modifié par quelques responsables irakiens et l’ambassadeur des Etats-Unis après la distribution de ces documents). Très peu d’Irakiens ont eu l’occasion d’examiner et de débattre de ce pour quoi ils devaient voter.
L’entrée et la sortie massive de fonds, rendues possible par les ordres de Bremer, prend encore une autre dimension suite à l’ordre 40 qui permet à des banques étrangères d’acquérir à 100 % des banques irakiennes sans qu’aucune préférence ne soit accordée aux banques locales. On ne tient pas du tout compte des petites banques communautaires locales qui pouvaient rendre des services non rentables aux yeux des banques étrangères.
Dans une étude sur la mondialisation, l’auteur canadien Wayne Ellwood attire l’attention sur le fait que les flux non régulés de capitaux constituent une menace majeure pour la stabilité de l’économie dans son ensemble, en transformant le monde en un énorme casino financier. Il cite l’économiste britannique Keynes qui dès 1930 attirait l’attention sur le fait que les flux de capitaux non régulés ôtaient le pouvoir aux hommes politiques élus pour le remettre aux mains des riches investisseurs. De nos jours, ces investisseurs, à travers les multinationales et la complicité de l’occupant, réalisent d’énormes profits aux dépens du peuple irakien. Il ne faut pas s’étonner alors que ce peuple apporte sa contribution à la résistance, à l’insurrection et au terrorisme.
Jésus, le plus authentique des démocrates – [sommaire]
par Murdo McDonald-Bayne,
En septembre 1944, à Johanesburg, le Dr. Murdo MacDonald-Bayne donna une conférence intitulée : « Les principes de base permettant la résolution des problèmes personnels et la reconstruction du monde ». Il plaida avec passion pour que chaque individu assume la responsabilité de ce qui se passe dans le monde. Par bien des aspects, les solutions qu’il propose font écho aux priorités de Maitreya et à sa recommandation : « L’homme doit agir et mettre en œuvre sa volonté. » Ces solutions sont aujourd’hui tout aussi pertinentes et urgentes qu’à l’époque où il les a présentées.
Le Dr Murdo MacDonald-Bayne (1887-1955) était un initié de degré 2,0 et avait été préparé au Tibet par les Maîtres. C’était à la fois un guérisseur renommé et l’auteur de nombreux livres, notamment Beyond the Himalayas (Au-delà de l’Himalaya) et Divine Healing of Mind and Body (La guérison divine de l’esprit et du corps). Il a fondé des centres dans le monde entier afin de propager « les véritables enseignements du Christ ». Les extraits suivants ont été publiés dans l’appendice de son ouvrage I Am The Life (Je suis la vie1)
« Il est essentiel que chaque individu prenne conscience de sa place dans l’ordre des choses, qu’il comprenne qu’aucune amélioration durable sur le plan des relations humaines ne pourra se produire tant qu’il ignorera qu’il n’y a pas de séparation entre lui et les autres hommes.
Aujourd’hui, le monde se dispute sur des choix de société, mais cette querelle est loin d’être nouvelle ; en fait, elle est aussi vieille que la société elle-même, car, au fil des siècles l’homme a toujours lutté pour la liberté, pour le droit de vivre. Les faits dont nous sommes témoins ne sont que les résultats des actions d’hier, et quels que soient les remèdes que nous leur apporterons, ils ne soigneront pas les maux de notre monde en faillite spirituelle. Nous en sommes responsable, que nos actes conduisent ou non à une nouvelle guerre mondiale. Y a-t-il une solution ? Oui, les Maîtres nous montrent le chemin.
La Lumière est une qualité essentiellement individuelle, car chaque individu doit voir la lumière avant qu’elle puisse s’instaurer dans le monde, et que nous puissions devenir cette lumière. Nous devons montrer l’exemple par notre vie, et pas seulement par nos prêches.
Le monde s’efforce d’obtenir la paix en répartissant les nations en deux camps armés et opposés : les nantis et ceux qui, n’ayant rien, veulent tout avoir. Il n’y a vraiment pas grande différence entre eux. Mais les fondements de la guerre ne sont pas ceux de la paix : il est impossible d’obtenir une paix durable en gardant l’œil rivé sur la pointe d’une baïonnette. On ne pourra éradiquer la guerre qu’en coopérant librement pour s’attaquer systématiquement et sans égoïsme à ses causes. C’est seulement lorsque nous serons capables de nous aimer et de nous assister les uns les autres – au lieu de nous craindre et de nous haïr – que nous pourrons espérer bannir le malheur et la souffrance que nous avons nous-mêmes créés.
Si l’on doit justifier l’actuel sacrifice, colossal, de vies humaines au nom de la démocratie, alors faisons l’impossible pour fonder une démocratie mondiale en devenant nous-mêmes d’authentiques démocrates. Jésus était le plus authentique des démocrates. Le Sermon sur la montagne est le seul fondement possible d’une vraie démocratie mondiale – et cette véritable démocratie n’a encore été expérimentée ni individuellement, ni collectivement.
Nos besoins sont par nature dualistes : individuels et collectifs. Sur le plan collectif, il nous faut un système financier et commercial qui serve les peuples au lieu de les asservir, qui évite les guerres au lieu de les provoquer. Sur le plan individuel, nous devons cesser d’exploiter nos semblables, aider davantage les autres, et moins rechercher la gratification de notre petit ego.
Nous devons veiller à ce que la radio, la presse et les voyages servent à créer de bonnes relations internationales, au lieu de causer des dissensions par des propagandes hostiles […].
Nous devons nous assurer que les personnes ou les groupes dont la priorité n’est pas le bien-être de l’humanité, et qui ne reconnaissent pas la valeur de la spiritualité, n’occupent de position prépondérante ni à l’échelon national, ni à l’échelon international. Désormais, nous ne pouvons plus nous permettre de perdre notre temps à rapiécer de vieux systèmes usés, des croyances ou des cultes qui n’ont plus d’utilité, ou qui ont échoué lamentablement. Nous ne pouvons pas attendre que d’autres nous montrent le chemin : nous devons nous rendre compte que rien ne peut résister à l’union de nos volontés, parce que Dieu est avec nous : son plan, sa puissance, sa Sagesse, son Amour.
Chacun d’entre nous doit consacrer ses énergies à l’œuvre de construire un monde nouveau et meilleur constitué en fraternité – un monde assurant à tous, en permanence, la santé, le bonheur, la sécurité et la paix. Et cela doit commencer par nous-mêmes, au sein de nos associations, dans nos foyers, nos entreprises et notre vie quotidienne.
Sur le plan individuel, nous ne devons pas manquer une occasion de nous perfectionner dans la connaissance de la vie, afin de contribuer réellement à l’établissement d’un meilleur ordre des choses. Sur le plan communautaire, nous devons tous accepter notre responsabilité de citoyens du monde et orienter notre intelligence et nos efforts vers l’émancipation de l’humanité, sachant que chaque individu a droit à la sécurité et à la liberté, à la santé, au savoir et aux richesses culturelles. Nous devons décider que désormais les ressources mondiales seront moissonnées dans le but constructif et bénéfique de servir l’humanité et non pour notre asservissement – que désormais nos actes seront dominés par l’amour de notre prochain davantage que par l’amour de nous-mêmes. »
1. Edition révisée publiée par Mystica Publication (N-Z ISBN 978-0-9582700-3-8 (2006)
Interview de Jim Boyack et Helen Bowen par Megan Scherer,
La justice réparatrice, apparue dans les années 1980, est une justice de nature thérapeutique et collective. Elle consiste à laisser à une communauté (ethnique, un quartier…) le soin de décider la meilleure façon de composer avec les auteurs de délits. Contrairement au système judiciaire traditionnel, axé sur l’accusation et le châtiment, la justice réparatrice se base sur la responsabilité du contrevenant, sur la résolution de problèmes – causes et effets – liés à l’acte jugé, et sur l’égalité de parole entre les deux parties. Elle se pratique surtout dans les pays anglo-saxons et au Québec ; l’Union européenne, plus portée sur la médiation judiciaire, s’y intéresse depuis un ou deux ans. La Nouvelle Zélande fut le premier pays a en incorporer le principe dans son code pénal, en 2002. Partage international a interrogé deux des fondateurs, néozélandais, de Restorative Justice Trust (Association pour la justice réparatrice), Jim Boyack et Helen Bowen.
Partage international : Pour quelles raisons la Nouvelle Zélande a-t-elle ce rôle de pionnière dans la pratique de la justice réparatrice ?
Jim Boyack : La Nouvelle Zélande est un petit pays, très centré sur la vie communautaire. Ce furent les Maoris qui furent les militants les plus actifs de cette nouvelle approche de la justice à partir des années 1970-1980 quand ils ont commencé à demander une meilleure prise en compte de leurs valeurs propres par le système judiciaire du pays. Cela a débouché en 1989 sur la création des premiers forums de groupes familiaux, ébauches de cette justice réparatrice. Devant le succès de cette première expérience, menée dans le cadre de la justice pour mineurs (14-17 ans), on a décidé d’étendre ces forums, à titre expérimental, au cas par cas, à l’ensemble du champ pénal. Les résultats s’avérant vite probants, le gouvernement et le Parlement ont progressivement officialisé cette innovation, jusqu’à ce qu’en 2002, ils l’incluent dans le code pénal.
PI. Y a-t-il eu, dans les pratiques judiciaires passées, quelque chose d’approchant ? Connaissez-vous des cultures qui, aujourd’hui, ont adopté cette justice communautaire ?
Helen Bowen. Nombre de peuples indigènes ont toujours réglé leurs différends dans un cadre familial et communautaire [la notion de communauté, chez les Anglo-saxons, ne revêt aucune connotation communautariste], au point que l’on a pu considérer cette pratique comme co-naturelle aux îles du Pacifique ou aux Maoris ; en ce qui me concerne, je pense que tout dépend surtout du rôle que l’on accorde à la communauté, à la collectivité. Si l’on accepte qu’elle soit partie prenante à la pratique judiciaire, alors, les solutions aux différends qui naissent en son sein seront meilleures que celles obtenues entre les seules parties en conflit.
JB. Les Maoris ont une grande expérience dans ce type de règlement collectif des problèmes. Ils se réunissent dans les marae (maisons communes) pour discuter de questions qu’ils n’oseraient à aucun prix aborder ailleurs. Il existe un accord selon lequel rien de ce qui s’y passe ne devra en sortir. La justice réparatrice consiste simplement à donner à un agresseur et à sa victime l’occasion de parler de leurs litiges dans un cadre sûr, pacifique qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs.
PI. Le fait que des membres de la famille et des amis soient présents, et pas seulement l’auteur du délit et sa victime, doit naturellement faciliter les choses.
HB. Il est particulièrement important, pour un plaignant, de savoir que la personne qu’il accuse ne vient pas seule. Rien de plus inquiétant pour lui que de l’imaginer solitaire, sans famille, sans amis ni soutiens, un tel isolement donnant inévitablement l’impression que la délinquance est chez elle une seconde nature. Il est, de plus, rassurant de la voir se présenter aux séances accompagnée de gens prêts à l’épauler et l’aider tout au long du forum dans l’exercice de sa responsabilité.
PI. Quels bénéfices les victimes retirent-elles de ces procédures ?
HB. De l’information. Prenons le cas d’un vol. Tout ce dont la victime peut se rappeler, c’est ce qui est arrivé au moment de l’effraction, la peur qu’elle a ressentie, et les objets volés. Grâce à cette procédure de justice réparatrice, elle va rencontrer cette personne, savoir qu’elle a une famille, qu’elle est au chômage. C’est toute la situation qui s’en trouve démystifiée ; il est alors plus facile aux victimes de se dire : « Bon, d’accord. Mais je ne voudrais pas que vous refassiez la même chose à quelqu’un d’autre. Voyons ensemble comment vous pourriez éviter de recommencer. » Cette façon de faire apporte une aide précieuse aux plaignants.
PI. Et du côté des auteurs de délits ?
HB. Les bénéfices son immenses. Ils n’ont généralement pas conscience des conséquences de leur délit. Ils ont tendance à se fermer sur eux-mêmes. Qu’ils n’aient pas d’emploi ou d’ami(e)s, et la vie leur paraît étroite, sans intérêt. Rien n’est plus difficile que de les amener à se mettre à la place de quelqu’un d’autre, à comprendre combien ils ont affecté sa vie, et enfin, à leur demander de faire un geste positif envers lui.
PI. A ce que je comprends, il y a un certain nombre de règles à respecter. La première, c’est que chacun respecte le point de vue de l’autre. Pouvez-vous nous en dire un mot ?
HB. D’abord et avant tout, le respect, effectivement ; puis éviter toute dispute, laisser chaque personne parler sans la couper. Avant la réunion, on explique ces règles et on s’assure que tous les acceptent. L’auteur du délit commence par reconnaître les faits, puis la parole est donnée à la victime, qui explique comment elle a vécu l’agression, qu’elles en ont été les conséquences. Tout tourne autour de ce moment de parole de la victime, car c’est sur lui que repose le succès de la justice réparatrice.
PI. Il semble que l’un des facteurs essentiels du succès de ces forums, c’est qu’ils ne sont pas obligatoires.
JB. Sauf pour les jeunes, qui sont obligés d’y participer, quels que soient leurs délits. Pour les adultes, ils n’ont effectivement lieu que si la ou les victimes y consentent, car, en leur absence, aucun processus de réparation n’est possible. Leur refus se fait au détriment des contrevenants qui regrettent sincèrement leur acte et veulent faire amende honorable. Mais pour le moment, c’est ainsi que cela fonctionne pour les adultes. Ce qu’on pourrait reprocher à la justice réparatrice telle qu’elle est aujourd’hui appliquée aux mineurs (de 14 à 17 ans), c’est qu’elle met trop l’accent sur l’accusé. Elle fait passer au second plan la parole de la victime, alors que le processus de réparation se fonde sur la rencontre des deux parties sur un pied d’égalité. De ce fait, les forums se transforment parfois en mini-tribunaux visant à punir plutôt qu’à faire prendre conscience de leurs responsabilités aux jeunes délinquants.
PI. La tenue d’une séance de justice réparatrice affecte-t-elle la sentence ?
JB. Oui, en particulier depuis que le Parlement a voté en 2002 le Sentencing Act, qui oblige les tribunaux à tenir compte des résultats de la justice réparatrice quand les plaignants s’en estiment satisfaits. Il va de soi que si l’auteur d’un délit a appris de ce travail collectif, et que sa victime s’est vu accorder l’essentiel de ses demandes, une partie des objectifs de la justice pénale a été atteinte et elle peut en conséquence tempérer sa sentence. Cela dit, notre véritable objectif est de parvenir, dans ces séances, à une compréhension mutuelle satisfaisante des parties concernées.
PI. Pourrait-on appliquer ce modèle de justice réparatrice dans d’autres contextes, de guerre civile, par exemple, ou de conflits internationaux ?
JB. La justice réparatrice (JR) est un outil puissant et prometteur dans de nombreux domaines, en fait partout où il est question de victimes et d’agresseurs, partout où deux parties en conflit se proclament victimes l’une de l’autre. Des démarches de réparation ont été menées avec un succès extraordinaire depuis le milieu des années 1990 à Bougainville – région de Papouasie Nouvelle Guinée qui a fait sécession et connu une guerre civile féroce. Les groupes de pacificateurs australiens l’y ont utilisée avec un réel succès partout où c’était possible.
Selon un spécialiste bien connu de la JR, le Dr Chris Marshall, cette technique de règlement de conflit constituerait le moyen idéal de traitement du terrorisme international. La commission Paix et Réconciliation d’Afrique du Sud peut en apparaître également comme une variante. On peut employer la JR dans les écoles, les entreprises, en fait partout où des différends peuvent surgir. C’est le meilleur moyen d’aider les gens à en comprendre les causes, comment ils en sont venus là, à déterminer les responsabilités et à rechercher collectivement comment éviter de retomber dans ce genre de situation.
PI. En l’absence de respect mutuel entre les parties, aucune solution n’est possible ?
JB. Exactement. Le Dr Derek Wilson, spécialiste réputé du conflit nord-irlandais, a fait remarquer que la peur se nourrit du vide, et que c’est quand les « adversaires » en viennent à se connaître que la confiance devient possible. On ne peut sortir d’un conflit qu’en se rencontrant, en se respectant, et en cultivant une attitude de confiance mutuelle. Il devient alors possible de le régler à la satisfaction de tous.
Effet de séances JR sur la sentence d’une cour de justice néo-zélandaise
Un jeune, au lourd passé de violences, accusé de « coups et blessures avec intention de porter gravement préjudice à l’intégrité corporelle d’autrui », avait plaidé coupable. Il risquait plusieurs années de prison. L’homme qu’il avait agressé avait fini par surmonter les effets de cette agression au terme d’un long et douloureux travail sur lui-même. A l’instigation de l’officier de police qui s’était le premier occupé de cette affaire, on avait reporté la sentence pour permettre au jeune homme de bénéficier de séances de JR.
La première réaction de la victime fut de demander une sanction exemplaire. Mais après avoir appris à connaître son agresseur au cours des séances, elle parvint à dépasser sa souffrance et son ressentiment pour rechercher la solution la plus appropriée et la plus utile au jeune homme.
Le forum avait permis au jeune délinquant de faire face à son acte dans les meilleures conditions, et de réfléchir à la manière dont il pourrait à l’avenir canaliser sa violence, et non plus la laisser détruire sa vie.
Il fut condamné à deux ans avec sursis, avec obligation de suivi psychologique, ainsi qu’à 25 000 dollars néo-zélandais (environ 12 000 €) de dommages et intérêts – un montant qui avait été convenu entre les parties au cours des séances de justice réparatrice. Selon son avocat, il n’a plus eu de problème depuis.
Les habitants de Gaza sont affamés et survivent en buvant l’eau des étangs. Ils vivent sous la constante menace d’une attaque. Ils n’ont presque plus d’électricité, pas d’argent ni d’emploi, pas le droit de voyager, de pêcher ni de franchir les check-points. Ils ne peuvent pas bénéficier de subventions de l’Union européenne ni s’adresser aux banques des pays arabes pour demander une aide financière et ils s’estiment heureux lorsqu’on leur accorde 30 mn pour évacuer leurs maisons avant une attaque de bombes ou de missiles.
Le nom donné aux attaques israéliennes et au blocus imposés au Liban et à Gaza, en juin 2006, est « Pluies d’été ». Ce qui suit donne un aperçu des conséquences de ces « Pluies d’été » sur quelque 1,4 million de personnes virtuellement prisonnières d’une petite bande de terre, l’un des endroits les plus densément peuplés au monde.
Comme l’explique Maged Abu-Ramadan, maire de la ville de Gaza : « C’est la pire année pour nous depuis 1948, année où les premiers Palestiniens se réfugièrent à Gaza. Gaza est une prison. Ni les personnes ni les marchandises ne peuvent quitter le territoire. La population est affamée. Les gens essaient de survivre avec du pain et du falafel et le peu de tomates et de concombres qu’ils cultivent eux-mêmes. »
Le journaliste Patrick Cockburn écrit dans le journal britannique The Independent : « Gaza est en train de mourir. Le siège israélien de l’enclave palestinienne est tellement dur que ses habitants sont au bord de la famine[…]. Ici sur les bords de la Méditerranée se déroule une grande tragédie[…]. C’est toute une société qui est en train d’être détruite[…] et ce conflit sanglant de Gaza a pour l’instant peu retenu l’attention des médias internationaux par rapport à la guerre au Liban. »
L’agence des Nations unies dédiée aux réfugiés palestiniens, United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East (UNRWA) a déclaré, le 24 août 2006, que « l’activité de l’agence de Gaza était quasiment suspendue en raison du manque d’accessibilité du territoire ». D’après l’agence, suite à la fermeture de Karni, le principal terminal d’approvisionnement en marchandises, de sérieuses pénuries en nourriture, carburant et matériaux de construction sont apparues.
Selon l’UNRWA, plus des trois quarts de la population de Gaza est composée de réfugiés et plus de la moitié d’entre eux vivent dans huit camps.
Depuis la destruction de la centrale électrique de Gaza par une attaque aérienne israélienne, en juin, les centres médicaux de l’UNRWA sont contraints d’utiliser des groupes électrogènes. « Si nous venons à manquer de carburant, cela aura de graves conséquences sur le stockage des réserves de médicaments et le fonctionnement des équipements médicaux dans les 18 centres médicaux de l’UNRWA que compte la bande de Gaza », prévient John Ging, directeur des opérations de l’agence pour Gaza.
J. Ging décrit les conditions générales de vie à Gaza comme étant « misérables, frustrantes et en constante dégradation. Les perspectives d’avenir sont très préoccupantes puisque Gaza est maintenant isolée économiquement du monde extérieur et la poursuite de nos opérations
humanitaires est devenue une lutte qui coûte cher. » L’UNRWA doit maintenant la somme incroyable d’un million de dollars à ses agents de transport maritime israéliens pour couvrir des frais de retard de déchargement de navire causés par la fermeture du terminal de Karni.
Suite à cette situation tragique, six organisations de défense des droits de l’homme ont lancé, le 28 août 2006, un appel urgent à la Haute Cour israélienne, réclamant l’ouverture des passages vers la bande de Gaza pour assurer un acheminement de nourriture, de médicaments, de carburant et d’autres produits essentiels. Les six organisations (l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), Médecins défenseurs des droits de l’homme, Centre pour la défense de l’individu, Comité public contre la torture en Israël (PCATI), B’tselem et Gisha) estiment que « les militaires sont dans l’obligation de permettre aux résidents de Gaza d’accéder à tout ce qui leur est nécessaire afin qu’ils puissent subvenir à leurs besoins essentiels et mener une vie normale. Cette obligation comprend l’autorisation de passage des ressources nécessaires au fonctionnement normal des services de santé, de l’éducation et du commerce. D’après ces organisations, Israël doit au moins, si elle respecte les lois humanitaires internationales, permettre aux organisations d’aide de venir en assistance à une population qui a été durement touchée et qui a besoin de cette aide. »
Frustrés de constater que les grands médias ne rendent pas compte de la situation désespérée qui règne à Gaza, certains racontent leur vie quotidienne sur leurs blogs sur Internet. Mona El-Farra, 52 ans, médecin et militante des droits de l’homme et de la femme à Gaza, relate sa vie au jour le jour :
Lundi 28 août 2006 : Des opérations militaires israéliennes contre Gaza ont lieu sans discontinuer. A l’Est de la ville, 8 personnes ont été tuées et 17 autres blessées, y compris des journalistes de Reuters. Les forces navales nous tirent abondamment dessus. Chaque jour les hôpitaux accueillent les blessés et les tués. La consommation en gazole de nos hôpitaux a augmenté depuis qu’ils doivent utiliser des groupes électrogènes pour les salles d’opération […]
Des milliers d’enfants souffrent du syndrome de stress post traumatique. Ils rentrent à l’école samedi prochain mais il n’y a pas d’eau, pas d’électricité, pas de système d’égouts efficace, pas de distractions, pas d’argent pour acheter de la nourriture. Les frontières sont juste ouvertes de temps en temps pour laisser passer des médicaments et de l’aide humanitaire pour l’UNRWA. La santé publique est largement touchée. De plus en plus de familles font appel à l’aide alimentaire et de nombreux enfants n’ont pas de repas équilibrés. L’Alliance des enfants du Moyen-Orient a distribué 500 cartables ainsi que des fournitures scolaires à des enfants de Gaza.
La vie sous l’occupation continue […] et les gouvernements du monde ne restent pas seulement silencieux – la souffrance de la population de Gaza semble les divertir. Ils se pressent en apportant des solutions inefficaces alors qu’ils oublient l’origine du problème : l’OCCUPATION et l’INJUSTICE.
Pour Jan Egeland, coordinateur de l’aide humanitaire des Nations unies, la population de Gaza est comme « enfermée dans une cage. Il n’y a pas assez d’électricité, pas assez d’eau. Les conditions de vie y sont en ce moment intolérables. Pour moi Gaza est une bombe à retardement. Cela ne peut pas continuer ainsi sans qu’une énorme explosion sociale se produise. »
Des faits et des chiffres
10 septembre 2006
– La population de la bande de Gaza, estimée à 1,4 million d’habitants, dont un tiers vit dans des camps de réfugiés, subit des attaques depuis 74 jours.
– Les avions de guerre israéliens ont lancé plus de 250 raids contre Gaza et ont touché les deux centrales électriques et les ministères des Affaires étrangères et de l’Information.
– Plus de 260 Palestiniens, dont 64 enfants et 26 femmes, ont été tués depuis le 25 juin 2006. Plus de 1 200 Palestiniens ont été blessés, et 60 d’entre eux ont été amputés.
– Au moins 120 bâtiments palestiniens, maisons, ateliers et serres ont été détruits et 160 endommagés par les Israéliens.
– Israël a cessé tout commerce. Même la pêche est interdite. Les fermetures ont paralysé l’industrie, ce qui a coûté leur emploi à plus de 30 000 habitants de Gaza.
– Les deux tiers de la population de Gaza vivent dans un état de grande pauvreté. La Banque mondiale prévoit que suite au déclin de l’économie de Gaza, ses habitants devront survivre avec moins de 2 dollars par jour.
– Les deux tiers des habitants de Gaza sont sans emploi. Le tiers restant est composé de fonctionnaires non payés par manque de fonds.
– Gaza est devenue la région la plus pauvre de la Méditerranée avec un revenu annuel de 700 dollars par personne. Le revenu annuel par personne est de 20 000 dollars en Israël.
– L’Union européenne a suspendu ses aides alors que les banques arabes, sous la pression de l’administration américaine, ne transfèrent pas de fonds vers Gaza.
– Les dégâts causés par les bombardements israéliens au réseau électrique sont estimés à 1,8 milliard de dollars et plus d’un million de personnes n’ont plus régulièrement accès à l’eau potable.
Voir deux photographies dans la version imprimée de la revue Partage international n° 218 d’octobre 2006, page 21, représentant deux réfugiés palestiniens.
Haj Mohamed Zoarab, âgé de 62 ans, est réfugié palestinien depuis 1950.
Hanya El Kurdi, âgée de 67 ans, est réfugié au camp d’Ashdod. Elle a confié que, récemment, son fils et elle-même étaient restés sans manger pendant deux semaines, avant que l’aide ne leur parvienne. [Source : UNRWA]
Source : The Independent, Grande-Bretagne